LA JEUNESSE DE FOL'QUET
même, qui, 29 ans plus tard, devait voter sa condamnation à mort. N'ayant alors que 21 ans, il avait dû pour la seconde fois obtenir des dispenses d'âge, puisqu'aux termes des lettres patentes d'Henri IV les maîtres de requêtes devaient avoir au moins 32 ans.
A l'Hôtel, Nicolas Fouquet travailla beaucoup. Mais comme il n'était en emploi que six m.ois de l'année, son père l'associa à ses occupations commerciales et maritimes. « Ce digne homme, dit un contemporain, conservait beaucoup d'illusions. Il voulait coloniser en évangélisant (i). » Son fils apprit beaucoup à ses côtés. « Tant que mon père a vécu, dit-il dans ses Défenses, tout le détail des embarquements et autres choses se sont faites par ses soins et se sont résolues en des assemblées qui se tenaient chez lui, auxquelles j'assistais comme l'un des intéressés (2). » C'est là, dans la bibliothèque paternelle, pleine de livres sérieux, embellie de nombreuses curiosités, gros globes célestes et terrestres montés, médailles antiques, que Nicolas Fouquet prit le goût des choses d'outre-mer. Il aidait aussi son père à soigner sa maison des champs, le petit domaine de Vaux dépendant de la paroisse de Maincy, qu'il avait acheté pour s'y reposer, sacrifiant au goût des Parisiens pour les propriétés rurales, si prononcé dès cette époque. En 1039, son frère François venait d'obtenir ses bulles d'évêque de Bayonne et fut sacré dans l'église du Grand-Jésus de la rue Saint-Antoine. L'année suivante, Nicolas se maria. Il avait procuré à son cousin Chalain l'acquisition de la charge de procureur général au Parlement de Metz. En retour, un autre Chalain, président au Parlement de Rennes, s'entremit pour lui faire épouser Louise, fille mineure et unique héritière de feu messire Mathieu Fourché, sieur de Quehillac, en son vivant conseiller à la Cour de Rennes (janvier i()4o). L'épousée était très
(1) Du Tertre. Ktablixsement des /•'rarirafs aux Antilles d'Amcrù/ite. I, p. 109.
(2) Défenses. III, p. 3VJ.