‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 39 sur 134 · La Villemarqué · texte numérisé non relu

La Villemarqué

DU

Les fouilles du mont Beuvray, commencées depuis plusieurs aunées sur divers points de Toppidum, n'ont été l'objet d'une exploration méthodique qu'à partir de 1867 avec les allocations de l'empereur. Au lieu de publier les résultats dans l'ordre où ces fouilles ont été faites, il a paru plus logique d'aborder la description de la forteresse, éduenne dès l'entrée principale, en suivant les grandes voies qui la traversent dans toute sa longueur.

f • Ce mémoire, enToyé aa concourt académique de Lyon qui n'a pu ayoir lieu par suite des événements politiques, était accompagné d'aquarelles, de dessins et de plans. Les soixante-une aquarelles étaient dues à M. A. Chandelnx, avocat; les dessins à MM. Allois, peintre. Boulez, sculpteur; les renseignements et expériences métallurgiques à MM. Léon Malo, ingénieur, Renaud, docteur ès-sciences, cbef des travaux chimiques à l'École normale spéciale de Cluny, Henri de Fontenay, ingénieur, ancien élève de l'École centrale. M. le vicomte d'Aboville, ancien élève de l'École polytechnique, propriétaire du terrain fouillé, qu'il a généreusement livré aux explorations, a bien voulu éclairer de son expérience les questions de fortification et exécuter, avec son fils alué, d'importants relevés. Les plans sont l'œuvre de M. Albert Roidot, officier d'état-major ; les découvertes ont été constatées sur place, avant le remblai, par MM. de Reffye, officier d'ordonnance de l'empereur, et A. Bertrand, conservateur du musée de Saint-Germain, délégués à cet effet.

AvaDt de résumer ces obserrations, rappelons brièvement la disposition des lieu.

L'oppidam embrasse trois plateaux étafgés dont le gradin inférieur, le Champlain, est limité à l'ouest par la vallée de Y Écluse, à l'est par celle de la Come^Chaudron. Il est traversé du nord au sud par la voie gauloise du Rebours, route principale du Beuvray, qui, suivant la Ijsière orientale du Champlain, passe entre les deux vallées. La partie à droite de la voie, c'est-à-dire le plateau du Champlain, et le versant occidental de la vallée de Y Ecluse, ont été complètement étudiés en 1867; nous y reviendrons plus tard; il restait, en 1868, à faire la contre-partie de ce travail, à explorer, sur le flanc gauche du chemin, les terres inclinées à l'est, dans la Corne- Chaudron, et à rechercher le mode de défense de la porte principale.

Au moment de continuer les sondages à l'intérieur de l'enceinte et de recouvrir, pour jamais peut-être, ces restes rendus au jour pour un instant, une question se présentait.

Existait-il ou non des habitations en dehors des retranchements? L'état tourmenté des tribus de la Gaule, même chez les nations puissantes ^ comme celle des Éduens, offrait- il une sécurité suffisante pour que l'artisan, confiant dans la protection de la cité, élevât ou plutôt enfoutt son atelier de bois le long des chemins? Les maraudeurs, les conflits de familles, les luttes annuelles des clans, n'exposaient- ils pas sa personne ou ses biens à un danger incessant, dans des temps qui rap-pellent les mauvaises phases de la féodalité?

Quelques reconnaissances, à l'extérieur, révélèrent les traces de constructions isolées, mais peu nombreuses, sur les avenues de la forteresse. Des restes de clayonnages en terre glaise conservant l'empreinte des branches qu'ils avaient recouvertes, des amphores cinéraires enfouies à l'intersection de deux chemins, les ^nuraiUes en pierre sèche d'une maison bâtie sur

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