‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 24 sur 134 · Oautheret, loo. cit. p · texte numérisé non relu

Oautheret, loo. cit. p

Nombre de villes eussent été autorisées, au même titre, à se croire Bibracte. Le docteur beaunois, Hugues de Salins, médecin à Dijon, reprenait la tbèse en 1706^ et 1709 2 avec un zèle digne d'une meilleure cause et d'un meilleur sort, il avouait avoir travaillé trente ans pour la prouver. Tous ses efforts aboutirent à Tenfantement d*un gros ouvrage latin dont il proposa l'impression à la ville de Beaune. Celle-ci, peu soucieuse de la gloire offerte à si bas prix, refusa d'en faire les frais.

Ces agitations des lettrés s\ur des questions qu'on croirait cantonnées dans le domaine pacifique de la critique et de l'histoire étaient prises au sérieux, et leurs auteurs n'entendaient pas raillerie sur leurs décisions. Bouchin, honoré d'une réplique du président Jeannin, s*indignait « contre la plume de plomb d'un auteur ecclésiastique chalonnais (le doyen Barole), envieux du bonheur de Beaune, » et qui avait osé lui enlever Bibracte pour la placer au Beuvret, trouvait plus séant de « l'envoyer dire son bréviaire. «^

Salins, au dire de Papillon^, « zélé au-dessus de toute expression pour la gloire de sa patrie, supportait avec peine qu'on ne fût pas de son sentiment. » Il eut peut-être le chagrin, avant sa mort, arrivée la même année (28 septembre 1710), de lire la dissertation de François Baudot, maitre des comptes et maire de Dijon, qui déboutait Beaune de ses prétentions bibractiques et concluait en faveur d'Âutun. ^ Cette dernière opinion a eu du reste pour elle de nombreux adhérents, Belleforest, le géographe Sanson,

1. Mort en 1710 à Mearsaolt. Lettre de M. de Salins, etc., écrite à un de ses amis, servant à réfuter l'extrait de la dissertation de H. Horeau de Hautoor, sur la ville de Bibracte. Dijon, Antoine de Pay, 1708, ln-8*, 24 p.

2. Lettre do même à un de ses amis, contenant ses réflexions sur une dissertation historique, au sujet de l'ancienne Bibracte, composée par un auteur anonyme (le P. Lempereur), imprimée à Paris en 1706, chez Pierre Cet. — Beaune, François Simonnot, 1709, in-32, p. 48.

Page 1