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tion de l'arrêt qui réduisait définitivement la valeur des liards à deux deniers. Ce dernier effort le brisa. Le lendemain, on le considérait comme perdu et il demeura dans une sorte de coma jusqu'au 28 juin. Mais alor.s ;me crise favorable se produisit et il se renxit rapidement.
A peine était-il guéri, que le roi tombait gravement malade à son tour, menaçant d'entraîner dans la tombe la puissance de Mazarin, car Monsieur était au.K mains de ses ennemis latents. Tandis que (\ilbert mettait en sûreté les papiers du cardinal et doublait les garnisons des places qui lui appartenaient, Fouquet convalescent protestait de son dévouement absolu. « Je ferai connaître, écrivait-il à VEminence, que le bien qu'elle m'a fait n'a pas trouvé un cœur tout à fait indigne de ses grâces ; je suis assuré que ce que j'ai d'alliés, parents et amis en useront de même; je crois que M. de Charost, qui tient mes sentiments, aura fait et fera son devoir. Je prie Dieu de tout mon cœur, qu'il détourne de la France, un mal si terrible (1). » Lui et Colbert agissaient à tout instant de concert et lorsqu'il apprit que le roi avait été sauvé par l'émétique, il mandait au cardinal ce bulletin très explicite. « Tout est calme dans Paris, mais, pour peu que les bonnes nouvelles du roi eussent tardé, ce calme n'eût pas duré longtemps. Dieu y a pourvu. Cependant, il faut que Votre Eminence sache que les troubles qui ont été partout, ont empêché les gens d'affaires de recevoir leur argent. Ma maladie a fait faire des réflexions d'une ruine certaine à la plupart qui sont dans de grands engagements et se croyaient perdus dans un changement. Celle du roi qui a suivi a fait le même effet, de sorte que chacun est encore sur ses gardes et plusieurs dans l'impuissance de rien avancer (2). »
En somme, pendant sa maladie, Fouquet avait encore fourni 400000 livres empruntées à La Bassinière et aux Monnerot. « C'était une chose peut-être un peu imprudente,
(1) Affaires Etrangères, France. Vol. 905.
(2) Affaires Etrangères, France. Vol. 905.
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disait-il, mais du moins, qui me satisfait à présent l'esprit et est conforme à mon honneur (i). » Il y avait bien, d'autre part, dans la balance qu'avait établie Nicolas Fouquet malade, quelques articles, sinon omis, du moins simplement notés pour ordre. Ainsi, Fouquet n'avait pas tenu compte de ce qui lui était dû par le roi pour ses appointements, et, d'autre part, il n'avait point inscrit les bénéfices, naturellement aléatoires, de ses entreprises d'outre-mer (2). La marine et les colonies étaient, cependant, choses qu'il avait fort à cœur. Dans ses Défenses, il alléguait plus tard que Mazarin approuvait ses idées et trouvait fort bien qu'il eût des vaisseaux. Il semble, cependant, que Fouquet se fût caché de Colbert. Celui-ci le faisait espionner par Colbert Du Terron. Dès lôSô, Fouquet avait fait construire à Concarneau, avec le président de Chalain, son parent, un navire de 800 tonneaux qu'il vendit plus tard au roi. Il avait acheté en Hollande 4 vaisseaux et 2 flûtes qui devaient composer la flottille de la Compagnie qu'il rêvait de créer avec M. de Feuquières, fils du célèbre diplomate, le conseiller à la Cour des Aides Clément, Arnaud d'Andilly et le sieur Chanut. En i658, M"i« d'Asserac et lui organisaient un grand commerce, qui aurait pour port d'attache l'ile d'Yeu. Du Terron. qu'avait préoccupé la garnison de 1 20 hommes qu'on avait levés aux environs d'Angers pour occuper ce port, traitait bientôt la chose en incident sans importance. « Les gens qui vivent dans l'abondance et qui ne connaissent point la mer, disait-il dédaigneusement, donnent aisément dans les nouveautés. Je suis fort trompé s'ils réussissent, au moins je vois que les plus puissants et les plus éclairés demeurent sans rien faire (3). »
En dépit de ces affirmations méprisantes, Macarin, que du Terron ne se serait pas permis de ne pas compter parmi les plus puissants et les plus éclairés, poussait à ce moment
(1) Affaires Ktrangères, France. Vol. 905.
(2) B. Nat. Mss. /«" 7622.
(3) Affaires Elrangi-res, France. Vol. 905.
O es-
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Fouquet dans une vaste et colossale entreprise, qui devait plus tard lui coûter cher. Belle-Isle, donnée par le roi Charles IX à la famille de Rets, passait à juste titre comme la meilleure rade que la France pouvait employer à servir de point de repère aux navires revenant d'Amérique. Le concours, que le cardinal- de Retz avait trouvé dans ce domaine de sa famille, au moment de son évasion du château de Nantes, avait fait désirer la réalisation d'un projet de rachat depuis longtemps préconisé par les États de Bretagne. La situation des finances royales ne permettant pas au roi de traiter directement avec la famille de Retr, que des créanciers impitoyables poursuivaient à boulets rouges, l'idée vint à Mazarin de mettre Fouquet en avant, pour éviter que le cardinal de Retz n'invoquât les droits de préemption qui résultaient pour lui du retrait Ugnager (i). Vu l'importance politique et maritime de Belle-Isle, il importait que terre, marquisat et port ne tombassent pas entre les mains de personnes suspectes. Fouquet reçut donc un ordre royal l'invitant de « traiter de ladite terre à l'e.xclusion de tous autres ». En suite duquel l'acte de vente fut signé le 3 septembre liV?^, moyennant un prix de i3ooooo livres : 900000 livres pour les créanciers du duc de Retz et 400000 livres pour le duc lui-même. Si peu de mois après le bilan déplorable que Fouquet avait fait communiquer par Bartet au cardinal Mazarin, une acquisition de cette importance eût été incompréhensible, s'il n'eût pas été sous-entendu que l'intention du roi était de reprendre Belle-Isle quand l'état des finances le permettrait. Fouquet se préoccupa donc de faire de son mieux face aux engagements qu'il contractait, comptant bien d'ailleurs qu'il obtiendrait tous les délais désirables, outre ceux auxquels obligeait l'exécution des formalités légales. D'ailleurs, pour ses grands projets de colonisation, il espérait tirer de Belle-Isle des avantages personnels de nature à contrebalancer ses sacrifices. Il comptait fermement sur la parole de Mazarin, bien
(Ij Fouqucl. De/iiises, V, p. .33(1, 3:18. X, p. :!l;i.
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qu'il sût par expérience combien il était difficile d'amener le cardinal, à s'engager d'abord, et, ensuite, à remplir ses engagements.
Il en avait à ce moment même un exemple. Il suppliait le cardinal de nommer un premier président au Parlement de Paris et patronnait chaudement un candidat au succès duquel il tenait particulièrement, (tétait Lamoignon, qui, maitre des requêtes au début de La !• ronde, avait joué un rôle très actif dans la résistance opposée par sa compagnie aux volontés de la Cour. Il est vrai que bientôt la tyrannie de la populace lui avait paru « plus insupportable que celle des plus cruels princes du monde » et qu'il était devenu l'un des plus chauds défenseurs de l'autorité dans le sein du Parlement. Lamoignon s'était alors lié très intimement avec Le Tellier, mais celui-ci, qui avait un candidat pour la première présidence, M. de Nesmond, s'était contenté de demander pour son ami une présidence à mortier. Fouquet au contraire, harcela Mararin. Celui-ci était évasif à son habitude. Si Lamoignon se présentait à lui, il l'arrêtait avant qu'il n'eût parlé. « Ne dites rien, je pense à vous plus que vous ne pensez. » Cependant, Lamoignon ne voyait rien venir. Le cardinal allait partir pour l'armée. Fouquet fit un dernier effort. Il emporta la victoire en flattant Mazarin de l'honneur qu'il y aurait pour lui d'avoir fait ce choix par le seul motif du bien public (i). Lamoignon, en effet, fut nommé sans que l'Eminence touchât de pot-de-vin. Les contemporains s'en étonnèrent et purent seulement se répéter, ce qui avait été le compliment final de Mazarin à Lamoignon. « Il y a assez longtemps, lui avait-il dit, que vous êtes dans le noviciat, il faut faire profession. On a fait de grandes offres, si le roi les eût voulu écoviter : on a offert encore depuis peu de jours 120 000 pistoles, mais quelque besoin qu'en ait le roi, il vaudrait mieux qu'il les donnât pour avoir un bon premier président que de les recevoir... je ne vous demanderai rien
(1) M""" de Molleville. Mémoires, IV, p. 117.
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contre la justice; nous travaillerons ensemble au soulagement du peuple. » Dès lors, Mazarin voulut avoir tout l'honneur de la nomination de Lamoignon. Le premier président seul savait à quoi il devait s'en tenir.
Mazarin absent était bien plus difficile à vivre que Mazarin en contact quotidien avec le surintendant. Durant son absence, il accueillait toutes les plaintes, et, comme cellesci n'avaient pas de réponse immédiate, son mécontentement avait le temps de fennenter. Le Tellier et Colbert ne risquaient contre Fouquet que des attaques discrètes, mais Basile Fouquet était devenu l'ennemi acharné du surintendant. Pendant le séjour à Lyon du cardinal Mazarin, à en croire Bussy Rabutin, il n'est propos et intrigue qu'il n'ait employés pour perdre son frère. Le surintendant ne s'abusait pas à son sujet. Retombé malade au mois de décembre, en proie au désir de la retraite et aussi au.x idées noires qui l'accompagnaient toujours, il se reprit à lire son fameux projet de défense. Il le revit, le corrigea, notant que maintenant que Basile avait été gagné contre lui, « il était plus à craindre qu'aucun autre ». Il se sentait donc bien seul, car, ni l'évèque d'Agde, ni l'archevêque de Narbonne ne pouvaient faire ce qu'aurait fait ce petit intrigant d'abbé. Et c'est alors, que pour se consoler de son isolement, il inscrivit dans ses notes le nom de Lamoignon. « Il m'a, disait-il, l'obligation tout entière du poste qu'il occupe, auquel il ne serait jamais parvenu, quelque mérite qu'il ait, si je ne lui en avais donné le dessein, si je ne l'avais cultivé et pris la conduite de tout avec des soins et des applications incroyables », et il ajoutait : « Je ne doute pas qu'il agisse comme je ferais pour un de mes amis en pareille occasion. » Mais, cette méchante humeur était bien vite chassée quand la santé revenait et quand Mazarin s'opposait à ses projets de retraite en termes si obligeants que le surintendant s'en trouvait attendri et désarmé.
Mazarin n'avait nulle envie de se passer des services du surintendant. Il lui était d'autant plus indispensable que Servien, malade, agonisant même depuis plusieurs mois, se
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bornait uniquement à donner des signatures. Enfin, Servien mourut le i<) février i<')39, un peu après le retour de la Cour à Paris. A plusieurs reprises, Mazarin s'était plaint à Fouquet de l'entrave qu'apportait aux affaires la collaboration nécessaire des deux surintendants. C'était donc une occasion pour lui de prendre une détermination définitive. Depuis longtemps, Fouquet avait sa promesse, mais que valait une promesse de l'Italien? Colberl poussait en avant Hervvarth . Fouquet, averti par ses agents des conciliabules que tenaient ses ennemis, se main- , • r. < ^ - j> a j
' ^ Louis rouquet, eveque a Agae.
tint sur la défen- Portrait de P. Lochon (1659).
sive. Il savait que (Bibliothèque Nationale. Estampes.)
le Cardinal avait
besoin d'argent. Il n'eut garde de prendre l'initiative de sortir de son rôle, tel qu'il avait été défini par le règlement du 23 décembre i(354. Quand on lui demanda des fonds, il joua l'ingénu. Que pouvait-il faire? Il n'avait pas le droit de signer seul, force était d'attendre que le règlement fut revisé. Mazarin ajourna d'abord toute décision au 17, puis au i8 février. Enfin, le lo, il fit part à Fouquet de la détermination qu'il avait prise. L'existence de deux surintendants était maintenue, mais c'était Ma-
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zarin qui serait le second surintendant. Hervvarth, qui assistait à la conversation et au travail en sa qualité de contrôleur, vit qu'il était joué. N'était-ce pas Colbert qui allait éplucher tous ses actes pour le compte de Mararin? Sous cette impression, il se trouvait peu disposé à ouvrir ses coffres pour de nouveaux prêts. N'était-il pas déjà en avance pour deux ou trois millions? Alors, c'est à la bourse de Fouquet que le Cardinal fait appel. Mais, celui-ci allègue les même raisons qu'Herwarlh. Il ajoute que les journées qui viennent de s'écouler ont fort ébranlé son crédit. Bref, il est dans l'impossibilité de donner un concours utile. « Mais, ajouta-t-il insidieusement, Son Eminence n'a-t-il pas dit mille fois qu'elle s'engagerait quand il serait temps? Ce temps est venu. Il n'est pas un financier qui ose refuser son concours au Cardinal, s'il s'oblige personnellement. » Six mois avant, Colbert, le 22 juin iô58, a établi le bilan très clair et très brillant de la fortune de son maître. C'est une pièce qui fait honneur à son talent de parfait comptable. La balance est lumineusement établie. Biens en France, biens en Italie, immeubles merveilleusement choisis, créances de premier choix, bénéfices, pensions, argent comptant, il y en a pour plus de 8 millions de livres rapportant près de dix pour cent par an (i]. Les dettes ne montent pas à la moitié du revenu annuel (2). Mais pour être si riche, le Cardinal n'en est que plus avare. Toucher à ses réserves d'argent, c'est les exposer à fondre. Faire appel au crédit, c'est un expédient plus dangereux encore, puisqu'un jour ou l'autre il faudra payer. Fouquet insiste. H rappelle que les besoins de l'Etat sont immédiats. Alors Mazarin lève la séance en disant à Herwarth : « On m"a fait faire ici un mauvais pas. » Et, le lendemain, il déclare à Fouquet qu'il renonce à être surintendant, qu'on l'avait surpris en l'embarquant dans des aventures inconnues, qu'il est bien préférable pour l'administration des finances de
(1) Cela représente 4U millions de nos jouj's.
(2) Clément. Lettres et Instructions de Colbert, I, p. 520-530.
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l'Etat que la besogne ne soit point partagée et que Fouquet, seul surintendant, servira mieux et le roi et le public (i).
Les secondes provisions de Fouquet sont publiées le •21 -février et à la chute du rideau, Fouquet, qui s'est réconcilié avec Colbert, impute, comme il est juste, au Trésor royal les frais de l'entente. Colbert reçoit quatre-vingt et quelques mille livres en bel et bon argent (2) et Fouquet remet à Mararin l'état de plus de cinq millions de livres qui lui sont dues par le roi et qu'il doit ù des prêteurs (3).
Il en sera du remboursement de cette dette comme des belles promesses du Cardinal. On en parlera longtemps sans en voir jamais l'effet. Par contre, toute l'année 1(09 se passe en escarmouches. Fn juillet, c'est Herwarth qui dénonce le surintendant « qui lui ôte la connaissance de tout » afin que « personne ne puisse voir clair dans les finances que lui et ses créatures ». En août, c'est Colbert qui insinue à Mazarin que « les finances ont bon besoin d'une Chambre de justice ». En septembre, c'est le même Colbert qui voudrait bien rogner les ongles à Monsieur le Procui-eur Général. Chemin faisant, Colbert égratigne le chancelier Séguier qui n'a pas assez d'activité, qui est faible, qui signe tout par envie d'avoir sa part. En octobre, Colbert démasque nettement ses batteries, dans un mémoire pour le Cardinal. « C'est une chose publique et connue de tout le monde, écrit-il, que le surintendant a fait de grands établissements non seulement pour lui, non seulement pour ses frères, non seulement pour tous ses parents et amis, non seulement pour tous les commis qui l'ont approché, mais encore pour toutes les personnes de qualité du royaume et autres qu'il a voulu s'acquérir, soit pour se conserver, soit pour s'agrandir : et beaucoup de personnes croient savoir que le seul Delorme a fait pour plus de quatre millions de livres en argent ou revenus de pareille
(1) Fouquet. Défenses, V, p. 85. Vif, p. 237.
(2) Jules Lair. Nicolas Foucquet, I, 479.
(3) Fouquet. Défenses, V, p. 152.
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valeur, Je gratifications, pendant dix-huit ou vingt nxois du temps qu'il a été commis du surintendant. » La conclusion, c'est le projet d'établissement d'une Chambre de Justice que présiderait M. de Nesmond et où Denis Talon serait Procureur Général. Seulement, il faut garder le projet secret : autrement Fouquet brûlerait ses papiers. Colbcrt est si persuadé que la place de surintendant est virtuellement vacante, que, sans poser sa candidature, il a grand soin d'établir son programme de réformes. Il est trop pratique pour conseiller actuellement un renvoi brutal du surintendant. Tout au contraire, il faut le caresser, l'obliger à s'engager personnellement. « S'il prétend avoir fait de grandes avances, il faut, par toute sorte de moyens et de caresses, l'obliger de différer son remboursement jusqu'au retour de Mazarin. Ce sera un moyen de retenir son esprit naturellement actif, inquiet et intrigant au cas que Son Eminence prenne la résolution de lui donner la mortification de prendre la seule et entière direction des finances. » Fouquet a-t-il eu vent du travail auquel se livrait Colbert? Le 28 septembre; il part à l'improviste pour Saint-Jean-dc-Luz par la route de Bordeau.v. Inquiet de ce départ inopiné, Colbert précipite la rédaction de son mémoire. Le rapport, copié par un de ses secrétaires qu'il tient sous clef pendant deux jours, part le 2 octobre, sous pli cacheté, pour Saint-Jean-de-Luz où le Cardinal est occupé du mariage espagnol. Mais Colbert a oublié que le surintendant est chef effectif des Postes.
Le lendemain de son arrivée à Bordeaux, Fouquet met sous les yeux de Gourville le grand projet de Colbert, et, comme il n'y a pas de temps à perdre, tous deux, de compagnie, transcrivent le document. Puis, la copie faite, l'envoi de Colbert suit sa route, et le i3 octobre au soir, en arrivant à Saint- Jean-de-Lur, Fouquet aperçoit, parmi les papiers que Mararin a sur son bureau, le fameux mémoire dont il a pris copie.
Au cours de cette première conversation avec le Cardinal, le surintendant se plaint surtout des propos tenus par