On les arrache, on ôte la graine, on les brise
3. Le pays de Hollande en lire grand profit, pour les réduire en fil et en toile; elles passent par bien des mains et des dents de
geignes; delà enfermées en diverses caisses et ballots sortent de ollande, vendues à divers marchands à Lyon, Pignerol.
4. Coupées et cousues en chemises, souffrent le taillant des ciseaux, la pointe des aiguilles, le battoir de la lessive.
5. Réduites en charpie, entassées en papier, j'ai écrit dessus cette épitaphe en forme d'énigme. »
H'QVET A PIGNEROI.
à charge par celle d'acquitter i 950000 livres de dettes privilégiées. Elle réservait ainsi l'avenir de ses enfants, mais au prix de quels sacrifices présents!
A Vaux, on vendit les meubles, les objets d'art. On fit
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(Bibliothèque Nationale. Eslninpos : Sinisons dit France.)
argent des conduites de plomb (1). Saint-Mandé resta aux créanciers. Cette liquidation était la preuve que Fouquet disait la vérité quand, dans dus défenses, il s'affirmait ruiné et pauvre. S'il eût connu le détail de ces règlements, il en eut sûrement été satisfait, mais rien ne perçait les épaisses murailles de Pignerol. Il ignorait tout de ce qui se passait à la Cour et, le 20 janvier 1673, il fut tout surpris quand Saint-Mars, qui avait des ordres pour ce faire, mit la conversation sur les inventions dont les gens d'esprit se servaient pour avoir de la finance. Soit que Fouquet comprît l'ouverture, soit qu'il éprouvât le besoin d'épancher ce qui
(I) Bonaffé. Le MurUtexitaat Fouqatt,
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était son rêve secret, il déclara s'occuper depuis longtemps d'examiner les services les plus considérables qu'on pourrait rendre au roi. Saint- Mars s'offrit à transmettre tout ce que Fouquet voudrait mander à la Cour. Il prendrait sur lui, de fournir au prisonnier du papier, dût-il même être blâmé pour cette initiative. Mais, Fouquet déclara n'accepter qu'une transmission directe. La proposition fut agréée. Fouquet rédigea deux mémoires. Saint- Mars enthousiasmé fît partir le premier par exprès et le second par la poste. Bientôt, les deux mémoires revinrent de Paris. Louvois prétendait n'y avoir trouvé que des compliments : il fallait rapporter à Fouquet ses écrits et les brûler devant lui (i). Puis, la vie recommença, monotone, coupée deux fois par an par des nouvelles des siens qui n'arrivaient au prisonnier qu'après une longue attente. M«> c Fouquet avait sollicité l'autorisation de s'enfermer avec son mari, à Pignerol. Sa requête fut repoussée pendant l'été de 1674. On se trouvait donc réduit à cette correspondance bisannuelle. Fouquet avait enseigné à lire à un de ses valets. Il mourut. L 'autre était malade d'humeur chagrine. « Ainsi, disait-il, n'y ayant que lui et moi à nous entretenir jour et nuit, juge:: comment je passe ma vie... Apprenez qu'il n'y a mal dans un corps humain dont je ne ressente quelque atteinte. Je ne me vois point quitte de l'un que Vautre ne succède et il est à croire qu'ils ne finiront qu'avec ma vie. Il me faudrait vin assez gros volume pour en décrire ici un détail; mais le principal est que mon estomac n'est point de concert avec mon foie; ce qui sert à l'un nuit à l'autre et de plus, vous savez que j'ai toujours les jambes enflées. J 'ai des sciatiques, des coliques, et, si vous me permette: de tout dire, des hémorroïdes très fâcheuses. J'ai fait cette année deux petites pierres et Dieu m'a fait la grâce de me donner relâche de cette importune et douloureuse sorte d'infirmité... A la fin, mes yeux sont réduits aux lunettes et mes dents minées. Le plus sûr est de quitter le
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(1) Archives Nationales, K, 120.