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PREFACE

C'est en 1958 que, sur l'initiative de Mr Georges Daux, Directeur de l'École Française d'Athènes, j'ai entrepris cette publication1. Elle n'aurait pu être menée à bien sans le soutien qu'il m'a constamment apporté, d'abord pendant mon séjour à l'École d'Athènes, puis à l'occasion de voyages d'études entrepris chaque été, et enfin en accueillant ce travail dans la collection des Fouilles de Delphes. Qu'il veuille bien accepter, au début de ce livre, l'expression de ma reconnaissance.

Peu après la dernière guerre, l'étude des terres cuites architecturales de Delphes avait été entreprise par Jean Marcadé2. Avec sa libéralité coutumière, il m'a abandonné tous ses droits, et m'a en outre remis un volumineux dossier de dessins et d'estampages, avec les éléments d'un premier classement typologique dont j'ai tiré le plus grand profit.

A tout moment, j'ai trouvé, auprès de mes aînés et de mes camarades athéniens, une aide constante. On ne sera pas étonné de me voir citer en premier le nom de Mr P. de La Coste-Messelière. Lorsque, en 1959, une ébauche de ce livre a été présentée comme mémoire de seconde année à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, j'ai trouvé en lui un rapporteur à la fois bienveillant et attentif3. Depuis, à plusieurs reprises, et en particulier à Delphes même, pendant l'été 1961, il m'a consacré beaucoup de son temps, me faisant profiter inlassablement de sa science delphique et de son esprit critique. En lui dédiant cette étude, je ne fais que reconnaître la part qu'il a prise à son élaboration.

En 1964, une version presque définitive de cette publication a été soutenue comme thèse de troisième cycle à la Faculté des Lettres de Strasbourg, devant un jury composé de MMrs Y. Béquignon, P. Amandry et J. Bousquet. J'ai tiré grand bénéfice de leurs observations. Je dois en outre à Mr Béquignon des renseignements sur ses recherches à Phères en Thessalie. Mr Amandry m'a communiqué son carnet de fouilles et m'a apporté maint éclaircissement sur la région Ouest du sanctuaire, qu'il connaît mieux que personne. Ma dette envers Mr Bousquet est considérable : outre de nombreuses et fécondes suggestions, je lui dois de pouvoir présenter, en appendice, plusieurs lectures et raccords inédits d'inscriptions concernant les tuiles.

(1) Cf. BCH 83 (1959), 790 ; id. 85 (1961), 907 ; id. 87 (1963), 839.

(2) Cf. BCH 71-72 (1947-48), 445-446.

(3) Cf. CRAI 1959, 263-264.

De nombreux savants français et étrangers m'ont, en outre, libéralement fourni des renseignements et des documents. Je dois à MMra H. Metzger et R. Martin d'avoir pu consulter le dossier photographique des terres cuites architecturales d'Épidaure1. MMr3 L. Lerat et J. Pouilloux m'ont communiqué leurs carnets de fouilles de la région Nord du sanctuaire, et plusieurs documents intéressant ce secteur. Mr Pierre Devambez a bien voulu charger le laboratoire du Musée du Louvre d'analyser un fragment de tuile grecque. Cette étude, dont on trouvera les résultats dans l'Appendice I, a été conduite par Mr J. M. Petit.

Au Musée National d'Athènes, Mme S. Karouzou m'a donné toutes facilités pour étudier les terres cuites architecturales de Calydon. Mr J. Caskey, alors Directeur de l'École Américaine, m'a ouvert les réserves du Musée de Corinthe. Mr le professeur 0. Broneer m'a fait parvenir et autorisé à publier la photographie d'une tuile archaïque trouvée à Isthmia. A Mrs. C. Roebuck, je dois celle d'une tuile trouvée à Corinthe ; au Dr A. Mallwitz, des photographies de fragments conservés au Musée d'Olympie ; au Dr Nezih Firath et à Mme Rollas, l'autorisation de photographier et de publier une pièce d'Ak-Alan conservée au Musée d'Istanbul. Enfin, G. Scichilone m'a fait profiter de son expérience des terres cuites architecturales siciliennes, et m'a fourni plusieurs documents. A tous, j'adresse l'expression de ma très sincère gratitude.

L'élaboration d'un catalogue de plus de six cents numéros impliquait une illustration importante. Les photographies sont pour la plupart l'œuvre d'Ém. Séraf ; prises dans des conditions parfois difficiles, au cours de deux séjours à Delphes, en 1958 et 1961, elle sont d'une fidélité dont je puis porter témoignage. En 1958, K. Ronnow, architecte danois, a passé six mois à Delphes et exécuté, outre un certain nombre de photographies, une importante série de relevés très précis. Plusieurs de ces relevés ont servi de base à une série de reconstitutions, portant sur l'ensemble le mieux conservé de Delphes. De plus, utilisant le « profilographe » mis au point par Erik Hansen, il a établi les profils qui ont servi à l'établissement des planches 98 à 105. Mais son rôle ne s'est pas borné à une contribution purement graphique : avec un sens aigu des problèmes techniques, il a minutieusement étudié les procédés de fabrication des tuiles, portant en particulier son attention sur les traces d'outils. Le chapitre que j'ai consacré à cette question (Appendice I) lui doit beaucoup, et ne fait souvent que refléter nos discussions devant les objets. Quant à l'auteur de la majorité des reconstitutions, il me touche de trop près pour que j'insiste sur ma dette à son égard : il est certain que, sans son concours, dont ces dessins ne sont qu'un aspect, cet ouvrage serait loin d'être achevé.

Christian Le Roy.

(1) Cf. BCH 66-67 (1942-43), 334.

Les archéologues qui ont travaillé au Musée de Delphes connaissent bien sa collection de terres cuites architecturales. La richesse et la variété de leurs décors avaient frappé A. Tournaire, premier architecte de la fouille. Il avait, de 1893 à 1896, exécuté, d'après ces terres cuites, une série d'aquarelles d'une précision admirable, que Th. Homolle avait du reste, dès 1893, communiquées à l'Académie des Inscriptions1. Après la mort de l'architecte, ces documents ont été généreusement remis à l'École Française d'Athènes par Mme Tournaire2, et j'en ai tiré le plus grand profit. En effet, Tournaire avait noté la date de chaque dessin, et parfois, la provenance de la pièce. Ce genre de renseignement nous est, à Delphes, si rarement donné, que ces indications se sont révélées, à plusieurs reprises, très précieuses.

Malgré leur intérêt, ces terres cuites sont restées inédites pendant plus de soixante ans. Ce long délai a en partie pour cause les difficultés que devait rencontrer une telle étude. Si j'y insiste, ce n'est pas pour rehausser mon mérite aux yeux du lecteur, mais pour expliquer certaines des lacunes et des insuffisances qu'il ne manquera pas de relever dans ce travail.

Tout d'abord, sur les six cent trente-six pièces qui sont ici décrites, quatre-vingtdeux seulement portent un numéro d'inventaire. Encore cette indication elle-même n'at-elle fréquemment aucune valeur : trop souvent, en effet, les fragments ont reçu un numéro « pour ordre » longtemps après la fouille, et sans la moindre indication de provenance : c'est par exemple le cas des numéros Inv. 1998 à 2335, donnés en novembre 1894 à des trouvailles anciennes et récentes mélangées, des numéros Inv. 4815 à 4918, inventoriés après 19123, et enfin des numéros Inv. 5437 à 5453, assignés en 1920 à la plupart des simas archaïques trouvées durant la Grande Fouille. Le résultat de ce genre d'opération est parfois catastrophique : ainsi, en 1901, sur la foi d'une ressemblance superficielle, on a inventorié, et associé à des fragments trouvés à Marmaria, une pièce dessinée par Tournaire dès 1894, provenant donc du sanctuaire d'Apollon, et qui se révèle, à l'examen, sensiblement différente des fragments découverts en 1901. Sans le dessin de

(1) Cf. CRAI 1893, 172 et 212.

(2) Cf. BCH S3 (1959), 793.

(3) Je dois ces renseignements à Mr P. de La Coste-Messelière.

Tournaire, qui rétablissait la vérité, il m'aurait été impossible de reconstituer avec quelque vraisemblance le toit du temple en tuf d'Athéna Pronaia1. C'est dire que l'inventaire du Musée doit toujours être utilisé avec précaution. Quant aux indications données par le Journal de la Grande Fouille, elles sont nombreuses, et souvent utiles, mais pèchent fréquemment par manque de précision : bien des fois, on s'est contenté de mentionner « une tuile peinte » ou « une brique peinte », sans croquis ni numéro d'inventaire, ce qui rend l'identification du fragment impossible ou très conjecturale.

On ne s'étonnera donc pas que, même en utilisant toutes les sources, la majorité des pièces de la collection delphique soit de provenance inconnue. Il faut naturellement en excepter les fragments provenant des fouilles récentes de P. Amandry, L. Lerat et J. Pouilloux : non seulement les terres cuites architecturales découvertes par eux avaient été inventoriées et photographiées, mais encore ils ont bien voulu mettre à ma disposition leurs carnets de fouilles, ce qui m'a permis de déterminer le contexte de chaque trouvaille. L'étude de ces contextes atténue du reste les regrets que l'on pourrait avoir devant les silences du Journal de la Grande Fouille. En effet, dans la plupart des cas, il s'agit de remblais ou de remplois. Plus encore que les blocs de marbre ou de calcaire, les tuiles sont faciles à réutiliser : de l'époque romaine aux derniers jours du village de Kastri, on les a remployées dans les fontaines et les canalisations publiques et privées, pour ne prendre que les exemples les plus fréquents. Dans ces conditions, il eut été de toute façon très difficile d'associer ces fragments voyageurs et dispersés à des bâtiments définis : c'est pourquoi la plupart des toits que j'ai reconstitués errent, suspendus dans l'espace, à la recherche de la fondation qu'ils recouvraient. Les exceptions (Lesché de Cnide, Temple en tuf de Marmaria, Portique des Athéniens) n'en sont que plus intéressantes.

A défaut d'assigner à chaque toit sa place sur le site, j'aurais voulu du moins assigner à chaque tuile sa place dans le temps, autrement dit établir une chronologie assurée ; mais là encore il a fallu en rabattre, et pour les mêmes raisons : non seulement, la plupart du temps, l'absence de détails sur le contexte ne permet pas d'associer une tuile à des objets bien datés, mais, même lorsque le contexte est connu, il n'a qu'une signification limitée. Lorsque, dans une tombe, ou dans une couche stratigraphiquement bien définie, on trouve un vase, on peut estimer que sa « vie » a été relativement courte, et que peu d'années séparent sa fabrication de son enfouissement. Au contraire, une tuile reste en service beaucoup plus longtemps. A moins que le bâtiment qu'elle recouvre n'ait été détruit par quelque catastrophe, on peut estimer qu'elle n'est mise au rebut qu'après plusieurs dizaines d'années. Ainsi, à Corinthe, on a trouvé, dans un puits comblé en une seule fois entre 460 et 420 av. J.-C, au milieu de tessons exclusivement classiques, une antéfixe pentagonale que son type oblige à faire remonter jusqu'à 560 au plus tard : elle a donc été utilisée pendant un siècle2.

Le fait qu'une tuile puisse être très antérieure à la couche dans laquelle elle a été trouvée entraîne une autre conséquence : lorsque le contexte est hétérogène, il ne faut pas dater la tuile d'après les tessons les plus récents ; elle a beaucoup plus de chances

(1) Cf. S. 27, Toit 42, 6, p. 99.

(2) Cf. p. 35, n° 11.

d'être contemporaine des tessons les plus anciens. De telles incertitudes, inhérentes à l'objet étudié, obligent à s'appuyer presque exclusivement sur l'étude typologique et stylistique, c'est-à-dire sur une incertitude égale : en présupposant que le style évolue toujours au même rythme, comme réglé par un métronome, une chronologie fondée uniquement sur l'évolution des formes ignore la vie même de l'art, avec ses mutations, ses périodes d'activité ou au contraire ses temps morts. Faute de mieux, j'ai dû le plus souvent me contenter de ce genre de classement, mais je suis le premier à être conscient de ses insuffisances.

Quelles que dussent être ses lacunes, la publication de la collection delphique était pourtant une tâche urgente1. Depuis une trentaine d'années les terres cuites architecturales ont connu un regain d'intérêt et fait l'objet d'études approfondies. Non qu'elles aient été auparavant totalement négligées. Il faut ici rendre hommage à W. Dôrpfeld qui a publié en 1881, avec quelques collaborateurs, la première synthèse, fondée sur des exemples étudiés en Sicile (« Ueber der Verwendung von Terrakotten », 41. Berliner W inckelmann' s Programm, 1881). On y trouve définie la distinction fondamentale entre tuiles corinthiennes, laconiennes et siciliennes. Quelques années plus tard, la collection d'Olympie était publiée avec une très belle illustration et un excellent commentaire de W. Dôrpfeld et R. Rormann (E. Gurtius et F. Adler, Olympia, Die Ergebnisse der Ausgrabungen II, Die Baudenkmâler [1896]).

En raison de leur abondance et de la richesse de leur décor, les terres cuites architecturales de Sicile et d'Italie du Sud ont d'abord soulevé plus d'intérêt que celles de la Grèce propre. De nombreux mémoires dus à P. Orsi (« Di Una Anonima Città Siculo-greca a Monte S. Mauro », Mon. Ant. 20 (1910) ; « Gli Scavi intorno a L'Athenaion di Siracusa », id. 25 (1918) ; « Caulonia », id. 23 (1914) ; « Caulonia II », id. 29 [1923]) ; E. Gàbrici (« Guma », id., 22 (1913) ; « Per la Storia dell'Architettura Dorica in Sicilia », id. 35 [1933]) ; L. Rernabô Rrea («L'Athenaion di Gela e le sue Terrecotte Architettoniche », Annuario 27- 29 [1949-51]) et G. Scichilone («Tre Rivestimenti Fittili Selinuntini », id. 39-40 [1961-62]), pour ne citer que les principaux, ont contribué à faire connaître les formes et les types. Il faut y ajouter le catalogue de E. D. Van Ruren (Archaic Fidile Reveimenls in Sicily and Magna Graecia, New York, 1923), commode mais n'apportant rien d'original, et la synthèse de W. Darsow (Sizilische Dachlerrakotten, Cologne, 1938) qui classe (malheureusement sans illustration) tous les documents connus, mais donne une chronologie beaucoup trop basse. En revanche, les dates proposées par H. K. Sùsserott (« Herkunft und Formgeschichte des sizilischen Traufsimendaches », Olympische Forschungen I), même si elles paraissent parfois un peu hautes (surtout pour les débuts de l'archaïsme) sont certainement plus proches de la vérité. Parallèlement, les simas et antéfixes de l'Étrurie et du Latium ont été recensées par E. D. Van Ruren (Figurative Terra-cotla Reveimenls in Elruria and Latium, Londres, 1921) et surtout A. Andrèn (Architectural Terracottas from Etrusco- Italie Temples, Lund, 1939).

(1) Il avait d'abord été prévu de publier les terres cuites architecturales dans le tome V des Fouilles de Delphes (monuments figurés, petits bronzes, céramique, etc.) (cf. Mus. Delphes, v). Si, finalement, elles « sortent » dans le tome II, c'est pour marquer que, dans mon esprit, le côté architectural l'emporte sur le côté décoratif. Ce sont avant tout des toits, qui n'existent qu'en fonction d'un bâtiment.

En ce qui concerne la Grèce propre et l'Asie Mineure, l'ouvrage très documenté, et, sur bien des points, toujours valable de M. Schede (Anlikes Traufleislen-Ornamenl, Strasbourg [1909]) n'étudie les simas de terre cuite que par rapport aux chéneaux de marbre, et néglige quelque peu l'archaïsme au profit du ive siècle. Il faut attendre l'article malheureusement inachevé de H. Koch (« Studien zu den Campanischen Dachterrakotten », RM 30 (1915), 1-115), pour disposer d'une étude solide, encore que partielle. Le catalogue publié par E. D. Van Buren (Greek Ficlile Revelmenls in the Archaic Period, Londres, 1926) a le mérite d'exister, et constitue une base indispensable malgré des défauts non négligeables : une illustration très insuffisante, l'absence de profils et d'étude technique, enfin une chronologie vague et indécise1. Certaines de ces imperfections se retrouvent dans la publication des terres cuites architecturales de Corinthe par I. Thallon-Hill et L. Shaw King (Corinlh, Vol. IV, Part I, Decoraled Architectural Terracollas, Cambridge (Mass.), 1929). Néanmoins, l'introduction a le mérite de mettre l'accent sur l'importance de la production corinthienne et d'en esquisser l'histoire. A la même époque, E. Buschor donnait une publication modèle des tuiles de l'Acropole d'Athènes (Die Tonddcher der Akropolis, tome I (1929), Simen ; tome II (1933), Stirnziegel). L'évolution des types attiques y est retracée avec finesse et précision, la chronologie établie avec une fermeté qui n'exclut pas la prudence, et le tout est accompagné d'une illustration somptueuse.

Depuis lors, cet exemple a été suivi, et, sur plusieurs sites, les terres cuites architecturales ont été publiées avec rigueur, voire avec minutie. C'est le cas pour Calydon (E. Dyggve, F. Poulsen, K. Rhomaios, Das Heroon von Kalydon ; E. Dyggve, Das Laphrion. Der Tempelbezirk von Kalydon ; K. Rhomaios, Képoqxot, i% KaXuSûvoç) ; pour Corfou (H. Schleif et K. Rhomaios, Korkyra I, Der Arlemistempel) ; et pour Olympie (H. K. Siisserott et H. Schleif, «Das Schatzhaus von Gela», Olympische Forschungen I ; H. K. Siisserott, «Ein altsizilisches Dach», ibid.; A. Mallwitz, «DieWerkstattdesPheidias in Olympia », Olympische Forschungen V).

L'Asie Mineure n'est pas en reste, avec les publications de Sardes (T. L. Shear, Sardis, X, 1, Architectural Terra-cottas Cambridge, 1926) et de Larisa sur l'Hermos (L. Kjellberg, Larisa am Hermos II, Die Architektonischen Terrakollen Stockholm, 1940). Il est désormais impossible de publier un monument en négligeant sa couverture.

De façon plus générale, les synthèses récentes d'A. Orlandos Les matériaux de construction, I, Athènes 1955 (en grec ; trad. franc. Paris 1966) et de R. Martin [Manuel d' architecture grecque, I, Matériaux et techniques, Paris, 1965) accordent aux tuiles une place importante. On trouvera dans ces deux ouvrages des bibliographies détaillées et des exposés très clairs sur la terminologie et les notions de base. Dans la suite de cette étude, je serai amené à y renvoyer fréquemment le lecteur : ils constituent la meilleure introduction à l'étude des terres cuites architecturales.

Addendum. Le manuscrit de cette étude avait déjà été envoyé à l'imprimeur lorsqu'à paru le livre, de première importance pour notre propos, de Mr Âke Âkerstrom, Die Architektonischen Terrakollen Kleinasiens (Publications de l'Institut suédois

(1) Cf. le compte rendu de H. Koch, Gnomon 3 (1927), 398-405.

d'Athènes, série in-4°, XI Lund, 1966). J'ai néanmoins pu insérer dans le texte les références indispensables, et ainsi faire profiter le lecteur, au moins partiellement, de ce que nous apporte ce livre, qui, à bien des égards, renouvelle complètement le sujet. A plusieurs reprises, Mr Âkerstrôm est amené à s'intéresser aux terres cuites architecturales de la Grèce propre. Ses conclusions ne diffèrent en général des miennes que par des nuances. On comprendra cependant que je n'aie pas voulu, en l'espèce, modifier mon manuscrit, puisqu'il s'agit là de résultats obtenus de façon indépendante, par deux recherches parallèles.

Addendum ullimum. Je dois à J. Bousquet et J. F. Bommelaer de pouvoir signaler la découverte de deux fragments importants, en Avril 1967, au cours de nettoyages pratiqués dans la niche « des navarques », à l'entrée de la voie sacrée. Dans un puits, sous le niveau du dallage de la niche, on a retrouvé deux pièces d'angle avec le départ de la sima rampante et la gargouille en tête de lion. Les deux simas sont décorées d'oves et de fers de lance ; l'une s'intègre à notre série 78 (cf. p. 153-154), l'autre ne se rattache à aucune des séries déjà inventoriées. Les deux têtes de lion sont presque intactes, et dans un état de fraîcheur remarquable. L'étude de ces pièces (et en particulier celle du style des gargouilles léonines) et de leur contexte archéologique permettra probablement de préciser leur date, en même temps, peut-être, que leur rapport avec la niche. Il convient donc de tenir l'analyse tentée et la chronologie définie p. 165 à 168 comme des indications provisoires susceptibles d'être amendées et améliorées.

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