Ils avaient 0"80 de côté
Toie. Elle De reoferiDait que sept amphores couchées, dont trois intactes, contenaDt quelques restes brûlés et accompagnés de poteries brisées, d'une meule, d'une grande clef et d'un lien de poutre en fer traversé par deux clous. Enfin une troisième eicayationfut ouverte entre tes maisons n*' 26 et 28.
C'était un grand puits de 2 mètres de diamètre sur 4 de profondeur, parfaitement rond, dans un tuf enduit d'une sorte de corroi jaune, très dur et sans pierraille, qui contrastait avec le terrain caillouteux des alentours. A t *50 de profondeur était enseveli un monceau de débris d'ampbores, parmi lesquelles nombre de goulots entiers et une amphore vide mais intacte, nne tige de bronze et une médaille gauloise en argent, sans charbon au dessous, comme si les débris eussent été rejetés dans le puits vidé une première fois. Cette fosse, à la rigueur, eût pu être prise pour une citerne si, a 3*50 de profondeur, de grosses dents de cheval et d'un autre animal avec un polissoir blanc comme le marbre, transparent comme l'agate et fortement usé sur une face, ustensile ordinaire des tombeaux d'industriels, n'eussent indiqué un mode de sépulture déjà connu non-seulement au Beuvray, mais dans la vallée de la Loire. On découvrit en effet, il y a quelques années, dans l'ancien fossé de Decize, un puits exactement semblable, renfermant une quarantaine d'amphores identiques à celles.de Bibracte. Ce puits, à l'époque celtique, devait être peu éloigné de la Loire, dont le cours a changé depuis. ^
Au-delà de ces cimetières partiels, sans épitaphes et sans images, on la population gauloise rassemblait en bloc les cendres de ses morts, à peu près comme les Romains dans le colombier funéraire, l'industrie reparaissait avec ses masures et ses forges enfouies. Les deux maisons n"" 24 et 25, bâties toutes deux en bois et séparées seulement par un ressaut de 1 mètre de hauteur, formaient probablement un même tènement, dont la façade occidentale rapprochée de la voie donnait accès
1. ReateigDemtnt de M. Hanoteau sar cette dëcoa^erte faite par son père.
dans Dne boutique de médiocre dimensioQ ^. L'autre compartiment, habitation principale ^ mal limitée par des trous de poutres qui se prolongeaient au nord, était enfoui de 2 mètres. Des pierres à aiguiser et un polissoir j forent recueillis avec une grande rouelle, un bouton recouvert d une feuille de bronze de la plus belle patine, onze médailles gauloises et deux petites pièces marseillaises. Une sépulture domestique, dans une case adjacente, contenait, entre autres objets, un fragment de poterie à dessins noirs sur fond blanc, de même caractère que ceux dont la provenance est attribuée à la Syrie. Il est orné de deux grandes lignes croisées dans un cartouche rectangulaire et alternant du noir an blanc.
La maison n*" CC, 26 ^, composée de trois pièces échelonnées en gradins sur la pente orientale, avait 15 mètres de longueur de l'est à l'ouest, seule dimension reconnue, la face méridionale n'ayant pu être fouillée. Elle était entièrement en pisé et en bois, à l'exception d'un mur mitoyen en maçonnerie entre les deux premiers compartiments. Un puits de 1*30 de diamètre, muraille à l'angle sud-est du troisième, dans la maison même, et auprès duquel des verroteries, deux annelets, deux médailles gauloises, une meule en place, permettaient d'espérer quelque découverte, ne put être fouillé non plus à raison de l'élévation des terres meubles qui dépassait 3 mètres.
Le n"" 27, petite maison en pisé, de i'^OS sur 4*55 de côté, avec seize piliers, fournit quatre médailles gauloises et' un petit grappin de fer, à branches recourbées en dedans, pour saisir peut-être les creusets par l'orifice. Le n® 29 était composé de deux pièces, l'une en pierre, l'autre en pisé ^, dont la
f. Elle n'âTait que 2>"70 de côté.
2. Bile a 6*é0 dn nord au sud, lur 4*70, et i5 poteaux. Uue pièce latérale A, aussi en bois, existait au uord.
3. Nous rappellerons que les deux lettres CC s'appliquent à toutes les maisons de la Come-Cbaiidron, comme désignation générale, de même que les deux lettres CP au quartier du Cbamplain.
4. CC, 29, A. 6 mètres de long sur 4b90. Huutear des mur^ : 2*25 à l'ouest; 0«70 h l'est; 2"25 au su(î et au uord.
première, profonde de 2" 25, renfermait les débris réunis d'an grand doliom de forme grecque, mais de terre pen fine; la seconde, un annelet et des poteries. Les plus importantes de ces constmctions étaient des ateliers métallurgiques entourés de cabanes dont la dispersion et les dimensions plus que modestes ne laissent guère supposer que des logements d'ouvriers. L'aspect de délabrement de quelques-unes se rapprochait plus de la construction improvisée du campement que de la demeure fixe de l'habitant d'un centre populeux, eL si l'on n'était depuis longtemps édifié sur l'indifférence des Gaulois en matière de logement, on eût pu les prendre pour des huttes de sauvages. La maison n"" 30, par exemple, affectée à une forge, sous 2 mètres de terre, était revêtue de planches clouées de distance en distance à des poteaux^. Une partie de ces planches, carbonisées dans l'incendie, garnissaient encore la paroi de l'ouest dans toute sa longueur, et celle du sud sur 4 mètre seulement, en se coupant à angle droit sur un pilier carbonisé comme elles, et conservé à 1 mètre de hauteur. Près de la paroi septentrionale l'empreinte à arôtes vives de poutrelles posées à plat dans un amalgame pilonné de terre blanchâtre, de débris de cailloQX et d'amphores, marquait la place de l'armature en bois sur laquelle reposait l'enclume, d'après un système employé habituellement à Bibracte. ^
On s'est demandé peut-être, en lisant les observations qui précèdent, s'il était possible de retrouver intactes des matières aussi friables dans un travail de déblai, de dégager sans les détruire, dans la terre qui les recouvre,. des planches, des poutrelles, des tronçons de poteaux carbonisés. L'opération a été faite, au vu de nombreux visiteurs, par quelques ouvriers dont le tact et l'adresse méritent ici de justes éloges. Pas un détail n'a été compromis, grâce à leur attention et à leur patience, comme s'ils eussent deviné les pistes^ cachées à leurs yeux.
1. Oo 7 recaeillit des débris méUllorgiques, an osselet de moaton, des deAts de clieTal, une poterie peinte.
2. Il à été reconna dans la forge CC, 6, et à l'atelier CC, 7.
(Joe meule transformée en creuset était incrustée dans le terrain près des poutrelles de l'enclume au milieu d'outils épars, d'une douille de soufQet, de deux gros coins, d'un mar* teau. Ce marteau, aminci à ses deux extrémités avec emmanchure étroite et oblongue est, ainsi que deux autres trouvés plus loin, usité encore dans plusieurs métiers pour le travail des métaux. L'un d'eux, entièrement rond et à deux tètes convexes, servait au martelage des plaques de brouze; le troisième, carré à une extrémité et déprimé à l'autre, reproduit exactement notre marteau domestique. Quant à la douille de fer, longue de 0*20, elle apparaissait pour la première fois en afiQrmant l'usage du soufflet. Sans doute l'emploi de cet engin n'était pas douteux en présence de procédés de soufflerie plus perfectionnés, tels que la soufflerie à eau ; mais on pouvait se demander aussi si les forgerons gaulois, à l'instar de plusieurs peuples orientaux ou africains, n'excitaient pas le feu avec des outres. La découverte de nouvelles douilles, dont l'une était engagée dans sa tuyère de brique réfractaire, met fin à toute hésitation sur ce sujet.
Cet instrument ne rappelait pas seul ceux de nos jours, et parmi les ustensiles familiers à l'industrie ou à la vie privée, on en rencontre à tout instant dont la simplicité a pour ainsi dire éternisé l'usage. Ils semblent dater d'hier à peine, et depuis des milliers d'années ils passent aux mains des générations dont chacune croit les avoir inventés. C'est ainsi que les Gaulois se servaient pour le foyer de famille d'un autre soufflet qu'on aurait pu croire postérieur à Tinvention des armes à feu, le tube de fer terminé en grappin et foré pour l'émission de l'air. Qui n'a vu dans les fermes quelque vieux canon de fusil affecté à cette destination? Le même engin était connu dans les masures de Bibracte, où quinze cents ans avant la poudre il ravivait le brasier des Edoens. Sous un monceau de scories et de poteries brisées de la maison n^ 32 ^, on décou-
1. Elle a t mètres de côté sur 4*50, 14 piliers, une assise en pierre à l'ouest.
▼rit, avec ud6 médaille gauloise, cet osteosile élémentaire qai n'est après tout qae la douille da soufflet appliquée au souffle de l'homme
Cette persistance se remarque surtout pour les objets usuels imposés par une nécessité, tels que les crampons de fer pour marcher sur la glace. Ceux qui connaissent l'altitude du Beuvray et la rapidité de ses accès so rendront compte de la difficulté de gravir ou de descendre des pentes glacées durant de longs et rigoureux hivers. La chaussure de bois des Gaulois, le socque, sinon le sabot, offrait-peu de sécurité sur ces voies glissantes; aussi était-elle armée dans ce cas de crampons ingénieusement fabriqués. Les trois spécimens trouvés en 1869 différent peu de diamètre, 0*40 à 0"11, avec une courbure emboîtant le pied, et dont la variété doit faire admettre celle des chaussures. Tandis que l'un, presque plat, paratt disposé pour une semelle de bois à demi usée, le second est légè* rement courbé, et le troisième l'est entièrement pour s'ajuster à une chaussure molle et souple de cuir ou d'étoffe* qui se pliait à la forme du pied. Des anneaux traversés par des clous ou par une lanière pour les fixer terminaient la bande de fer mince qui constitue la principale pièce ; le centre de la plaque, plus large que les extrémités, est armé d'une griffe formée de pointes aiguës de 0"01 de long, placées en carré ou en losange, et usées fortement sur l'un d'eux. Dans le moins courbé des trois, l'anneau seul est relevé sur les côtés de la chaussure ; dans le suivant au contraire, elle est embrassée à 0*06 de hauteur; le dernier a une courbure régulière, excepté au centre occupé par la plaque cramponnée. ^
Plus loin, dans la maison n* 36 ^ construite aussi en pisé, les débris d'un égouttoir en terre cuite pour la préparation du fromage, plus grand que les fraichoUes ou faiscellet, trouées pour le même usage dans le Norvan, étaient recueillis avec
f . Il proTienl ô% l'atelier de TorféTre, CC, 18. Voir pi. 2. CC,3S Elle a 6-50 de côté sur 3«60.
deux médailles gauloises, une clef et une belle fibule ouvragée en fer. Les égouttoirs, malgré leur usage vulgaire, affectaient parfois la forme recherchée des poteries artistiques; l'un d'eux, en terre noire tr^s fine, est modelé et orné avec soin.
Les autres demeures d'industriels, à la suite des précédentes, se reconnaissaient aux outils, aux fourneaux, aux résidus métallurgiques, offrant d'ailleurs les mêmes objets domestiques et les traces des mêmes mœurs que les précédentes. Au n* 3t ^, une petite excavation funéraire de forgeron, de O'^eo de diamètre, contenait des ossements brûlés, du laitier de forge, une scorie adhérente à un fragment de terre réfractaire, deux poteries fines, une médaille gauloise et une estampille sur terre noire à quatre branches croisées, dont chacune portait le nom de Rocos, en lettres d'un style barbare.
Le n* 34 avait quatre murs en maçonnerie ^, entre lesquels on trouva un bloc de béton composé de débris d'amphores, cailloutis, terre blanche et fine, d'une cohésion telle qu*il résistait au marteau, bien que dépourvu de chaux. Cette adhé* rence extraordinaire, remarquée déjà dans le mortier d'un mur du Parc aux chevaux, au centre de l'oppidum, est due à la qualité de certaines terres du Morvan spécialement propres à la fabrication du pisé, et qui prennent à l'air et au soleil une dureté insolite.
Le bloc de béton, roulé sur le sol, avait-il appartenu à la partie de la construction élevée hors de terre, ou avait-il été transporté pour un usage domestique ou industriel ? Il était entouré d*objets mobiliers ou usuels : une douille de fer, un anneau et une broche de fibule de bronze, une coupe en terre grise à dessin quadrillé, une poterie peinte, un cône de terre cuite troué par 1 entaille d'une cale pour le fixer à un axe, deux médailles gauloises et un as de la République romaine foré au
1. ce, 31. MaisoD en pisé, 4*50 de côté sur 4*85 ; enfouie à 1 mètre tout le gazon.
2. ce, 34. Hantenr du mur ouest, 1*90; nord et sud, 1"20 à 1"90; est, 1"20; longueur, 7»10 sur 6 mètres.
toaret. Aa pied d'oo mor isolé paraissaDt avoir été rarrière d'uo hangar, an sod de la maison, on ramassa un petite cailler on spatule en argent.
Nous tOQchons an terme des explorations faites an Beuvray en 4869 et, dé toutes les forges déjà si nombreuses étudiées jusqu'à ce jour, aucune n'offrait le genre d'intérêt du n* 36. La sidérurgie gauloise, dont les procédés et les produits ont été depuis deux ans surpris un à un, Inaison par maison, s'y pré* sente avec un aspect si original, arec des œurres et des échantillons si inattendus, que nous de?ons, pour prévenir tous les doutes, commencer par afiBrmer leur date certifiée par la découverte simultanée d'un annelet et de six médailles gauloises, dont une collée à une pierre par Toxyde sur l'aire même de l'établissement profondément enfoui sous le sol ^. Il n'avait d'autre trace d'entrée qu'une pièce de bois de 0 " 40 de foulée, longeant extérieurement, en guise de seuil, la face orientale de la maison à un niveau bien supérieur au carrelage. Sa paroi méridionale, d'une construction qu'on pourrait nom* mer absurde, se divisait en deux sections, l'une inférieure, qui n'est autre que le tuf taillé verticalement à 4 mètre de hauteur, l'autre sans fondation, bâtie en pierres sur ta première, et soutenue seulement par un contre-fort du tuf en saillie de 0*30. L'absence de base rendant ce mur impropre à toute charge, la toiture était portée par dix-huit piliers répartis sur les quatre faces et par un dix-neuvième au centre, où la chute de l'habitation avait accumulé sur 0*40 d'épaisseur des pisés brûlés entrecoupés de gros charbons. Dans le sol tantôt noirci, tantôt rougi par le feu, on comptait neuf excavations dont quatre carrées ^ et pleines encore de charbons ayant appartenu à des forges, les autres oblongues, conservant l'empreinte d'un assemblage de poutrelles sous une enclume, avec une douille de soufflet* incrustée dans un bloc de scories.
i. 2^0 à l'ouest; 2 iiiètre« aa sud; 1*80 au nord ; 1*50 à l'est 2. Leur profondeur Tarie de 0*10 à 0*30.
Une des excayations renfermait dd lit épais de batUtores de fer agglomérées en pain comme des briquettes. Il est difiQcile de s'expliquer, en déduisant l'espace nécessaire aux agrès, la liberté d'action des ouvriers dans un atelier de 6 mètres de côté, qui comptait jusqu'à huit buses Maisonnées au carrelage avec de la terre réfractaire. Deux, adossées Tune à l'autre et à t)"'05 seulement de distance, si telle était leur position primitive, semblaient, ce cas admis, avoir été alimentées par un seul soufflet dont le jet d'air se divisait en sens inverse dans un double tuyau. La première aboutissait à un creux tellement exigu» O^'SO de diamètre surO"10 de profondeur, qu'on hésiterait à y reconnaître une forge, s'il n'eût été muraille et rempli de battitures et de charbon, la seconde a un trou carré.
Les buses avaient la figure d'un trapèze, 0"18 à 0*20 de long du côté de l'embouchure, 0"< 2 à 0"< 6 à l'arrière, 0*08 à 0"4 0 d'épaisseur; l'une d'elles était marquée de deux lignes droites en diagonale, inscrites avec le doigt sur la terre molle dans un carré, ornement caractéristique dont les Gaulois ont pour ainsi dire abusé.
Elles étaient placées près des murs, aux quatre faces de la maison, autour d'une espèce de four à fusion de 0"70 de diamètre, situé vers le mur ouest. Ce four était construit avec des pains de terre réfractaire massifs et semblables à ceux des buses, dont l'un avait été percé d'une douille, et un autre affectait la forme d'une boule de 0" 20 à 0*30 de diamètre. Hais ce qui constituait à proprement parier l'intérêt de cette caverne de forgerons était moins son outillage, si curieux qu'il fût, que ses produits ouvrés.
Au bord de l'excavation du sud, on trouva en premier lieu une masse informe d'objets en fer, dans laquelle dominaient de vieux clous, aglutinés par le feu et par Toxyde, et préparés pour être soumis de nouveau au marteau. Près de l'angle nord-ouest, était couchée, a côté du four .à fusion, une amphore remplie de rognures, de pièces brisées ou inutiles, de tous ces menus