Revue arehéologique, ayril-août
retrouTe dans lears dimeDsions l'emploi du système métrique des Chaldéens, importé d'Asie par les émigrations celtiques. Cette théorie, conforme da reste à la rraisembiaoce historique, est développée a?ec la méthode rigoureuse du mathématicien, mais avec un caractère de spécialité qui ne nous permet pas de la discuter, et de nous engager sur un terrain étranger. Notre rôle se borne quant à présent à faire des constatations, à étudier et relever sur place les faits archéologiques que la fouille met sous les yeux, dans l'espoir que ces faits deviendront assez nombreux pour permettre dans la suite de dégager sûrement les conclusions générales*
Les constructeurs gaulois comprenaient \e, vice de leur œuvre, et leur défiance perce dans le luxe même de leurs précautions.
Non contents d'avoir relié entre elles à tous leurs points de contact les poutres de cette gigantesque charpente, ils s'ingéniaient à créer des moyens surérogatoires de consolidation.
Des pièces de bois en biais croisaient diagonalemenl les pièces horizontales, tantôt de haut en bas, tantôt à plat, comme on l'a vérifié de la manière la plus positive sur divers points du rempart. L'empreinte d'une de ces croisières était parfaitement visible dans le remblai de l'angle sud-ouest du saillant de gauche, où elle,plongeait dans la direction du trou de poutre inférieur. Sa présence en ce lieu s'expliquerait par la nécessité de renforcer un angle isolé de 9 mètres seulement de retour ; mais dans le mur du nord, sur des parties où aucune cause particulière de faiblesse ou de détérioration n'existait, des pièces semblables ont été observées à 10 mètres, à 20 mètres et à 53 mètres de distance de l'angle nord-est, dans les tranchées à gauche de la porte. On enfonçait dans l'excavation de la première, large de O^'SS, une tige de plus de 2 mètres de long. En retrouvant le même procédé répété dans l'unique tranchée pratiquée à 20 mètres à droite de l'angle nord-est du saillant de droite, on est autorisé à le croire d'un usage général dans la construction. L'élai,* dans cette tranchée, descend de l'arrière
do rempart pour aboutir à la première traverse derrière le paremeot.
Ces étrésillons doués aux poutres de toat ordre maintenaient rhorizontalité des traverses contre le tassement da terrain ; elles atténuaient dans la mesure du possible les mouvements et le travail du bois, et auraient prolongé l'existence de la muraille si la nature même de ses matériaux ne l'eût condamnée à périr rapidement.
L'adhérence de toutes les pièces entre elles lui enlevait d'abord un des principaux avantages du système de construction décrit par César, la garantie du feu, dont les autres murs gaulois étaient préservés par l'interposition d'une couche de terre entre chaque grillage. Ceux de Bibracte ont conservé sur plusieurs points des traces d'incendie. A la première coupure pratiquée en 1 867 dans le retranchement du Champlain, une poutre longitudinale de 6 mètres était carbonisée en bloc avec ses traverses. La quatrième poutre du saillant de gauche, au nord du Rebours^ la troisième du second rang, face ouest, dans le saillant, ainsi que plusieurs autres poutres voisines, présentaient une masse intacte de charbon ; à 62 mètres à gauche de la porte on remarquait un espace carbonisé de O'^CS de large à la base du mur; enfin, à 4°" 15 en arrière du parement, et à 1 ""10 de hauteur, dans le mur de la Corne- Chaudron, une grosse poutre de C^SS de diamètre et deux traverses étaient réduites en cendres et* en charbon. Le bois avait brûlé à l'étouffée comme celui des charbonnières.
L'analyse de la pâte charbonnée extraite de plusieurs cavités a prouvé qu'elle était le résultat non d'cine fermentation, mais de l'action du feu qui a dévoré toutes les constructions voisines, et s'il était possible d'en douter, nous mettrions sous les yeux un fragment de bois carbonisé, dont toutes les fibres sont visibles, attaché à une fiche de fer du rempart.
L'humidité, quoique plus lente, était aussi dangereuse que les flammes. La décomposition du bois était une question de temps, et l'extrémité de la traverse altérée par la pluie privait
— sale parement de son priocipal soutien. Ces défeetuosités nécessitaient dans la morailie des remaniements incessants.
Le remplacement on la réparation des pootres» diefillées entre elles par des crosses de fer dans le corps même de rœnyre, entraînait à chaque restauration un tra? ail neuf.
C'est à ces causes direrses de rapide destruction qu'est due la rareté des remparts gaulois, dont trois seulement ont été explorés jusqu'à ce jour. Le mode romain supplanta partout dans les grands ourrages les procédés indigènes. L'usage du bois ne persista que dans les constructions légères et dans les habitations domestiques, où il se modifia plus ou moins durant le moyen âge ; il existe môme encore aujourd'hui dans plusieurs de nos anciennes provinces tel qu'il était pratiqué par les Gaulois.
Après ce résumé des faits certains, une hypothèse trouve sa place. Nous croyons que des poutres de façade formaient au moins à la base du rempart une armature extérieure, de telle sorte que la première assise du parement était serrée entre deux bois.
Ce système suppose que le premier rang de traverses débordait sur le chemin de ronde. Près de l'angle nord-ouest du bastion de gauche, la rainure de la septième traverse se prolongeait dans le béton à O^SO en avant du rempart; une fiche de fer, à l'orifice même du trou de poutre, marquait la jonction de deux bois. Celte anomalie s'expliquerait à la rigueur par une greffe substituée à une pièce altérée, si la présence d'un grand nombre d'autres fiches, en dehors ou à l'orifice de trous semblables, ne donnait à cette observation un caractère presque général. L'épaisseur du parement étant de 0"'20 à O'^SS, les fiches de la première poutre de face, placées à moitié de son diamètre, étaient à O^'SO en arrière de la face du mur. Mais si on ajoute à cette distance le dévers actuel du parement qui au minimum est de 0"" 10 à 0*" 46 et atteint même CSS, les fiches, d'après leur position primitivjB, devraient aujourd'hui être à O^'iO en arrière. On les trouve, au contraire,
à rentrée même des cavités qui sont projetées de 0*15, de telle sorte que Tod est autorisé à admettre que le parement s*est déversé sur la fiche après la dislocation du bois assemblé à moitié d'épaisseur. ^
L'existence des poutres rampantes au pied de la muraille acquiert un nouveau degré d'évidence dans des circonstances locales. A gauche de la voie du Rebours, une assise en saillie de 0 " 30 et percée de trous de poutres très rapprochés contrebutte le pied du rempart. Tous ces trous, dépourvus de couvertes et en avant du mur, étaient garnis de fiches piquées en terre, dont la destination certaine avait été' de relier aux traverses la poutre extérieure posée à ciel ouvert sur la saillie. A 47 mètres à gauche de la voie, une fiche était plantée à O^'SO en travers et en avant du trou de poutre.
Quelque étrange que puisse paraître cette armature, elle a'en est pas moins logique dans une construction aussi barbare que celle de ce rempart, et peut-être en trouverait- on d'antres traces s'il avait conservé plus de hauteur. La mauvaise maçonnerie, la ténuité du moellon, l'absence de ciment, jointes à la poussée de la blocaille et des remblais, rendaient les moyens confortatifs tellement indispensables que les plus solides parties, bien qu'elles n'aient plus qu'un mètre, s'écroulent au premier découvert. Le meilleur moyen de maintenir le parement était donc de le comprimer par intervalles entre deux armatures qui, reliées au corps de charpente, le soutenaient en équilibre et le préservaient de la poussée ainsi que des arrachements. Il était superflu, du reste, que les bois extérieurs formassent sur le parement un réseau complet, favorable
i. Des conttatations faitet Biir une série ont donné les résultats suivants : 2 fiches en arant du mur, à 0"30, en face d'un trou de poutre, piquées
dans le sol; — 2 à 0*02; — 3 à 0-03; — i à 0-05; — ! à 0-06; — 3 à 0>08;
— là 0^10; — I à O»!!; — là 0-12; — 5 à 0ai3; — 3 à 0>30, dans le
canal de la poutre, derrière le parement. Nous ne comptons pas dans ce nombre les fiches trouvées en ayant de la
muraille et tombées, selon toute apparence, des parties supérieures.
à i'escalade. De courtes trarerses mortaisées et douées aux tèles de poutres eussent suffi à la coDSoiidation.
Les fiches de fer qui reliaient les poutres présentent dans leurs formes et leurs dimensions quelques yariétés. Les plus longues, de O'^SO à 0*30, sont carrées, sans tète, ou pourrues seulement d'oreillettes comme nos crosses de charpente. Elles ont 0"02 de côté et s'effilent en pointe .aiguë. D'autres, de 0*30 k O"* 35, arec une tête large, plate, ronde ou carrée, de 0''03 à 0°' 04 de diamètre, conserfent sur toute leur longueur une épaisseur uniforme de 0''04. Cette disposition mal entendue nuisait à' leur pénétration et la plupart sont tordues. La grande fiche, dans quelques cas, était remplacée par deux petites qui, fixées latéralement dans l'entaille des pièces, se croisaient en les traversant; des tronçons de vieilles fiches, réunies dans la même excavation à une fiche intacte, dénotent des réparations. On. rencontre enfin de petits clous de 0''43^ de longueur, à tète plate, minces et effilés, ayant servi à assu-jétir des éclats de bois. Dans le saillant de droite, deux grosses fiches soudées par l'oxyde dans le même trou avaient pris la forme d'un crochet double, en pointant sur un nœud qui les avait fait dévier en sens inverse; des débris de bois y. adhéraient encore. Toutes, à peu d'exceptions près, étaient tordues. La malléabilité du fer tenait à son extrême finesse et à des procédés de fabrication qui n'extrayaient du minerai que la quintessence du métal.
Il n'est pas une partie du rempart où des fiches n'aient été conservées, dans le pourtour des deux saillants, dans les murs près des deux rives et dans le lit du ruisseau de la Corne- Chaudron, où elles étaient tombées avec la muraille. Les plus longues ont été trouvées dans la tranchée ouverte à l'est, au Bois du Chanoine, le plus grand nombre sur la face du nord, à gauche de la voie de Rebours, et sous les couvertes de pierre qui les avaient. préservées de l'humidité. Celles de l'intérieur du remblai étaient ou brisées, ou radicalement oxydées.
Remblai du Rempart.
Le troisième élémeot du rempart gaulois était le remblai dont la naliire varie avec celle des terrains qui le fonmissaieot. Il était composé, daos les deux retranchements du Champlain fouillés en 1 867 à t mètres de profondeur, de pierrailles provenant d'un sol antérieurement habité, parmi lesquelles on trouva des fibules, des verroteries, des médailles gauloises, de nombreuses poteries, des scories de fer, des clous, des fragments de meules et d'amphores. A la vallée de Come-Chaudron, au contraire, il consistait en une couche épaisse d'argile jaune très commune dans la montagne et fréquemment employée dans les terrassements de l'oppidum. Celte terre, extraite des fossés, ne renfermait par conséquent aucun débris, si ce n'est les fiches de fer des poutres, et les objets déposés dans les sépultures creusées de distance à autre dans le terrassement. La biocaille entassée derrière le parement sur 1 mètre à 1 "60 de largeur, était, comme le remblai et comme tous les matériaux du rempart, prise sur place, extraite le plus souvent du fossé, ou remplacée par l'argile dans les lieux où la pierre manquait. Il n'existait donc, on le voit, aucun parti pris dans un mode de construction qui utilisait indistinctement tous les matériaux placés sous la main. Il y aurait eu lieu, sans doute, à de nouvelles remarques, s'il eût été possible de pousser simultanément les tranchées sur les cinq kilomètres de retranchements qui eûveloppent l'oppidum.
Si le remblai, dans certaines parties, ne renfermait aucune trace de l'habitation antérieure de l'homme, il renfermait du moins ses cendres. Des amphores cinéraires y étaient parfois ensevelies; six, par exemple, dont quatre intactes, à 1 ""50 de profondeur, à gauche de la voie de Rebours. L'une était marquée, sur la panse, d'ane lettre gauloise, sorte de D, tracée à
rébauchoir, assez semblable à ud caractère analogue de TinscriptioQ gauloise d'Évreux et à un aotre graré sur on pied de ?ase da Beuyray.
Poaié.
Le seul remède à la faiblesse du reyétemeot de la muraille et au danger du feu pour ses charpentes/ consistait dans Fescarpement des abords et dans le fossé large de 1 4 mètres sur 6 de profondeur. Les dimensions de ce fossé» qui a été exploré des deux côtés de la voie de Rebours jusqu'au-delà du ruisseau de la Corne-Chaudron limite des recherches, furent reconnues d'abord, à l'angle môme du saillant de gauche, avec une entiôra .certitude. Ses talus étaient découpés au vif dans deux couches superposées, l'une d*argile jaune mélangée de cailloux, Tautre de roche dure entaillée par la eu? ette, et qui tranchaient tontes deux par leur dureté et leur couleur sur les atterrissements de rexca?ation. Des pierres, entraînées arec des fiches de fer dans la chute du rempart, remplissaient le fond, au milieu d'une masse épaisse de terreau noir, de charbon et de cendre, provenant éyidemment de l'incendie des ouvrages en bois qui couvraient les deux saillants de l'entrée. Cette obserration est d'autant plus certaine que les deux fossés qui les environnent renferment tous deux les mômes substances, disparates sur les autres points.
Cinq tranchées très voisines donnèrent les mômes résultats. Mais en s'éloignant de la voie et des saillants, la couleur du remblai se modifiait. Les détritus végétaux, amoncelés par les vents du nord au pied des retranchements, et l'argile jaune du rempart y remplaçaient la poussière noire et les charbons de l'incendie *, les objets manufacturés devenaient de moins en moins nombreux, la vallée sur ce point ayant toujours été déserte. Le fossé, interrompu au bord du ruisseau, reparaissait de L'autre côté.
La partie la plus cnrieuse de ce grand travail était an passage inème de Fean. Le rnissean, nne des sonrces dn Heschet, formé dans nne dépression profonde par la rénnion de trois fontaines comprises dans l'oppidum, acquiert une certaine violence dans les pluies diluviennes qui font du mont Beuvray le principal réservoir de la vallée de TArroux; aussi a-t-il dans son cours anéanti 20 métrés du rempart. Le fossé, coupant son lit sous une pente rapide, aurait couru le double risque d*ôlre emporté ou comblé sans une précaution ingénieuse des habitants, qui ménagèrent pour le passage des eaux une langue de terre à niveau en travers du fossé. Une série de bassins en . cascade dont le trop plein se déversait dans les fossés, en fournissant aux forges voisines et aux habitations un approvisionnement certain, avaient été, à cet effet, établis sur des glacis. Ces bassins carrés et au nombre de cinq, dont quatre en dehors du rempart et un seul à l'intérieur, protégeaient plus efficacement l-abord qu'une berge sans cesse menacée de ruine. Ils avaient 7 '38 de large sur 0'°70 de profondeur, abstraction faite de l'exhaussement des chaussées qui échappe à toute évaluation, la différence de niveau d'un bassin à Tautre n'étant plus appréciable que par celle des couches de corroi dont le fond était garni. La fabrication de cet enduit prouve la persistance des procédés simples et usuels, car elle n'a pas varié dans le Horvan, pour les chaussées et les pièces d'eau, depuis les Gaulois. Elle consistait à établir un premier lit de béton d'argile et cailloutis battus, de 0 ' 30 d'épaisseur, surmonté de la couche de corroi proprement dit (O'^iO d'épaisseur), terre friable qui, pétrie comme la farine, devient complètement imperméable. Toute trace des chaussées avait disparu, à l'exception de restes de pilotis de châtaignier enfouis à un mètre, qui avaient pu faire partie d'un barrage ou l'étayer.
Le fossé existait-il sur toute la longueur des retranchements? Il est permis d'en douter, bien que sa présence ait été constatée sur 300 mètres <]e long. Il ne régnait selon toute apparence que dans les vallées et sous les parties de Tenceinte F. B. 4
poamies d'un seol retraochemeot. Sar les points, ao contraire, défendus par ane double ligne de talus, une d'elles tient lien de fossé. La roideur des pentes en rendait rétablissement difficile, et les alluTions l'eussent promptement obstrué. Une baie d'arbustes entrelacés, renouvelée d'âge en âge au bord du terre-plein, suffisait à prémunir contre une attaque ou une surprise. Dans la vallée au contraire, où le retranchement descend pour englober les sources, le lit du ruisseau formait une route naturelle pleine de dangers qui nécessitait l'établissement d'un fossé utilisé en même temps comme mare ou réservoir.
Ces diverses observations seraient incomplètes sans preuves archéologiques à l'appui. A tous les niveaux de l'espèce de tourbière formée dans la première partie du fossé, des objets manufacturés de toute nature composent une curieuse collection de pièces à renseignements. De nombreuses médailles gauloises furent recueillies dans les deux premières tranchées, à 1 , 2 et 3 mètres de profondeur. Les dernières en date (27 avant Jésus-Christ) étaient deux pièces de bronze des colonies de la Gaule méridionale, à l'effigie d'Auguste et d'Agrippa. Des outils en pierre, parmi lesquels un très gros polissoir en. silex, plusieurs pierres à aiguiser, des fragments de meules grossières dont quelques-unes à trois pieds taillés dans le bloc même pour les fixer au sol ou à un billot, y rappelaient une industrie bornée et rudimen taire. Mais à côté des objets usuels, à côté de la vaisselle en débris du ménage gaulois, on rencontrait les plus frêles ornements du corps, des verroteries, deux moitiés de bracelets, l'un en verre bleu, l'autre en schiste, ce dernier tourné et orné d'une rainure semblable à celle des bords de vases gaulois, des fragments de fibules en bronze, un petit aigle de même métal, trouvé à 0°'20 seulement de profondeur, mille objets perdus, jetés ou entraînés après la chute de la muraille.
Le fossé sur la rive droite du ruisseau de la Corne- Chaudron, était moins riche en débris que la partie voisine de la voie du
Rebours; il renfermait oéaomoios des fiches, uoe meule» des débris de poterie, des fonds d'amphores, et un manche de fer terminé par une boule de 0"'18 de diamètre altérée par la rouille et d'un usage indéterminé. A S^SO de profondeur dans la tranchée, des bois incendiés couvraient le talus.
Il n*est donc pas possible d'attribuer la création de ces ouvrages à une race autre que les Gaulois. Leurs monnaies, leurs mœurs domestiques, leur industrie, s'y révèlent avec une évidence indiscutable. Ce qui frappe dans cet ensemble de renseignements, depuis l'ouverture des fouilles, c'est l'unité, la concordance absolue. Rien jusqu'ici n'a altéré ce caractère; des profondeurs à l'épiderme du sol, tout est gaulois. Les Romains n'ont qu'efiflenré ce coin si peu connu de la terre celtique; la possibilité ou le temps de s'y acclimater leur a manqué. Cette . disette d'éléments romains à Bibracte ne s'explique que parla fondation d'Augustodunum et par l'attraction que les splendeurs de la capitale nouvelle exercèrent isur les populations. L'oppidum délaissé par les convertis de la civilisation étrangère dut à leur retraite le salut de ses mœurs et de sa nationalité.
FoMé de retout ^t Bastion do Cbamplain.
Si le rempart de Bibracte, inférieur, à tout prendre, à celui d'Avaricum, ne surpassait pas les autres remparts gaulois par son mode de construction, il les surpassait par son étendue et surtout par son isolement absolu, par son escarpement audessus des vallées adjacentes. C'était là sa véritable force : la géographie avait fixé d'avance, en ce lieu, le centre militaire du pays. Aussi les Gaulois n'avaient-ils rien négligé pour fortifier la principale porte, et sans être, sous aucun point de vue, comparables aux solides ouvrages des Romains, leurs travaux n'en sont pas moins un rare et intéressant spécimen. On
define, dans ces entassements barbares où la matière brute jooe un pins grand rôle que l'esprit d'inrention, one certaine recherche dans les mojens défensifs, des tentatives intelligentes pour neutraliser les effets d'un sjstème défectueux.
L'importance de rentrée du Rebowt, la plus fréquentée et la plus accessible, la seule même que pussent aborder les diariots sans tripler les attelages^, nécessitait ces dispositions; elle était une sorte de confluent des principales routes. La Toie de ITonne y rejoignait une des voies de la raliée de TArroux ', et un embranchement très remarquable par son tracé et sa structure *, qui, de la ?allée de la Séglite, débouchait obliquement sous le Champlain. La yoie du Rebowt, contrairement aux autres chemins, se présentait de front. Elle était, à droite et à gauche de la porte, flanquée de grands épaulements, élevés encore aujourd'hui de 5*60 ^, et fermés par vai retour à angle droit de la muraiHe sur l'intérieur de l'oppidum. Ces deux saillants remplissaient, dans la défense de l'entrée, le même rôle que les tours au moyen âge et, dans les temps modernes, les bastions, dont ils imitent le terrassement sans en afoir les parties constitutives, les faces et les flancs ^. Celui de droite est situé à la pointe nord-est du Champlain ; celui de gauche à la pointe nord-ouest de la Come-^Chaudron. Un intervalle de 19 mètres les sépare. Cette largeur extraordinaire pour l'entrée d'une forteresse laissait supposer sur un point ou sur un autre de l'avenue un rétrécissement. Les tranchées, des deux côtés de la voie, rencontraient un sol meuble partout et de profondes excavations. Les fossés, en effet, suivant le coude du rempart, remontaient avec lui. Cet étranglement de la voie entre deux fossés larges chacun de 6 mètres et profonds de 3" 30, réduisait à 7 mètres de large l'accès de l'oppidum, en.
i. D«iiz boBQlii pourraient monter une charge de 500 kilos. S. Celle du Rebours.