‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 16 sur 134 · Ibid. fig · texte numérisé non relu

Ibid. fig

4. Masquelez, bibliothécaire de l'Ecole de Saint-Cyr, Étude sur la castrâmes talion des Romains et sur leurs institutions mititairet, Paris, Domaine, 1864, in-8*, p. 348.

— XVlj —

dessus des pentes naturelles et du niveau des voies ; là déclivité trop prononcée proscrivait tout accès. Il n'en était pas de même à Test et au nord où on abordait des platesformes.

La porte orientale, au lieu de diviser le front en deux tronçons égau3^, était très rapprochée de l'angle N.-E. ; celle du nord était également voisine de l'angle N.-O, à l'interruption actuelle, de Vagger^ où son emplacement est indiqué par un ressaut vers l'intérieur, destiné, sous le nom de claviculaj à protéger l'entrée^ en obligeant l'assaillant à présenter le flanc droit dégarni du bouclier. Ce petit ouvrage se remarque à toutes les issues du camp de César sur l'Aisne ^ et à celle d'un petit camp voisin du Beuvray, dont il sera parlé bientôt.

Ladite porte, du reste, n'ouvrait pas directement sur le plateau, mais sur un enclos spécial ayant lui-même une première porte au point 0 du plan, qu'il fallait traverser pour atteindre celle du camp.

On doit observer que les bagages de César demandaient des aménagements spéciaux trop considérables pour le périmètre du camp des deux cohortes ; ils étaient disposés en dehors sous sa protection. Il n'est guère possible de ne pas reconnaitre leur emplacement dans le second enclos M, attenant au camp, en dehors du fossé, et dominé par Vagger au nord et à l'ouest. Cet enclos forme une esplanade intacte, parfaitement régularisée de main d'homme, et de deux cents mètres de développement. Sa surface Qst de 65 ares.

Au lieu d'être rectiligne comme Vaggei^ et le fossé, elle affecté une forme circulaire, décrivant un arc de cercle, dont le fossé fait la corde, et ayant 45 mètres de rayon dans sa plus grande largeur. Elle va se rétrécissant graduellement vers ses deux extrémités, qui paraissent avoir

1. De la Noé» Fortificëtion romaine, pi. y, -* p. 17 et 18 du tiré à part.

— xviij —

été fermées par des portes. Le talus de cette seconde enceinte dépourvue de fossés était maintenu par un mur en pierre sèche, qui, sans solution de continuité, a été suivi dans une fouille sur les deux tiers de sa longueur, interrompu ensuite çà et là parla poussée du remblai. Une pierre de taille i son extrémité nord-est parait marquer Tassise de la porte O, ouvrant sur une voie empierrée de 8 mètres de largeur, perpendiculaire à la grande voie traversière FF. On voit encore, à un gradin plus bas, les restes d'une dernière terrasse, plus fruste, nivelée aussi de main d*homme et concentrique à la précédente; Tescarpement naturel semble avoir fourni, en aval, aux impedimenta ^ une barrière suffisante avec des cloisons en bois.

Polybe, Hygin, Végèce ont laissé des mesures permettant d'apprécier les surfaces des camps d'une ou plusieurs légions ; il n'en a pas été de même pour les petits camps abritant de modiques effectifs, dont la distribution intérieure, beaucoup plus simple, toute proportion gardée, devait faire économie des terrains considérables affectés, dans les grandes enceintes, aux accessoires, à une large circulation. <c On ne connaît malheureusement aucun exemple des dimensions d'un petit camp d*uneou deux cohortes ^ » Hir* tius dit positivement que Marc Antoine avait deux cohortes à Bibracte^. Le camp doit donc, suivant toutes les présomptions, fournir les mesures d'un campement de cet effectif. Sans avoir la prétention de résoudre péremptoirement une question qui a arrêté des savants spéciaux, nous serait-il permis, au risque peut-être d'étendre outre mesure la discussion, de chercher, par un rapprochement, à l'élucider au moins approximativement.

Le camp du Beuvray étant incomplet, quoique sa restitution repose sur des principes équivalant à la certitude.

Page 1