Mémoires de Trévoux, janvier MDoay, p
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Cet échantillon de science archéologique et d'investigation locale suffira pour démontrer Fesprit dans lequel étaient alors dirigées les observations, mais quelque convaincu que fût le P. Lempereur de l'identité de Bibracte et d'Âutun, il était en défiance contre l'authenticité de l'inscription deae bibragti, malgré le soutien qu'elle apportait à son opinion. Cet acte de loyauté mérite d'être relevé chez un écrivain aussi prévenu, il en trouvait les caractères peu « conformés ainsi qu'il y en a peu dans l'antiquité. » n résumait sa pensée dans cette conclusion : <c Si Bibracte a été une aussi belle ville, aussi considérable que César nous la dépeint, et si ce n'est point Âutun, il faut qu'on nous la montre en quelque endroit. i> Son vœu a été exaucé.
Nous avons réservé pour clore le débat les deux champions les plus vaillants et les plus compétents, à notre humble avis, Moreau de Mautour et l'auteur des EclairciS' sements géographiques sur Vancienne Gaule attribués généralement à d'Ânville^ Né à Beaune en 1654, admis à l'Académie.en 1701, Moreau de Mautour était au courant des nombreux débats engagés sur la paternité si vivement discutée de Bibracte en Bourgogne et à Paris où ses fonctions d'auditeur ordinaire de la chambre des comptes le retenaient habituellement. Plus archéologue que ses contradicteurs, Moreau de Mautour résuma les meilleurs arguments en faveur de l'emplacement de Bibracte au Beuvray : César désigne Bibracte comme oppidum. Tacite désigne Âugustodunum comme chef-lieu de la nation, caput gentis. Les uns les identifient^ les autres en font deux centres distincts, n se rallie à l'opinion d'Adrien de Valois, et place Bibracte au Beuvray, en prenant pour point de départ dans son argumentation le fameux texte d'Eumène sur Bibracte et Flavia. Il y voit la distinction formelle de l'oppidum gaulois et de