‹ Fouilles exécutées à Thèbes dans l'année 1855Chapitre 7 sur 14 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

tité des offrandes qu’on devait faire à l’occasion de chaque fête. Le calendrier n’occupe pas toute la hauteur du mur, mais seulement une bande horizontale de 4"'-65 de hauteur, encadrée en haut et en bas par trois filets. Au-dessus, l’ornementation est analogue à celle de la partie supérieure du mur du nord. Cette disposition se continue pendant 83m.6o, partant du second pylône et se dirigeant vers l’extrémité du palais. A partir de l’endroit où l’encadrement cesse, jusqu’à l’extrémité de l’édifice, la muraille est occupée par une grande inscription en très-mauvais état et à peine déchiffrable.

Les inscriptions verticales étant de beaucoup les plus importantes , et n’ayant que peu de temps devant moi, ce furent les seules que je relevai, tout en regrettant de ne pouvoir faire mieux. Je commençai mes fouilles à l’angle du second pylône et de la muraille, la dégageant jusqu’au-dessous des trois filets, qui se continuent, comme je l’ai dit, pendant 83m.6o. Les têtes des inscriptions verticales se trouvaient alors à découvert, et il ne restait plus qu’à creuser pour chacune d’elles une sorte de puits aussi profond que l’inscription était longue. De cette manière je déblayai ou j’achevai de déblayer 29 lignes, dont je fis ensuite un moulage avec de la pâte de papier.

Cette muraille a été dégradée par les Coptes, qui ont même percé des portes en plusieurs endroits, et souvent les inscriptions verticales en ont souffert. Malheureusement nous ne possédons pas encore le tableau des fêtes de toute l’année ; nous 11’avons qu’une seule date de la tétraménie des eaux, celle du 26e jour du mois de Paschons. Les autres dates sont toutes comprises entre le ier de Thot et le 6 de Toby. Le texte du calendrier se trouve aux planches IV, V et VI; il se compose de 29 lignes. Les inscriptions commencent à 17 mètres environ de l’extrémité du palais et se dirigent vers le second pylône.

Voici les principaux faits contenus dans ce texte.

Lignes 1-9, nous trouvons d’abord un texte dédicatoire, malheureusement incomplet, se rapportant à certains dons faits par le roi pour la célébration des fêtes, dons auxquels l’inscription établit un droit en faveur des prêtres du temple.

Ramsès III , de retour de ses expéditions en Asie , venait sans doute d’achever et de consacrer le palais de Médinet-Habou (1). Les offrandes mentionnées aux lignes 1-9 semblent avoir été fondées par lui pour des fêtes instituées à l’occasion de ses victoires, fêtes qui devinrent celles de la localité. Le roi voulut en assurer la célébration , et changea en droit ce qui n’était d’abord qu’un simple effet de sa munificence, de sorte que le collège sacerdotal put, après sa mort, exiger de ses successeurs ce que lui avait donné librement. En un mot les lignes 1-9 constatent que Ramsès III fit une fondation pieuse pour la célébration des fêtes de Médinet-Habou.

Le chiffre de l’année de ce document a été effacé, mais une surcharge de la ligne 27 montre que le calendrier a été modifié à une époque postérieure. Dans la première gravure il a été possible de reconnaître une date de l’an XI du roi, ce qui permet d’établir une limite supérieure dans le règne de Ramsès III.

Lignes 10-1 1 , après cette inscription, on arrive immédiatement à la fête de l’intronisation du roi, célébrée le 26 Paschons. Elle est indiquée deux fois au même jour avec deux séries d’offrandes distinctes. Cette répétition peut s’expliquer, soit par la nature différente des offrandes dans les deux listes , soit par deux éditions du calendrier. Dans l’une des listes d’offrandes ; il est constaté que certains prêtres ont droit à une gratification à l’occasion de la fête de l’avénement du roi.

Cette date du 26 Paschons est la seule qui précède le Ier Thot, jour où le calendrier devrait commencer; mais on peut supposer que l’importance de P événement dont cette fête devait perpétuer le souvenir ait fait commettre cette irrégularité ; et comme la fin du calendrier nous manque encore, il est naturel de penser qu’elle doit contenir la tétraménie des eaux à sa place et dans son ordre régulier.

Ligne 12, le ier Thot, fête de l’apparition de Sothis.

Lignes i2-i3 le 17 et le 18 (2) de Thot, fête nommée Ouak (conf. aik dédicace), sur la nature de laquelle on est sans données certaines. On la voit souvent mentionnée dans les tombeaux des vieilles dynasties, et les défunts fondaient pour sa célébration des offrandes commémoratives dans leurs sépultures.

Ligne 1 3 , le 19 de Thot, fête de Thot, également mentionnée dans les tombeaux.

Ligne i4, le 22 de Thot, fête de la grande apparition d’Osiris, probablement la fête désignée dans les tombeaux sous le nom de grande apparition.

(1) Le palais de Médinet-Habou était en construction l’an V de Ramsès III , comme le constatent des stèles situées dans le grand spéos de Silsilis et dédiées par l’architecte chargé de l’érection du grand palais de Thèbes. Ce fonctionnaire est venu à Silsilis l’an V du roi , au mois de Paschons, afin de faire exploiter les carrières pour la construction de l’édifice qu’il était chargé d’élever. ( Champollion, lettre XI, p. 188.)

(2) Un nouvel examen de l’empreinte de la ligne 12, qui porte sur notre planche la date du 16, nous fait penser que cette date doit être plutôt celle du 17, bien que le monument soit très-fruste en cet endroit. Nous n’hésitons pas à restituer la date du 18 pour le second jour de la fête Ouak, au lieu de celle du 19, que porte le monument; car la date du 19 est attribuée plus bas à la fête de Thot. On verra plus loin d’autres fautes bien évidentes du graveur égyptien.

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