CHAPITRE PREMIER
Fourier. Son premier âge. Novice bénédictin. Élève de l’École normale. Professeur à l’École polytechnique.
Fourier, fils d’un artisan, naquit à Auxerre, le 21 mars 1768, et reçut au baptème les prénoms de Jean-Joseph; il était le dix-neuvième enfant d’une famille plus nombreuse.
C’est une chose constante qu’ilse donna, vers le milieu de sa vie, les prénoms de Jean-Baptiste- Joseph : son nom était précédé des trois lettres J. B. J. et dans ses signatures manuscrites et dans ses actes imprimés durant les premières années de son administration à Grenoble. Vers l’époque où il reçut le titre de baron, il supprima ces trois initiales, ainsi que le paraphe qu’il ajoutait à son nom : plus tard, dans les académies, il adopta le prénom de Joseph, qui fit partie de sa signature; il l’orna rarement du titre de ba-
ron, et il jouit à peine pendant deux mois de celui de comte, qui existe cependant au bas de quelques lettres ou de quelques actes, datés de Lyon et de l’année 1815.
On trouvera dans une élégante notice biographique composée par M. Mauger, l’un des plus honorables compatriotes et des meilleurs amis de Fourier, l’histoire de son enfance, de ses premières études et de ses premiers succès (1). Du . “collége communal de sa ville natale, Fourier, orphelin dès l’âge de neuf ans, passa au collége de Montaigu à Paris, de là chez les bénédictins d'Auxerre, dont il prit l’habit, à l’école normale de 1795, à l’école polytechnique, et en Égypte. C’est là que nous pouvons le suivre detrès-près, ayant pour guides le témoignage de quelques documents encore nouveaux pour l’histoire, et les souvenirs qu’il nous a confiés.