VIII
Eclonon des pocatiam.
■ Pour devenir on homme exoeUent eo quelque profeiriôn que ce loil , il fiint l'exereer dès l'eafance dans ttvat ce qdi peut y avoir «pport ; il ' faut que celui qui vent être an jour lion labonrenr du* bon architecte, l'amuM dèa lee premiers ans . celui-ci à bAtir de petito chAteanx , . celui-là i remuer la terré; que le maître qui les élève , fournisse à l'un et à l'autre de petits • outila.
Platon. Lm lois /liv. !•'.
' Les vocations fanseèes sont non -seulement nn malheur individuel , mais encore une perte dont la gënèratité souffre. -—^ Les forces latentes qne Dien a déposées duis la société, et qne l'on paralyse en paralysant «les vocaticms, sont immenses; et le jH>ogrés se produirait sans effort, si Ces forces eUes-mlmes powaienft se produire.
Hipp. ni u MoftTonii&is.
Voici le moment où Fenfant qui marche, déjà seul , éprouve le besoin cTexerder ses forces et ses facultés naissantes. Ce besoin de mouvement et d'activité , qui fait aujourd'hui le tourment des parents, va être pour nous le signai de Pinitiation de Tenfant à de petits emplois qui , en même temps qu'ils feront son bonheur ^ vont préparer un fonctionnaire utile, un travailleur adroit pour la Phalange.
On le promène donc dfins les ateliers où il verra d'autrès enfants, ses aînés, occupés déjà de petits détails d'industrie; il voudra se mêler à eux, manier les petits outils dont ils se servent , et qui fei:ont sur lui , s'ils correspondent à quelqu'une de ses jroeations, le même effet que produisit sur. Achille Taspect des armes étalées par Ulysse. Pourquoi nos savants admirateurs de l'antiquité ne se sontils pas encore avisés de mettre en œuvre le procédé du
«ro JËCûNDe PARTIE.
plus sage des Grecs pour faire éclore et discerner les rocations? Ne leur en faisons p^s f|u surplus un. trop grand reproche, car la Société, organisée comme elle Test, ne saurait, dans les neuf dixièmes des cas, tirer aucun parti des vocations, lors même qu^elles seraient parfûtement connues. Cep^Q^^Pt, co^nip^ 1^ jfaH observer Pascal, a la chose la plus importante à la vie, c^est le choix d'un métier; I^ hasard ^^ dispose, I^a coutume fait les maçons, les soldats, les couvreurs. »
Pouî* revenir ^ potre^çpf^at dq Phalanstère, il n'aura plus de repos qu'il n'ait été admis au groupe des petits camarades qu'il a vus à Fœuvre : mais ceux-ci le repousseront s'il n^à appris à se rendre utile sur quelque nuance de
leur ïpepu tHVftU* Ç.^ ^^ POnt p^s eux qui auront la patience de lui donner ee premî^F enseignement. Qui donc s'en çhs^fgpx^'f I9 pefsoqne qui accompagnait l'enfant dans sa course exploratriea à travers les ateliers; et ce sera presque toujours une personne âgée, un patriarche, comme dit Fourier, car chacun sait l'affinité qui existe entre les deux âges extrêmes de la vie.
La nécessité de Téducatlûn établit un lien précieux entre la génération qui vient d'entrer dans la vie et celle qui va en sortir. Le vieillard n*a plqs la forée nécessaire pour participer activement aux travaux des Groupes et des Sériés ; m^is il possède des qualités qui le* rendent éminemment propre à initier l'enfant aux premiers exercices d'une fonction industrielle. Par goût autant que par aptitude, le vieillard est porté à ee rôle. G*est une consolation pour lui, lorsqu'il ne peut plus donner son concours actif, de sentir qu'il est encore'utile à l'Association en lui préparant, en lui formant des travailleurs, en transmettant à des continuateurs aimés ks fruits de sa longue expérience. Par là aussi les droits du vieillard à Taffection , an respect de la jeunesse se trouvent assurés mieux que par aucune prescription législative.
THÉORIE SOCIÉTAIRE. tri
Mais pour spéculer comme il le fait sur les dispositions des enfanls, Pourier les avalUil bien observés? On en jugera par le tableau des gpûts qu'il cite comme dominants €bez eux. Ces goftts sont :
1° Le FURETAGE OU penchant h tout manier, tout visiter, tout parcourir,;
â** Le fracas industriel, goftt pour les travaux bruyants; 3° La singerie ou manie imitative; 4/* La miniature industrielle , ^oftt des petits ateliers ; 5' L*ENTRAtNEMEXT PROGRESSIF du faible au fort.
¥oil4 donc \e9 principaux mQbil94l aui^quels il faut qu'on s'adresse pour altir^r V^nfant aus; fonctions de Tindustri^, Fourier trac^ un tobl^n non moins frappant des moyens .par lesquels U^ geront mk an Jeu, ou de qe qu'il nomme les ressorts d*éclosion di^s yo^atipus ; t^Is 9pnt entre autrfs. le c\mvm& de.p0tits ontHs, pn dimeniiions gra- (luées pQur le? divm âgç3, et de petits ateliers; les gim* })Iette^ Ijarmonîques -ou application, de tout Tattirçil des ^iniblett^s aetn^Ile^, .çli^riots, poupées, etc., h des emplois d'apprentissage qu 4e coopération en industrie ; Tapp^t des ornements gradués, des panaches et autres signes d'honneur; les privilèges de parade et de msiniement d'outils \ ripfluençe de Tespiît de corps^ et de l'exemple des pnfants d'un âge un peu supérieur ( entratoennent ascendant); la gaieté des réunions enfantines, soit an travail où elles s'exaltent par des hynines, où le charme des manœuvres imitaires lent fait oublier 1^ fatigua, ^oit 4 table où elles sont servies eh mets adaptéii a\ix gQ.ûts ^es entants,
qui oftt en HamiQnie me cuisine gpéci^le ; la gaUronomie sérifiirê^ quisiimqle les cultures par 1^ gonrmandise et lie
* Lft gMironoi^M P« >er« losalile qa'4 fleui conilHipu* : }« lovtqu^eUpscrt appliqué* dir0ftemfnt aqx foiictiouf productives, enqrçriie, fériée avec le (rar vail de enlture et prêparattoa , entrakiant le gastronome à cultiver et cuisiner ; a* l«raqii'«ll« •oo«pârem ao bitai^éUe <e la multitwd^ ouvrière, qu'allé fera participer le peuple à ces raffinements de boune chère que la civilisation résçrye BOX oisifs. (Fourier , Traité de l'Association doftiest.-agr.)
tout le mécanisme indqstriel ; Torgneil enfin d'avoir finit quelque rien que reniant croit de haute importance, etc.
De ces ressorts divers, le plus puissant est celui que Fourier désigne sous le nom ierUrainement ascendant^ ou penchant de tout enfant à imiter, à suivre ceui^ qui sont déjà un peu plus grands que lui. C'est à ces derniers que Tenfant veut toujours se m^er ; il se fait un point d'honneur d'être admis dans leurs jeiix. A 3 ans, il révère l'enfant de 4 ans et le choisit pour guide ; à 8 ans, celui de 10 ; à 12 ans , celui de 15. C'est ainsi que notre jeune Thémistocle trouve toujours devant lui quelque Miltiade dont les lauriers l'empêcheront de dormir. La puissance de cet entraînement redouble si l'enfant voit ses idnés -organisés en compagnies hiérarchiques , qui ont leur place dans les rangs actifs de la Phalange et y jouissent déjA d'une considération méritée.
Cette tendance de l'enfant à l'imitation de l'Age supérieur n'a guère que des conséquences pernicieuses aujourd'hui ; les enfants , qu'on ne sait employer suivant leurs goû.ts et instincts ,. s'entrirînent mutuellement au mal ; il y a de leur part une sorte de conspiration permanente contre l'œuvre des grandes personnes, de qui ils ne sont habitués qu'à recevoir. ou des rebuffades ou des flatteries sans vérité. Le père pèche naturellement dans le dernier sens ; aussi n'est-il rien moins que propre à élever son fils , et pour triple motif, suivant Fourier :
a Le père cherche à communiquer ses goûts A F enfant, A étonfTer l'essor des vocations naturelles presque toujours différentes de père A enfant
» Le père incline A flatter et louer A l'excès le peu de bien que fera l'enfant, il excusera toutes ses maladresses; il entrave donc tous les progi^ que doit opérer une critique juste et sontencie, si elle est goûtée de l'enfant, et celle-ci ne peut venir que de collaborateurs un peu plus exercés. »
THÉORIE SOCIÉTAIRE. t73
Tout préoccapé enfin du besoin de la fortune dans une Société comme la nôtre, où l'argent est tout et Thomme presque rien, le père ne songera le plus souvent à faire germer cbes son fils que des vues de cupidité.
Il y a cependant, comme nous Pavons dit, auprès de Tenfant qui débute des adultes chargés spécialement de diriger ses premiers pas, de. le mettre en contact avec tout ce qui peut donner Féveil à ses vocations. Quel que soit le genre d'industrie vers lequel Télève se sent porté d'abord, on se garde bien de combattre son goût : il n'en est point de si vulgaire, en effet, qui, grâce au lien existant dans la Phalange entre toutes les industries, puis entre les industries et les sciences, il n'en est pas .qui ne puisse servir de point de départ et d*acheminement vers une éducation industrielle et scientifique aussi complète que les facultés du sujet la comportent. L'enfant aura voulu débuter par quelque branche du travail culinaire, ou dans un atelier de cordonnerie, je suppose; ne craignez pas que l'Harmonie ne fasse de lui qu'un Laridon ou un saint €répin : le voilà par cela même sur la voie de la chimie , de l'histoire naturelle, de l'agronomie^ de l'horticulture; et s'il y a chez lui l'étoffe d'un Lavoisier, d'un Laurent de Jussieu ou d'un Mathieu de Dombasle, aucun moyen ne lui nianquera ^'accomplir sa noble et utile destinée. C'est du conscrit de nos Phalanges qu'on pourra dire en toute vérité qu'il porte son bâton de maréchal dans h poche du premier tablier de travail qu'il revêt. De ce moment, il appartient à un grand corps dans lequel la route est ouverte à tous les genres de distinction. Dès lors aussi c'est le suffrage de ses compagnons de travail et d'étude qui lui confère ses grades fonctionnels, qui le désigne, s'il y a lieu, pour des récompenses honorifiques. Et ce mode d^avancement par le choix des pairs et coïntéressés ne laisse guère accès aox passe-droits et à la faveur. « On peut regarder, disait un prélat à la distribution des prix de son petit séminaire
en pe«i regwtiw oonsBie iiifûlUble le jug^mMl ||oiié par une iiéunloa d'^obnlfi pkrèÛBns ssl piir« s«ir le» qii«lîl^ «t liM idé&uts da leurs égani^, 6ur la JMS^ice oii Les er^evr^ de leurs maître, j» i)'4N& JM^t doue f{m i diw la j^N^^ar^ des ioMiltttipm , iMi ne «e«^e ^ (iir^ «uumia farU 4e cet esprit de jusiice, si remarquable dans le JMioe Age, iBi ^«e Fourier n'a, garde, lui, de laisser sans WBfJ<r»? U eu fak La pias grkÙBjix re»mH d'iédnulatioa et d'hoaaeMr pour Les corporAtio^s anfaatiJies qui sont juges d'âUes-oiâaïaSi juges de leurs propres memi)res comsoB les autres corporations , avant d^étre ^ quani à leur^^ leuvres M à* laurs produits, soumises à Tapprécialioa de la maase ou des au-» torités eompétentes.
L'entretien de Fenfant est aux frais de la sodéié jus* qu*au noomeni ou il conojaBaoce à intervanir aotivament eâ d'ua^ manière lucrative dans les travaux, at, grâce au soin qui aura été pris d'e&er/cer ses facultés nai^antes, ce sera dès Tâge de 4 pu 5 ans. Pour ses progrès ultérieurs, Tenfant n'aura guère désormais qu'à suivre le courant wi milieu duquel il est lancé. A chaque pas daasia carnère, il y a des stimulants et des épreuves pour le tenir constamment en haleine. Ainsi Ton ne passe de chacune des six tribus de Tenfance à la tribu suivante qu'après avoir fait preuve de capaci^ et avoir produit des états de service qui justifient cette promotion. Jusqu'à 9 ans, les épreuves roulent sur le matériel plus que sûr le spirituel ; au delà de 9 ans, c'est rinverse.
Nulle distinetioà des sexes dans la basse enfance , afia que les gojkts natures se développent en plus entière liberté, et que la différence de costume ne soit pas un obftade à ce qu'une petite fille prenne parti dans une industrie masculine si elle y est portée, et réciproquement pi^ir un petit garçon. Cette disposition existe, en efCpt, ches eertainf sujets de Tun et de Tautre sexe, à empiéter sur les attributions industrielles du sexe opposé : disposition beurease
en ee qae, entremêlaat dans toute foneCioif oiie fn^for-iîoû' variable d'hofnmes et. de femmes ,• elle y fait aattref une èiile rivaHté eptre les detrx sexes.