Cf. Karo, art. Kreta, dans Pauly-Wissowa, XXII, p
Si nous nous rangeons à la thèse de l'omission — omission d'ailleurs inexplicable — il faut nous résigner à ne savoir rien de plus, sur la destination du monument, que ce que nous apprend 1 étude des pièces d'architecture. Si nous admettons au contraire que Pausanias n'a pas pu faire abstraction de la Tholos, en dénombrant les édifices du sanctuaire d'Athéna Pronaia, il faut l'identifier, comme ce fut dès le début l'avis d'Homolle1, avec le « xpiToç vaèç l », situé entre un édifice vide et le nouveau temple d'Athéna.
Avant de tirer de cette identification les déductions qu'elle comporte, il convient de rétablir l'équilibre dans l'addition de Pausanias. Si la Tholos a le numéro 3, il ne reste que deux places pour les trois premiers édifices. Dès l'abord, il paraît logique, pour réduire a quatre les cinq monuments du sanctuaire, de supprimer l'un des deux plus petits, le trésor dorique ou le trésor ionique. Et cette suppression devient vraisemblable, si l'on veut bien se rappeler que les deux trésors étaient entourés d'une rangée de stèles, qui les enfermait dans une enceinte commune. S'ils étaient vides l'un et l'autre, faut-il s'étonner que Pausanias, qui sans doute, sur l'assurance qu'on lui donna de leur désertion, ne franchit pas l'enceinte de stèles, les aient confondus en un seul édifice? Hàtons-nous d'ajouter que l'identification proposée par G. Daux de l'édifice ionique avec le trésor des Massaliètes reste parfaitement vraisemblable : les arguments tirés de la date et du style ne perdent rien de leur valeur, si l'on enlève au trésor, pour les placer dans la Tholos, les statues d'empereurs romains qu'a vues Pausanias.
Il faut avouer que l'explication à laquelle je me range ne jette qu'une clarté médiocre sur l'histoire et la destination de la Tholos. On supposera que les deux trésors et la Tholos furent, à une certaine époque, — peut-être quand on transporta dans le temple en calcaire la statue des Massaliètes — , dépouillés de leurs oifrandes et que les vides ne furent en partie comblés que dans la Tholos, par l'installation des statues d'empereurs sur la base en marbre d'Eleusis 3. Il est intéressant d'admettre, comme nous y invite cette hypothèse, que la Tholos devint, à l'époque romaine, une sorte de sanctuaire impérial; et ceci suggère une comparaison, qui ne semble point téméraire, avec le Philippeion d'Olympie. Mais cette analogie par ricochet ne donne pas une réponse nette à notre incertitude. Sans doute, comme la rotonde macédonienne au couple olympien, la Tholos fut consacrée à Athéna Pronaia ; nous savons que de même, à Magnésie du Méandre, Apollonios, fils d'Epèratos, fit hommage d'une tholos à la même déesse 4 ; et la Tholos de Marmaria n'est sans doute pas la première en date des rotondes votives : l'on peut ranger dans cette catégorie le petit monument rond, de style très archaïque, découvert à Delphes même, dans les substructions du trésor de Sicyone.
1. L'on pourrait objecter que le mot « vad; » appliqué à une rotonde a de quoi surprendre. A cela je répondrai que rien ne prouve qu'il fût exclusivement réservé aux temples ou du moins aux édifices sacrés de forme rectangulaire. D'ailleurs le pluriel « vaoî » désigne ici, de toute façon, un ensemble d'édiQces divers, qui n'ont de commun que d'être consacrés à Athéna.
2. R. de. l'Art anc. et rnod., X, 1901, p. 370. Pfulil, entre autres, s'est rallié à cette interprétation (Ath, Mit., XXX, 1905, p. 368).
3. La base d'époque romaine, dont il subsiste des restes dans le trésor des Massaliètes, serait peut-être postérieure à la visite de Pausanias, de même que celle d'époque plus récente encore, que l'on voit au fond du temple en calcaire.