Elle a 1"4.'> du radier à la clef et 0"8b de large
2. Deux de ces briques portaient l'empreinte, Tune d'une patte de chien, l'antre d'une patte de chèvre.
ne l^était pas moins parait avoir donné une assez grande solidité. La brique, bien cuite et empilée à joints alternés n'a subi aucun écrasement, préservée qu'elle était par la terre glaise comme par un coussin. ^
La colonne renversée dont il vient d'être question était seule en place. Doit-on supposer que les autres aient été enlevées avec les divers matériaux pour les- besoins du voisinage, ou admettre que ces colonnes n'aient existé qu'aux angles comme dans un aPrium tétrastyle? Il eût été indispensable dans ce dernier cas de soulager la portée par des poteaux de bois. Nous inclinerions aussi i croire que les autres faces de la cour étaient pourvues d'un cloître dont les contreforts du mur et une quantité considérable de débris tégulaires indiquent la toiture.
Le plan complet de l'habitation du ParC'OuX'-Chevaux présente ainsi deux caractères distincts. Dans sa partie nord*ouest il sëloigne des habitudes romaines, dans le surplus de
1 . Ca système de colonnade, fréquent dans Tantlqaité, était largement employé dans ratrium des maisons particulières d'Augustodanom où, plus heureox qv'an Beavraj, nous ayons trouTé les bases en place. Elles consistaient en an cube de pierre de grès quadrangulaire de 0"50 de côté, avec une amorce cylindrique au centre de 0*40 de diamètre sur 0*06 de hauteur, qui serrait de régulateur à la colonne. Cinq ou six assises de briques étaient encore superposées à ce calibre, seulement la terre glaise pressée entre les Joints, a^ Beuvray, était remplacée à Autun par un mortier de chaux qui enduisait de même toute la colonne pour recevoir le plus souvent une couleur à fresque. Parfois même le mortier formait des pans coupés ou des cannelures recouvertes d'un stuc peint, imitant la pierre, à tromper l'osil. Comme la friabilité des stucs n'offrait pas une garantie suffisante contre les chocs, la partie inférieure de ces ouvrages était souvent en pierre de même couleur. Cest ainsi que dans une vaste salle occupée, parait-il, par des bains, à Autun, d'énormes pilastres cannelés, en pierre calcaire blanche, étaient continués en stucs d'une imitation si parfaite qu'on a peine à distinguer les deux matières. Le socle quadrangulaire des colonnes d'Autun, débruti et mal dressé, était peut-être engagé dans le pluteus on mur d'appui, au niveau duquel le fût de la colonne se détachait sans base apparente d'après un usag«« fréquent, la colonne étant ainsi au ras de terre, n ne faut pas chercher au Beuvray le péristyle à grandes colonnes qui, dans les maisons riches de l'antiquité, ornait ces sortes de cours. Mais en tenant compte des conditions moyennes du luxe de l'habitation, et d'une date où à Rome même ce luxe n'avait pas atteint les proportions qu'il prit sous l'empire, la maison du Paroaux-Chevaux n'offre pas moins le type d'un grand édifice, dana des conditionfl appropriées aux ressources, ao climat et aux mœurs du lieu.
rédifice il s en est évidemment inspiré. Ce double caractère se comprend chez un peuple arrivé à un état intermédiaire entre ses traditions locales et une civilisation dont il sent la supé* riorité. Les principales dispositions de la maison classique sont suffisamment articulées dans Tensemble pour justifier des points de comparaison. Nous avons emprunté ces derniers à une époque aussi voisine que possible de Tère chrétienne, puisque c'est peu d'années avant que Toppidum de Bibracte fût délaissé, et aux ruines célèbres qui ont fourni sur Tarchitecture privée des anciens, les renseignements les moins contestés.
Placées pour ainsi dire sous les scellés par Téruption de Tan 79 de notre ère, la fondation des maisons de Pompéi se rapprochait évidemment de très près de celle que nous avons étudiée au Beuvray. Si cette dernière n a pas été recouverte par la cendre d'un volcan, nous savons du moins que l'oppidum avait disparu, peu d'années après la création de la colonie campanienne. Les ruines des deux côtés sont restées intactes, aucune superposition n'en a altéré l'unité ; il résulte donc de cette confrontation qu'un demi-siècle avant la proclamation d'Auguste comme empereur, les Eduens, au moins par exception, avaient déjà fait aux civilisations antiques certains emprunts. Rien du reste n'a prouvé jusqu'ici que ces emprunts aient été fréquents dans le clan ou dans les principaux oppidums. Us pouvaient être le privil^e exclusif des grands propriétaires ou de ces traitants opulents dont les Commentaires permettent d'entrevoir le rôle prépondérant dans la cité. On n'a ni découvert ni exploré, que nous sachions, aucun des grands xdificiums mentionnés par César, au bord des forêts ou des rivières, comme résidence habituelle de la féodalité gauloise, et qui ont dû disparaître, c'est à craindre, transformés successivement en ces riches villas, qui dans la Gaule romaine devinrent le centre et l'ornement des latifundia. L'habitation dont l'exploration vient d'être achevée offre ainsi un type nouveau, un échantillon des changements qui s'opéraient dans
les mœurs de la Qaule au contact des étrangers. Cette constatation dépasse peut-être les prévisions inspirées par la vue des premières fouilles, aussi en relevant aujourdliui ce fait important mais particulier, gardons-nous de tirer prématurément des conclusions générales. Il faudrait, avant de rien risquer, connaître toute la région inexplorée du Paroauœ^ Chevauœ, que les sondages désignent comme le point le plus riche de Bibracte, et que la suppression des allocations pour les fouilles a contrtdnt d'abandonner.
Il reste maintenant à justifier les énonciations précédentes par les médailles, les poteries, les objets recueillis dans le cours des recherches, bases les plus sûres de la critique lorsque les textes font défaut, et le lecteur n'hésitera pas, croyonsnous, à reconnaitre que Tédifice en question est antérieur aux premières années du proconsulat d'Auguste en Qaule. Une médaille gauloise éduenne en potin fut trouvée, au début des fouilles, dans le déblai près do la fontaine de Tarrière-cour et présentée à la Société Eduenne ^ M. le vicomte d'Àboville, dans Texpl^oration du principal aqueduc et sur le lit d'aigle qui en surmontait les couvertes, avait de son côté recueilli un magnifique moyen bronze de la colonie de Nîmes avec la tète non laurée d'Auguste et d'Agrippa, antérieure par conséquent à l'empire. Cette pièce dans une couche supérieure aux constructions affirme ainsi leur antériorité. On sait en même temps qu'elle donne la date extrême de l'occupation de l'oppidum sur tous les points où il a été fouillé. On a trouvé trois autres médailles gauloises dont une en argent, contemporaine de César ; un peu plus loin, à la jonction des aqueducs, trois monnaies éduennes et une consulaire au revers de laquelle on lit 0. TiTi dans un cartouche servant de piédestal à un Pégase ailé, tête barbue sur la face, dans le bassin même alimenté par le principal aqueduc; trois autres dont une en