DON ADRIANO DE ARMADO
Ainsi entends-tu le lion Néniêen rugissant.
sc. i.] LES PEINES PERDUES DE L’AMOUR 167
Contre toi , pauvre agneau , qui se tint de bout comme sa proie.
Soumis, tombe à ses pieds en V adorant,
Et au lieu de te manger, il jouerait avec toi :
Mais si tu luttes, qu'es-tu alors ?
Aliment pour sa rage et destiné à la mort.
Prin. Quel plumet de plumes est celui qui écrivit cette lettre ?
Avez-vous jamais vu de mieux? il ressemble à une girouette Boy et. Si je ne me trompe pas, je me rappelle de ce style.
Prin. Ou ta mémoire te trompe en ramassant le fil.
Boyet. Cet Armado est un Espagnol qui fréquente la cour :
Un fantôme, et un qui badine tout le jour Avec le Prince et ses camarades d’études.
Prin. Un mot avec toi, camarade :
Qui te donna cette lettre ?
Cost. Je te dis: Milord.
Prin. A qui la donnerais-tu ?
Cost. De Milord à Madame.
Prin. De quel Lord a quelle dame ?
Cost. De Milord Biron, mon bon maître,
A une dame de France qu’il nomma Rosaline.
Prin. Tu t’es trompé de sa lettre. Allons, milords, en avant. Voici, chérie, prends ceci; un jour elle t’appartiendra.
[. La Princesse et la suite sortent.
Boyet. Qui est l’amant ? Qui est l’amant ?
Ros. T’apprendrai-je à savoir ?
Boyet. Oui, mon contenant de beauté.
Ros. Eh bien donc, celle qui porte l’arc.
C’est bien dit !
Boyet. Madame tache à détruire les cornes, mais si tu te maries Tu puis me pendre, si cet an les cornes n’avortent pas.
Cela c’est bien dit !
Ros. Eh bien, je suis l’archer.
Boyet. Et qui est votre cerf?
Ros. Si nous choississons par les cornes, vous-même; n’approches pas.
i68 LES PEINES PERDUES DE L’AMOUR [acte iv. C’est bien dit, vraiment !
Mar. Vous voulez encore disputer avec elle, Boyet, et elle veux te frapper la tête.
Boyet. Mais elle-même est frappée plus bas : l’ai-je percée maintenant, pauvre bête !
jRos. Te raconterai-je une vieille maxime à propos de celui qui fut un homme quand le roi Pépin de France était un petit garçon en parlant de celui qui frappe ?
Boyet. Je puis te répondre en parlant d’une aussi vieille à propos de celle qui fut une femme quand la reine Guinevère de la Grande Bretagne était une petite fille en parlant de celui qui frappe !
Ros. [ Chantant .] Tu ne peux pas la frapper ! la frapper! la frapper
Tu ne peux pas la frapper , mon bon homme ,
Boyet. Si je ne le puis pas , le puis pas , le puis pas,
Un autre le fera pour une somme.
[Ros. et Kath. sortent.
Cost. Par ma foi, bien agréable : comme toutes les deux s’accommodaient bien !
Mar. C’était un coup bien déchargé : car tous les deux la frappaient.
Boyet. Une marque ! Oh, marque, que cette marque ! Une marque dit, Madame !
S’il se peut, que cette marque aille une piqûre pour la marque !
Mar. C’est loin de la vérité ! Vraiment, vous avez perdu la main.
Cost. Vraiment, il faut tirer de plus, ou il ne frapperait jamais la marque.
Boyet. Si j’ai perdu la main, alors peut être vous l’avez, vous êtes en train.
Cost. Elle est trop dure pour toi dans sa langue, Monsieur ; provoque-la à jouer à la boule.
Boyet. J’ai peur d’être trop frotté. Bon soir, mon bon hibou.
[Boyet et Maria sortent.
Cost. Par mon âme, un berger ! un paysan le plus simple !
Mon Dieu, mon Dieu, comme Mesdames et moi l’ont supprimé !
Oh, ma foi, de charmantes plaisanteries ! d’esprit vulgaire et superbe !
Quant il arrive si bien, si convenablement.
Armado d’un côté — Oh, comme il est délicat !
Le voir marcher devant une dame lui porter son éventail !
Le voir baiser sa main ! et je jurai comment il le fera doucement !
Avec son page de l’autre côté, cette poignée d’esprit !
Oh, ciel, combien pathétique que cela se fit !
Sola, sola !
[Des acclamations en dedans. Costard sort en courant.