‹ Fourier et son systèmeChapitre 7 sur 10 · ADMINISTRATION UNITAIRE · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION UNITAIRE

ne pas mettre en tète de ses travaux le plus capable de les diriger.

Toutefois la hiérarchie des groupes et des séries n'est que momentanée ; les plus habiles sont chefs dans tel groupe, telle série, pour le moment où ils fonctionnent ; le moment qui suit , ils peuvent , dans d'autres groupes et d'autres séries , se trouver inférieurs à ceux mêmes qu'ils commandaient le moment d'auparavant. On comprend que ce pouvoir passager, limité aux fonctions où il s'exerce, basé sur l'élection, ce pouvoir qui passe de main en main en même temps que les travaux varient et alternent, n'a rien de contraire au principe de liberté. La hiérarchie dans les groupes est un gage d'ordre pendant la durée des travaux, en même temps qu'elle facilite la répartition au talent, chaque chef de groupe étant déclaré le plus habile , et avoir, par conséquent, droit à cette part de lot.

Toute l'administration intérieure de la phalange est basée sur le même mode d'élection. La régence même qui l'administre n'est autre qu'une série formée de groupes chargés de l'ordre, de la surveillance, de la gestion, des

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relations extérieures, etc., qui varient leurs fonctions par d'autres travaux, recrutent habituellement leurs rangs, élisent leurs chefs et ne les maintiennent qu'autant qu'ils fonctionnent avec l'approbation de la phalange entière. De la sorte , dans l'administration même des intérêts généraux de la phalange, chacun n'a pouvoir que dans la spécialité où il est le plus capable ; chacun est dépendant du groupe et de la série où il s'enrôle. En résumé, la régence ne forme nullement une charge distincte; la phalange s'administre par groupes et séries dont chaque membre est enrôlé dans une trentaine de groupes et séries, où il se trouve tour à tour inférieur et supérieur , selon sa capacité.

Il y a élection partielle pour les intérêts de chaque groupe , de chaque série , de chaque phalange , de chaque province , de chaque royaume. Il y a élection générale entre les divers groupes dépendant d'une série , les diverses séries formant la phalange, les diverses phalanges formant les provinces , les diverses provinces formant le royaume , les divers royaumes formant la population unitaire du globe. Toutefois, qu'on

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remarque que les dénominations de provinces, royaumes sont purement fictives et ne représentent qu'un nombre de phalanges , qui va toujours s'agrandissant jusqu'au congrès sphérique , où les phalanges du globe sont représentées. Il y a administration , il y a centre , car l'unité suppose un centre , et dans le firmament même le soleil est le centre d'où la chaleur et la lumière se répandent à flots sur la nature entière. Il y a hiérarchie de nombres , à partir de l'individu attaché à la parcelle du travail , représentant dans le sous-groupe la parcelle de l'unité sociale , et se rattachant à cette unité pour n'en former qu'un tout par les nombres successifs du groupe , de la série , de la phalange , de la province , du royaume , etc. Mais province , royaume , et toute autre division qu'on emploie , ne signifient jamais que nombre de phalanges. Il n'y aura que des phalanges sur le globe , et la capitale même du globe , située , selon Fourier , à l'emplacement de Constantinople , formera une série de phalanges. Chaque commune doit être représentée au congrès unitaire délibérant sur les affaires du globe. Mais , comme trois ou quatre millions

de communes couvrant la surface de la terre , lorsqu'elle sera peuplée au grand complet , ne peuvent avoir leurs représentants réunis , elles se divisent et se groupent en certain nombre , pour envoyer au congrès unitaire , par voie d'élection générale , un représentant par province , royaume , etc. , etc.

En même temps que les dénominations de provinces , comtés , duchés , royaumes , sont conservées , comprenant à peu près la même étendue de territoire que dans l'état actuel, tous les titres , tous les trônes sont également conservés , avec les revenus qui y sont attachés , doublés et triplés par l'accroissement de la fortune publique. Nul n'est lésé dans le système de Fourier ; les riches , les puissants , les rois de la terre , loin de supporter aucun préjudice , aucun dommage, verront s'accroître leurs richesses, leur puissance , leurs jouissances. Les riches, à l'abri des bouleversements , jouiront en paix de leurs revenus , sans craindre , comme aujourd'hui , que le peuple affamé vienne leur demander de quel droit ils jouissent au détriment des misérables. Les rois à l'abri des révolutions, bénis de leurs peuples , tireront le double

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