Déposé AU musée de Saint* Gennain
fermait selon l'nsage édoeD, mais encore d'une particularité vérifiée assez fréquemment depuis pour lui attribuer un caractère générai :. les cendres des ouvriers ou patrons de l'industrie du fer étaient déposées dans les trous d'enclumes, de forges, de fourneaux. La similitude des excayalions qui renfermaient des scories et de celles qui renfermaient des restes humains justifie pleinement cette affirmation. Sans parier de plusieurs gisements cinéraires de mince importance, on trouia, dans un large creux de 1 mètre de diamètre et 0*85 de profondeur, dans le béton, des cendres, des ossements, des poteries et trois médailles gauloises; à 0"^iO au-dessous du mur du compartiment du milieu, un fond d'amphore aiec une fibule en bronze, des ossements, une médaille gauloise (2 ""30 de profondeur), à côté une autre amphore cinéraire enfouie debout; mais la sépulture la plus remarquable était celle du grand four à minerai lui-même, dans le compartiment oriental. La, au milieu du charbon et des scories, sur l'enduit de terre réfractaire, deux grandes amphores, dont le goulot seul brisé, étaient couchées en travers l'une à côté de Tautre, et assujetties avec des pierres et un creuset en grès. Elles contenaient encore des cendres, dont la présence en un pareil gîte ne saurait être attribuée au hasard.
Four de Pains de Sable réfractaire.
La face méridionale de la fonderie communiquait à un hangar de i'^iO de large, excavé de 2 mètres, dans un massif de roche friable qui formait paroi au sud et à l'ouest. Sept trous de poteaux, distants entre eux de 4 » 20 à 4 * 50, et des poutres carbonisées sur 1 mètre de long sans délitement en marquaient l'emplacement; il conduirait de plain-pied vers un autre four situé à 3 mètres au delà, près duquel on trouva quelques médailles gauloises, et qui servait non plus k la fonte des
métaQx, mais à la dessiccatioD des terres réfractaires dont on fabriquait les creusets. La nouveauté de cette iodustrie, celte des produits entassés encore dans la fournaise, comme si l'opération eût été temporairement suspendue, attiraient sur cette découverte un redoublement d'intérêt. La base du four enfouie à 4 ""80 au-dessous du sol actuel était carrée (2 "30 sur 2''80), bordée de grosses pierres, avec un pavé de moellon recouvert d'un induit de 0 "" 20 d'épaisseur, semblable à celui du four métallurgique, et d'une couche de 0''06 de gros charbon. Le sable réfractaire avait été pétri à la main, en façon de petits pains, tous sans exception percés d'un trou comme les grains dun chapelet, pour faciliter la fuite du gaz ou permettre de les suspendre; ils étaient empilés par lits, sur six à dix de hauteur, formant au-dessus de l'aire une sorte de dôme de O'^iO à 0''70 sous une chappe d'argile. Pour régulariser la cuisson ou activer la circulation du feu, des interstices avaient^ été ménagés avec soin; mais la chute de la chappe réfractaire amollie par l'humidité, et le délitement dune certaine quantité de sable, les avaient en partie obstrués. ^
Le diamètre le plus ordinaire des pains est de 0'°40. Les uns ont la forme renflée d'une pomme, d'une boule même ; d'autres sont aplatis et ronds, comme des cylindres tronqués ; une mince couche de vitrification, assez forte, sur les points où la chaleur a été plus intense, pour en souder huit ou dix en un même bloc les recouvre généralement.
Cette enveloppe vitreuse, particulière aux creusets, accuse l'homogénéité de substance des pains bruts et des vases fabriqués pour la fonte des métaux ; ils sont les uns et les autres composés d'un sable calciné qui, dans les opérations chimiques, donne les mêmes résultats. Certains pains fournis de grains siliceux sont mélangés d'une très faible quantité d'argile et devaient servir à dégraisser la terre des creusets ; d'autres se rapprochent plus directement de la composition même de ces
i. Ces paint sont déposés au musée de Saint-Germain.
derniers, formés presque toujours de deux couches distioctes dont la chemise* est beaucoup plus réfractaire que celle de riutérieur.
Uoe différence analogue s'est révélée dans la composition de certains pains soumis à la haute température du four d'un grand établissement céramique. Un des échantillons s'est solidifié en restant réfractaire, tandis que l'autre se fondait en verre laiteux, imitant la croûte de nos creusets. Un second four à pains de sable, moindre et plus détérioré, était placé tout auprès du premier; il n'y restait que des charbons et des pains en partie désagrégés.
Au-dessus et au-dessous des fours, on rencontrait deux petits ateliers dont la disposition montre une fois de plus llncurie gauloise en matière d'organisation. L'tin, à 6 mètres à l'ouest, situé à 0 "" 50 de profondeur, niveau du chemin, audessus du massif creusé pour les fours ^, avait deux murs en pierre et deux en bois (on a retrouvé les traces des poutres), avec un pavé en béton battu. La forge était creusée dans le béton, pleine encore de charbon et de résidus accompagnés d'un outil en fer fin, sorte de râble destiné à ramener les scories dont plusieurs débris adhéraient à l'outil. Six culots de fer, des débris de terre réfractaire et de quartz, une meule, un gros fragment de terre réfractaire recouvert de poussière de quartz battue sur l'argile et imprégnée de scories ferrugineuses, des briques semi-réfractaires et enfin la tuyère même de la forge, indiquaient la destination de cette demeure.
L'autre case, de dimensions presque semblables, 5" 80 sur 5"* 20, était à l'est, à 7 mètres au-dessous du four. Celle-ci, creusée dans la terre, était construite en bois, à l'exception d'un ados en moellon de 1 "" 20 de hauteur et à un seul parement, qui formait la cloison de l'ouest, avec retour d'angle en dehors à chaque extrémité. Ce mur, destiné à soutenir les terres, tenait si peu à la construction qu'il a conservé des
1, Longnenr de la pièce, 5"50 sur S "90.
Irons de poutres comme les côtés bâtis en pisé. Trois médailles gauloises furent trouvées daos cette petite pièce dont rentrée, à l'est, était de plain-pied sur la pente de la vallée.
Au travers de ce grand assemblage de masures, toutes fondées sur les épaisses couches de béton de glaise qui se prolongent uniformément jusqu'aux limites des ateliers, d'autres fourneaux étaient dispersés. Le plus voisin et l'un des plus remarquables par sa conservation mérite un instant d'examen, ainsi que l'habitation dont il faisait partie. La façade était en bois avec des trous de poutres murailles et pavés, et, par un redoublement de précaution contre les coups de vent, une des pierres angulaires, entaillée de O'^IS, emboîtait le pilier vertical en bois pour le maintenir. Les trois autres faces étaient en maçonnerie, mais le moellon n'y formait qu'un simple remplissage entre les poteaux enchâssés dans les murs où ils avaient laissé leurs places vides marquées aux angles et au milieu des murailles par des rainures perpendiculaires ^. Le rôle accessoire de la maçonnerie est tellement évident, qu'elle ne sert pour ainsi dire que de soubassement à l'arrière de la construction éprouvé par une plus forte poussée; elle avait, jusqu'à 0*90 de hauteur seulement, une épaisseur de 0"60, puis faisant retraite de O'^SS, ne se composait plus, au delà, que d'une simple garniture en parement. L'entrée était à Test, dans le pignon, où les poutres qui supportaient le faîtage avaient double largeur. Cette forge déblayée dans son entier offrait un des types les plus complets de la construction gauloise. Ses poutres encastrées, ses murailles sans assises, liées avec l'argile, ses pierres enchevêtrées, avaient un aspect primitif en rapport avec l'industrie rudimentaire exercée en ces lieux. Dans l'épais et rude béton de l'aire étaient creusés, outre un four métallurgique, trois trous alignés, dont l'un oblong était rempli de crasse de fer. A i mètre de chacun des murs
1. Les piliers du fattage avaient 0"45 de diamètre ; ceux des murs latéraux et des angles, 0»dO sur 0"14.
latéranx, deux longs caniveaux ^avaient été, selon tonte apparence, occupés par des poutrelles ou par Teau destinée à rafraîchir les outils. Des masses de charbon, des creusets brisés, des scories, des crasses vitreuses, un morceau de résine, un reste de creuset avec du minerai adhérent, des échantillons de fer, des enduits réfractaires, des terres calcinées, des culots demi-sphériques, jonchaient toute la surface du sol, surtout dans le voisinage du four .placé, à 0"80 des murs, à l'angle nord-ouest.
Ce four, long de 1 "* Oi sur 0 "^ 90, était pavé de moellon, arrondi à l'arrière et entouré complètement de pierres enduites de terre réfractaire ; la paroi de droite était même composée uniquement de débris de ces enduits, parmi lesquels une tuyère de forge, liaisonnés avec une terre de même nature. La base était divisée par un ressaut en deux compartiments oblongs et de niveaux différents, celui de droite ayant 0°^ 30 de profondeur et cefui de gauche O^iO au pied du ressaut. A la pointe de celui-ci était creusé un récipient pour les scories, plein encore de paillettes et de battilures de fer ^. L'intérieur du four, au moment de la découverte, contenait luimème du charbon et des scories mélangées de parcelles de minerai, des débris de creusets, des culots de fer, un coin de même métal attaché à des scories, un mentonnet et un crampon de fer à deux branches,'engagé entre deux pierres. Lorsque la pluie eut détrempé Taiire, il s'y trouva une certaine quantité de petits globules ferrugineux, creux, luisants, sans oxyde, d'autres attachés à des parcelles de sable.
L'inventaire de cet atelier n'était pas non plus sans analogie avec celui de la grande fonderie qui contenait quelques échantillons de l'industrie étrangère. Il fournit une estampille
i. Le plus grand a 4»2C.
2. L'iDspectioQ minutieuse de ce four a été faite séparément par M. Gallon, ingénieur de la marine impériale, et M. Renaud, docteur es sciences, professeur de chimie à l*École de Cluny.
an nom de PROTUS, inscrite snr nne terre fine et rouge» dans nn cartouche orné sur deux côtés de hachures d'un mode inusité. Des objets façonnés, une fibule, une belle clef en bronze très correctement travaillée et deux fragments de lampe en terre fine y accompagnaient trois médailles gauloises et deux pièces de la colonie de Vienne, dont une partagée en deux. On est frappé, au milieu des monceaux de poteries réunies à Bibracte, de n'y rencontrer les lampes que comme rareté et objets de luxe ; l'un des fragments en question contrastait par sa finesse avec les autres débris de vaisselle de la même habitation. Par un rapprochement fortuit sans doute, un fragment d'une lampe exactement pareille avait été trouvé en 1867 dans une maison du Champlain, avec deux pièces coloniales et une def semblables. Des artisans ou marchands du Midi, fixés à Bibracte, y avaient-ils apporté les objets usuels de leur pays, ou ne faut-il voir dans cette double rencontre que des produits vulgarisés par le colportage dans les emporiums éduens?
A 44 mètres de la voie et à 7 mètres au sud, un peu à droite de cette petite fonderie, affectée selon toute apparence à quelque travail minutieux et spécial, on rencontrait une autre case, peu importante d'après ses maçonneries mais reliée à une vaste étendue de constructions. C'était un petit carré, irrégulier comme toutes les maisons de Bibracte, 4*50 sur 4"'60, sans aucune trace de porte, parementé très proprement à l'intérieur. II était enfoui à 2 lûètres; les murs avaient encore 4 ""35 de hauteur ^ au-dessus du carrelage bétonné de terre glaise et cailloutis où l'on ramassa une pièce gauloise. Malgré la solidité des murs, la toiture portait sur des poteaux de bois de 0''40 de diamètre aux angles, et de O"" 25 à 0"" 33 dans les intervalles. Il en était de même dans une autre habitation ^
1. Hauteur des murs : Ouest, 1"85. — Sud, !»34. — Nord, «"IS. — Est,