FOL'QUET A PIGNEROL
valier de Saint-Martin, nous prîmes des échelles et nous le descendîmes, étant un peu blessé aux reins, aux cuisses et au gras des jambes. Les briques de la voûte de sa chambre en tombant lui avait froissé ces parties... La Cour envoya des ordres pour mener M. Fouquet à La Pérouse fort près de là. Nous le menâmes à La Pérouse où il demeura jusqu'à ce que la citadelle de Pignerol fût rebâtie (i). » Quand la nouvelle arriva à Paris, ce fut une exclamation générale. Le ciel avait sauvé Fouquet miraculeusement.
Ainsi nous nous trompons ici tant que nous sommes Il était par cent maux criminel à nos yeux, Mais le coup fait bien voir que le Conseil des Dieux N'est pas toujours d'accord avec celui des hommes (2).
D'Ormesson se demanda s'il avait assez fait en opinant pour le bannissement (3). Et Ménage, inspiré par les amies fidèles, MH C de Scudéry et M me de Sévigné, supplia Louis XIV en vers latins de ne pas être plus sévère et plus inexorable que le ciel. « L'infortune est chose sacrée; la foudre déchaînée épargne l'infortuné. Il reste sain et sauf, ô Louis! A ton tour, Louis, image de la divinité, d'imiter le Dieu suprême et de pardonner à ce malheu reux (4)! » L'image de la divinité conserva ce sourcil froncé qui inspirait plus de crainte que d'espérances à M me de Sévigné. L'explosion avait eu pour Fouquet ce fâcheux résultat que, parmi les débris de meubles, 011 avait trouvé des billets écrits par lui, un livre, dont certaines pages exposées au feu, révélèrent des caractères à l'encre sympathique, et des papiers dans un dossier de chaise (5). Ce fut une nouvelle occasion de sévérité. « Le roi,