‹ Fouquet, surintendant général des finances; d'après les documents d'archives et les mémoiresChapitre 3 sur 15 · FOI'QI'ET · texte numérisé non relu

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bien apparentée, très bien dotée. Un historien de nos jours, qui était un homme de finances, a calculé que la fortune de Nicolas Fouquet et de sa femme, représentait alors environ 2 millions de nos jours (i).

A la mort de François Fouquet, il avait eu soin de prescrire testamentairement à son fils Nicolas d'avoir un soin très particulier d'assister sa mère dans la conduite de ses affaires et de servir de père à ses frères et sœurs dans la conduite de leurs personnes et de leurs biens. C'était en vérité un chef de famille bien jeune, que ce mailre de requêtes de 2 5 ans. Quatre des frères restaient encore à pourvoir et le plus jeune avait 3 ans. Puis, pour comble de disgrâce, Nicolas quittait à peine le deuil de son père qu'il inhumait sa jeune femme en Véglise de la Visitation. De leur union, qui n'avait guère duré qu'un an et demi, une petite fille était née, Marie, qui devait plus tard épouser Armand de Béthune-Charost.

Nicolas Fouquet, qui avait conservé toutes les parts de son père dans les diverses Compagnies de colonisation et les avaient ajoutées à celles qu'il avait acquises en propre, prit une situation prépondérante dans les conseils de la Compagnie et y mérita l'entière confiance de Richelieu. Kn 1 1)40, il obtint le privilège de la colonisation du Cap Nord à la Guyane et de celle de Madagascar. Mais la mort de Richelieu survenant arrêta net ce que l'on appelait l'illustre dessein des colonies (2^ La mort du roi Louis XI IL les troubles de la Régence, aboutirent comme l'on sait, au déchirement de la Fronde. Nicolas Fouquet se tint résolument du parti de Mazarin, s'associant dès la première minute à une politique qui n'était que la continuation et la transformation de celle de Richelieu.

Son empressement fut récompensé. D'une part, son frère François fut porté à l'évêché d'Agde qui valait 3(>(>(i() livres

(1) Jules Lair. Xicolas l'oiicqiicl. F, p. 74.

(2) Gabriel Marcel. Le amintendant Foiiijiiel vice-rut d'Am<Tifjut\ 5. - Défenses. M, 3.'.0. III, 357.

LA JFJNKSSE DK KOUQI ET 4:1

de rente et que le futur cardinal de Retz, coadjuteur de Paris, venait de refuser pour ne pas s'éloigner de la Cour; de l'autre, Nicolas lui-même, commissionné vers la fin de i(')42 intendant de police, justice et finances auprès de l'armée chargée de défendre la frontière septentrionale, se voyait tout d'un coup envoyé comme intendant dans la province de Dauphiné. En elle-même, la fonction ne rapportait que 12000 livres par an,' mais les revenant-bons de l'intendant lui permettaient de quadrupler le chiffre de ses appointements. Les traitants ne marchandaient jamais pour se concilier l'appui d'un si utile fonctionnaire. Loin de composer avec eux, Fouquet, qui trouvait les taxes excessives et odieusement arbitraires, prit le parti des contribuables. Une émeute ayant éclaté en son absence, comme il était allé assister à la prise de possession du siège épiscopal de son frère, les traitants essayèrent de se débarrasser d'un jbnctionnaire aussi peu souple et le chancelier Séguier, accueillant leur dénonciation, fit envoyer à Grenoble M. de Lauzières (i). C'était toucher aux privilèges de la Compagnie des Maîtres de requêtes que de nommer un intendant qui ne sortait pas du corps. A leurs réclamations, Mazarin ne répondit qu'en tergiversant. En dépit des protestations de la province, des lettres du Parlement de Dauphiné et de la Chambre des Comptes, Fouquet semblait sacrifié. Traversant Tournon en pleine émeute, il réussit à calmer les esprits, mais quelque habile qu'il eût été, Mazarin ne put se résoudre à le replacer dans des fonctions similaires et l'envoya en inspection à l'armée de Catalogne. Il ne fit qu'une apparition à Barcelone, s'employant à faire rendre justice aux maréchaux de camp Mérinville et La Trousse que le comte d'Harcourt avait fait incarcérer. Presque immédiatement, grâce à l'intervention de Mni<^ Fouquet la mère, très estimée par la reine Anne, Nicolas Fouquet était envoyé à l'armée que l'on rassemblait sur les frontières de Picardie. Il y fut employé pendant

^1) Tallemant des Réaux. Historiettes. VIII, p. 160-

toute l'année 1647 '^^ ^^ ^^ quitta que pour le poste d'intendant de la généralité de Paris, auquel Mazarin l'appela en avril 1648.

C'était le lancer à travers les luttes parlementaires de la première Fronde. Par ses origines, par sa qualité de fils d'un des serviteurs du roi, Fouquet n'était nullement indiqué pour se ranger parmi les Frondeurs. Il s'employa tout d'abord à donner à la Cour l'appui de cette portion du Parlement qui n'était pas engagée dans la Révolution. Évitant de se mêler ostensiblement aux événements auxquels sa charge ne l'obligeait pas d'avoir part, il employa ses loisirs à régler ses affaires d'intérêt et notamment à liquider les entreprises des seigneurs de la Compagnie des Iles qui périclitaient au milieu de ces querelles politiques. Depuis qu'il avait abandonné l'intendance, on lui avait donné le poste de^procureur général de la Chambre de Justice récemment créé. Là il se heurtait à fopposition du Parlement, qui refusa de l'agréer et en fait, d'ailleurs, la Chambre ne fonctionna pas. La Cour retirée à Rueil, Nicolas Fouquet se retrouva intendant de Paris malgré la suppression de l'emploi et sans nomination nouvelle. Il s'employa à rétablir la paix, se mettant en bons termes avec le prévôt des marchands et la municipalité de Paris et facilitant le ravitaillement de la ville. Ce fut alors qu'il eut l'occasion de rendre un nouveau service à ce Goulas, que son père, au temps de la toute-puissance de Richelieu, avait sauvé de la prison. Caché cher un baigneur de la rue Saint-Antoine, il s'agissait pour lui d'obtenir une autorisation de séjour. F'ouquet la lui fit accorder, mais, au cours de la conversation qu'il eut avec son parent, il s'exprima en termes assez rudes sur la politique de Gaston. L'année suivante, il accompagnait en Normandie l'armée que Mazarin employait à pourchasser les Frondeurs normands. Son frère Basile, qui lui avait succédé comme trésorier de Saint- Martin-de-Tours et qui s'était mêlé avec fougue aux querelles de la Fronde, si bien que le coadjuteur prétendait qu'il voulait le faire assassiner, fut employé dans le même

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