CP
n^ 6 et 9 s'étend un grand espace vide, au milieu duquel s'élevait isolée la maison en bois 6 bis, avec poutres debout et clayonnages, longue de 9* sur 4. La façade de Touest était posée sur deux assises de pierres brutes ; les cloisons intérieures qui la divisaient en trois étaient formées de poutres sur champ, de 0"18 d'équarrissage en ch&taignier. Ces poutres en place étaient carbonisées sans grande altération, sur l'^ÔO de long, sous une masse de pisé durcie par le feu, et faisaient rainure dans Taire calcinée en terré glaise mélangée de pierre, de 0*30 d'épaisseur. Un incendie avait dévoré la maison ; les parois d'une cheminée pyramidale en clayonnage, dont le mode d'installation a été déjà décrit, s'étaient affaissées sans se désagr^er, avec leurs clayons, au milieu d'une couche continue de charbon provenant de la charpente et des cloisons. Le compartiment central, double des deux autres, avait un peu plus de 4*; celui du nord renfermait une sépulture domestique creusée à l'angle nord-ouest. Ils fournirent entre eux trois médailles gauloises, de grosses tiges de fer, une fibule de bronze, des [)oteries noires, un cercle de roue en quinze fragments et un clou de bronze de 0*12 de longueur.
Du n* 6 bis aux n^ 7 et 8, un écart dans les terres conduit à quelques cases, peu nombreuses du reste, que leur emplacement désigne comme n'ayant pu être affectées au commerce qui avait intérêt à se rapprocher de la voie. Elles étaient dispersées au milieu des terrains vagues, dans les conditions où on a vu déjà le n* 2, relégué à plusieurs centaines de mètres du chemin» sous la butte du Champlain, au nord. C'est ainsi que la maison n* 7 est située isolément à 60* ouest de la voie du Rebours. Deux murs seulement dé deux assises^ épais de 0*70 et liés avec de la terre, sont conservés au nord et à l'est, sans fondations ; celui du nord, très altéré, suit, sur 7*70, la déclivité du sol sans nivellement préalable. Quelques débris d'amphores étaient dispersés extérieurement au pourtour, et parmi eux une grosse boucle ou fibule de fer ronde, munie de son ardillon, diverses poteries noires, des
doua, deux goulots d'amphores d'une grande élégance, en terre très friable, évasés» de 0*20» avec deux moulures fines au col» et recouverts d'un enduit gris» rugueux comme le grès, deux anses rondes de 0''02 et demi de diamètre, une moitié de moyen bronze fruste.
Cette face du Reuvray étant abritée des vents, la maison était enfouie moins profondément que celles dont nous parlerons plus loin ; sa fondation n'était qu'à O'^SO sous le sol du côté de l'est, mais l'aire, à Touest, est à O'^GO plus bas que le sol actuel. La face de l'est est composée do gros blocs assez bien ajustés avec un mortier d'arène, sur 1^90. L'intérieur était pavé en moellons serrés dans une forte couche de terre glaise, reposant elle-même sur un lit de gravier qui renfermait diverses poteries, Tune noire, d'une pftte sablonneuse assez rare, une autre, noire aussi, mais ornée de dessins. Au dessus du carrelage gisaient de nombreux débris d'amphores et de poteries, un beau col de vase à paillettes de mica, des scories de fer, un crochet ouvré en fer, une boulette d'une espèce de terre d'ombre.
L'enlèvement du carrelage mit à jour trois excavations rondes placées en diagonale de l'est au sud-ouest, dont les parois, taillées comme à Temporte^pièce dans un terrain très dur, conservaient sans altération leur forme et leur aspect primitifs.
La première. A, à O^hO au dessous du sol, avait cette même dimension en diamètre et autant de profondeur. Elle était remplie en partie do cendres et de charbons. Douze clous et un débris de bois mince préservé au milieu des cendres et des ossements annonçaient la capse en bois qui les avait contenus dans lorigine, ainsi qu'une petite médaille gauloise en argent et quelques tessons. La destruction de la capse avait laissé un vide dans Texcavation dont Texiguîté, comparée à celles qui l'avoisinaient, indiquait une sépulture d'enfant.
La seconde excavation B, la plus importante, était à i^6b de la première, en se rapprochant du centre de la pièce, et à
O'^'lb au dessous du sol, elle avait 0"80 de diamètre et 0"'75 de profondeur. Recouverte encore par le pavé de la pièce qui n'avait point fléchi, quoique Texcavation fût i moitié vide par suite de la destruction de la capse en bois, ainsi que dans la précédente» elle était parfaitement ronde. Sur la surface composée d'une couche de terrain très meuble mélange de cendres, de charbon et de fragments d'os, on trouva une grande fibule de fer de 0*09 de longueur, intacte avec son ressort, la moitié d'un petite tasse à boire en terre fine, à couverte noire et d'une forme élégante, des débris d'amphore, des clous, une dent, vingt fragments de poterie noire, dont un de 0*12 de long, orné de traits faits avec une sorte de gouge, divers débris en fer, deux boulettes de matière terreuse de 0*04 de diamètre, ocre jaune et terre d'ombre. Le reste de l'excavation, c'est-à-dire moitié de sa hauteur, était entièremont rempli des cendres du bûcher, de petits fragments d'os et de poteries. Près du fond, une belle médaille gauloise en potin était adhérente à la paroi.
La dernière excavation funéraire, C, un peu moins grande que la précédente, en était distante de O^OO, mais elle avait été violée, car le pavé qui avait dû la recouvrir ainsi que les autres avait été enlevé ; elle ne renfermait plus que des cendres et charbons, de rares poteries et un grain de verroterie bleue brisé, une médaille gauloise tordue et oxydée, trouvée dans le déblai. Ces trois fosses de dimension inégale et ainsi rapprochées semblaient une sépulture de famille, père, mère et enfant, caractérisée par le mobilier funéraire de chacune et abritée sous le pavé de la demeure abandonnée.
Sur la même ligne et dans le voisinage, la maison n* 8, carrée et en bois, se trouvait aussi en dehors des habitations groupées. C'était la demeure sans doute d'un pauvre artisan qui y avait laissé des galets, des pierres à polir et à aiguiser, un annolet de bronze, un grand fragment d'un plat en terre rouge, estampillé du nom rogos sur trois points équidistants d^n cercle de hachures qui occupait le centre.
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Les sondages pratiqués aux environs n^ont pas rencontré d^autres demeures, mais les débris de poteries ont été partout ^abondants. Entre le n* 7 et le n* 2, à 32"* ouest du n* 7, des débris d'amphores, des poteries grossières, de gros morceaux de scories de fer, un fond de vase très informe en terre noire, des clous, etc., sur une aire de terre glaise, offraient tous les indices d'un emplacement habité, mais sans traces de cloisons. De petites tranchées ouvertes sur le revers oriental ont été aussi infructueuses, tout en donnant partout des débris d'amphores et de poteries. LiC sol était fusé et ameubli, épierré parfois & f de profondeur, comme s'il avait été cultivé en jardin. Sur d'autros points, la couche végétale n'avait que 0'°25 à 0*30 et s'arrêtait à des bancs de rocher délité en menus fragments. Le nombre des débris céramiques et d'espaces ameublis permet de supposer d'anciennes bases entièrement disparues ; la charrue, vu la proximité du rocher, a enlevé toutes les pierres, mais ailleurs, la majeure partie du terreau n'a jamais été défrichée et n'a, par conséquent, été occupée que temporairement.
Les numéros suivants, près de la voie, sont de petites loges d'une construction originale et tellement exiguës qu'on a peine à se figurer dans ces silos la vie des ouvriers gaulois. Malgré dos dimensions qui excluent la possibilité d'y loger une famille, elles sont parfois construites avec solidité et un luxe de pierre de taille qui fait souvent défaut dans des demeures plus considérables.
Le n^ 9 est un type curieux de ces bouges d'artisans. Bâtie entièrement on maçonnerie, la pièce habitée a 3''60 sur 3"22 ; elle est précédée, sur une partie de sa longueur, d'un auvent de 1*60 de large, sous lequel débouche un escalier de quatre marches en grosses pierres de taille débruties de 1*20 de long sur 0*40 de large. Ces marches, alternativement monolithes et de deux blocs, sont toutes d'inégale épaisseur et augmentent chacune de O^Oh de foulée sur la précédente, la première a 0^15 et la dernière 0'"30; le palier a
1"* carré. Les pieds droits de la porte, en gnranit du pays, étaient en plaoe à ohaque extrémité du seuil long de 0*92 ; le linteau culbuté gisait sur le palier, au niveau de l'aire, à 1"26 au dessous du soL On recueillit à Tintérieur deux médailles gauloises, dont une des Turons, une fibule en bronze, des scories et des débris de creusets fortement vitri* fiés, un galet poli, niie douille de fer, du bronze oxydé, dos débris d'une grande amphore sur les marches inférieures de roscalier, d'autres fragments d'amphores cinéraires renfermant encore des restes brûlés, des clous et quarante tessons de poterie noire.
La singularité et Texiguîté du bouge dont il vient d'être question sont encore dépassées par le numéro suivant
Situé à b^lO au midi, il a pour carrelage un béton de chaux mélangé de petits cailloux blancs, de 2''80 de côté. Les murs» dont le mortier contient par exception un peu de chaux, sont bien conservés et ont encore 1*30 de hauteur. On voit dans l'un d'eux une rainure verticale qui encastrait un des poteaux de support de la toiture. Là était l'atelier d'un fondeur, vers le temps du proconsulat d^Aug^ste, comme on peut l'augurer d'après la découverte, à 1*10 de profondeur, d'une médaille gauloise de oxrma.nus fils d'iNDuriLLUS. Il était encombré de débris de toute sorte, dont chaque pelletée de terre apportait quelque épave :
38 fragments de creusets vitrifiés ;
Des tuiles à rebords ;
Des sooriesde fer;
Une masse de grandes poteries, dont quelques-unes très grossières ;
1 4& clous ;
Des anses et goulots en terre cuite, quelques poteries fines et une masse de charbon ;
Des 08 divers, dont un fragment de mâchoire humaine et une autre d'animal ;
Une petite plaquette de bronze mince, découpée à jour;
■- -wz .
Un anneau en fer ;
Une plaque de bronze, ayant à ses extrémités deux clous en fer pour la fixer ;
Un petit crochet en fer ;
4 plaques de scellements en fer ; *
Un fragment d'enduit blanc ;
3 fragments de poterie rouge fine.
La particularité la plus curieuse de cette espèce de cave était Tescalier, unique jusqu alors, construit non en pierre de taille, selon Tusagc, mais en menu moellon lié avec de la terre, et d'une rapidité assez semblable à celle d'une échelle. Composé de six marches de 0*75 de longueur sur CSO à 0-30 de haut, et 0*15 à 0-20 de foulée, il paraissait être Tœuvre du maître du logis plutôt que d'un maçon.
Une troisième petite case en bois, 10 bis, de 3- de côté, renfermait trois médailles gauloises et un monceau de poteries noires.
Une autre constatation, qui confirme une fois de plus les textes de César et de Strabon sur le mode habituel de couverture des maisons gauloises, permit de s^assurer que la majeure partie au moins des maisons du Champlain étaient, ainsi que le n* 10, couvertes en chaume. Sur Taire xle la loge effondrée par la chute de son toit embrasé et de ses murs en pisé, on ramassa au milieu du foyer de Tincendie une hache de fer enduite de milliers de fétus agglutinés dans Toxyde. Les rares débris de tuiles à rebords exhumés au Champlain sont une anomalie et une introduction des derniers temps, qu'on rencontre surtout sur le champ de foire et dans la partie riche do Toppidum, mais qui font presque toujours défaut dans le quartier industriel.
Une amorce de mur au numéro suivant, 11, et qui se dirige en avant du n* 10, fermait peut-être une cour dans laquelle ce dernier eût été englobé, avec d'autant plus de vraisemblance
i. On êD a trouvé de pareils à GergoYie.
quo le n* 1 1 était an établissement métallurgique d'une certaine importance. Le n* 10 eût été affecté à une fabrication isolée.
Cette vaste habitation (n* 1 1) était celle d'un fondeur de de bronze, détruite par un incendie et peut-être à plusieurs reprises, vu les masses de substances calcinées qui Tobstruaient tant au dessus qu'au dessous des carrelages, abstraction faite des résidus de l'industrie entassés à l'entour. Les murs, de 0"60 d'épaisseur, ne sont malheureusement pas conservés entièrement ; des pierres de taille en ont été arrachées, et le plan complet laisse quelque incertitude. On constata néanmoins l'existence de quatre pièces et d'un escalier qui devait conduire à d'autres annexes élevées parait-il sur les terrains adjacents, encombrés d'une manière inusitée de scories et de résidus carbonisés.
L'appartement principal, C, qui servait d'atelier, a 12*70 en œuvre sur S^SG. La façade qui a disparu, mais dont on a retrouvé les trous de poutres, regardait l'orient. Elle offrait probablement dans l'intérieur; une division en poutres croisées ou du moins un auvent, sous lequel débouchait au nord la porto d'entrée. Une des poutres en chêne, réduite en charbon sans s'être désagrégée, avait conservé une partie de son écorce, dans une masse de terreau noir, calciné et rempli de cuivre dont l'oxyde avait favorisé sa conservation. Devant et derrière la poutre, une couche de terre rouge, cuite sur place par le feu de la toiture en paille effondrée, recouvrait un lit de charbon de 0'"22 d'épaisseur, mélangé de quelques os. Sur Taire brûlée, étaient parsemées des gouttelettes de bronze, de fer et d'étain. Dans cette couche, trop considérable pour être attribuée à des restes de sépultures, furent exhumées néanmoins, à deux angles, deux amphores cinéraires dont la première brisée, avec ossements et charbon, était accompagnée d'un galet poli et de deux scories de fer ; l'autre, presque entière, de cendres seulement. Du côté opposé, en face, on trouva une médaille gauloise dans un petit vase de terre noire grossière avec cendres et ossements, et une seconde
médaille, de oermanus, à Textrémité nord du même mur. A Tangle N.-O.» s'ouvrait une porte de 1", en face d'une seconde et de deux marches en pierre de taille conduisant au dehors. On découvrit en avant de cette porte, à l''40 de profondeur, une amphore brisée, des cendres et une monnaie gauloise. Lie couloir H, à gauche de la porte, se perdait dans la pièce B qui n'avait que 3*20 de côté. Au pied du mur de Tangle N.-O., à 1"55 de profondeur, dans un lit compact de charbon mélangé de restes d^ossements humains, gisait une grande amphore brisée dont le fond contenait aussi des cendres, une fibule de bronze et deux morceaux de poterie. Elle était entourée et recouverte de pierres formant une case distincte de 0*80 de diamètre. Le couloir H, privé de sa cloison terminale, était peut-être une sorte de caveau domestique, car il offrait Faspect d'un véritable ossuaire dont on tira, en remuant le terrain, six fonds d'amphores, des charbons et de nombreux restes d'ossements. L^une de ces amphores était accompagnée des débris d'un chaudron de bronze dont l'anse se terminait en têtes de canards, noyé dans un terrain imprégné d'oxyde et de bavures de cuivre. Des clous de bronze, dont quelques tètes semblaient émaillées, un fragment d'agate rond et poli, deux ciseaux d'acier pour couper le fer, des résidus de toute sorte, de nombreux débris de creusets, des tablettes de calcaire oolithique, des débris de va)»es, des dents de chevaux et autres ossements d'animaux divers, mélangés suivant la coutume gauloise i ceux de l'homme, étaient confondus pêle-mêle autour des sépultures dans les couches de cendres et de charbons. L'enclave d'un pilier de soutènement en bois se remarquait dans la muraille, à l'extrémité méridionale du couloir funéraire. Près de là, dans une autre sépulture, au revers du même mur, était déposé un nouveau fond d'amphore cinéraire avec une pierre à aiguiser en forme de hache.
On ne saurait décider si ce compartiment, BB, clos de trois côtés par des murailles à demi détruites, était une pièce habitée ou une cour. Il est séparé par un second couloir, DD,
large de 1*63, avec retour i angle droit, des compartiments D et A^ incomplets comme le précédent, et dont les murs subsistants, de 0*60 d'épaisseur, portent sur la couche de charbon antérieure évidemment à leur oonstruction.
Dans rétat actuel des ruines les communications sont rompues entre ce oouloir et ses deux annexes dont les cloisons en bois se reconnaissaient i la présence de poutres et de clayonnages carbonisés dans leurs enduits Aussi la couche de charbon y offre-t-elle une épaisseur triple, avec lits alternatifs de glaise calcinée provenant des pisés. On en a retiré une meule de granit rose, une monnaie gauloise, une rondelle de plomb imitant une médaille, des os, un dernier fond d*amphore enfoui avec un grand débris d'assiette dans un creux sous la couche de charbon la plus profonde, inférieure elle-même à Taire de la maison.
L'usine du fondeur de bronze, dont il vient d'être question, est séparée par une ruelle de 4*70 du n* 12, construction bizarre dans laquelle est enfermé un puits. Ses clôtures, presque exclusivement en pierre, avaient encore l''20 de hauteur, sauf la façade et les parties en pisé et en bois dont on n'a retrouvé que les infixations. Elle forme une grande pièce de lO'^lO de large sur 7*, avec une encoignure de 1*30 de profondeur sur 3*30 de large, à Tangle S.-O. La singularité de cette encoignure ne s'explique 'guère qu'en admettant à droite une cloison, près du puits, pour diviser la grande masure, d'autant mieux que l'aire de cette partie est beaucoup plus profonde, à 3* du gazon actuel. Cette aire recouvrait à l'angle S.-O. une sépulture composée des débris d'une amphore cinéraire, d'ossements brûlés, d'une dent de cheval, d'un énorme galet, de deux fibules de bronze et d'une pièce de la colonie de Nimes. Le compartiment du puits aurait, d'après la division indiquée plus haut, formé un carré d'environ 7* de côté. Le puits est creusé au pied du mur occidental, à Tintérieur de la pièce; il a 0*85 de diamètre sur 1 3* de profondeur, et est muraille très grossièrement en pierre. La singularité de
son emplacement ayant engagé à le fouiller» il devint évident que le remblai , probablement très ancien» remontait à l'abandon de loppidum. Sur lorifiee même étaient placés avec soin un fond d^ampbore avec des os, un galet blanc, une dent de cboval» des fers, des tessons et une médaille gauloise en argent. A 1* de profondeur, on rencontra un fragment de meule, dont le surplus avait été recueilli dans la maison même, deux espèces d'anneaux de fer, des débris de vases noirs et d'ampbores. A 3*, on n'a plus retiré que de la pierre et de la terre, presque sans poteries : le remblai avait été fait sans sursis. L'eau n'a commencé à sourdre qu'à 12*; elle avait préservé deux fragments d'une poutre de châtaignier équarrissant de 0*10. Lie fond était revêtu d'un pavage posé sur le rocher, avec quelques ferrailles.
Les maisons de cette série, occupées par des métallurgistes, sont d'une régularité plus ou moins douteuse, mais toutes d'une certaine dimension et composées de plusieurs pièces. Le n* 13 entre autres en comprend quatre à cinq, et présentait un développement de 22"' de façade, dont il ne reste que les trous de poutres; les autres murs, en pierre, avaient encore 1*30 de haut. Il était séparé du voisinage par des langues de terre, l'une de 6* au nord, du coté de la maison du puits, l'autre de 3*, du côté du n' 14. L'habitation se composait d'abord d une grande pièce centrale de 10*35 de long sur 6*, flanquée à droite et à gauche d'appartements dissemblables, et d'un cinquième à l'arrière, tous différant de niveau, et en saillie les uns sur les autres. Le premier à droite. A, le plus voisin du n^ 12, est à 1*80 sous le gazon. Le mur d'arrière a encore 1*30 de haut; celui de droite n'a plus que 4* de long, mais on a reconnu sa trace sur 7*. Ils se terminaient par une poutre debout, en guise d'équarrie. Celui de gauche, mitoyen avec la grande pièce B, a 0*75 d'épaisseur, la pièce a 4*20 de large sur 7*. Quatre fonds d'amphores avec ossements étaient enfouis à l'angle S.-O. où de nombreux clous semblaient indiquer que les vases et les restes funéraires avaient
été enfermés dans une caisse de bois avec ceux de divers animaux, dont deux grosses dents, une de cheval et deux médailles gauloises. Le tout reposait sur une aire de terre dure, dans un monceau de pierres de 2* de long sur O'^GO d'épaisseur. Près de là étaient dispersés des poteries, un galet de rivière, une pierre à aiguiser très dure, de O'IS de long, avec de profondes rainures sur chaque face, creusées par le frottement d*outils aigus, quelques débris de tuiles à rebords.
Le niveau du grand compartiment, B, est à près de 1* plus élevé que celui du précédent. Au fond est un seuil de f'SO de largo en pierre de taille, avec partie des pieds droits commu* niquant avec la pièce, C, à Tarrière. Le mur est renforcé par un empâtement de O'^SO de haut sur O'tO de largo, le premier qui ait été rencontré sur cette ligne de maisons. Une petite case, ménagée à Tangle S.-O. dans la maçonnerie du mur très bien conservé sur i"* de haut, au dessus de Tempâtement, contenait le goulot d'un beau vase en terre blanche. On entrait de là dans la pièce C, plus large que longue, (rectangle de 5*30 sur 3*40). A 1* au dessus de la base, le mur du fond, en retraite sur elle, était continué en grosses briques sur toute sa longueur. On ne trouva dans l'appartement qu'une petite fibule en bronze et un fragment de poterie^ fine.
Un dernier compartiment D existe à gauche de la pièce centrale, avec une nouvelle surélévation de 1" dans le niveau de Taire recouverte d^une épaisse couche de charbon. Sa façade est de 6*15 sur 7*40. Plus riche que les prcédents, il a donné, à l'angle S.-O., une belle médaille gauloise, à l'angle N.-O., un gros bloc de terre cuite qui n'était autre qu'un chenet, une petite fibule circulaire, ornée d'une larme de verre bleu, enchâssée dans un pédoncule central en saillie de 0"*0i, une épingle de bronze, des os, des poteries, des clous, des scories, les débris d'un vase noir, un galet, une verroterie bleue et blanche, une meule brute en granit, percée, une lamelle de bronze de 0*11 de long, un coutelas do fer, un annclet do
bronze inorusté dans* du fer oxydé, des cailloux de rivière, une petite gouge en fer à manche creux.
A 3" au sud, le n' 14, taillé dans le terrain dur à 1" de profondeur, semblait une fosse plutôt qu^une habitation, n'eût été son aire de terre battue indiquant un carré de 7" de côté. Il n^ reste pas trace de muraillement, la construction était toute en bois et en pisé jusque dans ses fondations. Aussi la masse des substances carbonisées qui la recouvre atteint-elle une épaisseur do 0''70, combinée avec les couches de pisé cuites au rouge brique et empreintes de leurs clayons. Dans cet amalgame sans nom se révélaient les mêmes industries et les mêmes mœurs que dans les cases précédentes, des débris de cuivre oxydé, un moule d'émailleur en grès, percé de trous demi-sphériques deO'^Ol et demi de diamètre, pour polir et user les têtes de clous émaillés, un gros carreau de fer d'une machine de guerre, un fragment de verre bleu, une médaille gauloise, des débris de vases, des os et de gros blocs de charbon compact de châtaignier brûlés à Tétouffée dans les décombres, derniers restes des charpentes et de leurs supports.
Une bande de terrain vierge de 4"* de large conduit au n^ 15, dont la façs^de n'est reconnaissable qu'à ses trous de poutres. Les trois autres cloisons, en maçonnerie, descendent jusqu'à 2" de profondeur et tracent un carré de lO"* sur toutes faces. L'aire était, comme dans les numéros précédents, obstruée sur 0*40 d'épaisseur de matières incendiées mélangées d'objets de même nature : un dard de fer plat, une meule, des poteries et débris d'une' [amphore. Le détail le plus curieux de la construction était un escalier tout en pierre de taille, avec retour circulaire derrière la maison. Cet escalier de neuf degrés composés alternativement d'un et de deux blocs et enserrés entre deux parements de maçonnerie appliqués aux parois du sol, conduisait sans doute au n^ 16 bis, à 6'*40 plus loin, à l'ouest. Ce dernier était un espace clos de quelques assises très grossières avec trous de poutres, à une faible profondeur sous le gazon, dans lequel on entrai
de plain-pied. On y trouva une amphore, des os» deux ooutelaa de fer.
Le n* 16, qui fait suite» n'est qu'à î^. Bâti tout en bois et plus long que large, il faisait pignon sur rue. Son étroite façade, de 4'* sur Q^ en profondeur, avait été brûlée comme les précédentes, mais Taire subsistait, enfouie à f'SO sous le gazon avec son lit de résidus d'incendie, parsemé de scories de fer. Une amphore presque entière fut trouvée à Tangle N.-E., avec une clef on fer, un petit couteau, des ossements humains, des dents de cheval, quelques débris de bronze fondu et une^ masse de poteries. Une seconde amphore, i l'angle N.-O., était accompagnée d'un vase noir à pied en terre fine, presque entier, d'une médaille gauloise et d'un annolet de bronze calciné. Le goulot d'une troisième, large de 0"20 à l'orifice, était estampillé du mot raolida.
A 9"30 en arrière du n* 16, un mur isolé de clôture, de 17"^ de long, n'offrit plus que quelques assises près de la surface du sol. Il se raccordait à une maison en bois placée en seconde ligne sous le n^ 41.
La maison n"* 17, à 12"* du n' 16, reprenait le bord de la voie, façade détruite comme dans les précédentes et marquée par les excavations de ses supports. Elle n'a conservé de muraille que sur un pan de la cloison du midi, et était pour la majeure partie en bois et pisé d'après les trous de poutres reconnus à l'intérieur et les amas carbonisés, dans lesquels on' recueillit un polissoir ou moule pour des têtes de clous émaillés de O'^Oi de diamètre, une fibule en bronze, le ressort d'une seconde, des scories de fer, dos poteries et, dans le sol, une amphore cinéraire avec des os, du charbon et des tessons.
Entre les n^ 17 et 18 règne une séparation de 2''. On y découvrit seulement une sépulture intacte dans des conditions curieuses au point de vue des croyances des Gaulois sur le mode d'existence des morts au delà de eette vie, et des intentions touchantes de la famille vis-à-vis d'eux. L'amphore cinéraire avec son contenu était couchée sur la meule du petit
moulin à bras qui avait seni i broyer le grain du mort ; elle était calée sur la pierre avec les vases usuels brisés, mais dont on put rejoindre les principaux fragments, un grand plat, une assiette, un beau vase, dont le couvercle manquait en partie, en terre noire et fine; de la forme la plus élégante, et recouvert de lignes de chevrons tracées à la pointe ^ Il semblait que dans la pensée des survivants ce mobilier funéraire dût être affecté à Tusagc ultérieur du mort, comme devant le suivre et lui servir au delà du tombeau.
Le n^ 18, construit en maçonnerie, moins la façade, suivant Tusage de cette région, se composait do deux pièces presque égales, carrées, Â et B, sans communication entre elles ; la seconde est à l'arrière et en saillie latérale sur la première. Dans le compartiment Â, de 6"15 sur 5", existe à Tangle S.-O. une encoignure de 2*15 de long, opérée par une réduction d'épaisseur dans la maçonnerie, qu'on pourrait comparer à un grand placard; un' trou dans le mur renfermait quelques poteries. On trouva dans cette maison une médaille gauloise, deux meules, des dents de cheval, du sablon, une tenaille, un gros coin de fer, un creuset.
 2"70 s'étend un grand atelier, n* 19, qui n'avait pas moins de 20"' de façade en pisé et poutres, mais qui, malgré ses quatre pièces, était peu monumental. Deux font face à la voie, deux autres, beaucoup plus étroites, sont reportées à l'arrière. De la première, Â, qui a Q^ environ de côté, on communiquait par une porte de l'°20 de large dans le compartiment, D, à l'arrière, qui n'a que 3" de large sur 4''20. Quoique en maçonnerie, on voit dans les murs de ce dernier les six coulisses des poutres qui soutenaient la charpente, à l'avant et au milieu. Il n'en existe pas au fond, vu que la retombée de la toiture y portait sur le sol même. La grande pièce B en façade a 13'"40 de long sur 6'°40, sans communication avec les autres. Celle qui lui fait suite derrière, et qui
1. Ce Tate est au matée de Saint-Germain. Vitrine du BeuYray.
joint D, a S'^GO sur 4*18 et no oommunique pas non plus avec ses voisines ; elle se dessert seule par un escalier do plusieurs marches en pierre de taille. Quelques objets de bronze, une fibule, une boucle de ceinturon» une lime de maréchal, des galets ou polissoirs, une boule de fer, des poteries, un grand coutelas de 0''25 de long et deux moitiés de monnaies partagées, constituaient le mobiUer.
Entre les n"^ 19 et 20, la séparation est de 2"40. Ce dernier, à f^SO sous le gazon, était une maison do bois oblong^e, de 9* sur 5*, incendiée comme toutes ses pareilles, dont l'aire en terre glaise était jonchée de restes de clayonnages dans une couche carbonisée. EUIe donna huit médailles gauloises et une lamelle de bronze de 0*20 de long, oxydée au point d'être réduite en poudre et qu'on dut mesurer avant d'y porter la main. Une masse de poteries de toute sorte était aussi mélangées i cette pâte charbonneuse avec des ustensiles du mobilier et des) résidus de métaux calcinés, un annelet, un anneau de bronze avec une dent de cheval pénétrée de verdet, un anneau et un ciseau de fer, une fibule ronde, des crosses de charpentes de 0"25 de long, diverses ferrures, des amphores brisées, des os et des creusets hors service, restes des manipulations industrielles qui avaient été pratiquées dans Tatelier. A 1*30 à l'ouest, derrière la maison, était un puits carré de 1* de côté, en bonne maçonnerie et remblayé entièrement. On trouva à 2* une eau très bonne. La fouille fut arrêtée à ce point, après avoir donné un annelet, deux médailles gauloises et un instrument brisé en bronze et fer.
Au delà du n' 20, dans une lacune de 11 "40 d'une part, et de 35"^ de l'autre, en deçà du n^ 22, est une petite case oblongue, n^ 21, entièrement isolée. Elle a 2*40 en façade sur 4*. Ses murs, hauts de 1*, sont un simple parement appliqué aux parois du terrain excavé. On y trouva une médaille gauloise, deux autres et un moyen bronze colonial dans une tran* chée ouverte en avant de sa façade.
Lie n* 22, un peu plus grand et plus riche, était enfoui à
1"55 de profondeur. La fouille de rintérieur» qui mesure 5"40 sur 4*15, donna un peson de fuseau troué en terre gn^t)8sière, un énorme galet, un vase ornementé de petits caissons carrés couverts de raies alternativement verticales et horizontales» plusieurs verroteries, une poterie samienne ornée d'une tète en relief de la plus grande finesse, et au| dessous de Taire brûlée, à Tangle S.-O., une grosse médaille^ gauloise, des ossements accompagnés de tessons.
A 9™ au sud-est et aussi profondément que la précédente, était creusée, au bord de la voie, la maison n* 23 de 8" 10 sur 8^0, bâtie par assises très régulières sans pierre de taille, mais quelques débris dispersés en indiquaient l'emploi dans Tescalier au moins. On y découvrit à 1^60 un bloc de cendres et charbons coagulés, avec les débris d'une amphore en terre jaunâtre de forme et de provenance particulières, dont la panse^ ovoïde était surmontée d'un col court et évasé, contrairement aux formes habituelles des autres amphores du Beuvray, effilées à leurs extrémités avec de très longs goulots. Dans une masse de menus fragments en terre noire fine, étaient dispersés plusieurs verroteries d'un blanc opaque, dont l'une placée dans un tesson, un galet, un outil ou arme avec douille, un fragment d'os conservé par son contact avec le cuivre oxydé, une lampe en terre fine brisée, la première trouvée dans ce quartier. Deux médailles gauloises, dont l'une en argent, dataient cet enfouissement cinéraire, car celle de bronze était de gerhanus et reportait aux premières années d'Auguste en Gaule, époque que désignait aussi le style pur d'une jolie agrafé do bronze évidée artistement.
Lie terrain vierge sur 4"^, qui conduit au n* 24, aboutit au sol défoncé A, dans un carré dont il ne reste que deux murs attenant à un autre compartiment, B. Ce dernier fournit d'abord un fond d'amphore avec ossements, une chaînette en fer, du cristal de roche, de petits galets, une anse, un annelet, une plaquette de bronze estampé couverte de cercles concentriques, une poterie blanche chevronnée, des poteries
noires i bandes luisantes et mates alternativement, deux fibules de fer, une en bronze et le ressort d*uno autre, une clef de même métal, des dents de cheval, seize tessons arrondis en forme de monnaie ou de palets, des pierres à aiguiser, une lame de couteau ou poignard avec anneau do suspension, cinq médailles gauloises. Cet enclos faisant partie do la maison n^ 24 ou du moins accolé i la pièce habitée avait été creusé ou adapté pour y déposer des restes funéraires relevés sans doute dans le voisinage, car on n'y comptait pas moins de vingt-sept fonds d'amphores.
L'habitation elle-même B, ayant G"* de façade, a pour carrelage une aire de terre jaune battue, surmontée d'un béton de tuileau concassé. Elle donna une clef, une boucle de bronze, une belle assiette en terre noire, portant Tostampille rogos, trois médailles gauloises, un annelet et deux amphores cinéraires avec dos assiettes noires. L'une d'elles renfermait une pierre à aiguiser, un tesson arrondi et une monnaie consulaire au nom de^siLANVs. Uno autre, i l'angle N.-E., renfermait une pièce gauloise, un galet, une plaquette de bronze oxydé avec des débris de vases. Malgré ces traces caractérisées de la vie gauloise, d'autres indices dans cette habitation construite avec soin désignaient aussi l'époque de transition, celle du proconsulat d'Auguste. Deux moyens bronzes coloniaux i son effigie et un grand bronze frappé par la colonie de Vienne avec la légende cabsar orvi F, au revers, une galère, établissaient cette date, ainsi que diverses poteries samionnes représentant des personnages drapés d'un excellent style, une de TITUS SAMiA, une autre de c. ssntus, qui étaient contemporains d'Auguste ^ Les alentours mêmes de la maison ajou« tèrent un nouveau contingent. Dans une tranchée ouverte à l'ouest pour reconnaître si elle avait des dépendances, on trouva un petit anneau en fil d'or, et, dans un creux funéraire,
1. Cette date rétalte de la rencontre simnitanée des poteriee de cet potiers dans les maisons de Bibracte abandonnées sons le proconsnlat d*Angnste, et dans Us maisons d'Aatan fondées en même temps.
une amphore i peu près entière, de 0^80 sans le goulot, et qui contenait du charbon, des restes d'os, un tesson circulaire, quelques clous. Le fond était rempli d'une masse ferrugineuse, coagulée, faisant corps avec la terre cuite par suite de Toxydation. L*amphore elle-même reposait sur une meule de moulin à bras dans la même position qu*une autre citée précédemment. Celle dont il est question ici était accompagnée d'une grosse pièce de fer massive, de 0"^14 de long, rectangulaire et terminée par un crochet qui lui donnait Taspect d'un poids, mais servait plus probablement à fixer le levier de la meule, au centre de laquelle elle s'enchftssait. Un petit vase à pied, en terre fine noire et décoré de reliefs oblongs, en forme de fuseau, avait été déposé auprès avec une masse de vaisselle noire brisée, une fibule, une agrafe avec ardillon, deux boucles en fer, vingt clous, etc.
Autour des n~ 23 et 24, les gisements funéraires sont très accusés. Le terrain défoncé à plus de 1"^ et composé en partie de cendres renfermait un grand nombre de fragments d'amphore à ossements, dont on retira neuf médailles gauloises, un annelet, deux verroteries, une attache de bronze, de nombreuses poteries, des galets, un fragment de brohze imitant la ferrure d'un cheval, mais dont la case des clous n'est pas entièrement percée, des tessons arrondis, dont Tun était marqué d'un signe de même forme que le fer de cheval et figurant notre U; la partie inférieure est ronde et non aiguë comme dans les 4ettres antiques. Au bord même de la haie du chemin actuel du Rebours et au nord du n® 23, près de la maison, on découvrit un autre gisement très considérable d'amphores cinéraires dont les panses étaient intactes, mais les anses et les goulots brisés, excepté à une seule de la plus grande beauté, dont le col effilé mesurait 0'°45, soit 1>^20 pour Tamphore complète ^ Il était évident que ce gisement, dans le cas où les vases quMl comprenait n^auraicnt pas été trans*