Elle est au château de Glux
portés d'ailleura, avait du moins été violé, et que les violateurs s^étaient approprié le mobilier funéraire. Toutes les amphores étaient debout, Torifice en bas contre terre et vidées, quelquesunes seulement avaient conservé des cendres et ossements avec tessons. Une seule médaille, gauloise comme les précédentés, quelques tessons arrondis, clous, poteries, beaucoup de dents de chevaux et de porcs, quelques boulettes d'une terre jaunâtre et cinq débris de vases ornés au col d'un cercle de chevrons, avaient été abandonnés dans la fosse comme de nulle valeur ou avaient échappé aux spoliateurs. Ces sépultures, sans être dans la maison même, ainsi qu'on en a vu des exemples, étaient du moins presque attenantes dans le jardin ou Tenclos adjacents et tout près du chemin. Les morts entourés de leurs objets familiers, la meule, la pierre à aiguiser, les outils eux-mêmes, les vases usuels, restaient ainsi à portée des survivants, se recommandant au souvenir par une sorte de présence posthume. Ces agglomérations paraissent, ainsi qu'à la Come-Chaudron, des sépultures communes de corps d'état ou de familles ouvrières nombreuses. Le désordre qui a été la suite de leur violation n'a pas permis des vérifications aussi exactes, mais Tabondance des matières industrielles qui les accompagnaient établissent * suffisamment l'analogie.
A 22'' ouest du n^ 24, on reconnut un grand mur détaché, de 24°^ de long, cour ou hangar? La cour, si elle a existé, aurait longé le n^ 32 qu'elle laisse au nord, derrière les n~ 23 et 24. Le n^ 32, de forme oblongue, était bâti entièrement en bois, ayant 6''35 de façade sur 9™4(T. Un grand seuil avec un gond en place, dont la porte débouche au nord, sur un couloir de 3" en tous sens, livre passage derrière le n^ 22, à travers un espace dont le terrain vierge porte i l'ouest un mur de 17»^ de long, sans retour d'angle, d'une destination aussi incertaine que celle du précédent.
Nous reprenons au n^ 25 la suite des constructions placées près de la voie. Cette maison, assez irrégulière et qui formo au
N.-O. un angle aigu de 80 degrés, a de ^^bO k 5™70 de côté avec un seuil au midi.
Le n^ 26, plaoé à quelques mètres en avant au sud, était en bois: il n'en restait plus que Taire en terre battue, de 0>^20 d'épaisseur, longue de 6» sur 2*50 et enfouie à 0>b90 sous le gazon ; on y trouva une fibule de bronze dans une sépulture. Cette loge est la dernière qui ait été découverte à la pointe du Ghamplain, formée par la jonction de la voie du Rebours et du chemin actuel qui suit la vallée de TEclusc, devant lesquels il fallut arrêter les fouilles. Mais on doit noter ici que le tracé de la voie de TEcluse, à Tépoque gauloise, ne montait pas jusqu'à cette pointe, et qu'à lOO*" en aval, il se détournait au sud pour traverser le plateau du Parc-aux-Chevaux. Aussi aperçoit-on, sous le chemin actuel de TEcluse, non loin du n^ 26, des traces de murs qui, sans doute, sont ceux de maisons enfouies et non fouillées. Le sol est, sur ce point, noir et riche comme dans les parties incendiées de Toppidum. On découvrit à la case 26 une masse de débris d'amphores, dont un goulot portait les trois lettres non, douze médailles gauloises, une fibule de bronze, un verrou et un gros anneau de fer. Dans un espace vague à 15™ en deçà de la haie de TEcluse, et en avant du n"^ 28, un gisement, n® 27, composé de plus do quarante amphores cinéraires, s'abritait à 0^20 à peine sous le gazon. Elles étaient croisées par couches régulières, comme nos piles de bouteilles, les goulots alternant avec les pointes, dans un ordre q\^ n'avait offert aucun des autres gisements. Le contenu consistait en cendres charbons et quelques os, placés sur un fond de gravier; le reste des amphores, dont les anses et les cols avaient été invariablement enlevés avant l'enfouissement, était rempli de terre noire. Quelques objets sans importance accompagnaient parfois les cendres, tels que des tessons, la plupart arrondis en forme de palets, deux médailles gauloises, un annelet de bronze dans l'une, un manche de fer creux dans une autre, des débris de dents de chevaux, une longue tige de fer de
0^30 ; mais la partioularité oaractéristique qui tendrait à faire attribuer cette fosse à dos doutiers, était la présence constante d'un clou dans chaque vase. Vingt-trois amphores, celles du fond, avaient conservé leur panse intacte, les autres, plus voisines du sol, étaient broyées.
La maison n* 28, entièrement en bois, avec des poutres carbonisées, à 11*30 de profondeur, avait 6*30 sur 7n50. Elle renfermait trois médailles gauloises, une moitié de moyen bronze avec des os, une meule entière do Volvic, des poteries noires, un gpros anneau de fer de 0*07 de diamètre, une lourde hache de même métal] de 0™26 do long, avec un large trou d'emmanchure. A l'angle N.-O. de cette maison, très voisine du long mur de clôture 28 bis^ existait, près de ce mur, un second gisement funéraire, 27 &â, de 2"^ de côté, correspondant au premier ; il contenait trente«trois amphores.
En arrière de la première ligne, les n^' 29 et 30 ne formaient à vrai dire qu'un seul et vaste établissement de forme carrée, à en juger par ce qui reste. Le compartiment 29, de 9^ de lai^ sur 16"^ de long, n'était vraisemblablement qu'une sorte de portique ou hangar, qui englobait une pièce A, de 4"^ sur 5*30 de côté, offrant les traces d*un luxe relatif dans ce quartier d'ouvriers. Le seuil, formé d'une tablette de calcaire oolithique, surmontait une marche en grès fin et jaune, conservant les traces très reconnaissables d'une moulure, mais qui semblait provenir d'une autre construction, ainsi qu'une grosse brique de couverte d'hypocauste de 0*07 d'épaisseur, qui servait à la consolider. Le béton de Taire, composé de ttiileau cassé très menu, contenait de la chaux mélangée dans un amalgame de terre jaune ; le tout reposait, ainsi que les murs, sur une forte couche de cailloux lavés, de 0*20 d'épaisseur. Ces bétons recouvraient plusieurs creux funéraires, cachés au centre et aux angles. Le plus important, à 1*20 du seuil et à 0*60 du N.-O., renfermait un javelot et une jolie fibule en argent pur, un autre petit ornement en métal, des os dô cheval, un tesson arrondi, quatre gros clous.
une tige de for, des poteries» une moitié de moyen bronze fruste et Tépingle d'une seconde fibule en fer. Il avait 0"40 en tous sens. Un second dépôt de forme ronde, à Tangle N.-O. au dessous des fondations, renfermait des restes d'ossements carbonisés et deux médailles gauloises.
Le n^ 30, qui n'est à vrai dire qu'un autre appartement de la même maison, fournit trois médailles. Il était contigu à une autre petite chambre, C, longée par un couloir B, dans lequel on trouva quantité do charbon et plusieurs dents.
Au nord de cette habitation, dans un terrain vague de 25>A environ qui la sépare du n^ 33, doux gisements mortuaires, n^ 31, dont le plus considérable, 31 bh, renfermait quinze amphores, donnèrent deux médailles gauloises, une fibule, des verroteries. Un galet, des poteries, dont Tune portait l'estampille l. gelli, l'autre l. sbmpr, qu'on peut regarder comme n'étant pas postérieure au proconsulat d'Auguste.
Le n* 32, construction en bois, a été décrit précédemment à la suite du n^ 24, dont il est voisin. Celle qui porto le n® 33 est composée de deux corps de logis, chacun de deux pièces, séparés par une petite cour fermée au N.-O. par un mur en partie démoli. Elle est située au sud, au bas de la butte centrale du Ghamplain, dans une belle position qui avait vue sur les deux vallées do la Come-Chaudron et de l'Ecluse, et isolée des habitations industrielles qui longent la voie du Rebours. Aussi pour reprendre la suite régulière de notre relevé, est-il indispensable de revenir au sud en se rapprochant du bord de la vallée de l'Ecluse.
Les n~ 34 et 34 bis étaient l'un et l'autre bfttis en pierre et pourvus d'escaUers. Le premier, où on trouva à 1*60 de profondeur deux médailles gauloises, des ossements et un anneau de fer dont les extrémités se croisaient, était séparé du second par une bande de torrain remué qui aurait pu laisser supposer une construction détruite. Le n^ 34 bis, bien incomplet aussi, conservait la trace de démolitions do date inconnue.
Enfoui à 2°^ 10, il y restait deux compartiments dont les murs avaient encore, par places, jusqu'à 2™ de haut. On descendait dans la première pièce A, longue de 3>^0 sur 4^50, par un escalier de six marches en pierre de taille de 0"80 de long, au bas desquelles on foulait une aire formée d'un béton de tuileau concassé, pierraille et terre glaise comprimés, sur laquelle étaient fondées les magonneries, enduites encore de leur mortier de. glaise dépourvu de chaux. Une fibule de bronze, un grand clou de charpente i tète large, un vase en terre blanche i anses moulurées, étaient les seuls restes de son mobilier. L'autre compartiment B, à i» au dessous du niveau de la pièce adjacente, avait 6^50 de large et donnait deux médailles gauloises. De grands murs en mauvais état et interrompus par places, sans destination appréciable, se rencontraient aux alentours de ces habitations. On recueillit au pied de Tun deux la moitié d'un moyen bronze de la colonie de Nîmes, deux belles pierres à aiguiser, des débris d'amphores avec dents de chevaux, des poteries, deux énormes vases à panse Fronde et cols largement ouverts, un poids en fer, des os, à 2™ de profondeur.
Le terrain qui limitait la pièce 34 bis à l'est, bien qu'à l'état naturel, était recouvert d'une couche de pierraille comprimée de 0*08 d'épaisseur, offrant l'aspect d'une sorte de carrelage, mais pas de cloisons. L'espace qui conduit au n* 35 est aussi dépourvu de ruines ; cette nouvelle demeure est elle-même incomplète. La partie antérieure, la plus importante, qui n'a pas moins de 13°^ 10 de long sur 9»50, est fondée au sud sur , une assise en pierre de taille de 3°^40 de long sur O^^O d'épaisseur; une partie des autres murs qui avaient deux parements, ainsi que ceux qui restent, a disparu. Elle se rattache à une pièce oblongue^ AD, de 7<^90 sur 4"'80, dont le mur oriental, sans fondations, est fortement déversé à l'ouest. On recueillit, au dessous de sa base, des poteries, des clous, deux médailles gauloises, trois autres dans la maison, à 0°^30 au dessous de l'aire en pierraille et terre battue et épaisse de 0»60, trois à
Tangle N.-O. et quatre dans le déblai. Ce dernier recelait en outre de nombreux débris de poterie, une tige de bronze, des scories, un crochet et un poids en fer de 0''04 de hauteur, de nombreux débris d'amphores, une douzaine de fragments de meules. Un gros bloc de pierre brute creusé sur un point était encastré au niveau du carrelage à Tangle 8.-E. Cette construction rebfttie sur un terrain précédemment occupé, comme on Ta vu, appartenait à la dernière phase de Toppidum, attestée par l'emploi de tuileaux dans la maçonnerie, indice particulier de cette époque au Beuvray, et par la présence de poteries rouges et de débris de tablettes de revêtement en calcaire oolithique.
Il ne reste du n^ 36, ainsi qu'au premier compartiment du n^ 35, que deux murailles en pierre, soit que les deux autres aient été anéanties ou qu'elles aient été en pisé. Elles semblent englober le n® 38, petite maison carrée en bois et pisé, près du n^ 35, et qui a donné trois médailles gauloises, une serpette et deux coutelas en fer à manche fixe, dont Tun terminé par une attache de suspension, un petit anneau, un instrument courbe en bronze avec trou de suspension. Malgré Tindécision de ses limites, le n® 36, affecté au travail des métaux, renfermait un certain nombre d'objets : une médaille gauloise avec ossements, derrière le mur oriental, une boucle en for, deu:: dards de flèches, une boule en pierre, une fibule et un anneau en bronze brisé, un tesson rond, couvert de chevrons, des poteries de toute nature, parmi lesquelles une belle assiette noire. La pièce la plus intéressante était une épaisse feuille de plomb repliée en deux et portant de chaque côté des empreintes creuses avec quelques traces d'oxyde de cuivre, de même dimension que les têtes de clous-ornements, émaillés ou non, employés au harnachement des chevaux. On eût pu croire que ce plomb servait de matelas à l'estampage des tètes de clous de bronze. Dans une petite case isolée, 36 bis, de 2*60 sur 2*35 de côtés, avec des murs de 2™30 de haut, et qui semble une des dépendances du n* 36, on recueillit encore sur l'aire
en terre et pierre battue» des os et un anneau de bronze fait de deux fils tordus ensemble.
Une bande régulière de terre, de d*" de large, séparait le n* 37 du n^ 35 ; il comportait comme lui deux parties. La première et la plus petite, A, de 4*90 sur 4*60 de dimensions, avait des empâtements de 0*50 de hauteur et 0^8 d^épaisseur surmontés d'une maçonnerie de l", et une aire de terre glaise battue sur laquelle on recueillit une médaille gauloise et deux galets. En dépit de cette pénurie, ce point avait été le siège d'une industrie importante, car, au bord du compartiment adjacent, B, on découvrit un énorme monceau de débris de creusets de toute grosseur, vitrifiés et irisés par le feu. Ib avaient été jetés pêle-mêle dans un creux, au lieu même où le mur oriental disparait. Dans le même compartiment, on recueillit quatre médailles gauloises, des poteries noires et blanches et des débris de pierre calcaire destinés sans doute aux opérations de fusion. Tout près de la construction, à Touest, était creusé, à 1*50 de profondeur, un silo de 2"^ de diamètre dont Taire battue était de la plus grande dureté.
Les dernières maisons à décrire de cette région sont placées sous la pente du mamelon central du Champlain, à Técart et plus éloignées entre elles que les précédentes. Leur construction comme leur enfouissement n'annonçaient pas Taisance, mais plutôt ces demeures reléguées de la misère qui fuit les yeux et les voisinages. Elles étaient cependant bftties en pierre, mais un des murs du n* 39 et la façade du n^ 40 ont disparu. Le n* 39 a en œuvre 6* sur 4>^30, et le seuil, de 1^20 de long, est placé obliquement entre des murs qui avaient encore plus de 1"^ de haut. Sous Taire en terre battue et durcie par le feu, étaient enfouis les débris d'une amphore et ceux d'un petit vase strié, avec une fibule en bronze et une médaille gauloise; deux autres avaient été trouvées dans l'intérieur de la pièce avec un fer de cheval. Cette découverte, si elle eût pu être constatée sévèrement, eût offert un
certain intérêt; mais les pacages du Beuvray n'ayant jamais cessé d être |)arcourus par des chevaux en liberté, le glissement des terres dans une (ouille profonde rendait possible une erreur, bien que Tobjet^fût enfoui à près de 1". Une pièce plus certaine fut la découverte, entre la maison et le n® 38, à plus de 1"^ de profondeur, d'une belle hache de pierre polie de Ù^IO de long sur 0"06 de large à la courbure du taillant, et très bien aiguisée. *
Le n^ 40 termine la série des maisons en pierre, mais par un triste échantillon qui se rachète du moins par l'originalité. Il est à peu près carré, ayant en œuvre 6"^ de côté sur 6*^40. Sa façade au sud était sans doute en bois et n'a pas laissé de traces. Les murs du nord et du couchant consistent en un parement unique de gros moellon, adossé à la paroi pierreuse du sol naturel ; la cloison do Test est simplement taillée dans le roc vif qui fait parement. Laire charbonneuse en terre battue est à 1 "^80 au dessous du gazon ; il y a été trouvé une médaille gauloise, une substance jaune ressemblant au soufre et un galet blanc.
On ne saurait affirmer, malgré de nombreux sondages, qu'il ne se soit produit quelque omission dans Texploration de cette partie du Beuvray, d'une étendue relativement considérable par rapport au nombre restreint des habitations. Ces omissions, si elles existent, tiennent surtout à la nature souvent indécise de remplacement des maisons en pisé, dont les vestiges, lorsque la trace des poutres debout a disparu, diffèrent peu des terrains remués do vieille date. Mentionnons toutefois un n* 41 qui n a pas été porté au plan, mais dont Texistencc est acquise. Il était situé en seconde ligne derrière le n* 40 et reconnaissable à son airo brûlée, de 1^ de côté. Il renfermait une centaine de tessons, un col dé vase en terre blanche, orné d'une bordure de chevrons, des poteries noires variées, des clous restés des charpentes et un instrument en fer de la
i. Elle est au musée de SainUGeriDftm .
forme des flammes de vétérinaires, que quelques archéologues regardent comme un outil de potier, mais que nous nous abstenons de oaractériser. Plusieurs instruments semblables ont été trouvés dans d'autres maisons.
On voit» en consultant le plan de cette section du Beuvray, que Tespace occupé le long de la voie par la population ne représente qu'une portion minime de son étendue et qu*il reste une surface considérable comprise dans les retranchements, sans destination apparente à première vue. Sa configuration est celle d'un triangle naturel, d'environ 15 hectares, fortement renflé au centre, que des raisons d'agrandissement peut-être auraient fait adjoindre à Bibracte. Ces divisions, du reste, sont aussi naturelles dans les villes gauloises que dans les villes romaines et dans celles du moyen âge où elles étaient fréquentes. Les trois enclos de l'oppidum du Httr^Païen^ en Alsace, par exemple, offriraient quelque analogie. Le Champlain, au treizième siècle, eût été appelé la Ville basse de Bibracte, comme à Âutun la Ville basse de Marchattœ, par rapport à la Ville hctute enfermée dans les murs du castrum romain.
La simple bordure de maisons mentionnée plus haut ne suffit pas à expliquer la grande enceinte du Ghamplain. Les pentes gazonnées, trop raides pour recevoir des habitations, pouvaient, il est vrai, être abandonnées au bétail, à ces troupeaux de vaches dont la pré&ence des grands vases employés à la fabrication du fromage ont confirmé l'élevage dans cette région même, mais cette ressource eût été bien insuffisante pour un troupeau tant soit peu nombreux. Les surfaces les moins abruptes pouvaient aussi être, en temps de guerre, occupées par les retrayants des vallées voisines qui concouraient de toute nécessité à la défense, car il est évident que la population fixe ne pouvait se passer de ce renfort. Contrairement à la logique et aux lois de l'art militaire, d'après lesquelles les défenseurs d'une place ont intérêt à réduire Tenceinte de défense, celle de Bibracte présente un développement
démesuré eu égard à la constatation du nombre d'habitations jusqu'à oe jour. Ces deux explications, si légitimes qu'elles soient, chacune dans leur mesure, ne correspondent pas d'une manière absolue à la disposition des lieux.
La pointe occidentale du Ghamplain offre en effet des dispositions si particulières, des travaux d'une nature si inusitée dans les autres parties de l'oppidum qu'il y a nécessité de leur chercher une interprétation en rapport avec ce caractère. Son esplanade solitaire, circonscrite par des vallées profondes, laisse soupçonner que ce lieu, empreint d'une majesté sauvage, avait une destination en rapport avec son assiette. Bien qu'à un niveau inférieur de 56™ au plateau supérieur, la vue se perd au nord sur les plateaux de l'Âutunois et de la Bourgogne, au sud sur les pentes élevées de l'oppidum, à l'ouest sur les chaînes sévères des montagnes boisées du Morvan.
César, en parlant de la Gaule, mentionne dans les diverses cités de ce pays le locus consecraiits ^ le lieu consacré dans lequel on accumulait les objets dévoués aux dieux. Ces lieux étaient multipliés à l'infini dans la Gaule, non-seulement dans les oppidums, mais dans les campagnes les plus retirées.
Servius, quoique bien postérieur à César, mais qui définit l'oppidum d'après les données reçues de son temps, le désigne ainsi : « Un espace habité où l'on rencontre un lieu sacré, un lieu d'assemblée, une place et une enceinte fortifiée ^. » L'oppidum de Bibracte était de trop grand renom pour ne pas renfermer dans ses retranchements tous ces éléments constitutifs et, en première ligne, le lieu sacré destiné aux sacrifices, à la justice, aux offrandes, aux réunions des chefs qui, chez tous les peuples de l'antiquité, se tenaient toujours dans des espaces voués à la divinité.
Tel nous parait être, d'après sa configuration et les traditions, le caractère de la partie occidentale du Champlain, qui
i.DtbêU. GalL vi, 17.