‹ Fouilles de DelphesChapitre 10 sur 47 · D CD -P GO Q> C · texte numérisé non relu

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et celle de inv. 1849 que l'on attribuait jusqu'alors au monument. Non seulement la gravure et la disposition des lignes sont fort différentes, mais l'on voit mal comment les deux textes entreraient dans une même restitution. Si inv. 1849 appartient au monument, on le placera immédiatement avant l'ante Est, en admettant que la dédicace courait d'une extrémité à l'autre de la corniche, entre les antes, et l'on exclura les blocs 7081+7095. Si au contraire ces pierres appartiennent au monument, on les placera l'avant-dernière et dernière avant l'ante Est et l'on rejettera inv. 1849.

Les critères extérieurs ne permettent guère de décider entre les deux : la ressemblance du travail et le lieu de trouvaille avaient fait rapprocher dès l'origine inv. 1849 du monument ; d'autre part la similitude des pierres aux scellements en •— | et des blocs du monument n'avait pas échappé à F. Courby, et il paraît impossible de séparer inv. 7081+7095 de ce groupe. On pourra invoquer le caractère archaïque de la construction pour maintenir l'attribution d'inv. 1849, et, certes, si l'on rapproche le travail des Tarentins du haut par exemple de celui de notre base on est frappé des ressemblances. Mais celles-ci ne sont pas décisives. Si l'on doit faire remonter cette consécration à l'époque archaïque, elle constitue un exemple isolé avec ses deux antes symétriques de chaque côté d'un corps de base. Les décrets de proxénie ne sont pas une preuve plus contraignante : Ils ne sont pas tous en l'honneur de Corcyréens.

L'étude actuelle ne peut guère dépasser ces conclusions : l'offrande dite de Corcyre se présentait comme un monument de 3 ou au maximum 5 assises, surmonté d'une corniche de 0 m. 295 de haut1 (Fig. 1) ; elle comprenait entre deux antes de 1 m. 20 de large, un corps de base de 7 m. 84 de long. Devant la partie centrale du monument, au 1er et au 3e degré, on avait dressé des stèles continues : comptes, listes de proxènes ou de magistrats ; au 2e degré, devant chaque antc, avaient été encastrées des stèles plus petites. L'entablement de la base, de forme rectangulaire, mesurait au maximum 2 m. 10 de profondeur ; il portait un ensemble de statues en bronze, peut-être statues équestres, si l'on juge plus convenables à des animaux les encastrements circulaires et profonds que l'on rencontre sur les blocs de la corniche2. La découverte des blocs inscrits 7081+7095 remet en question l'identité du dédicant : l'attribution aux Corcyréens ne peut être maintenue que sous les plus expresses réserves. L'appellation d'offrande; archaïque pourra seule être précisée légèrement. Si les blocs aux scellements en ' — i doivent être rapportés au monument, cette base, par ses caractères architecturaux, entre dans la série des bases d'Argos ou de Tarente. On en placerait volontiers la construction au Ve siècle et plutôt vers le milieu du siècle.

(1) Il faut remarquer qu'avec 3 assises et une corniche la hauteur de la base atteint sensiblement le niveau des fondations de la base nAN ; cf- F- Courby, /. f., fig. 193.

(2) Cf. les observations de G. Daux sur des encastrements semblables, RCII, LXI, 1937, p. 07.

Immédiatement au Nord de la base dite de Corcyre, dominant la fosse où subsistent les fondations du trésor XVII, les fouilles ont mis au jour une enceinte rectangulaire que l'on a souvent désignée sous le nom de « téménos de Néoptolème m1. Orientée Ouest- Est, cette construction forme encore un vaste quadrilatère. L'état actuel, bouleversé par la catastrophe de 1935, résulte en fait d'une remise en place conforme aux relevés et aux photographies du monument tel que l'avaient découvert les premiers fouilleurs2. C'est en effet au début d'août 1894 que la fouille s'étendant au Nord de la « grande base à gradins » (la base dite de Corcyre) pénétra dans « le téménos de Néoptolème ». Du 11 au 16 août on y découvrit 3 statues : couchées côte à côte, face contre terre, une statue féminine [inv. 1817) et le «philosophe» [inv. 1819), enfin «tout contre le beau mur de base à assises légèrement en retrait les unes sur les autres » (la base qui occupe le côté Nord de l'enceinte) une grande statue masculine drapée (inv. 1820). Le 31 août enfin, on avait atteint le mur d'analemna qui protège au Nord le monument. La totalité de l'enceinte n'était pas cependant encore dégagée : la partie Est restait à demi-ensevelie. Elle fut déblayée au début de la campagne suivante quand on poussa davantage les travaux à l'Est et au Nord. Les circonstances de la fouille, les rapides découvertes de surface expliquent que l'exploration menée si profondément dans les régions voisines s'arrêta très vite au contraire sur l'aire de cet édifice. Il appartenait aux travaux complémentaires de L. Lerat de procéder à l'exploration exhaustive des couches profondes en 1934 et 1935 : ces recherches ont apporté des éléments précieux pour l'intelligence des monuments classiques3.

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