Durm, op. cit., p. 181-182 et p. 187, fig
Mais le remploi devient beaucoup plus vraisemblable, si l'on considère la régularité absolument exceptionnelle des blocs en question : tous ceux qu'il est possible de mesurer, — sauf ceux des bords, qui sont en partie brisés — , ont une longueur de 1 '" 27 pour une largeur de 0 m 635, et sont hauts de 0 m 305. Or, tout au contraire, les blocs calcaires des soubassements, voire ceux de Yeuthyntcria, qui pouvait être en partie visible, admettent, pour une même assise, des différences notables de longueur et de largeur.
D'où pouvaient donc provenir, s'ils furent remployés, ces blocs rectangulaires ? Taillés tous sur le même patron, avec une remarquable exactitude, parfaitement nets de tout vestige de scellement, ils n'ont pu figurer que dans un mur d'enceinte ou de soutènement ; leur régularité et leur longueur double delà largeur (1 m 27 X 0 m 635) donneraient a penser, si cette construction n'était à cette époque insolite, que ce mur était fait de boutisses et de carreaux. Or, précisément entre la Tholos et le mur de soutènement nord du te'ménos, on voit les restes d'un mur en poros dont les pierres conservées ont, ou peu s'en faut, la même hauteur que celles des fondations de la Tholos : (environ 0 m 35). Celles-là sont à vrai dire notablement moins longues (1 ,n à 1 m 20) et irrégulières ; mais les seules qui soient à peu près intactes et mesurables, appartiennent presque toutes à la première assise, qui sans doute n'était pas visible, et il n'est pas interdit de supposer que les assises supérieures étaient formées de blocs plus longs et réguliers. De plus, ce mur n'a pas laissé d'autres vestiges que les blocs encore en place : selon toute vraisemblance, il fut démoli lors de la construction de la Tholos. A cause de ses métopes sculptées et de l'originalité de son architecture, la Tholos exigeait en effet d'être aussi largement dégagée qu'il était possible ; et l'on voit bien que, dépassant vers le nord, de plusieurs mètres, l'alignement des trésors voisins, elle était beaucoup trop rapprochée du mur de poros : il lui fut sacrifié. Ainsi la topographie de cette partie du sanctuaire s'éclaire et se précise. Le mur de poros, démoli pour donner de l'air à la Tholos, disparaît dans les fondations de ce nouvel édifice ; et l'enceinte, agrandie vers le Nord, sera dès lors limitée de ce côté par le grand mur de calcaire, dont il subsiste, aujourd'hui encore, de larges pans.
J'ai parlé précédemment' du glissement de terrains, qui disloqua la Tholos. L'architecte avait-il prévu ce danger, ou bien la précaution que nous a révélée un récent sondage futelle prise, comme il est plus vraisemblable, après une première alerte? — En tout cas, tout au long du front sud de la fondation, contre les deux assises les plus basses, sur une hauteur de 0 m 70 et une largeur de 1 m 80, l'on entassa de grosses pierres calcaires non dégrossies (fig. 35), destinées à faire pression sur la couche d'argile qui, entraînée par les eaux souterraines, tendait à s'évader vers la pente. Cette précaution supplémentaire, qui ne suffit pas d'ailleurs à sauver le monument de la ruine, est encore recommandée par nos architectes dans des cas analogues. Au nord, nous n'avons rien constaté de semblable; mais, en dégageant de ce côté la fondation, nous avons rencontré, mêlées dans toute la profondeur à la terre de remblai, de nombreuses pierres, provenant des édifices antérieurs qui occupaient avant le ve siècle, l'emplacement de la Tholos, et des déchets de poros qui témoignent que l'on retailla sur place, peut-être pour le soubassement du dallage, des blocs de l'ancien mur de soutènement nord.
Préparation des blocs avant la mise en place. Pose et liaisonnement des assises. — Un 1. Voyez p. 2. •...-•.
SB