Tacite, Vif d'AgricoU
Z, Le témoignage des ouvriera employés à des démolitions antiqoes est unanime SOT oe point.
à Sens, à Âuxerre, à Bordeaux, à Strasbourg, la démolitioû des remparts romains a approvisionné les musées; ils ont été construits avec des ruines, Tenceinte seule d'Âutun n'en renferme pas. Dans l'épaisseur de S'^SO du long pan de mur écroulé d'un seul bloc au bord de l'Arroux, et émietté pour la prise d'eau du chemin de fer, on n'a pas rencontré un seul fragment de pierre taillée antérieurement, pas un débris de calcaire, pas de matériaux étrangers, pas même de débris de tuiles à rebords au milieu d'un blocage qui admettait indistinctement toute espèce de composition. Les reconstructions de l'époque de Constantin à Âutun se reconnaissent surtout à l'infériorité du travail, à l'introduction des briques dans les maçonneries, qui ne permettent pas de les confondre avec celles d'Auguste. Si on envisage la question au point de vue historique, l'évidence ne permet pas davantage de limiter la construction d'Âugustodunum à trois années partant de l'an 18 de l'ère chrétienne, comme l'a fait l'abbé Belley, en vue de prouver par l'absurde son identité avec Bibracte. Auguste qui a donné son nom à Augustodunum était mort depuis quatre ans, l'an 18 de Jésus-Christ. Ce n'est pas après sa mort qu'il faut chercher ses créations en Gaule, mais à l'époque où il administrait ce pays et en modifiait de fond en comble la constitution. Or Auguste séjournait en Gaule et traçait la grande voie de Lyon à Boulogne l'an 27 avant Jésus-Christ.
Cette voie a été tracée en* même temps que l'on a construit Âutun. On a donné précédemment la preuve archéologique qu'Âutun est une ville neuve, romaine, décrétée et bâtie d'une seule pièce. Son enceinte régulière, en carré (avant sa déformation pour englober le théâtre et l'amphithéâtre), sa situation conforme à toutes les prescriptions de Vitruve, la distribution en échiquier de ses rues tirées au cordeau sur un sol vierge dans les basfonds duquel on n'a jamais rien rencontré d'antérieur à l'ère romaine, sont concluantes. La démonstration a
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été la même dans les tranchées du chemin de fer qui ont coupé la ville dans toute sa largeur, jusqu'au dessous des plus profondes fondations, et dans l'intérieur du castrumj partie haute de la ville, qui eût constitué un oppidum s'il en eût existé un. Les ilôts ou carrés de l'échiquier mesurent généralement 106 à 107 mètres de côté, correspondant, à une minime fraction près, à une mesure romaine d'un emploi journalier. iOÔ^SOO""* représentent trois fois le côté de VactuSj qui est de 120 pieds; chaque îlot a ainsi en surface neuf fois Vactus quadratus^. Or, la voie d'Auguste et d'Âgrippa, de l'an 27 avant J.-C, gravit la colline où s'élève Âugustodunum, partage la ville en ligne droite en deux parties égales, dans un parallélisme absolu avec les autres rues tracées d'ensemble d'après un plan conçu à l'avance et formellement arrêté par les ingénieurs d'un peuple avancé en civilisation.
S'il en eût été autrement, ce seraient les Gaulois d'Âutun qui auraient donné cette leçon de civilisation aux Romains. Il ne peut venir à l'idée de personne ayant la moindre notion d'archéologie, de voir dans le plan de ces rues la distribution d'un oppidum gaulois, «c quid oppidU incuUius, » disait Gicéron ; et comme on ne peut prétendre que ce soit leur tracé qui ait précédé et déterminé celui de la voie à travers la ville, il faut donc convenir que c'est la voie qui a déterminé la direction du reste, et que l'exécution de cet ensemble imposant par son unité a été jeté d'une seule fusion dans le même moule par Auguste et Agrippa.
Entre deux pavés de cette voie, dans la traversée de la. ville, rue Mazagran, on a trouvé en 1874 une moitié d'un moyen bronze colonial, partagé en deux, à la tête d'Auguste et Agrippa ; l'oxyde de la pièce est encore visible dans un creux de la pierre où il avait été casé intentionnellement. ^