‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 78 sur 134 · SUITE DE LÀ COME-CHAUDRON · texte numérisé non relu

SUITE DE LÀ COME-CHAUDRON

lions allons reprendre rétnde des lienx an point on elle a été snspendue en 4869, c'estràdire à Tangle sud-onest de la maison n* 36, à cette forge profonde qne des bnses encore en place, des échantillons de fer onvrés à Temporte-pièce et des poteries artistiques peuvent rappeler an souvenir du lecteur. En tirant de ce point une ligne sur le mur du hangar n^ 36, au pied duquel fut recueillie une petite spatule d'argent, on retrouvera sur le plan la démarcation des travaux de 1869 et de 4870.

La première reconnaissance fut celle de la voie, dissimulée aujourd'hui sous les haies et beaucoup plus large que le chemin du Rebours, qui n'en forme plus que la lisière extérieure. L'empierrement, d'une seule couche comme ceux des voies gauloises, avait 65 centimètres d'épaisseur; au bord était creusée une excavation d'un mètre de diamètre au niveau inférieur de fempierremeot, à laquelle aboutissait une rigole de 30 centimètres de large. L'excavation renfermait deux médailles gauloises et une meule en granit percée sur le flanc d'un trou de levier.

A partir de ce point, les habitations, bien que disséminées,

se concentrent néanmoins, comme précédemment, dans un rayon voisin de la voie, séparées par des espaces vides qui formaient des dessertes, des conrs ou de petits jardins dont quelques-uns clos de murs. La première ^, près de l'excavation citée plus haut, était une case dont les quatre murailles, en bon appareil de pierres sèches, avaient encore un mètre de haut, sans trace d'entrée ni d'ouverture d'aucune espèce. Ses faibles dimensions et un rude carrelage de grosse pierraille noyée dans une terre jaune épaisse de 36 centimètres auraient suffi à caractériser la demeure d'un pauvre artisan, même sans les outils trouvés épars sur le sol.

Un grand coutelas, deux ciseaux ou coins de fer, des clous, un polissoir en pierre, des scories et deux monnaies gauloises en potin restaient seuls d'un maigre mobilier détruit par les flammes. L'exiguïté du local, suffisant à peine au logement du maître, l'avait obligé à reléguer au dehors sa forge abritée sous un hangar contigu à l'angle sud-est. Elle consistait en un simple creux rond pratiqué à la surface du sol environnant, à 70 centimètres plus haut que le carrelage et rempli encore de charbon de bois, comme si une interruption subite y eût suspendu le travail.

Le forgeron avait déposé à côté la petite pelle à manche de fer ou tisonnier dont il se servait pour remuer son brasier.

Peut-être même pratiquait-il aussi l'orfèvrerie, car on trouva dans sa case une verroterie imitant Témeraude, un grain de terre cuite à côtes, couvert d'un émail bleu semblable à celui des statuettes égyptiennes, un fragment de bracelet en verre bleu du plus beau travail, orné d'un feston d'émail jaune en relief entre deux moulures d*émail blanc.

Un peu plus bas, une case > double de la première et irrégulièrç comme elle, ayant façade en pisé et trois murs en

i. N* ce 37. Mur de l'est et de roaest, 3"10 et,S*05 de loog, 2*40 aa tad, 2*50 aa nord.

2. N* ce 38. Mar« du nord et dn end, 6 mètr^ de long; onett, 6*80 ; est, 7 mètres. La maison est à 9 mètres de la première.

maçonnerie, ne renfermait qu'une verroterie bleue à raies blanches et une médaille gauloise.

Les autres maisons du voisinage, plus rapprochées entre elles et séparées seulement par des ruelles ou langues de terre de deux à quatre mètres de large, appartenaient aussi à des artisans. Presque toutes en pisé, elles renfermaient chacune quelques pièces gauloises, et un plus ou moins grand nombre de poteries, parmi lesquelles quatre vases à peu près entiers sortant du n* 39. Les dem^premiers, en poterie grossière et déformés comme s'ils avaient été pétris à la main, offraient peu d'intérêt; le troisième, espèce de vasque évasée de 26 centimètres de diamètre en terre grise mélangée de mica et de grains de sable, reposant sur un étroit support, avait une teinte ardoisée, et, malgré sa rudesse, rappelait un bon modèle.

Quant au dernier vase, aussi bien conçu au point de vue de l'art que de l'usage, il offrait un type entièrement nouveau. Recouvert d'un semis de points creux, il est allongé comme l'œuf et resserré légèrement à l'orifice, autour duquel règne une plate-bande unie pour la commodité des lèvres. La courbure de la panse et le grènetis qui la recouvre le fixent commodément dans la main; son aspect est celui des chopes à bière du dix-septième siècle, dont il avait probablement la destination. Les mêmes besoins engendrent les mêmes formés, et on voit d'autres vases flamands aux mains de certains personnages gallo-romains du musée d'Àutun, tenant le verre allongé où déborde l'écume, et le pot à anse et à goulot trilobé.

On a même trouvé, au fond des tranchées du chemin de fer d'Autun, une garniture romaine en bronze qui s'adaptait à un vase de terre de même modèle que les garnitures d'étain des pots à bière du Nord.

Avant de quitter les vases à boire, signalons encore un autre genre, en terre fine, assez fréquent et recouvert d'un engobe noir et brillant, qui correspond à nos anciens gobelets.

Un cercle étroit et évidé soutient le fond arrondi ; la panse est déprimée pour faciliter le serrement de la main sous un

orifice érasé. Cette forme si Datoreiie s'était perpétuée dans les aDciens gobelets de bois. ^

A 3 "40 aa sod, noe petite case en maçoDoerie \ à demidétruite et d'uoe irrégularité flagraote, renfermait six médaiUes gauloises [et un pesoo en terre cuite laissés par les anciens occupants, dont les cendres reposaient dans une excavation funéraire de 4 métré de diamètre sur 4 "* 30 de profondeur, creusée à l'angle nord-ouest.

Une autre échoppe, étroite ^ et tout snssi pautre, b&tie entièrement en terre, donna une fibule en fer, deux médailles gauloises, deux anneiets et une paire de tenailles.

Le terrain adjacent, surtout à l'est, est profondément remué ; il se compose, jusqu'à 4 ■ 60 du gazon, de menues pierrailles, reste de carrelages ou de pisés roulés sur la pente par les eaux et noyés dans une terre noirâtre, remplie de débris d'incendie, cendres, charbons, fers oxydés, poteries. Un couloir creusé dans le tuf conduit du n"" 43 B à la maison 43 À située sur la pente, et dont il ne reste qu'une muraille de 76 centimètres de hauteur, coupée par deux poteaux; les autres murs sont en pisé battu entre de nombreux piliers sans aucun moellon.

Au bas du mur étaient enfouis un fond d'amphore contenant une petite pièce d'argent de Harseille et des restes d'ossements à *demi détruits, et près de là divers objets artistiques, un fragment de vase à boire en terre fine et noire, orné de raies terticales tracées comme avec un peigne ; trois lames de bronze estampé d'une garniture de coffrel; quatre fibules en bronze, une en fer, une clef et deux poinçons de même métal; une de

i. Dâm U même habiUUoo, on trooTa deux médailltt gaaloiiet. Cette habitation était eonttraite en piié, arec trois poteaax sar les Ikoes de l'est et de l'ooest, et quatre sur les deux antres. Un mnraillement sontenait à rintérienr les terres à l'oaest Le potean de l'angle nord-est était assujetti aTSc des pierres.

Longnenr des mors : onest, 4*T7; est, 4*S0; nord, 5HS0 ; sad, 5*40.

S. N* ce 40. Mnr oaest, longnenr, 3*75; mnr nord, longnenr, 3*25; mnr snd, longnenr, 3*M ; mnr est, longnenr, 4*S5.

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