VioUet-le-Duc, conférence & la Sorbonne, 4 février
Ces judicieuses réflexions s'appliquent à la Gaule d'abord, et en général, mais à Âugustodunum en particulier. Quand on connaît même superficiellement ses monuments, quand on voit son plan, d'une régularité mathématique, exécuté avec des matériaux homogènes et des procédés uniformes, on reconnaît sans hésitation qu'il a été réalisé rapidement et sans interruption. Â l'exception des deux plus grands monuments, le théâtre et l'amphithéâtre, dont la construction, postérieure d'un siècle, date de Vespasien, Âugustodunum fut l'œuvre instantanée d'une volonté forte, d'une main habile, d'une autorité sans contrôle.
C'est par les procédés décrits plus haut qu'Auguste, en quelques années, remplaça par des villes dignes de ce nom les oppidums inaccessibles ou marécageux de la Gaule; qu'Âgricola, en moins de sept ans, bâtit toutes les villes de la Bretagne insulaire^ qui, du temps de César, avait à peine des villages. Âutun appartient à cette grande œuvre de rénovation et en porte partout les caractères. Tous les moellons de ses constructions furent pris sur place ou dans la banlieue, dans les carrières de Couhard, et quelque peu dans celle de grès houiller qui sert de fondation au rempart sur le bord de l'Ârroux, et n'a pas été étrangère par sa mauvaise qualité à la chute qu'on y remarque entre les ponts d'Ârroux et de Saint-Ândoche. Le petit appareil régulier du revêtement fut emprunté aux carrières de grès d'Âuxy où on le trouve par bancs d'épaisseur uniforme dont bénéficiait l'appareillage ; le vide, entre les encaissements, fut rempli de menu moellon jeté en assises négligées dans le mortier. L'examen du composé de la muraille démontre qu'elle n'a pu être bâtie que par Auguste, et dans un lieu antérieurement inhabité, puisque tous les matériaux sont neufs ^. C'est là son signe caractéristique. ÂChalon, à Dijon^