LÉGYPTI' ET LES CENT JOURS. II
qoes maeliiiies grossières ^ doot reflfet est très-médiocre, et qu'en assujettissant les anJmaax, ou plutôt Thomme lui-même,
à des fatigues excessives. Au milieu des troubles politiciues, les différentscautOQS D'étant pas soumisàune police commune, il arrive souvent que l*on dispose des eaux sans diseemement et sans droit ; on eu détourne le cours , on obstrue les canaux, on ouvre les digues. Ainsi les habitants ne savent point user des libéralités de la nature , et emploient toute leur industrie pour se les ravir mutuellement. On obvierait à ces désordres par une distribution plus régulière des eaux ; ce qui augmenterait à la fois l'étendue du territoire agricole et la fertilité des terres qui sont déjà productives. Il serait fiusile d'arroser les lemlns élevés, en felunt du travail des animaux une meilleure application , ou même sans employer ce travail ; on y parviendrait en dérivant les eaux supérieures, ou en se servant des forces mécaniques qui résultent des vents, ou du oourant même du fleuve.
Indépendamment du blé , du riz , des autres plantes céréa* les, et des fruits de toute espèce que TÉgypte produit en abondance, on retirerait des avantages encore plus grands de la culture de la caime à sucre , de celle du lin et de l'indigo. Ce pays fournirait à l'Europe le natron , qui s*y forme à la surface des lacs, des matières propres aux plus belles teintures, des substances médicinales et aromatiques d'un grand prix, les cafés et les parfums de l'Arabie, la poudre d'or, l'i voire, et tous les autres objets du commerce de l'Afrique. Les plantes vraiment indigènes sont en petit nombre ; mais cette terre féooode , dont la douce température varie par degrés depuis la mer Jusqu'aux limites de la Nubie, peut être considérée comme un vaste jardin , propre à recevoir et à conserver les plus riches productions de l'univers.
Telles sont les prérogatives naturelles de TÉgypte, qu'elles ont en quelque sorte résisté au concours de tant de dreonstanees nuisibles etàla longue influence d'une admini»-
ij8 l'êgyhtk et les ckkt jours.
tratioo vldeose. Oa y Jouit encore a^oord'hid des rieheiiei de Tagricultore, de l'industrie et dn compieree. LeKaireest,
à plusieurs égards, une ville opulente; elle compte plus de deux cent cinquante mille habitants et entretient des relatiuas multipliées avec T Arabie et tout l'intérieur de l'Afrique y aveela Turquie , la Perse, Tlnde el les prineipaox pays d'Europe. Les découvertes des Portugais ont diminué le commerce d'Alexandrie, mais elles ne l'ont point anéanti. Les oom» munications avec les Indes ont continué de subsister, soit par la navigation des mers orientales, soit par la voie de terre. Ainsi l'Egypte a conservé tous les éléments de son an* cienne grandeur ; et ces germes précieux d*une prospérilé nouvelle se développeraient subitement, sMIs étaient fécondés par le i^énie de TKuropeet les bienfaits d'un gouveroemeut sage et puissant.
Quant aux propriétés du climat , on ne pourrait les faire bien connaître que par une exposition détaillée, qui ne convient point à l'objet de ce discours : on se bornera à dire que la salubrité de ce pavs ne peut être révoquée en doute. Ce résultiit est confirmé par toute l'histoire de l'Égypte, par Texpérience décisive de l'armée française, et par i'état actuel de la population , qui comprend environ deux millions troiscent mille individus» répandus sur unesuperficie de dlx.< huit cents lieues carrées.
De toutes les entreprises auxquelles l'occupation de l'Egypte peut donner lieu , l'une des plus importantes consiste dans le projet de joindre par un canal de navigation le golfe Arabique à la Méditerranée; question depuis longtemps célèbre» qui, aujourd'hui, peut être pleinement résolue. Quel que soit , eu etïet , le niveau respectif des deux mers , et quelque juge- * meut que Ton doive porter des ouvrages qui ont été exécutés autrefois dans ce même dessein , les ingénieurs européens pourraient focUement établir et conserver cette communicationqui rapprocherait» pour ainsi dire, les contrées orientales