‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 35 sur 134 · I . Moaée de ia Société EdaennOt hôtel RoUn, AatuOé · texte numérisé non relu

I . Moaée de ia Société EdaennOt hôtel RoUn, AatuOé

cription à Mercure Negociator, trouvée dans le %acellum du Theureau de la Roche. ^

Sa population normale, déplacée peut-'être par ordre supérieur ou attirée simplement par le lucre et les avantages matériels qu'offrait la création subite d*un centre plus favo* risé, alléchée par les commodités de la vie dans une ville peuplée etd*accès facile, émigra, de gré ou de force, avant notre ère. Ses forgerons, ses orfèvres s'établirent à Âugus* todunum, le long des remparts où les industries bruyantes semblent avoir été reléguées; c'est aussi dans les ruines de ces ateliers qu*on a rencontré les rares médailles gauloises du sol Augustodunien, comme un témoignage de Témi* gration.

Nous avons répondu péremptoirement, croyons-nous, à la seule objection de Tauteur des Éclaircissemenis^ qui méritât une réfutation sérieuse. Toute la suite de la discussion où Tauteur s'évertue à réfuter Moreau de Mautour, partisan de Bibracte au BemTay, tombe dans le vide. Il n'a sur la topographie du Beuvray que des renseignements absurdes, empruntés aux écrivains autunois, dont nous croyons avoir fait justice : « Allons, dit-il, avec Thomas, aux ruines du Beuvray, mesurons le diamètre de ce retranchement, dans lequel on prétend que Bibracte a été enfermée, nous trouvons qu'il n'a pas plus de six stades (750°) et onze de pourtour (1 kil. 375") 2, » et satisfait de cette mensuration par trop fantaisiste, il ajoute : « Le sommet de cette montagne est d'ailleurs environné de rochers et de précipices, » sans se douter que c'était justement pour cette raison qu*on y avait placé Y oppidum longe maximum de César.

1. Discoure d'Eumén9^ publication de la Société, trad. et notes par Tabbé Landriot et Tabbé Rochet, p. 165; Autun, Dejassieu, 1854.

2. L'enceinte des fossés, d'après un plan de 1675, et conforme à ceux levés de nos jours à deux reprises, par des géomètres et des ofQciers d'état-major, a en réalité 5 kilomètres de déyeloppement.

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Après Thomas, il invoque une autorité plus contestable encore, celle de Pierre de Saint-Julien de la maison de Balleure, qui décidait « que s'il fallait faire veue du lieu, on ne trouveroit en ces rochers place en laquelle il fût possible imaginer une si grande ville que Bibracte a esté y

pouvoir être posée ^, » et qui tranche la question par ces mots : oc Quant à moi je tiens pour certain que Bibracte feust nommée Augustodunum que nous appelons de présent Auihun. » Puis le poète autunois Ladone disait en latin qu'on n'apercevait au Beuvray ni trace de ville, ni ruines ni débris, ni fondations de murs 2, en ajoutant : <c Je suis un témoin oculaire qui ayant vu, revu et pofxouru ce lieu n'y ai jamais rien remarqué qui annonçât l'antiquité. ^ « Ladone, décidément, n'avait pas meilleurs yeux que Pierre de Saint-Julien affirmant que œ le plus subtil et ingénieux de tous ceux (qui placent Bibracte au Beuvray) ne lui sçauroit montrer, soit sur la montagne, soit au pendant, soit au pied d'icelle, marques raisonnables pour vérifier que là ait esté celle Bibracte que César estime tant, mais autre ville d'excellence, et digne de mémoire ^. » Quant à l'argumentation proprement dite de l'abbé Belley, elle repose comme toujours sur le rapprochement et le commentaire des textes de César, de Tacite, d'Eumène et d'Âmmien Marcellin, sur lesquels ont eût pu discuter éternellement si des éléments nouveaux de conviction n'eussent apparu dans le débat. L'unanimité et l'assurance des témoignages autunois entraîna l'abbé Belley. Le Beuvray parut dès lors trop petit et trop escarpé pour une capitale telle que Bibracte.

On s'explique ces déviations chez des érudits versés dans

1. p. de Saint- Julien de B&Ileure, De l'origine dêê Bourgcngnonê^ p. 25.

2. Ladone, p. 4G : c Cum nulla illic urbis appareant yestigia, nuilaa min», nolla nidera, nolla murorum fundamenta reperiantur. »

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