‹ Fouilles de Delphes (volume 4)Chapitre 124 sur 257 · IL LE STYLE SÉVÈRE ATTIQUE · texte numérisé non relu

IL LE STYLE SÉVÈRE ATTIQUE

Série 66.

Portique des Athéniens (reconstitution pi. 125).

Haut d'une antéfixe peinte munie de son couvre-joint. Argile rouge, couverte crème. L. = 0,162. H. = 0,175. La palmette a onze feuilles, d'épaisseur moyenne, faiblement retombantes. Le cœur est constitué par une palmette plus petite à treize feuilles étroitement serrées, séparées par de minces filets noirs, avec au centre un deuxième cœur rouge : l'ensemble ressemble plus à une coquille qu'à une véritable palmette. Au-dessous, deux volutes en S ; les spirales supérieures, tournées vers le centre, se font face. Dans le champ libre entre les volutes, une petite palmette renversée à feuilles serrées et cœur rouge ; le même motif est répété à droite et à gauche, à l'extérieur des volutes. Le bas de l'antéfixe a disparu.

Fragment brisé de tous côtés d'une antéfixe peinte. Argile rouge, couverte crème. L. = 0,19. H. = 0,095. Le décor est très effacé ; en haut, restes d'une palmette renversée à feuilles rapprochées et cœur rouge ; dans le coin supérieur gauche, traces d'une palmette semblable. En bas, à droite, faibles traces de volutes.

(1) FD II, La région Nord du Sanctuaire, 136-137.

(2) Corriger en conséquence la date proposée ibid., 132.

Les deux fragments sont complémentaires, et permettent une reconstitution fidèle (pi. 125). L'argile rouge, le fait que l'antéfixe soit simplement peinte et le cœur en « coquille » sont autant de caractéristiques de la fabrication athénienne. On trouve des antéfixes de ce modèle dès la fin du vie siècle, avant les guerres médiques (TdA II, antéfixeXII)1 et le type se prolonge jusqu'à la fin du style sévère (antéfixe XVI)2. La série delphique se situe à mi-chemin : de l'antéfixe XII, notre exemplaire conserve la silhouette encore trapue et la palmette assez large ; en revanche, la décoration est moins chargée, et les volutes sont plus fines, sans atteindre cependant la minceur de celles de l'antéfixe XVI. L'antéfixe XII datant, selon la chronologie d'E. Buschor, d'environ 510-500, et l'antéfixe XVI de 460 ou peu après, on pourra situer l'antéfixe delphique vers 480. Or il existe un monument athénien précisément construit à cette époque, auquel nos antéfixes conviendraient parfaitement : il s'agit du portique des Athéniens, dont P. Amandry a démontré qu'il avait été construit en 477 pour commémorer la prise de Sestos et abriter les câbles des ponts jetés par Xerxès sur les Détroits3. Cette attribution est du reste la seule que l'on puisse envisager car aucune des autres offrandes athéniennes ne convient4. On restituera donc désormais, au-dessus de la charpente du portique, un toit à tuiles de rive et antéfixes, en façade, et probablement aussi sur les petits côtés, si, comme il est vraisemblable, le portique était couvert d'un toit à trois pentes5.

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