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flodiaque a été fait contemporain des pretniè» res années de Fère chrétienne, Taurait au contraire porté à plus de deux mille ans avant cette ère, et Pépoque du zodiaque , selon Fourîer, eût été par là aussi certaine que l'existence de Newton, ou le règne de Louis XIY.
Biais sur cette donnée toute nouvdle, Fabsence d'un nom romain et de toute autre indication historique dans' Tinscription du zodiaque, recommencera-^'On Texamen astronomique du monu* ment ou des monuments du même ordre, aucun â*eux, comme il est prouvé aujourd'hui , ne portant de date spédale et certaine? Toute controverse sur un tel sujet intéressera toujours les annales des sciences ; elle ne sera donc pas oiseuse, €t j'en ai Pintîtne conviction, puisqu'elle s'agite aujourd'hui même entre deux excellents esprits, M. Biot et M. Letronne, devant Tacadémie des inscriptions et belles-lettres. Le premier défend avec persévérance son ancienne opinion sur l'expression astronomique dap]anis|Âière deDendérah, expression déduite de là projection qu'il reconnaît avoir présidé à la construction de ce taUeau- M. Letronne, au contraire, nie l'existenœ de la pensée même de cette projection : il déclare que les douze signes du zodiaque égyptien ont été empruntés à celui des Grecs; et dans le» autres figures, toutes de style égyptien , il yoit non des constellations, comme le pense M. Biot, mais
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bieu des personnages mythologiques, qui don* nent à l'enseiiible du planisphère le caractère d'une composition astronomique et religieuse tout à la fois, astrologique même en partie.
Une grande érudition , une habileté de discussion plus grande peut*étre encore, sont déployées dans cette savante controverse : les faits archéologiques me semblent devoir la dominer, même engendrer des doutes sur l'expression rigoureusement astronomique du planisphère; et comme Fastrologie n'est que l'abus de l'astronomie, il faut reconnaître que les Égyptiens ne purent abuser de cette science que s'ils en connaissaient les éléments et les applications les plus utiles. Dans quelle proportion l'astronomie pure entret«elle dans la composition du planisphère et des autres tableaux astronomiques égyptiens? La réponse précise à cette question est peut-être un des secrets des temps à venir, et l'on ne peut dire de quelle part viendra la lumière sur un sujet qui doit être, longtemps encore, celui de lÂen des incertitudes et d'infructueuses redier* ches.
Toutefois la haute antiquité de la civilisation égyptienne n'en peut rien craindre, n'en a rien à attendre. Les études astrpnomiques , et l'application de leurs principes les plus utiles aux usages et aux besoins de la société, lui sont aujourd'hui concédées pour une époque .sensiblement anté-
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rieure' à celle que Fourier ' avait indiquée. De»
monutiients du xxi** siècle avant Tère chrétienne portent des dates précises en jours , en mois et années, selon uncalendrier régulièrement institué. D'autres monuments, antérieurs encore, servent à démontrer que T institution de ce calendrier n'était pas récente à cette époque éloignée , qui est celle des rois de la xvii" dynastie égyptienne. Des manuscrits funéraires de temps antérieurs indiquent aussi des phases lunaires par des dates précises exprimées selon ce même calendrier. Les monuments subsistants ne laissent aucune lacune dans la succession des rois d'Égypte depuis Septime Sévère et Géta jusqu'à cette même xyii' dynastie égyptienne, et cette succession d'hommes, soumis à la condition d'homme, remplit un espace historique de deux mille trois cents ans.
Dans les ruines des édifices de la dix-huitième dynastie, on découvre, employés comme matériaux provenant de la destmction de plus anciens monuments publics , des sculptures où
se lisent les noms des rois des familles antérieures; et d'autres fragments isolés portent des noms de Pharaons de la xii' de ces races
royales, qui vécut plusieurs siècles plus tard encore.
Des manuscrits authentiques , en caractères
égyptiens, sauvés par ha^rd de la destruction
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des auciennes archives sacerdotales et retrouvés dans des tombeaux (i) , contiennent des listes de rois, dont les noms et la succession sont conformes aux notions que les monuments publics nous avaient déjà révélées avant la découverte de ces manuscrits. Ces mêmes manuscrits prouvent aussi que Manéthon , aujourd'hui reconnu pour le plus exact des annalistes anciens, avait réel« lement tiré des archives des temples les hstes royales que ses antagonistes lious ont heureusement conservées en les critiquant ; et les analogies de ces textes égyptiens avec leur traduction grecque par Manéthon , est un fait auquel les régies de la bonne et impartiale critique donnent une valeur tout historique.
Les pyramides de Memphis ont aussi fait leurs révélations : le secret de la sépulture des rois qu'elles renfermaient vient enfin d'être pénétré ; les restes de la momie, du cercueil en bois peint y et le sarcophage en basalte du souverain enfermé dans la troisième pyramide, ont été découverts et recueillis par de savants explorateurs : le nom du roi existe sur ces précieux monuments; il y est plusieurs fois répété; ce nom se lit Menkaré par Talphabet de mon frère :
(i) C'était l'usage parmi les peuples de l'Orient , et la Bihit' en lait loi, d'enfermer les écrits dans des vases de giès hermétiquement Ijoucliés. Lu plupart des manuscrits é^ypUcnfi pro~ ' vîeDiieut de pareils vases déposés dam les loiubeaux*
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et par Érathostène ce roi est nommé Meschérèsy et Manchérès par Manéthon (i).
Dans la grande pyramide un autre nom s*est trouvé plusieurs fois écrit sur les pierres d'une chambre jusqu'ici inaccessible : par le même alphabet ce nom pharaonique se lit Schoufou^ et les mêmes écrivains grecs, Manéthon et Erathostène, nomment ce roi Souphi et Saophis{pL).
Ce même nom se lit dans les inscriptions sculptées sur un rocher à Magara, où il est suivi des titres de roi de la Haute et de la Basse-Égypte; on le trouve sur quelques stèles transportées en £urope, dans le tombeau d'uu architecte au
(i) Od a une orthographe da nom de Metichérès qai est plus conforme à la prononciation de Manéthon, dans le grand Rituel hiéroglyphique de Turin, cl dans le papyrus hiératique et chronologi(jue qui existait autrefois au même musée. Ces deux manuscrits donnent la ligne droite ou ondulée N comme troisième signe; et à côté de ce nom dans le manuscrit hiératique transcrit en hiéroglyphes par mon frère , il en a écrit la lecture, Men' chérès. Le dernier signe, les bras levés, n*y est figuré qu'une fois. Dans d'autres cartouches du même nom , ce signe uni([ue est suivi des marques du pluriel : c'est comme s'il était figuré trois fois. C'est donc toujours le même nom de Menchéiès conforme, à la fois, à son orthographe selon Manéthon et à son expression Heliodolos selon Érasthotènes, Le troisième signe, la ligne, manque dans ce nom selon les dessins déjà publiés du cercueil en bois peint tiré delà S*^ pyramide, et transporté à Londres. 11 faudrait peut-être examiner encore l'inscription originale.
(a) Sur ces admirables découvertes dans les pyramides , voyez les notices publiées par MM. Birch et Vyse , en Angleterre, et les Éclaircissements, etc., par MM. Ch. Lenormanl et Lepsius. Paris, Leleu, 1839, iu-4'*.
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service du roî Soiiphi , et inhumé près de sa pyramide (1); enfin &nr un cachet nouveUem^t découTert.
Or ces deux rois, Souphi et Menchérès , appartieimenty selon le& listes de Mauéthon y k la quatrième dynaatie des rois primitifs deTÉgypte , et la supputation la plus modérée porte l'époque 4c leur régne à plus de quatre mille ans avant Tère chrétienne.
A cette époque donc TÉgypte élevait ses pyramides, merveilles de l'ancien et du nouveau
monde; ces pyramides sont exactement orientées ; elles renferment les témoignages irrécusables de Texistence d'une religion nationale, du gouvernement monarchique, des lois, des arts et de récriture , même alphabétique. Les opinions 46 Fourier demeurent donc fort à Paise dans cet intervalle, dont le point initial est si éloigné de notre temps : et si le destin a privé Fourier de la satisfaction de connaître les heureux résultats des recherches les plus récentes, proclamons-les comme un hommage à sa mémoire, à l'étendue, à la pénétration , à la supériorité de son esprit; car si le génie de l'antique Égypte ne lui a pas apparu dans tout Féclat de ses créations immortelles, ce génie du moins Ta bien heureusement inspiré.
Et si la voix de Fourier pouvait se &ire entendre de nos jours ; si , vivant quelque temps
(t) Note mamucrite de mon frère.
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encore y il avait enfin pris son. rang parmi les
promoteurs de renseignement public, n'en doutons point, il aurait hautement recommandé comme des sujets dignes des plus utiles méditations de la philosophie moderne, les débris mêmes de cette école féconde, où se forma la civilisation grecque mère de la nôtre, et qui mérite, dans le seul intérêt de ces mémorables origines , la place que le temps lui donnera , malgré les répuj^nances ou les incrédulités classiques, dans . l'étude rationnelle des arts et des annales de la pensée.
Dans un autre ouvrage, dont je dois aussi dire quelques mots , Fourier a réuni les principaux rudiments et les principaux résultats de ces belles études.