Nous deTODB cette remarque à M. Roger d'Abo^ille
de Syrie et est déposé an musée do Louvre ^ ; Taatre trouvé sur le sol français même, aux enviroM d'Autun, appartient au musée gaulois de Saint-Germain. Les conditions particulières des vases de Tarcbipel de Santorin nous fourniront une hypothèse probable sur l'origine de ces fragments presque identiques, trouvés en des points aussi éloignés et dans des pays aussi différents que l^ désert Moabite et le bassin de la Saône. » ^
Les fragments de poterie auxquels Tauteur de cette étude fait allusion sortent non du bassin de, la Saône, mais de celui de YArroux, qui lui est limitrophe, et de la maison d'un fondeur de bronze gaulois, uMt du Cbamplaio, fouillée en 1867, au mont Beuvray. Leur rareté fut signalée au concours de la Sorbonne, dans le rapport public, comme presque unique; un seul échantillon, retiré d'une habitation lacustre du lac du Bourget par H. Rabut, rappelait ceux de Bibracte ^. Les rapprochements fait par H. Fouqué le conduisent à conclure que les vases de Santorin ont été fabriqués en Orient. « Les fragments semblables trouvés près d'Autun, continue-t-il, tout à fait exceptionnels en Gaule, y auraient été apportés de la même source, soit à cette époque, soit plus tard, par l'intermédiaire de la colonie phénicienne de Marseille. » ^
La première inspection des vases du Beuvray, leur coloration, les dessins qui les recouvraient, leur forme artistique^ nous avaient convaincu qu'ils ne pouvaient être gaulois; la délicatesse de leur ornementation permettait d'affirmer aussi qu'ils n'avaient pu arriver à Bibracte que par Marseille. Leur provenance, grâce aux nouvelles découvertes, acquiert, un
i. Ce Tate est la propriété de M. de Saulcy, qui a bien yoala nous le commaniqaer.
2. R§9H9 des De%ix Mondes, 15 octobre. Une Pompéi antéhistorique, 18C9, p. 224 H SUIT., par F. Fouqaé.
3. Distribution des récompenses accordées aux sociétés savantes, lb68. Rapport SUT le concours d'archéologie, p. 20.
4. Une décoration semblable, mais tracée au grattoir, se remarque sur nu autre vase sans peinture et d'une forme très élégante.
degré de certitude de pios; elle confirme les relations des navigateurs phéniciens avec les principaux oppidums gaulois. Quant à la date de leur importation, nous sommes loin de prétendre la fixer, et, dans notre pensée, elle est postérieure à celle des plus anciens vases de Santorin. Les médailles gauloises qui accompagnaient ceux du Beuvray laissent pour marge les deux siècles qui précédèrent Tère chrétienne. Il est ainsi acquis qu'à cette époque des relations existaient entre l'oppidum éduen et l'Orient. La conservation du même mode décoratif, du quinzième au deuxième siècle avant notre ère, n'a rien de surprenant. Le propre des peuples qui vivent en tribus est de peu innover; les fabricants des villes se conformaient à leur goût. On reconnaît aujourd'hui encore sur certaines poteries kabyles la même coloration, les mêmes motifs de dessin que sur les vases de Santorin, des ruines de Syrie et du Beuvray. Seulement le génie artistique a disparu chez le Kabyle; les lignes fines et sûres, le sentiment de la couleur se sont transformés en traits incertains et lourds sur un badigeon vulgaire. ^Nous avons vu récemment, grâce aux indications de H . Fouqué, les vases de Santorin au Conservatoire des arts et métiers. Certaines formes, celle surtout d'une grande jarre, donnent exactement le même profil qu'un dolium do Beuvray. Les bandes colorées sont disposées de la même manière avec des nuances diverses; mais si la terre des premiers est moins grossière, elle est aussi friable et aussi mal cuite que chez les Eduens. La teinte blanche appliquée sur l'argile parait, dans les deux catégories, de même nature, ainsi que certains tons violets. Des bandes rouges, sur une écuelle d'un modèle que nous possédons, sont aussi les mêmes, avec cette différence que les couleurs, à Santorin, sont moins fines, moins éclatantes, plus négligemment étendues à l'aide du pinceau, sans le secours de la règle ni d'aucun instrument directeur.
Un autre renseignement mis à notre disposition par le regretté directeur du musée céramique de Sèvres, dont l'obligeance n'était jamais réclamée en vain, est un vase provenant F. B. 12
aussi d'ooe sépulture de Saoiorio et doooé au musée par le colonel Bory de Saiot-Yioceot. L'ideotilé de cette pièce avec uû fragment envoyé du Beuvray à Sèvres a été constatée de la manière la plus formelle par M. Riocreux.
De nouveaux échantillons de ces vases ont été retrouvés à Bibracte dans les fouilles de 1869. L'atelier de Torfévre et quelques maisons voisines en renfermaient plusieurs dont les couleurs fines et le dessin correct, très bien conservés, présentent plus de variété que ceux de 4867.
Le motif d'ornementation le plus fréquent consiste toujours dans la bande circulaire noire ou rouge et les* traits verticaux divisés par groupes ou répétés sans interruption , mais on y trouve aussi le carré coupé en diagonale par deux lignes croisées, des surfaces couvertes de losanges tracés avec une extrême finesse par des filets noirs sur fond blanc, imitant les mailles du filet, de légers festons, des rubans ondulés de lignes noires, tombant de haut en bas le long du vase et alternant avec des bandes droites sur un fond d'un rouge velouté. La correction des lignes et la juxtaposition des couleurs, du blanc mat, par exemple, à côté d'un noir intense, d'un rouge foncé ou du brun, produisent, malgré la simplicité de la composition, un effet non-seulement original, mais complètement artistique. Pendant que cette série curieuse se complétait au Beuvray, on découvrait aussi en Savoie de nouveaux spécimens. Le musée de Saint-Germain en possède un exactement semblable à celui qui est décrit plus haut, et dont le dessin imite les mailles d'un filet. Il provient de la plaine (/e« Fins, près Annecy, on l'on place la station de AD BAVTAS de l'Itinéraire d'Anlonin. Cette importation paraîtrait, comme celle des vases éduens, due aux Marseillais, qui y ont laissé de nombreuses traces de leur passage.
Au midi de la maison de l'orfèvre n"" CC, 48, on a cité déjà le n"* 19 bit, séparé du n"* 18 et des compartiments adjacents par un étroit couloir, suffisant à peine au iour de curée, pour le passage des eaux pluviales.
Ajoutons aux nombreux débris d'émaux qu'il renfermait une fibule de fer, un coin de bronze fruste avec amorces pour un manche de bois, un ornement de collier, trouvés avec les vingt- t sept médailles gauloises contemporaines de César, notées précédemment, et un échantillon industriel d*un nouveau genre qui se rattache au placage des métaux. C*est un bouton de fer demi-sphérique, recouvert d*une feuille de bronze, dont plusieurs spécimens ont été découverts depuis au n* 35. La pellicule de bronze mince et poli qui les recouvre est d'une patine tellement fine et luisante qu'elle simule Témail. Cet atelier, encaissé de tous côtés, avait au levant un seuil de 2*60 de long, dont la dimension anormale donne lieu à une observation. Les pieds droits de cette entrée unique, imprimés dans le sol à chaque extrémité du seuil, étaient formés de deux plateaux en bois, de 0""40 d'épaisseur sur 0"" 40 de large, qni semblent faibles pour une portée de 2°" 50. Un troisième support devait, selon toute apparence, diviser cette large ouverture en une porte et une fenêtre. C'était le troisième exemple de ces vastes baies, dont les deux premiers appartenaient aux fouilles de 1 867.
Ces façades à jour, composées d'un léger soubassement en pierre portant une grosse pièce de bois carbonisée en place, pourraient aussi s'être prêtées à l'établissement d'une devan* ture ouverte à volonté et fermée le soir avec des planches glissant dans des coulisses, t La devanture des boutiques, à Pompéi, était close ainsi par des planches engagées de haut en bas dans une rainure profonde et se recouvrant les unes sur les autres comme les palettes d'un éventail ouvert. » ^
Les masures voisines présentent peu de particularités, el offrent à peine quelques détails dignes d'attention. Dans le voisinage de l'émailleur, une autre case d'orfèvre, construite aussi en pisé, avait deux auvents larges chacun de 1 mètre, et
1. Beolé, L$ Drame du Vésuve, Revue des Deux Mondes; juin 1870, p. 618.
supportés par des poteaux ^. Un mortier ou creuset de granit était, d'nne part, encastré dans l*aire, à l'angle snd-ooest, et de # l'autre, une grosse brique carrée de 0*65 de long, à l'angle opposé, où elle marquait l'emplacement du foyer. Sur le sol fortement calciné gisaient une grande quantité de débris d'am^ phores, une hache en pierre ?erte, un polissoir, une clef et un couteau de fer, deux anneaux de bronze, des poteries peintes, deux pièces de Marseille et trois gauloises, rappelant par cet assemblage les différents âges et les communications de l'oppidum a?ec le commerce du Midi. C'est dans cet amalgame hétérogène qu'était égarée aussi l'intaille en agate blanche, représentant une Vénus sortant de l'onde, mentionnée un peu plus haut. Un assez grand espace ?ide entourait la loge de tous côtés \ il n'y restait du moins aucune trace caractérisée de construction.
Les habitations, en continuant de marcher au sud, sont distribuées sur la pente avec une irrégularité qui donne plutôt l'aspect d'un village de barbares que du faubourg d'un grand oppidum. Dispersées sans aucun rapport entre elles, les unes droites, les autres en travers, séparées par des espaces inégaux, entourées de hangars et d'auvents, tantôt de plain-pied, plus souvent enfouies sous les toits de paille, et défendues à peine de l'éboulement des terres par quelques pierres, des pisés ou des planches, elles offraient un aspect misérable et enfumé qui contraste avec la richesse relative des industries qu'elles abritaient. Au travers de ces bouges occupés par des forgerons et des orfèvres, quelques enclos funéraires, encombrés d'amphores, séparent les morts des vivants. D'autres sépultures, suivant un usage plus fréquent, sont ensevelies dans les ateliers; des puits contiennent des restes humains amoncelés. L'un d'eux est creusé au centre d'une petite place, comme si les maisons en avaient été éloignées par respect; ces divers modes de
I. de, 22. Elle a 9'"20 de long de Test à Toaest, snr 5*20; 1"60 t^ous le gaioo.
sépoilore iodiqueût évidemment chez les Gaulois uo culte profond de la mémoire des de?aDciers. La vue constaote de ces loges mortuaires gravait le souvenir des trépassés dans l'esprit des parents, des voisins, qui continuaient pour ainsi dire de vivre, avec eux. De là peut-être la croyance aux revenants, si vivace chez les races celtiques, et trop répandue encore dans le Morvan pour ne l'avoir pas été chez les Éduens.
Entre les maisons 1 9 bi$, 22 et 24, la ligne des habitations était interrompue par un autre de ces gisements d'amphores cinéraires distribués par intervalle dans les diverses régions de l'oppidum, et plus fréquemment encore dans ce quartier. Il aurait été, parait-il, afiecté aux orfèvres dont les ateliers l'entourent, d'après les objets ouvrés et les ustensiles dispersés dans le monceau confus des vases funéraires. Située derrière un pan de mur d'une habitation presque détruite et un peu au-dessus du niveau de l'aire, l'excavation avait la forme d'un carré irrégulier de 1*85' à 2 "60 de côté, sur autant de profondeur. ^
Deux énormes blocs bruts de granit <, alignés à la face sud, et trois au nord, restés en place, marquaient les limites de l'ancienne clôture de pierres dont les. autres blocs, déplacés par la charrue, étaient enfouis à deux pas. Trente-cinq amphores, dont une estampillée des trois lettres ZIN, y étaient empilées dans un désordre qui contrastait avec la régularité des gisements du Champlain ^ : debout, couchées, à demi inclinées, je sol, à Tenfouissement de chacune, avait été culbuté, et c'est à ce travail fréquemment répété que sont dues sans doute une partie des fractures qui ont altéré la moitié des vases. Ils renfermaient encore des cendres, du charbon, des os et quelques objets dont les plus caractéristiques étaient un bouton de bronze, plaqué d'argent et émaillé, d'autres striés au burin pour l'émaillerie, quelques polissoirs. Une seconde case à amphores, joignant la première et entourée comme elle de quartiers de roc, séparait la précédente des baraques de la