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fL r'f r-Tfi'''"^'"' ^'''^'"' '^'^^"^^'^^ simplement à Fouquet î état des sommes qu'il voulait toucher en argent comptant Dès lors, ce fut le rôle de surintendant Fouquet d étudier les voies et moyens de procurer à l'Eminence ce qu tl lui fallait, en demeurant maître absolu des remises et des gratifications qu'il faudrait accorder. Quand le surmtendant, par contre, voulut demander des ressources
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à des impôts nouveaux régulièrement établis, il se heurta à l'opposition du Parlement. Le chancelier Séguier, luimême, osa se plaindre de n'avoir connu les édita que le matin même, quand on les lui avait apportés à sceller, et pour obtenir l'enregistrement des édits, il ne fallut pas moins qu'une visite du roi en costume de chasse (i). Le lendemain, Mazarin capitulait. Fouquet retira une partie des édits, mais s'il eut moins d'argent, il eut davantage de plaintes du cardinal.
L'année suivante, les choses étaient telles qu'il fallut avoir recours à de nouvelles frappes de monnaie. Dans une première visite au Louvre, Pomponne de BelUèvre protesta contre les mesures adoptées et ne manqua pas de demander le rappel des exilés (2). Deux jours après, l'avocat général Bignon concluait à des remontrances itératives, recommandant d'imiter Jacob qui, « même blessé à la hanche, n'avait pas laissé de lutter avec Dieu ». Cette fois, Mazarin trouva que la résistance du Parlement passait la mesure. Le lendemain, Bignon et Talon. Bellièvre et les présidents furent mandés. Servien, qui suppléait le chancelier, leur déclara que s'ils persistaient dans leur attitude, le roi leur ferait éprouver son ressentiment d'une telle manière que la postérité aurait peine à le croire. A quoi, le jeune prince, qui était bien stylé, ajouta : « Messieurs, on vous l'a dit, faites-en votre profit. »
Il était plus facile à Servien de rudoyer les Parlementaires qu'à Nicolas Fouquet de remplir les coffres de l'Etat. Le cardinal aimait le luxe de la paix; il faisait la guerre et par ces deux larges fissures s'écoulaient toutes les ressources de l'Kpargne. Depuis longtemps, le trésor royal n'avait pas vu un million d'écus assemblés. Le papier seul
(1) C'est Ja fameuse visite raconlée pur Volluire [Le Siéc/e de Louis XIV, III, p. 25). Au <:oslume de chusse, Voltaire a ajouté le fouet à la main dont ne parle aucun contemporain.
(2) Maxarin fut fort mécontent de son allituilo. « C'est un homme plein de vanité », disait-il à Cosnac. i .Mémoires de Daniel de Cosnac I, 221).
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affluait et s'il se convertissait en or, cet or était absorbé d'avance par les fournisseurs des armées et de la Cour. Quant aux ressources nouvelles, il eût fallu plus de temps pour les créer qu'on n'en pouvait mettre à les attendre. Il fallait donc escompter sans cesse, non point les rentrées à venir de l'Etat qui n'inspiraient point confiance, mais la signature du surintendant et de ses amis. Entre deux crises financières seulement, on pouvait songer à examiner les projets d'impôts et étudier les moyens de tenter une opération nouvelle.
Au lendemain de la déroute de Valenciennes, Mazarin avait indiqué à Fouquet comme ressource possible l'augmentation du droit de marc d'or que payaient certains titulaires d'offices, lors de leur entrée en fonctions. Henri III avait fait de celui-ci une dotation de l'Ordre du Saint-Esprit. Il fut entendu que l'Ordre du Saint-Esprit n'avait rien à prétendre dans le produit des nouveaux droits. On les évaluait à la somme annuelle de 140000 livres. Capitalisées au denier i5, ces ^oooo livres eussent pu gager un emprunt de plus de 2 millions, mais il y avait beau temps que le roi ne trouvait plus prêteur au denier 1 5, d'où la nécessité, pour aboutir, d'accepter une série de contrats qui arriveraient à produire de l'argent comptant. Le premier passé devant Vautier, notaire de Servien, surintendant de l'Ordre du Saint-Esprit, adjugeait bien les droits du marc d'or à un sieur Duché pour 2 millions de livres, mais aussitôt Fouquet, Servien et Séguier se trouvaient en face d'une ordonnance de remise montant à (kSôood livres. C'étaient les frais de perception et autres que le roi accordait au traitant et qui réduisaient les 2 millions à 1 334000 livres. Ensuite, venait la réserve de 3oo mille livres au profit de l'ancien traitant, le sieur Boulain, dont on rachetait les droits. Il ne restait donc plus que 1034000 livres payables en 8 paiements égau.x et trimestriels, qu'une nouvelle convention transformait en paiements au comptant, moyennant un escompte arbitré à 134000 livres. Seulement, à la suite de toutes ces combi-
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naisons, alors que les possesseurs d'offices paieraient 2 000 000 le roi ne touchait que gooooo livres. Les touchaitil? Duché n'était adjudicataire que pour la forme. Et tous ces actes passés, il ne restait qu'à trouver l'argent. Fouquet parvenait à céder un quart du traité à de Nouveau, surintendant des postes, qui payait en billets royaux. Il cédait le cinquième du surplus à Mme du Plessis Bclliére contre looooo livres et le reste il le donnait en paiement à ses risques et périls à ses propres créanciers (i).
Toute opération de finance, en ce temps-là, se présentait sous un jour analogue. Le surintendant ne devait conclure aucun traité, bail ou prêt, sans avoir gagné au préalable le chef de la Compagnie de traitants soummissionnaire afin d'obtenir une forte enchère de la communauté. Or, on ne gagnait un traitant qu'en lui offrant d'opinies compensations. Ainsi, par exemple, on obtenait looooo écus, en acceptant pour la mise de fonds du chef de la Compagnie quelque vieux billet de 3oo()o livres (2]. De semblables prises en recette n'étaient en somme qu'une espèce de corruption, celle du traitant par le fonctionnaire et si dans le présent elles ouvraient la porte à tous les abus, elles ne faisaient en résultat qu'aggraver dans l'avenir les charges de l'Etat.
Dans les pamphlets de l'époque immédiatement antérieure, les abus avaient été mis en lumière sauf le plus criant : la prétention de Mazarin de faire employer, entre tous, ses banquiers et débiteurs Cantarini et (^enami, banqueroutiers avérés, soigneux de lui ménager un donatif dont il pouvait disposer sur-le-champ. Colbert, bien entendu, était mêlé à toutes ces opérations de Mazarin et certainement il ne s'y appauvrissait pas. D'autres y trouvaient leur compte également, comme le financier Delorme, Gourville, qui avait été le factotum de La Rochefoucauld, avant de travailler dans la finance, Hrisacier, (>hirol. (>ha-
(1) Jules Lair. .Mcolns l'otuijiiet. 1, p. 'lO.î.
(2) Pellisson. Œui'ies dU-erses, H, p. 37, 311.
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telain. Le contrôleur des finances Herwarth fourrageait dans les prêts et faisait la banque. Jeannin de Castille était invité à fournir des sommes sur la signature de Fouquet et l'on escomptait tout, même les pensions signées au profit de tiers par les fermiers des gabelles (i).
Quant au populaire, au milieu de tant d'exactions et de gaspillage, il avait le seul droit de payer. Cette pensée ne le réjouissait pas, et, maintenant que les Parlements étaient muselés, on voyait les gentilshommes des provinces se réunir et se concerter en pays chartrain, en Sologne, en Normandie. Mais, quand il s'agissait non plus de parler, mais de monter à cheval et de « brocher Bayard ><, comme on disait, personne ne donnait le signal et chacun restait chez soi. En Sologne et en Berry, les paysans, poussés à bout par les violences, les exactions et les pillages de la cavalerie lorraine et française, se mettaient en révolte ouverte, armés de haches et de gaffes ferrées. On pillait les greniers à sel; tout financier, maltôtier, collecteur d'impôts étaient assommés sans rémission. C'est que du grand au petit, les traitants attiraient sur eux la haine publique, autant par leur besogne de receveurs des tailles que par leurs dépenses, prodigieuses dans la nécessité publique. Fouquet se préoccupait d'apaiser cette insurrection. Il réclamait à Mazarin un régiment de cavalerie pour réprimer les sabotiers de Sologne et les bateliers de la Loire et empêcher leur exemple de devenir contagieux. Au nombre de 10 000, ils assiégeaient le bailli de Chartres dans Sully. Les mariniers de la Seine, déjà émus par le projet qui baissait la valeur des liards de trois à deux deniers, inquiétaient pour la sûreté de la capitale. Enfin, le iô juin, le
(1) En mars 1658, Fouquet (ut chargé par Mazarin de montrer à Châtelain, fermier des Gabelles, une promesse de pension de 120 000 livres. Le fermier la reconnut comme bonne : « II me fit connaître qu il entendait bien qui c'était» et comme il s'ag-issail simj)lement de Mazirin en personne, la Compagnie avança le second semestre de l'année 1658 et toute l'année 1059. Quelques heures après, Bernouin, valet de chambre et trésorier secret deMazarin, encaissait les fonds,
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surinlcndant reçut la nouvelle de la victoire des Dunes. Son premier mouvement fut d'expédier un courrier à Orléans et dans le Berry où la nouvelle de cette victoire devait contribuer, pensait-il, à mettre fin à la rébellion. Mais, quand il voulut écrire au cardinal, la chose lui fut' impossible. Il s'était tant surmené depuis quelques semaines que ses forces étaient épuisées. Une fièvre accompagnée de violents maux de tête le terrassa. Il se jugeait si malade qu'il ne pensa tout d'abord qu'à mettre ordre dans ses affaires en vue de la mort. Il se livra donc à un bre)' inventaire de ce qu'il possédait, de ce qui était du moins immédiatement réalisable, charges ou domaines. A quarante-trois ans, ayant débuté avec une fortune acquise après avoir servi le roi depuis son jeune âge, il put constater qu'il était ruiné (i). « S"il fut mort, écrivait quelques jours après à Mararin un de ses confidents, Bartet, il laissait sa maison et tous ses amis dans une pauvreté ridicule. Jamais il ne s'est vu une pareille consternation à celle de sa maison et de ses amis. Il a tenu une contenance d'honnête homme et témoigné, quand il y a eu du danger, que rien ne lui faisait peine que ses amis qu'il avait abîmés. » Hors d'étal de travailler, sans connaissance, entre la vie et la mort pendant plusieurs jours, Fouquet ne sut rien du désarroi des gens d'affaires. Le 21 juin au soir, après avoir été saigné au pied, il se trouva mieux et put dormir. A son réveil, sa première pensée fut de faire porter au trésorier de la Guerre quelque argent pour les étapes du cardinal, et l'abbé Fouquet, avec qui il était déjà en froid, étant venu le voir, il le chargea d'aviser Mazarin que, comme il ne saurait parler d'aucune affaire dans l'état où il était, cet argent avait été pris sur le produit de la vente de Belle-Assise qui appartenait à sa femme (2]. Il voulut travailler le 22, à la prépara-
(1) iJé/enses de Fouquel. Pailie inédite iclrouvôo par M. Luir. B. Nal. Mss. /■•'» 7622.
(2) Défenses de Fouquet. P.iitio im'dite lotronvt'o par M. I.air. B. Nat. Mss. /•'" 7622.