‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 90 sur 148 · Cf. B. C. H., XLIX, 1925, p · texte numérisé non relu

Cf. B. C. H., XLIX, 1925, p

LA THOLOS DU SANCTUAIRE D'ATHÉNA PRONAIA 29

de la Pythie du temple d'Apollon au Prytanée1. Je ne vois pas qu'il soit nécessaire d'invoquer une dilFérence de cote de 90 m. pour justifier le verbe : xa-c«Y6tv ! e^ Sli comme je le suppose et comme il est normal, le Prytanée était, en réalité, situé au voisinage de l'agora, la justesse du terme employé par Plutarque n'en est pas moins satisfaisante. Au reste, pour peu que l'on ait quelque familiarité avec les escarpements de Delphes, il paraîtra inhumain de condamner les Prytanes, que leurs occupations retenaient ordinairement dans le grand Sanctuaire-, à prendre leurs repas dans la Tholos.

On ne s'explique pas davantage la richesse architecturale exceptionnelle de la Tholos et le luxe de la décoration du sékos, s'il s'agit d'un édifice utilisé comme bureau et comme salle à manger pour douze personnages, — surtout si l'on songe à la simplicité des Prytanées d'Olympie ou de Délos, avec lesquels on peut légitimement comparer celui de Delphes. A la rigueur, on pourrait passer sur les deux objections graves que nous venons de formuler ; mais il faudrait que les arguments de fait, sur lesquels Pomtow appuie sa démonstration, eussent du moins quelque force. Or, les résultats de notre étude architecturale nous contraignent d'écarter les deux principaux : 1 attribution d'un autel rond à la Tholos, et l'interprétation, comme une banquette, du socle circulaire. Je crois en effet avoir démontré que la présence, au milieu du sékos, d'un autel d'Hestia n'est pas compatible avec celle de la dalle de marbre blanc soigneusement poli, dont l'effet voulu, au centre du dallage noir, aurait été de la sorte anéanti. Et l'on a vu pour quelles raisons d'ordre technique le socle circulaire n'était pas une banquette, mais une base destinée à porter des statues : au reste, la comparaison, jugée par Pomtow décisive, de ce socle avec la banquette du Prytanée de Lato ne prouve rien : il est évident qu'à Lato la banquette, ainsi que le grand escalier donnant sur l'agora, n'est que la survivance locale d'un détail hérité de l'architecture minoenne 3.

Les trois hypothèses que nous venons d'écarter furent immédiatement suggérées à leurs auteurs par la forme de l'édifice : pour tenter ensuite de les justifier, il a fallu, comme je l'ai montré, faire violence au texte de Pausanias, et supposer d'abord que la Tholos n'est pas comprise dans l'énumération des quatre « vaoî » du sanctuaire. Je ne reviens pas sur l'interprétation manifestement insoutenable, que suppose l'identification de la Tholos avec l'héroon de Phylakos. Mais, si l'on veut que Pausanias ait omis de mentionner la Tholos, il faut donner une explication admissible de cet oubli, qu'on le suppose, ou non, volontaire. Pomtow le tenait pour volontaire : « Pausanias, dit-il en substance, n'a pas parlé de la Tholos, parce que c'était un monument civil, auquel ne se rattachait aucune légende. » Explication insuffisante, même si l'on admet que la Tholos était le Prytanée de Delphes : le Périégè te ne pouvait manquer de signaler un édifice que la perfection de son architecture avait rendu célèbre. D'autre part, un oubli involontaire serait concevable dans l'enchevêtrement d'un grand sanctuaire où la multitude des offrandes prête à la confusion. Mais comment laisser échapper, dans une série de cinq monuments rangés en file, le plus magnifique et le plus rare ?

1. Plutarque, De E apud Delphos, 16 : toûç yàp ÉV.tacç tou 'IXaîou p/^vo; ékav xaTàyriç tïjv IIuGcav etç to îtpuTavÊÏov.

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