‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 9 sur 134 · IJ · texte numérisé non relu

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vues de toute base archéologique, franchit d'un bond toutes les distances et ne recula pas même devant cette énormité d'attribuer aux Gaulois certains édifices romains^, tels que les remparts d'Âugustodunum. Il était difficile à cette classe d'écrivains de conserver, sous une pareille obsession, la liberté d'esprit nécessaire à la recherche désintéressée de la vérité, d'étudier de sang-froid l'histoire et les lieux, de faire abstraction de paradoxes de clocher invétérés ; de sacrifier un bagage non seulement sans valeur mais propre à entraver, les textes étant soumis à la diversité des interprétations. Dans l'état incomplet des connaissances et la contradiction des opinions, l'archéologie seule pouvait porter la lumière. Les faits parlent et se défendent par eux-mêmes. Pour prouver Bibracte il fallait la montrer, non avec les couleurs d'une érudition factice et les mirages de l'imagination, mais avec sa situation, son enceinte, ses murailles, ses maisons, son nom. Il fallait mettre sous les yeux ses industries, son commerce, ses monnaies, rendre palpable sa destination militaire et politique, trouver une Bibracte gauloise et non romaine, conforme aux mœurs, aux institutions, à la défensive d'un clan gaulois. C'est ce que des fouilles prolongées pouvaient seules révéler.

Le nom de Bibracte apparaît pour la première fois dans les Commentaires de César sur la guerre des Gaules, avec une désignation qui caractérise en deux mots son importance et son rôle ; il l'appelle l'oppidum des Éduens, le plus grand, à beaucoup près, et le mieux approvisionné ^. Le terme d'oppidum désignant dans les auteurs un lieu retranché, Bibracte, par conséquent, était une forteresse, une très grande forteresse, la plus grande des Éduens. Cette assertion de l'illustre écrivain peut être encore aujourd'hui

1. Mémoirei de Trévoux, Moccxv, janvier, p. 1705. Dissertation da P. Lempereur, sur l'emplacement de Bibracte.

t. De bello GaU. lib. I, c. 23 : a Et quod a Bibracte, oppido ^Eduorom longe maxime ac copiosissimo, non ampliot millibus passuom xviu aberat. »

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