AnnûUê d'AquUàine, p. 357, Poitiers, 1644, A. Mounin
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de grande antiquité le sommet du Beuvray où se voit une grande planure ayant la terre relevée es entoxurs, qui sont les vestiges d'une grande cité. » Plus avancé que beaucoup de nos contemporains, il comprenait la différence d'un oppidum gaulois et d'une ville romaine, car <c les Gaulois, ajoute-t-il, ne fermoient point leurs villes de murailles, mais de grandes travées de bois, fichées en terre et entassées
de grande hauteur il est vraisemblable que les anciennes
villes aient été mises es cimes des montages et depuis, à cause de V incommodité des hauts lieuXy aient été transférées
es lieux plus bas et de plus facile accès Ainsi Oergovia,
du temps de César, estoit en une fort haute montagne d'Auvergne et de difficile accès de toutes parts, où se voit une belle plane comme en la montagne de Beuvray et qui fut depuis, pour la facilité et commodité, transférée au lieu où est de présent la cité de Clermont, qui est la ville épiscopale et principale d'Auvergne, comme estoit Gergovia du temps de César ^ » Il conclut que les habitants de Bibracte, et pour les mêmes causes, transférèrent leur ville à Autun.
Cette citation est remarquable. Le grand jurisconsulte avait d'un seul coup d'œil saisi le côté vrai et réel d'une question sur laquelle tant de savants et autres se sont égarés depuis. Il avait compris l'aspect rudimentaire de ces oppidums gaulois placés en dés lieux escarpés, entourés de retranchements en bois, et il avait tiré la seule conclusion admissible, c'est que les oppidums dépourvus de toute destination après la conquête, et dangereux pour les conquérants, aurait-il pu ajouter, avaient été supplantés par les villes créées dans les plaines sous le gouvernement romain.
A la suite de Guy Coquille, un certain nombre d'érudits, de géographes, d'éditeurs français et étrangers firent cause commune avec lui. Au siècle suivant, de la Baune, dans sa
1. Guy Coquille, HUtoire du iVtoemaif , t. I, p. 297, Bordeaux, 1703 ; cette histoire fut achevée en 1595.
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publication des Panegyrici veteres ^ , Moreri dans son Diction^ naire historiques^ Tabbé de Longuerue dans sa Description historique et géographique de la France ancienne et moderne avec cartes de d'Anville^, adoptèrent la même opinion; on lit dans une édition de 1678 à l'usage du Dauphin, par Jean Oaduin : ce Bibracte^ Bevray, ut patet eœ Eumenii rhetoris panegyricOy ubi Àugustodunum a Bibracte distinguit. Nunc est in vici formam reda^tum ^. » D'autres savants, en Italie, Patarolo de Vérone, Ferrari, professeur à l'université de Pavie, dans son Lexicon géographique ^ ; en Allemagne le célèbre géographe Cluwer qui avait voyagé en France ^, Holstenius son compagnon, Gellarius*' dans sa Descriptio orbis antiqui ; en Hollande, Jean-Henri Amtzenius dans son édition des Panegyrici veteres ^ ; l'historien Hom dans son Atlas historique in-folio ^, Berrius dans sa carte de l'ancienne Oaule et d'Anville lui-même dans ime carte exécutée pour le Roi, et bien d'autres, enQn Expilly, dans son Dictionnaire géographique j historique et politique des Gaules et de la France^ placent Bibracte au mont Beuvray.
Il est superflu d'ajouter que l'amour-propre local des auteurs autunois était trop intéressé dans la lutte pour ne pas prendre parti du côté qui le flattait. Bibracte ornait la tête d'Augustodunum d'une couronne césarienne que nombre de villes eussent pu lui envier, et reculait dans la nuit des siècles une origine d'une antiquité déjà respec' table en la limitant à Auguste. A Autun même, cependant,