‹ Four plays of ShakespeareChapitre 8 sur 69 · Scène V. — Le meme. Une Rue · texte numérisé non relu

Scène V. — Le meme. Une Rue

Speed et Launce entre?it.

Speed. Launce ! Par ma bonne foi, sois le bienvenu à Milan.

Laun. Ne te parjure pas, charmant jeune homme; car je ne suis pas bienvenu. Je considère cette chose vraie qu’un homme n’est jamais perdu jusqu’à ce qu’il est pendu, ni jamais bien venu à un endroit jusqu’à ce quelque chose défini a été payé, et l’hôtesse dit Sois le bienvenu.”

Speed. Venez donc, écervelé, j’irai avec toi bientôt au cabaret, où, pour le prix de cinq sous, tu auras cinq mille bien venus ; mais, coquin, comment ton maître s’est-il séparé de Madame Julie ?

Laun. Vraiment ! après ce qu’ils s’entendirent de bonne foi, ils se séparaient bien justement en plaisantant.

Speed. Mais Pépousera-t-elle ?

Laun. Non.

Speed. Comment donc ? L’ épousera-t-il ?

SC. v.] LES DEUX MESSIEURS DE VÉRONE

Laun. Non plus.

Speed. Quoi ? Se sont-ils dérangés ?

Laun. Non, ils sont tous deux aussi bien portants qu’un poisson.

Speed. Eh bien, donc, comment va leur affaire?

Laun. Vraiment, comme ceci ; quand tout va bien avec lui, tout va bien avec elle.

Speed. Quel âne tu es ! Je ne te comprends pas.

Laun. Que tu es sot, que tu ne puis pas me comprendre. Mon bâton me comprend.

Speed. Ce que tu dis.

Laun. Ah, et ce que je fais aussi.

Speed. Mais, vraiment, dites-moi, sera-ce un mariage?

Laun. Demandez à mon chien : s’il dit oui, cela se fera ; s’il dit non, cela se fera; s’il remue sa queue, et ne dit rien, cela se fera.

Speed. La conclusion est donc, alors que cela se fera.

Laun. Tu ne gagneras pas un tel secret de moi excepté par une allégorie.

Speed. C’est bien que je le gagne ainsi. Mais, Launce, comment dis-tu que mon maître est devenu un amant notable ?

Laun. Je ne l’ai jamais connu autrement.

Speed. Que comment ?

Laun. Q’un lourdeau notable comme tu viens de le dire.

Speed. Comment, toi âne libertin, tu ne m’as pas compris !

Laun. Quoi, sot, je ne voulais pas dire toi, je voulais dire ton maître.

Speed. Je vous ai dit que mon maître est devenu un amant passionné.

Laun . Eh bien, je te dis je ne me soucis pas s’il se consume par amour. Si tu veux, viens avec moi au cabaret; si tu n’es pas digne du nom d’un chrétien.

Speed. Pourquoi ?

Laun. Parce que tu n’as pas assez de charité d’aller boire De la bière avec un chrétien.

Veux-tu venir?

Speed. A ton service.

[Ils sortent.

30 LES DEUX MESSIEURS DE VÉRONE [acte ii.

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