II
G68 faits et ceux déjà signalés offrent un ensemble suffisamment complet pour justifier l'importance de l'aqueduc et les soins apportés à l'aménagement de l'eau qu'il fournissait, mais les services qu'elle rendait avaient trop d'importance pour n'en pas tirer tous ceux que comportait la constitution du terrain. Sa pente permettait de l'utiliser plusieurs fois de suite en échelonnant des bassins. La fouille de 1895 a permis de retrouver l'un deux, — contigu à la forge dont il vient d'être question ou du moins le canal artificiel qui la conduisait à une destination ultérieure. Il est nécessaire pour suivre ces reconnaissances de faire un retour en arrière au chenal de la roue hydraulique.
Entre la chaussée à gros blocs et le mur en maçonnerie, de l'atelier de forgerons, le plan indique un espace irrégulier macadamisé comme l'atelier artificiellement, vu que des parcelles de poteries et de fer adhérant à des fibres ligneuses ont été reconnues à divers niveaux dans la composition du massif corroyé. Ce macadam épais de plus d'un mètre est entaillé à vif par une canalisation faisant suite à celle du chenal avec pareille largeur i^'SO et 0*45 de profondeur, contournant à angle droit le poteau en bois de l'armature de la roue hydraulique, cité précédemment. L'eau tombée de la roue dans le chenal trouvait sa pente dans la canalisation qui le continue, et dont les parois avaient été revêtues de planches^ Une traînée brune de bouillie ligneuse, ininterrompue sur la longueur, en avait conservera trace. Le fond était pavé en pierres plates et corroi et ensablé légèrement. La rigole creusée transversalement au thalweg de la vallée, sur 18 mètres, longeait le mur en maçonnerie de l'atelier à une profondeur suffisante pour ne pas en affleurer la base ; puis à nouveau, changeant de cours à angle droit, elle versait son débit dans un réservoir ou canal en contre-bas de l'atelier et contigu au côté nord-ouest de ce dernier, enveloppé ainsi de deux côtés. Profonde de 1°'65 et large de 3'"50, la pièce d'eau a
été déblayée sur 16 mètres de longueur, où elle disparait dans le rétrécissement du ravin. On y a recueilli quelques médailles et poteries gauloises. Sa cuvette était remplie d'une forte couche de sable et de moellons, ipais un remblai ultérieur dépassait de 1™30 la hauteur des parois. Celles-ci sont taillées dans une argile très dure mélangée de pierres, et que nous avons lieu de croire artificielle. Il n'est pas permis, dans Tétat actuel des fouilles, de rien préciser sur le rôle de cette pièce d*eau, dont le radier est de 12 mètres inférieur à celui de Taqueduc. Elle pouvait donner son contenu directement à un second barrage, s*il en a existé un au rétrécissement du ravin situé immédiatement au* dessous, ou bien continuer simplement sur le flanc gauche de la vallée, la canalisation supérieure, partant du chenal, pour diriger Teau, desservir l'usine et les souffleries découvertes en 1868 et 1875*, à l'entrée de l'oppidum. Ces dernières étaient dans l'impossibilité de s'approvisionner d'eau ailleurs qu'à l'aqueduc par des conduits ou des canaux à ciel ouvert, son niveau étant de 45 mètres plus élevé, ou bien au réservoir de seconde main, supérieur encore de 33 mètres. L'adduction de l'eau, constatée et démontrée par les conduits, dès 1868, à ces souffleries, étant irréalisable de toute autre part, force est d'admettre qu'elle provenait de l'une ou l'autre de ces sources, sinon des deux. Les constatations précédentes suffisent à démontrer l'existence d'une usine métallurgique gauloise à la tête du ravin de la Come-Chaudron. Une dernière découverte, à la fin même de la campagne de 1895, est venue y ajouter un détail imprévu et décisif. On rencontra sur le bord extérieur nord-ouest du réservoir une rigole nouvelle au niveau supérieur de sa paroi et de direction parallèle, comme lui, au thalweg de la vallée. La chute est de 10"02 par rapport