ENFANTS LIVRÉS AUX FLOTS
» Carrier vint souper chez moi le 14 frimaire. Sur les observations que je lui fis relativement à la précipitation avec laquelle il voulait expédier les détenus, il dit : Mais faut-il tant de preuves ? C'est bien plutôt fait de les jeter à Teau. Bientôt tu verras sans-culotter les femmes. Il voulait dire que les femmes ne tarderaient pas à figurer dans les noyades.
» A répoque du 5 frimaire, l'armée' Marat se vantait d'avoir les bras fatigués, épuisés d'avoir donné des coups de plats de sabre aux malheureux qu'elle avait été chargée de noyer.
» Le 26 frimaire, je fis observera Carrier qu'il y avait des enfants, qui, par leur âge, n'étaient pas sujets à l'exécution de la loi. Il n'en persista pas moins à vouloir guillotiner tout, sans exception.
» Le 29 frimaire, nouveaux ordres de Carrier de faire guil-
lotiner vingt-sept brigands, parmi lesquels se trouvaient des enfcmts de treize, quatorze et quinze ans, et sept jeunes femmes, dont la plus âgée n'avait que vingt-neuf ans. » On ne se contentait pas de noyer, de fusiller, on enter