CAMP ROMAIN DE BOUS
PRÉl llOULUI»-KMaiLIEKT (RlïVKl) .
LEGENDE
A lalérleoT Ju Camp d'uae suparQcle de SS ares SO centiares.
C Rempart eo terre d'une bauleur d'enviroo 1 maires A riatdrieor du camp et
da 3 i i mètres eztérleuremoDl. F F(M*«s.
0 P N M Portes.
R HsMrp*i°^»t variant de bailleur de J m. 50 fi 4 mitres.
Nota. — La camp y compris ses retranchemeols et ses (oisés prteeute une superflcle de I beclare 33 ares 44 cealiares, ce rgul fait pour les retranchemeals et rossés une superQcle de 53 ares ?0 ceatiar^s.
nous comparerons, pour lever les doutés, ses dimensions avec celles d*un camp analogue voisin et peut-être contemporain. Il est situé au pied des montagnes du Morvan, à 2 kilom. N.-O. de Moulins-Engilbert, sur le. domaine de Bous, à 500 mètres de la voie d'Entrains aux thermes de Saint-Honoré. Ce camp, absolument intact lorsque nous en avons fait lever le plan avec le plus grand soin, en 1855, à un singulier rapport de dimension avec celui du Beuvray. Sa forme n*est pas absolument rectangulaire et incline vers celle du trapèze. Il a intérieurement 88 ares 80 centiares de superficie, et 1 hectare 33 ares 11 centiares, retranchements et fossés comprise Le mode de terrassement est le même; Tescarpement de ïagger atteint 4 mètres ; la profondeur du fossé partout visible n*a pas été vérifiée. Ses quatre portes placées régulièrement en face les unes des autres sont défendues chacune par une ùlavioula^ comme celles des camps de César. Le soin apporté à sa fortification peut, à bon droit, permettre de l'attribuer à une haute époque et peut-être à quelque détachement de cette onzième légion cantonnée aux avenues de Bibracte, <c quss proxima fuen^at^^ » au moment où César avait quitté l'oppidum éduen.
Sans s'arrêter à une simple hypothèse, il ressort des observations précédentes une relation évidente de surface entre le camp intact, complet, dé Bous et celui du Beuvray. Puisque ce dernier était occupé par deux cohortes, celui de Bous devait avoir le même effectif, en tenant compte naturellement de l'état plus ou moins variable de cet effectif, surtout à la fin d'une campagne meurtrière comme avait
1. J.-G. BaUiot,£«Mt 9ur le $y$téme dèfenêif deê Ronuins d*nê U ptLys éduen* p. 1.28, pablicatiOD de U Société Édoenne avec plans; Aaton, Dejoasieu, 1856. La différence de B ares en moins, inscrite dans co travail, a pour cause le point de départ de mensuration, pris en deçà des levées 00 du plan.
2. De belL Gai/, viii, 2 : « Ab oppido Bibracte proûciscitur ad legionem ziii quam non longe a ûnibus ifidnorum coUocaverat in Ûnibus Biturigum : eique ad)ungit legionem zi, quœ proxima fuerat. »
été oelle du septième livre de la Guerre des Gaules. La différence de il ares, entre les deux camps, et on peut mettre en doute qu'elle soit absolue, est trop faible pour ne pas admettre un chiffre normal d'occupants ; ils donneraient donc Tun et l'autre l'évaluation moyenne du campement de deux cohortes, entre 88 ares et un hectare.
Nous sommes à l'an 52-51 avant Jésus-Christ, la dernière campagne suivait son cours ; César, à la an de l'année, laissait encore chez les Éduens quatre légions sous les ordres de C. Fabius et passait en Italie. La guerre civile transportée hors de la Gaule dégarnit-elle complètement Bibracte et le pays éduen des derniers légionnaires romains ?
Il serait possible que le camp eût été occupé ou réoccupé momentanément sous l'administration d'Auguste, au moment de la fondation d'Âugustodunum. On n'a malheureusement aucun document écrit pour préciser le mode ni la date exacte de la suppression des oppidums par Auguste. César, après sa victoire, avait rasé complètement Alesia; Auguste supprima entre autres Gergovia et Bibracte en créant les deux villes nouvelles d'Âugustonemetum et d'Âugustodunum, Clermont et Âutun. Il avait déjà agi de même en Grèce après la bataille d'Âciium, en déplaçant, pour des causes politiques, certains centres urbains ^ Les indices répétés d'incendies dans les poutres du rempart de Bibracte dont les parements de pierre avaient été renversés préalablement, permettent bien d'admettre que la besogne ait été coi^ée à un détachement de légionnaires. Cette pensée fut confirmée par la découverte, en 1874, au bord de la voie, un peu en avant de Vagger du camp au sud-est, d'une sépulture que les monnaies enfouies en même temps doivent faire considérer comme romaine. C'était, avec les traces d'un squelette, six pièces consulaires en argent à fleur de coin, comprises entre l'an de Rome 658 et l'an 732, 21 ans