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connu au Beuvray : ca nfi ; on lisait sur un troisième en
terre grise à couverte noire, avec raies circulaires plus foncées, le nom Simo, écrit avec une pointe d'outil.
Quelques autres fragments, inconnus jusqu'à ce jour dans les collections, sont d'un art tellement pur et avancé qu'ils ne peuvent être attribués qu'à la Grèce. Ce sont des gobelets de forme allongée, se rapprochant de nos verres à bière. Le principal, en terre brune excessivement mince et couvert d'élégants feuillages d'acanthe cl d'oiseaux, est presque complet; les autres sont ornés d'arceaux symétriques, délicatement tracés, de volutes et de feuilles de lierre, avec une liane ou une couronne de laurier autour du bord. L'origine étrangère de ces admirables échantillons est confirmée par la présence de quatre lettres grecques sigillées : axos, semblant la terminaison
d'oD Dom propre, sur qd petit fragment Deux sont parsemés de larmes microscopiques répétées fréquemment à plus grande échelle sur des vases de moyenne dimen8ion> mais toujours artistiques, dont la provenance paraîtrait être identique.
Soumis à des juges d'une irrécusable compétence, ces produits ont déconcerté et les savants et les artistes d'accord sur un point, leur date voisine de l'ère chrétienne. En imitant une réserve commandée à tant de titres, nous signalerons toutefois un bas- relief du musée de Naples, qui reproduit les feuillages et les tiges du plus important d'entre eux. ^ Ces arabesques dont on ignore l'origine précise, dit un critique, sont d'un nattaraliime plus rare dans les œnvres de l'antiquité que dans celles du moyen âge. À part donc leur extrême élégance, ces fragments seraient déjà précieux, ne fût-ce qu'au point de vue de l'étude comparative des arts k ces époques différentes.^ » L'influence grecque se révèle dans ces bas-reliefs comme dans les vases du Beuvray.
Là se sont arrêtées, à proprement parler, les fouilles de 1869. Les tranchées voisines ne sont que le résultat d'un sondage ultérieur sur des emplacements de maisons reconnus, mais incomplètement explorés, dans le dernier desquels on trouva cependant un grand fer de lance à douille creuse, un petit mors de bride et un crampon de chaussure pour la glace.
Les objets usuels se répètent généralement dans les habitations étudiées jusqu'à ce jour au nombre d'une centaine, sans qu'on y ait rencontré la moindre trace d'images religieuses. Les représentations de divinités gauloises auxquelles l'art romain, du premier au quatrième siècle, prêta des formes si multiples et éleva de si nombreux monuments dans notre pays, font ici complètement défaut. Pas un débris d'ex-voto, de statue, de figurine en bronze ou en terre, dans cet oppidum où se pratiquent cependant certaines superstitions- celtiques
I. Bivuê iê Varehitêtiw it dê$ tra/omm fubUa, 1860, p. 68, pi. 18, deatio de Balier, «noieo lauréat de Rome.
encore aujoard'hui. Ce phéûomèoe, s^il persiste, mérite TattenlioQ et il prouve la prompte disparitioD de Bibracte après ia conquête. Les simulacres religieux abondent partout à Àutun sous la forme latine ; on y trouve à profusion ces petites idoles en terre blanche, dont la fabrication existait non-seulement dans la ville, mais surtout dans la vallée de TAllier, chez des populations converties aux usages étrangère ; rien au Beuvra;. Le culte des fontaines, les pratiques de la sorcellerie druidique, les amulettes les plus vulgaires, suffirent jusqu'à la fin aux forgerons dont les demeures ont été déblayées. Ils avaient pourtant communiqué déjà avec les méridionaux et les Romains qui leur avaient apporté des poteries estampillées, quelques monnaies, des outils, peut-être la tuile à rebords; mais ces emprunts ne dépassèrent pas. les besoins de Tindustrie ou de la vie privée, les représentations des dieux ne semblent pas avoir excité leur curiosité. Cette répulsion dénote-t-elle un ^attachement particulier à un culte national dans une place qui était non-seulement un grand centre politique et commercial, mais en même temps le centre religieux du pays, ou faut-il y voir un exemple de cette immobilité d'esprit, de cet éloignemeni instinctif de la race du Horvan pour toute innovation? La population de Bibracte resta en effet autonome, tandis que dans les villes où la population gauloise se mélangea, le phénomène est inverse, et Tenvahissement de Tesprit latin général. Bibracte, ou du moins les faubourgs connus aujourd'hui échappèrent donc à l'influence romaine qui établit de bonne heure son siège et ses moyens d'action à Augustodunum, ville d'écoles et de luxe, de temples et de monuments, de civilisation et d'avenir, en négligeant la vieille forteresse dont les traditions ne disparurent qu'avec ses habitants.
FOUILLES DU MONT BEUVRAY