ce 4t B. Diamètre, 3-6S
X6S petites aigrettes cornoes, déjà citées et d'an usage iDconno, et enfin une médaille gauloise. Cette maison, desservie a Touest ou plutôt préservée des eaux par un couloir de 3 mètres de largeur sur 6 mètres de longueur, creusé à 4 " 70 et abrité à l'arrière par la toiture qui devait porter sur le sol, s'étendait au sud jusqu'à 6 mètres d'un nouveau ravin dont la fouille n'est pas sans relation avec les industries du voisinage. ^
Ce ravin, où le travail des eaux et celui des hommes semblent s'être réunis pour creuser une tranchée régulière, coupe au sud le quartier que nous explorons, perpendiculairement à la voie du Rebours ; il est exactement semblable à celui qui fut fouillé en 4 869, distant de 4 4 6 mètres.
Leur parallélisme, l'identité des accidents du terrain et celle des détritus accumulés dans l'un et dans l'autre, laisseraient supposer entre eux une communauté d'origine et de destination. Des fosses, des rigoles, paraissant coupées artificiellement dans le tuf, étaient obstruées des mêmes monceaux de cendres, de charbons, de scories de toute sorte et d'un terreau noir très riche contrastant avec la glaise jaune des parois.
La formation de ces ravins s'explique difficilement par l'action seule de la nature, dans un sol qui, à 46 centimètres de profondeur, est complètement pierreux. Bien que placés sur une pente, ils ne recevaient aucune chute d'eau avant la création de la voie du Rebours, puisqu'ils prennent naissance à l'arête même de la ligne de séparation des deux vallées de l'Écluse et de la Come -Chaudron. L'établissement de la voie modifia, il est vrai, cette situation, en donnant un cours aux eaux le long de ses bordures, sans qu'on remarque toutefois aucun indice de fossé régulier. . .
Tout porte donc à croire que les deux ravins ont été taillés artificiellement dans un terrain résistant, soit pour dégager les eaux pluviales, comme un égout, soit pour servir de carrière et fournir de la pierraille aux pisés, aux carrelages ou aux
i. Deuxième raTîn CC 42.
▼oies, soit, enfin, pour les besoins de l'indostrie méullorgiqne. On 7 rencontre les matériau épars d'anciens fonrs dont les pierres calcinées, les terres et les grés réfractaires ont ronlé an fond, car la construction grossière de ces fonrs et sortont Tendnit réfractaire réclamaient à chaque opération au moins des remaniements. Les moellons épars étaient tous indistinctement roogis par le fea.
Les scories, en forme de culots très lourds et très riches, s*7 comptaient par centaines, mélangés à quelques échantillons de minerai de fer et de plomb argentifère en roche et en lingots, et même d'argent pur, atec une assez grande quantité de débris de castine et d'os. Il serait donc possible que ces tranchées eussent senri à la fusion des métaux d'après un procédé grossier, sans doute, mais dont les traces existent dans la haute antiquité, et qui consistait à empiler et brûler des charges de bois sur le minerai dans des ravins de ce genre. Ceux du Beuvray forment des cascades au-dessous desquelles les creux existants auraient pu recevoir les scories soit directement, soit par les rainures observées au-dessous des terrains meubles. Leur orifice même n'offirait qu'un composé de débris métallurgiques et surtout de culots noyés dans le charbon. ^
Le ravin CC 42 prend naissance au bord de la voie entre les maisons CC 40 et CC 44 , longe de l'ouest à l'est le pied même du mur septentrional de cette dernière pour descendre au ruisseau de la Come-Chaudron, en laissant à gauche la maison CC 4S A. Sa profondeur, croissant avec la pente, atteint de 1 à 4 mètres, sa largeur de 3 à 6 mètres. <
A partir de 1"60 de profondeur, on rencontrait des monceaux de cendre pure de 40 centimètres d'épaisseur, ayant
1. Un fouf antique dëconvert près du BeuTray, aox mines de Champ- Robert, mais d'une conitrnetion plus aTancée, était excaTé à mi-eote dans la pente d*un rayin.
2. A 17 mètres de la roie et à l'angle nord-est de la maison 41, il a 1*95 de profondeur et 3^0 de largeur; à 28. mètres, 2 mètres de profondeur ; à 45 mètres, 4*10 de profondeur et 5 mètres de largeur.
exactement l'aspect de cendres lessivées. A part ces accidents, le remblai n'appartient pas, comme les concbes géologiques, à des formations lentes et successives, il est d'une épaisseur homogène et a été accumulé sans désemparer et comme brouetté au-dessus de la couche de galets.
Ce travail a donc été accompli k une époque postérieure, soit avec les résidus des matières employées à la fusion, soit avec les décombres des maisons incendiées du voisinage, dans lesquels étaient égarés de menus objets et des monnaies. Ces pièces elles-mêmes, dont les dates ne varient pas aux diverses profondeurs, fixent d'une manière à peu près sûre l'époque de la destruction des habitations et celle du remblai qui correspond exactement à l'âge des médailles trouvées dans le premier ravin et dans les ruines les plus récentes de l'oppidum. La présence de monnaies coloniales de la dernière phase de la conquête de la Gaule leur assigne quelques années avant l'ère chrétienne.
Le ravin, à ce moment, subit sa dernière transformation. Un carrelage en terre battue, assis sur la couche de ruines, à 60 centimètres seulement au-dessous du sol actuel, indique une construction de plain-pied avec la voie. Elle recouvrit le lit épais de cendres dans lequel étaient accumulés avec les médailles des débris de toute nature, ustensiles de métiers et de ménage, poteries de toute sorte et de toute forme, depuis les plus fines jusqu'aux plus grossières, bribes de parure et d'objets de luxe jetés dans ce pêle-mêle où se retrouvent la plupart des éléments de l'industrie et de la vie domestique de nos aïeux. Ils ne sont, à vrai dire, que des brimborions archéologiques qu'élimineraient certains collectionneurs ; tous cependant ont une valeur de renseignement. Résumant les besoins de la population sédentaire, ils se prêtent à des rapprochements que la fouille d'une maison isolée ne saurait fournir, et donnent aux moindres indices l'intérêt qui s'attache à l'étude des pierres éparses d'un monument renversé.
Nous examinerons successivement et par groupes les objets
ensevelis dans cette tombe de la civilisation et de l'indnstrie d'nne des régions de l'oppidum.
Les poteries présentaient, on Ta dit, la pins grande variété et la série complète de tons les genres reconnus jusqu'à ce jour dans les maisons ; plusieurs portaient des graffites, dont l'un, par une coïncidence singulière, se rattachait aux fouilles de 4869.
On avait découvert alors, au milieu des outils de l'atelier de l'émailleur, un fragment d'assiette avec un nom écrit à la pointe en lettres grecques, présumé être celui du principal habitant de la maison.
Une brisure à la première lettre avait laissé dans le doute la véritable leçon du mot. Un second tesson d'un autre vase ayant appartenu au même personnage et écrit avec une netteté qui levait toute hésitation portait en grandes lettres grecques le nom oTmiA.
Déjà dans les grandes forges situées derrière le rempart, à rentrée de la place, en 1868, un même nom gaulois s'était répété sur deux vases dififérents, servant au même ouvrier.
Il résulte du fait précédent la preuve qu'on jeta dans le ravin tout ou partie des ruines des habitations voisines, puisqu'il renfermait des objets provenant de l'atelier n® CC 18, et que d'autres fragments d'un vase peint furent recueillis partie dans le ravin et partie dans la maison CC 44 , située sur ses bords.
Diverses poteries peintes trouvées au Beuvray, dans les fouilles de 4867 et 1869, avaient fourni certaines analogies avec celles découvertes récemment par H. Fouqué dans les îles volcaniques de Santorin et de Thérasia, et dont Torigine orientale est indubitable. Aucun des échantillons rassemblés précédemment au Beuvray n'offrait avec ces vases une similitude aussi complète que ceux des fouilles de 4870, dont la décoration peinte est identique.
Elle se compose de raies minces de deux couleurs, jaune et brune, alternant du haut en bas du vase dans le sens horizon-
tal. La régularité est plus parfaite peut-être et le tracé plus fin sur les poteries du Beuvray, semées aussi parfois de quelquesunes de ces larmes en relief particulières à une classe de produits de la céramique artistique de l'oppidum, dont il a été déjà question.
Si Ton n'accepte pas d'une manière absolue pour nos spécimens l'antiquité reculée attribuée à quelques-uns des vases de Santorin, il n'en reste pas moins acquis que la fabrication est la même, que les couleurs sont similaires et qu'ils rappellent des procédés traditionnels d'une industrie qui, durant des siècles, a employé les mêmes matières premières, le même système de décoration, et appro?isionnait concurremment les fies de la Méditerranée et les emporiums gaulois.
L'agglomération des poteries jetées simultanément ou successivement dans le ravin présente un genre d'intérêt particulier. Elle doit offrir, à peu d'exceptions près, la collection de la vaisselle usuelle du ménage gaulois, en même temps que le nombre proportionnel des pièces de chaque série doit indiquer leur plus ou moins d'importance dans l'emploi journalier. En réunissant donc par groupes distincts les débris de toutes les classes de vases recueillis sur ce point unique, on arrive aux rapports suivants : deux séries, celle des assiettes et des vases destinés à contenir les liquides sont sans proportion avec les autres ustensiles en terre cuite. La première atteint le chiffre de 4 1 4 , la seconde de 77, tous en terre grossière, rugueux et mal tournés, bien que se rapprochant des formes grecques.
Les assiettes se divisent en plusieurs catégories. Les unes sont entièrement plates avec un rebord de 2 centimètres de ' haut ou légèrement incliné en dehors ; d'autres, au contraire, en nombre au moins égal, reposent sur une base circulaire en saillie et évidée. Leur diamètre varie de 45 à 25 centimètres, quelques plats même atteignent 35 centimètres. L'immense majorité est en terre noire ou grise, offrant quelquefois à la cassure l'aspect de la porcelaine ou plutôt du biscuit et paraissant contenir du kaolin. Deux seulement étaient entièrement
blanches, d'un ton d'ivoire ; l'une d'elles présentait en dessos et en dessons le cercle saillant qni sert de support. Cette répétition à l'intérienr du vase fait supposer qn'nne antre pièce s'adaptait dans celte case centrale destinée à la consolider.
Les assiettes sont presque toujours unies; un très petit nombre cependant sont ornées, soit en dedans, soit en dehors, de larges raies circulaires d'un noir luisant, se détachant sur un fond gris et mat, ou couvertes en dessous de hachures imitant le damier de la toile ; le bord est parfois profilé élégamment avec des moulures; un grand plat était orné à l'intérieur d'un feston dessiné avec un outil de la même manière que sur les assiettes citées plus haut. Pour obtenir ce genre d'ornementation, on replaçait le vase complètement sec sur le tour; les raies circulaires plus ou moins larges étaient tracées par le brunissoir, qui jouait le rôle du ciseau du tourneur sur bois; il suffisait, pour obtenir les zigzags, de ralentir le mouvement de rotation en imprimant à l'outil une légère saccade de bas en haut, répétée régulièrement.
La poterie dite Samienne, objet de luxe, parait-il, est représentée par huit échantillons. Elle diffère de celle d'Autun par la finesse remarquable des formes et celle de la pâte ; mais, en l'emportant sous le rapport artistique, elle est inférieure, au point de vue industriel. La couverte se détache à un simple lavage, et l'intérieur de la pâte, au lieu de l'aspect rouge et du grain serré qui caractérisent la poterie Samienne sous l'empire romain, offre un aspect jaunâtre et se délaye à l'eau. Ces poteries sont généralement de petite dimension et paraissent ' des soucoupes plutôt que des assiettes, étant peu susceptibles de résister au couteau.
Deux portaient des noms latins à demi effacés; une troisième un cercle de hachures. On ne saurait trop insister sur la beauté de forme de ces petits vases, minces, corrects et d'une perfection de lignes qui élèvent le métier jusqu'à l'art. Leur friabilité et leur faible épaisseur ont été malheureusement deux grandes causes de destruction ; la terre ne les livre guère
qoe par menas fragments qui permettent toutefois d'apprécier le haut degré qu'atteignait cette branche de la céramique.
L'assiette creuse, avec les mêmes variétés de matière et de fabrication, était aussi en usage chez les Gaulois, mais la faible proportion du nombre, quatorze seulement, fait hésiter à lui donner la même destination que chez nous, remplie alors par les écuelles. Ceiies-ci, de différentes classes, donnent le chiffre de soixante à quatre-vingts. Trente-neuf d'assez grande dimension sont en terre grossière et parfois ornées de filets; les autres formaient divers groupes plus artistiques.
Ce sont d'abord les écuelles de terre noire et fine, de même forme que les premières, mais beaucoup plus soignées, ornées de bandes circulaires noir foncé; puis de grandes tasses à pied avec ou sans rebords, qui ne diffèrent que par leur dimension {16 à 18 centimètres de diamètre) de tasses plus petites qui n'ont pu servir qu'à boire. Ces dernières, d'un modèle élégant, d'une terre très fine à grains serrés, étaient d'un usage commun, puisqu'on en a compté cinquante-deux. Elles sont fréquem- . ment pourvues d'une lèvre plate et parfois de filets foncés sur couleur unie. A côté de ces tasses, dont l'emploi s'est conservé dans certaines campagnes, malgré la vulgarisation du verre, les Gaulois se servaient concurremment de gobelets, qui apparaissent assez rarement pour être classés parmi les vases de luxe.
Ils étaient en terre cuite toujours fine, fréquemment noirs, et quelques-uns d'une élégance artistique telle, qu'on ne saurait les attribuer qu'à la Grèce ou aux pays les plus avancés.
Six fragments en terre excessivement minces et ornés de pointillés d'une exécution des plus délicates imitent par leur longueur et leur étroitesse les chopes à bière. L'un d'eux est peint; un autre, presque entier, orné de palmettes à sa base et couvert d'un semis de triangles microscopiques, excepté à la partie supérieure, est marqué sur la panse de trois lettres en relief À. C.O.
Peut-être faut* il comprendre dans la même catégorie trente-
deux petits vases fins unis et oblongs, dont la forme présente avec les précédeots la plus grande analogie, mais n'aurait pn contenir que de faibles quantités de liquide comme le verre a liqueur.
Denx goulots de gourdes en terre, d'un modèle trouvé entier sur un autre point, augmentent, s'ils ne complètent pas, l'attirail du buveur.
Parmi les ustensiles d'un emploi vulgaire, on doit compter encore de petites écuelles à trois pieds, larges et aplatis^, quelquefois triangulaires, destinés à aller sur le feu. L'intérieur graisseux de la pâte calcinée au fond ne laisse aucun doute sur leur attribution culinaire. Leur faible profondeur ( 5 centimètres en moyenne sur 40 centimètres de large et souvent 20) indique qu'ils servaient à la fonte des substances grasses nécessaires à la préparation des aliments, comme le pochon de fer à pieds, usité dans le Horvan pour le même usage. Ces vases sont invariablement revêtus d'une couverte d'aspect métallique mélangée de mica, et ornés d'un rebord mince, large, à filets creux et circulaires. La panse elle-même est décorée de deux ou trois bandes saillantes découpées entre deux filets semblables.
Les jarres eu terre jaune, avec un déversoir et de larges bords, n'étaient qu'au nombre de trois, ainsi que les soupières, dont une munie d'un couvercle en terre noire et fine, et toutes d'une saillie conique ou sphéroîdale de 3 centimètres de hauteur, s'élevant du fond. Un réchaud unique avait des bourrelets saillants et carrés sur le rebord, en forme de dés à jouer, pour permettre la circulation de l'air sur le brasier lorsqu'ils étaient couverts. Ces ustensiles paraissent avoir été assez rares, car leur nombre total ne dépasse pas cinq ou six, auquel on peut joindre une passoire en terre jaune, percée de trous très fins. Ceux des égouttoirs pour le fromage ont, au contraire, près d'un centimètre de diamètre.
Ces égouttoirs, hauts de forme, cylindriques et beaucoup