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quadrilatère; peut-être même serait-oo fondé à ajouter un cinquième compartiment, an nord, d'après les testiges altérés d'an carrelage brûlé sur Torifice do rarin. La conr et la bootiqoe donnaient en contre-bas sor le chemin ; les deux autres compartiments regardaient Test.
D'après la disposition de cinq poteaux en saillie d'un mètre sur ce côté, la façade présentait des analogies a?ec certaines constructions rurales du moyen âge ayant comme celles-ci une galerie de bois en autent qui donnait accès à un étage ou un grenier dont le plancher s'était abtmé sur le rez-de-chaussée avec ses bois encore assemblés et son terrage cuit par le feu. Quatre autres poteaux disposés en carré, à 0"90 les uns des autres, indiquaient la naissance de l'escalier, butté au nord contre un caveau funéraire ^ dont la toiture s'adossait k une extrémité de la fagade.
Là était autrefois une forge d'une certaine importance, entièrement construite en bois et en pisé, atec des poteaux carbonisés dans leurs excavations au-dessous du carrelage, et l'un d'eux fixé sur une poutrelle à plat.
Une pièce de Marseille en argent, deux bronzes de la colonie de Ntmes partagés par moitié, huit monnaies gauloises s'y trouvaient réunies parmi les débris de poteries peintes, qui, par un singulier hasard, se raccordèrent avec d'autres fragments recueillis dans le ravin.
Cette diversité de monnaies, de menus objets de verroterie, du plomb et du bronze fondus, une boule de bleu, un fragment de miroir, un petit ornement à jour, une fibule, des dents de cheval et de l'émail, annonçaient un lieu de vente en même temps que de fabrication, car on voyait encore un creux de forge à l'angle nord-ouest avec sa buse en place sur le carrelage, dans lés couches de charbon provenant des charpentes calcinées.
Au milieu de ces restes, dont la nomenclature à chaque
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maison gauloise devient fastidiense» on retira des décombres quelques débris massifs de terre «uite qui semblaient avoir appartenu à un composé homogène. C'étaient deux tètes d'animaux d'égale dimension et une pièce oblongue de même terre sur laquelle continuaient des rainures observées sur Tune d'elles. La juxtaposition de ces fragments établit une similitude incontestable avec nos chenets de fonte de la forme la plus vulgaire; il devenait évident que les Gaulois s'étaient servis de chenets en terre cuite. Aux pierres brutes qui avaient dû former le chenet primitif» s'étaient ainsi substituées, dès une antiquité reculée, des pièces façonnées par la main de l'homme dans les ateliers de Bibracte, quelque chose d'analogue au ftdcmentum des Latins. Toutefois le chenet de fer des Romains, celui qu'on rencontre dans les hypocaustes d'Augustodunum avec ses quatre ou six pieds réunis par une traverse, n'a pas encore été trouvé au Beuvray.
L'invasion romaine ne fit point disparaître le chenet de terre ; il persista avec une multitude d'autres usages familiers, et on le retrouve chez la population accourue à Augustodunum. La même forme, la même décoration personnelle et barbare persistèrent, à quelques variantes près, avec cette immobilité traditionnelle des fabrications populaires. Le principal chenet du Beuvray se composait d'une longue base ou support terminé à Tavant par le poitrail et la tête d'un lion, la gueule entr'ouverte, imitant l'attitude du sphinx accroupi. Bien que brisé, la transition de l'encolure à l'épine dorsale était reconnaissable à sa courbure ; le dos était arrondi grossièrement et les vertèbres indiquées par un bourrelet saillant. Le second chenet, en terre mal cuite, représentait une tête de bélier, curieuse par l'ornementation du poitrail et du cou bariolés en zigzag de toutes les lignes capricieuses usitées sur les poteries communes de la même époque. D'autres têtes de béliers, d'égale dimension, s'étaient déjà rencontrées dans quelques maisons, toutes d'un type enfantin et contre nature qui donne, par exemple, la crinière hérissée du cheval au bélier.
Ces spécimeDS soot géoéralemeot en terre très friable, et de j^ rimpossibilité de les rencootrer eotiers ; leur masse compacte se délite à l'humidité. Ils soDt percés prés de TaTaot et dans leur plus forte épaisseur d'an trou rond et profond pour recevoir une tige de fer, du genre de nos barres de feu, qui maintenait la fixité tout en réglant l'écart, d'après le degré de pénétration de la tige dans la terre cuite?
Le type le plus répandu à Autun est aussi la tôte de bélier sur une base quadrangulaire à laquelle se rattache le support.
Les fragments de cette proTenance sont peut-être plus savamment ornementés à la pointe, mais toujours avec les mêmes mirolure$ qu'au Beuvray.
Ce terme, emprunté à l'art du sabotier, exprime très bien pour nous les fioritures de la décoration gauloise, ses feuilles de fougères, ses chaînes de grains de blé, ses lignes croisées que les sabotiers du Morran traçaient encore avec le grattoir sur les coffirets et les chaussures en bois de femmes et d'enfants, il y a peu d'années.
Un dernier modèle de chenets, entièrement différent des précédents, existait encore dans les cases du Beuvray et dans les maisons d'Âugustodunum.
C'est un c6ne massif de terre rouge, de 20 centimètres au moins de diamètre sur 30 de hauteur, enlacé de haut en bas dans trois cordages et qu'on ne saurait mieux comparer qu'à un pain de sucre dans son enveloppe.
Après cette digression, dont la nature justifiera peut-être la longueur, revenons à la maison CC 44 . Le compartiment C, le seul dont la destination ne soit pas indiquée par des débris, et qui, selon toute apparence, était affecté spécialement à 1^ famille, ne renfermait que des poteries usuelles. L'intérêt se concentre tout entier sur .l'atelier ^, précédé, comme on l'a vu, d'une galerie ou auvent en bois. A gauche en entrant, près de l'angle sud-est, une buse de forge en terre réfractaire était
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placée sur une pierre dans on monceau de scories» de crasse de fer et de ces petits globules creux imitant des grains de fonte, dont la présence a été plusieurs fois signdée; une seconde, beaucoup plus complète, gisait de même à Tangle opposé ; trois petits fourneaux oblongs, très rapprochés les uns des autres et contenant du quartz, des os, du plomb, des poteries et même une médaille d'argent, occupaient le centre avec un poteau de soutènement.
Attachée à des fibres ligneuses, reste d'une porte ou d'un meuble, une clef de fer à dents avait sunécu à l'incendie avec un quart de pièce coloniale et six médailles gauloises, dont une très belle de rArveme Epadnactus, contemporain de César; des poteries peintes ou guillochées, mélangées aux ouvrages de métal, confirmaient la supposition que les marchands du Beuvray vendaient toute sorte d'objets et surtout les poteries étraitgères et artistiques à côté des bijoux. Ce n'était là néanmoins que la surface de l'habitation dont l'aire battue en recouvrait une seconde, sous laquelle était creusée une grande fosse oblongue de 2"60 de long sur 4 "50 de large et 4 mètre de profondeur.
Elle était remplie d'un terreau noir mélangé d'os, de charbons, de poteries, parmi lesquelles quatre tessons arrondis, trois médailles gauloises, des restes de feuilles de bronze très minces.
La mieux conservée, longue de 0^20 sur 0»04 et percée de rivets, paraissait avoir été dorée et estampée ; une autre, en forme d'anse et gondolée, était remplie d'une p&te blanche comme certains bijoux soufflés.
Ces pellicules de métal avec d'autres plaques presque
détruites avaient dû recouvrir un coffret, à l'exception de l'une
d'elles qui, modelée au marteau, pouvait appartenir au goulot
d'un petit vase oblong. Au fond de la fosse, une amphore aux
trois quarts vide renfermait du charbon, des os et des racines
de végétaux desséchés.
Une seconde, couchée en travers de la première et sur le F. B. 45
même Ut de cendres et d'ossements recueillis do bûcher, était accompagnée aussi des lames de bronze d'an coffret.
Le man?ais étal des plaques ne permit pas de les rajuster; mais une petite charnière de bronze, ainsi qu'une anse plus grande, de môme forme et remplie de la môme p&te que la première, caractérisaient suflBsamment l'objet.
Sa forme et sa dimension, autant qu'il est permis d'en juger par les restes, rappelle Varca, dont la représentation détint si fréquente plus tard sur les tombes à personnages de l'époque gallo-romaine.
Au-dessous de l'amphore, outerte aux deux bouts comme un manchon et ne contenant que du sable et de la cendre, étaient dispersés des tessons ronds dont l'un troué au centre, des dents de mouton, un ressort de fibule en fer, une fibule en bronze, un débris d'émail, ceux d'un vase en terre noire et deux raretés céramiques inconnues jusqu'alors et dans un état d'intégrité exceptionnel. L'une était une cruche avec goulot, fortement renflée, terminée par un large orifice entouré d'une plate-bande lisse d'un noir brillant qui tranchait sur le gris sombre et la surface un peu rugueuse du reste. Des rangs circulaires de chevrons disposés en feuilles de fougères et séparés l'un de l'autre par un trait poli au brunissoir la recouvraient entièrement jusqu'à la hauteur du goulot.
Hais la seconde, dont la conservation dans ce milieu est un sujet d'étonnement, était un vase entier peint et d'une décoration unique, dont la forme oblongue et renflée à la partie supérieure, ainsi que le col formé d'une gorge évasée, accuse un profil grec, tandis que la peinture et l'ornementation rappellent plutôt l'Orient. Une bande rouge entoure le col et la base surmontée d'une seconde bande violette de même ton que les dessins tracés sur le fond blanc de la panse. Ils se composent de raies verticales assemblées par quatre, avec un espacement de môme largeur entre chaque groupe composé de chevrons, de raies horizontales, de carrés pleins, séparés par des vides comme les dents d'un engrenage.
La simplicité de ces combinaisons n'enlève rien à lenr effet original et très décoratif, d'on caractère presque égyptien. En rapprochant ce vase des antres échantillons peints recneillis durant les denx années précédentes an mont Benvray, on peut restituer, en partie du moins, cette vaisselle étrangère.
Obsenons que ces poteries peintes paraissent particulières à l'ère gauloise, et que leur présence peut aider par suite à déterminer certaines origines. C'est ainsi qu'elle confirme à nos yeux la date d'un grand tertre artificiel dans la vallée de la Bracone, qui prend sa source au Beuvray. Ce tertre nous avait toujours paru un ouvrage gaulois et l'un des postes de surveillance de Bibracte ^. Or, dans la tranchée pratiquée sur ses flancs, le seul objet découvert était justement un morceau de poterie peinte, à raies brunes sur fond blanc, de même terre que les poteries de l'oppidum.
Au-dessus de la fosse cinéraire de l'atelier n® 44, le sol de l'habitation était couvert de poutres carbonisées et de terre rouge calcinée dans laquelle deux poutrelles, avec des traverses, à deux mètres l'une de l'autre, avaient fait partie, non de la charpente, comme on le crut d'abord, mais d'un châssis de cheminée, d'après les indications fournies par une fouille subséquente. Dans la masse de substances incendiées plus ou moins complètement qui encombrait le centre de la demeure, on retira quelques plaquettes de bois calciné et presque spongieux, auxquelles un bain de cire bouillante rendit assez de solidité pour permettre de les étudier. Cette p&te noire avait appartenu à des brosses gauloises, quelque étrange que puisse paraître cette attribution.
Le dos de ces ustensiles consistait en une tablette d'un centimètre d'épaisseur, coupée à contre-fil du bois et percée avec un outil exigu et extrêmement tranchant d'une multitude de petits trous traversés par des pointes de branches de bouleau
i. H est situé snr la commune de Poil, près de la Maison de Bourgogne, au domaine de la Guet.
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enfoncées à coups de marteao snr l'extrados de la plaqoe, et débordant de deux centimètres dn côté opposé.
Comment d'anssi fragiles fétus a?aienl*ils résisté an fen et subi la carbonisation sans se détruire? ils paraissaient même aroir conservé leur écorce. Ces pousses tendres» remplacées dans les brosses actuelles par le crin et le chiendent, devaient se briser rapidement et nécessiter de fréquentes restaurations; aussi un monceau de ces aiguilles de bouleau, dont on put recueillir une certaine quantité,^ était-il resté sur place k cété des brosses elles-mêmes pour sertir k les réparer.
Le principal fragment garni de ses barbes avait 40 centimètres carrés; la plupart des autres se délitèrent en peu de temps, avant l'opération qui en préserva quelques débris.
Ces singuliers instruments de brosserie servaient- ils k quelque usage industriel, au peignage des étoffes grossières, k la brosserie des chevaux? Les autres objets qui les accompagnaient concernaient presque exclusivement la métallurgie : boulon, grande douille de fer aiguë, piton, crochets de suspension de lampes en fer, armature de porte percée d'un grand trou au centre, poinçons, petit ciseau d'acier, débris de fibules de bronze d'un travail très fin. Un des nombreux fragments de vaisselle portait un graffite en lettres grecques aamatt.
Cette habitation, si originale dans sa construction, si riche en débris et en renseignements, d'un caractère si éminemment gaulois en un mot, révélait un dernier trait des mœurs. Indépendamment des tombes isolées et creusées sous les carre- . lages, elle possédait un véritable caveau de famille, sans qu'il soit possible cependant de discerner s'il suivit ou précéda celui dont il vient d'être parlé, ou si l'un était réservé aux chefs de famille, l'autre aux enfants, k des ouvriers, aux serviteurs. A peu près carré (2" 65 sur 2 "55), creusé dans le tuf, k l'extrémité septentrionale de la galerie en bois, k 4 "25 audessous du niveau du carrelage de la maison, sa toiture en saillie sur la façade du compartiment C était soutenue k l'est par deux poteaux enfoncés d'un mètre dans le sol.
Dix amphores sans goulot, pleines de cendres et d'ossements, parmi lesquels nne énorme dent de rnminant, se croisaient sor Taire avec symétrie. Deox se faisaient remarquer par lenr forme étmsqne, longue et effilée» et par leur profil droit, terminé en pointe à la partie inférieure. Une autre était estampillée d'un N au bas du goulot, une d'un H, une troisième d'une sorte de D, barré et tracé à la main avec une pointe. Au-dessous des amphores quelques petites excavations contenaient aussi des restes incinérés.
Celle du centre renfermait un tesson couvert de stries et arrondi en forme de monnaie, une médaille gauloise et une de ces petites pelles à manche dd fer en usage dans les fourneaux des orfèvres et des forgerons. Les autres objets recueillis dans le terreau qui recouvrait les vases cinéraires se rapportaient tous à Toutillage ou à Tindustrie des métaux : une énorme clef de fer à manche en équerre, une sorte de briquet ou de gros maillon, cinq annelets, un anneau brisé, une boucle en bronze ornée de plaquettes, une feuille estampée, deux fibules, un manche de clef, un fragment de miroir, divers autres bronzes, sept médailles gauloises, quelques poteries peintes, etc. Le caveau, à l'origine, n'était pas obstrué de terre, et les habitants y pénétraient à leur gré par une petite porte ouverte à l'est et précédée d'un étroit couloir, taillé dans la pierre dure, qui communiquait à deux autres gisements funéraires établis è huit mètres de là. Le plus voisin * renfermait les débris d'une douzaine d'amphores, une médaille gauloise et une fibule guillochée d'un bon travail.
L'autre (n"" 44), séparé par une bande de terre, était un carré en bois et pisé de 4 à 5 mètres de côté, avec trois poteaux sur chacun, habité autrefois peut-être, qui renfermait quelques verroteries et les débris de vingt-huit amphores dont l'une avait pour estampille une étoile.
Au-delà des sépultures, les vivants reprenaient leurs droits.
1. ce 43. * Il a 9 mètres da nord aa sud, 4»40 de l'est i Touest.
Quelques maisons aDDODcaieot qd peu plas d'aisance, sinon an meillenr mode de constroction.
Le n"" 45, conforme an n"" 44 qui l'avoisinait, se composait de trois chambres en bois et pisé, et d'une desserte disposée dans le même ordre, avec cette seule difiérence que le mur méridional de l'une d'elles était construit en grossière maçonnerie, entre deux poteaux dressés à ses extrémités.
Dans cette bizarre demeure où chaque compartiment est de niteau différent, celui de l'ouest, longeant la roie, était enfoui à 3"60 de profondeur, 0*60 plus bas que le compartiment qui lui fait suite, et à 4*60 au-dessous du troisième, plus semblable à une cave qu'à une habitation. La disposition intérieure des pièces rappelait elle-même le n* 44 cité plus haut; la forge, dans l'un et l'autre, occupait le compartiment méridional de la façade ayec des scories de fer, des terres réfractaires, un monceau de terre cuite par le feu conservant l'empreinte de clayons carbonisés mais intacts, encore enchâssés dans la glaise.
Parmi de nombreux ustensiles, poinçons, annelet carré, plaquettes de divers métaux, dont Tune travaillée à jour, spatule, bigorne, fibules, on remarquait un morceau de scie« une toute petite clef de fer d'un coffret et deux couteaux, l'un à manche fixe, percé pour y passer une lanière, l'autre destiné à être attaché dans une gaine à la ceinture, et, pour la première fois, une quinzaine d'anneaux de fer plats, les uns fermés, les autres plus ou moins ouverts, qu'on pourrait à la rigueur considérer comme des rognures, si quelques-uns n'imitaient certains ornements, en forme de croissant, des caparaçons gaulois.
Depuis le commencement des fouilles, on a remarqué, sans l'expliquer, la rareté et presque l'absence des représentations d'êtres animés dans la bijouterie et l'industrie.
Cette lacune est enfin comblée. Une de ces figures trop longtemps attendues porte l'empreinte d'un art si personnel, d'un travail si particulier, qu'il est impossible de ne pas y reconnaître le cachet de l'art gaulois.
Ce bronze, percé d'an petit troa et aplati à l'arrière pour être fixé par ud rivet à un objet disparu, représente une tète de Tache de 35 millimètres de longueur.
Les cornes, au lieu de se dresser sur le front, sont projetées directement en arant et garnies d'une boule ^. L'ossature de la tète figure en coupe verticale un losange. Le mufle et les naseaux sont indiqués par une raie creuse, et la bouche par une petite fente droite, l'œil est rendu par un triangle saillant.
Il est à regretter qu'on ne saisisse aucun caractère de race, quelque trait, par exemple, de cette espèce fine et vive du bétail du Horvan, si bien appropriée à la nature du pays et aux charrois de montagne. Si l'encomure n'était là pour déterminer le type de l'animal, on pourrait y voir la tète du cerf aussi bien que celle du bœuf, et cependant cet être indéterminé vit, possède une physionomie propre en dépit des incorrections et de l'excentricité de ses formes. L'interprétation arbitraire des grands traits anatomiques indique bien le dessin sans école et sans principes qui traduit la nature d'après son sentiment, sans se préoccuper de la réalité.
Une grande quantité de poteries variées, deux fonds de petits gobelets de l'ornementation la plus délicate, des vases noirs à vernis fin et luisant, décorés de plates-bandes couvertes de raies verticales, de losanges et de chevrons tracés à l'ébauchoir, font croire que ces restes avaient appartenu à une boutique de détail de divers produits, jointe au travail industriel.
Au-delk des deux dernières habitations dont il vient d'être question règne un grand espace à moitié vide occupé seulement par un dépôt d'amphores cinéraires et trois cases plus que modestes, dont l'une, le n"* 46, mérite un instant d'examen. Enfouie à 4^70 de profondeur, elle avait la forme d'un couloir (40 mètres environ sur S'^SO), dont il faut déduire un auvent de S^OO de long. La charpente était soutenue par des
4. Dans les pâturages de la Nièvre, on garnit de boules semblables Teztrémité des cornes des animaux pour prévenir entre enz les blessures.
poteaux ronds distants de moins d'nn mètre, dont les espacements étaient remplis par des moellons mai assis et empilés grossièrement sur nne coache de bois carbonisés, indice d'habitations antérienres. La première assise de la fondation recouvrait même un ancien potean de soutènement très bien conservé. Cette pièce, surmontée d'nn étage formant rez-de-cbaussée au bord de la voie, était obstruée de débris parmi lesquels on retrouva des poteries entières, tombées le goulot en bas avec le plancher. Rien n'avait été remué depuis dans ce cellier comblé par les torrents, et duquel on retira trois crochets de lampes en fer, des os, un moyen bronze de la colonie de Ntmes, des métaux fondus, quatre médailles gauloises dont Tune en argent avait laissé dans une p&te molle de charbon Tempreinte d'un lion gravé sur le revers, deux petits vases de fantaisie en terre fine, l'un peint en rouge et l'autre orné à la roulette, les débris d'un autre plus grand de forme presque carrée. Le goulot d'une amphore portait l'estampille imprimée A H, et un autre fragment en terre noire les deux mômes lettres gravées à la pointe. Cette similitude fortuite n'enlève pas à la première son caractère de marque de fabrique et à la seconde celui de marque personnelle. On découvrit ensuite deux noms gaulois entiers inscrits de même à la pointe et en grands caractères grecs, l'un sur une assiette en terre noire et fine, MÂTEPIAC, l'autre sur un vase de forme grecque, à deux anses plates, à la panse exagérée en haut, déprimée en bas, aONNIâc. L'origine gauloise de ces deux noms d'une désinence caractéristique est d'autant moins discutable que le radical du premier se reconnaît dans le mot materit désignant le javelot, et que celui du second se répète, pour ainsi dire, sur une médaille gauloise fréquente dans le Midi, portant, d'une part, la légende DYRNACYS, et de l'autre DONNYS, autour d'un cavalier casqué, la lance en avant ^. Quelques objets de bronze, un annelet, un fragment de bracelet composé d'une tige ronde avec un enrou-