‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 127 sur 134 · Couche saperfloielle · texte numérisé non relu

Couche saperfloielle

Mur des moines ^ 0,80

Remblai soos le mur 2,55

CouYertes. 0,30

Aqaedae sous couvertes 1|23

conditions défectueuses, mais dont l'étendue n*a pu être mesurée. Il eût été peut-être possible de pénétrer un peu plus loin en rampant, mais non sans danger. Les deux parois latérales sont déversées de 30 à 40 centimètres sur l'intérieur sans dislocation appréciable de la voûte, mais le moindre ébranlement eût pu déterminer la chute de celle-ci et compromettre l'ouvrier. Ce n'est pas sans un vif regret qu'il a fallu abandonner cette piste, que Técoulement des ressources financières et les difficultés d'un déblai continu à pareille profondeur rendaient obligatoire. Avant de pousser plus loin les recherches, notons brièvement les ruines de maisons élevées sur l'aqueduc même et reconnues dans l'excavation. Au-dessous du mur de clôture de la pièce de terre du couvent cité déjà, on rencontre, à 3^81 de profondeur, sur les couvertes, deux murs d'une habitation, I, hauts de i^ôO, qui furent suivis l'un et l'autre sur 2"30 de longueur et que l'importance du déblai fit abandonner. Au pied de ces murs il en existait deux autres de 65 centimètres de hauteur, paraissant avoir précédé les premiers et leur faisant parfois contrefort, sans aucune trace de chaux. Ils s'en séparent dans la direction de Touest, formant avec eux un angle aigu, signe de leur diversité d'origine. Leur antiquité ne saurait pas davantage être mise en doute; on a recueilli à l'angle nord-ouest de l'habitation deux médailles gauloises, l'une des Eduens, l'autre des Turons, à l'aigle éployé, et un moyen bronze celtibérien, tête chevelue de type grec, à droite, cavalier au revers; dans la même direction, deux fibules en bronze très oxydées, l'une avec son épingle et l'autre avec reste de filigrane en cuivre rouge^ tordu en spirale, un fragment de col d'amphore marqué JRa|, diverses poteries, des secteurs de colonnes en pierre de taille. Les surprises dans cette énorme tranchée que la nécessité forçait d'abandonner trop vite devaient se produire jusqu'à la dernière heure. Un éboulis, pendant le remblai, mit en évidence une troisième construction, K,

joignant l'aqueduc, et inscrite dans les autres, à 50 centi* mètres de distance, en deçà de la précédente. D'une maçonnerie rudimentaire, bien que comprenant deux petites pierres de taille et que l'appareil parementé sur une seule face conserve quelque régularité, le mortier de terre qui lie les pierres de ce mur haut de l^bb est d'une épaisseur et d'une grossièreté inusitées. Sa situation isolée, sa façon, ses fondations plus profondes lui donnent toute l'apparence d'une habitation primitive.

L'emploi du mortier de chaux et sable, constaté dans le jointoiement de trois mètres de l'aqueduc, s'est répété à la base du mur oriental de maison, I, haut de ("'GO, fondé à ce même point sur les couvertes. Ce mortier y a été appliqué, selon toute vraisemblance, postérieurement à la construction, ainsi que dans le canal, comme moyen de consolidation, car il est employé à forte épaisseur et même ea boulettes de la grosseur du poing, tandis que le corps de la maçonnerie en est dépourvu. Plusieurs échantillons de ces agglomérats ont été recueillis dans les décombres, à 60 centimètres au-dessus des couvertes, composés de chaux mélangée, dans l'un à un sable fin blanc lavé, et dans un autre à de grossiers gravats, quelquefois même adhérents à des moellons. Si la date de ces anomalies n'était incertaine, il serait permis de croire que les habitants de Bibracte, en n'employant guère que le mortier de terre, péchaient par esprit d'économie plus que par ignorance, car on a rencontré plusieurs fois dans les fouilles des blocs de béton à chaux très résistants, sur lesquels étaient assises des colonnes ou piliers d'auvents. Les superpositions diverses de terrains et de ruines signalées plus haut portent, avec évidence, en exceptant le mur des religieux, le caractère de l'époque et des constructions gauloises, vérifié si souvent. Elles lèveraient tous les doutes, s'il pouvait en exister, sur l'antiquité de l'aqueduc, puisque des maisons de haute date reposent sur ses couvertes mêmes, à 3*90 de profondeur.

Si son établissement eût pu être postérieur, il n'eût existé aucune raison, en le construisant, de soutenir en sous-œuvre des ruines de maisons abandonnées depuis longtemps, et dont on eût au contraire utilisé les matériaux sur place. Un grattoir en silex taillé, un fond de vase en terre rouge italique avec restampille 1 cRIS l» toutes les poteries, les médailles trouvées dans PlNI [tout le cours de Taqueduc, '-'i^^

sont absolument de Tépoque de la Qaule indépendante et .: ^ ^

forment un irrécusable témoignage. En face de ces pièces à conviction, en face des caractères de Tœuvre et des preuves archéologiques, oserait-on attribuer aux sept moines du ^

couvent de Bibracte un travail d'une pareille difficulté, dans le but de vider la petite pêcherie qu'ils établirent au quatorzième ou quinzième siècle, dans un coin du bassin de Taqueduc ? Au lieu d*avoir créé ce dernier ils en ont au contraire dépecé les matériaux, comme on va le voir. Tout ce qui manque aujourd'hui à l'appel est le résultat des arrachements que leur imposaient des ouvrages autrement importants pour eux qu'un grand aqueduc dont ils n'auraient su que faire. Sans la nécessité de renoncer à une exploration complète dans laquelle on pouvait espérer de retrouver la suite des maisons et en découvrir de nouvelles, il eût été intéressant de constater le point exact où cessait la voûte. Peut-être a-t*on perdu en même temps Toccasion de découvrir quelques embranchements accessoires de Fâqueduc, dans le genre de ceux que nous aurons à citer plus loin. Pour faciliter cette recherche, si elle devait être reprise quelque jour, des bornes ont été plantées sur les points d'arrêt, qu'il sera toujours permis de rejoindre avec le plan.

Une troisième fouille fut entreprise à 40 mètres, L, en jalonnant, pour retomber directement sur l'aqueduc dont le cours, heureusement, n'avait subi aucune déviation. La tranchée se rapprochait sensiblement des ruines du couvent, et la crainte que les religieux en quête de matériaux n'eus-

sent mis la main sur ceux de leur voisinage n'était que trop fondée. On rencontra d'abord un certain nombre de moellons et de secteurs de colonnes dispersés dans le terreau fusé de 1"40 d'épaisseur, puis Taqueduc lui-même, sans voûte et obstrué entièrement. Ses parois latérales, hautes de 1™75 et distantes entre elles de 80 centimètres, sont d'une conservation admirable, sans trace de chaus. Elles ont dû porter une couverture plate, car une voûte eût dépassé de beaucoup la hauteur normale. Le canal était envasé d'une couche de boue liquide mêlée de charbon, de 20 centimètres d'épaisseur sous le terreau. Déblayé sur S^OO de longueur, le radier est à 4" 10 sous le gazon donnant avec la tranchée précédente, distante de 40 mètres, une pente de l'^SO. Sur la droite, à 1°^30 de profondeur, un mur de maison gauloise. M, est conservé sur 50 centimètres de hauteur. Il a été rasé sur l'aqueduc lors de l'enlèvement des couvertes. Â 3"'60 en avant, la pente s'accentue^; le radier est pavé non plus en béton mais en briques posées sur champ, serrées les unes contre les autres dans un mortier de terre. Il serait trop long de faire la nomenclature de tous les débris céramiques recueillis dans ce court espace ; tous sont conservés et étiquetés, aucun ne donne de formes nouvelles; signalons seulement un fragment de poterie rouge italique, très fine, percé d'un trou de raccommodage, et un long rebord d'un grand plat en terre blanche mais à couverte noire lustrée, dont le diamètre devait être de 35 centimètres.

Au delà des 3"60 l'aqueduc est couvert sur l'^TS, NO, non de dalles traversant d'une paroi à l'autre, mais de pierres de taille épaisses de 20 centimètres, posées de chaque côté en bascule sur les murs, et engagées par une extrémité sous les terres qui en assuraient l'équilibre. Au nombre de quatre» ces pierres, en face les unes des autres, laissent entre elles

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