IX
Moyenne et haute enfance.
Les jeanes trâius de moyenne et haute enrfiinee (àgetf de 5^ à 9 ans et die 9 à- 15) seni drvisées en deux eofpofatîon^ : les Petites Hcrd^y^ vottées'anx travanx réptignants* pour les sens on ^anoQ^-propre ; les FeHtes B(méef , qne des indinatîons contraires portent à faite r^ignef partout r^gance et le bon totf. Ces deirx corporations emploient utilement les ioslin^s que Fon- cherche varnement à 6omprimer ^ns chaque ^es^ , le jfoikl de la saleté éhés le plus grand non^bre det peCKv gâreons, éelui' de la parure dké^ la plupart des petites filles'.
Là Petite Horde est' le coi^ dtf détPOUenilsât, htéiUicé dé Dku, comme Fourfeif PappéRe, le s^trtienr de' F unité' ef^ èé la concorde socMë. C'est ette qdt ^értpërcrde tottlé bran^ che d'mdostrie suseeptffile d'aviltr , è& àé^iSêééref' ht cham àvt peuple qnr Pexctfcé^alt par intél^ét et pf(r bes6hy, etqoî seraîi dès- lors dèdaigktée^ rebnféé : et oit un <^taclft insurmontable k hf sociabilité généi^alc^, aux^ bonnes éV amScaies relutions entre tontes ies classes ; é^àit lé main» tien fdrcé, eÀ un mot, de^ <^a^^ q^ pi^ésente*la*Civi19> sation comme la B^tbSfrie , éostes iéeompa^biés^ lïon^seuleniehf par préjugé de ilaissàticé, mais^ surtout jlàr préjugé d*état. Voilà ce qui (foît disparaître' k jaftiàîs prfr Finter* vention des Petites hordes*. EHtés soàt fe %eV' de toutes
^ D'aotres contrastes de goûts el d'aptitudes se font remarquer entre left écta^sexM dès r&gb le plus tendre. Ainst les petites filles, en g^n^rat, saisis-* seaf mitent léf modifi<»itiaiM' du citons qne ic» diftéfèncei dttf formel. Elles distiogneiit très • vite da blço de plusieurs nuances , et les petits garçons distul" gulTdt nlf^ttï ùlie Id&atfgè d^ân dafi^ , ûii hexagone d*un octogone.
ProcédûM d'mle façoft^t^ste diflépenteet se rattisitttMi^ jours atf voBU de la nature^ FEducatmn harjftioilîteinM' ob*- «erve, épie en qii«k|tte sorte ks itastinets, W goâts^, les apdtode» dmrses àe 11 erâvnij a&n di& km' dottiier oecasïon d^éclorè et de ks employer avee sagacité, au far et à mesare de kiir éck$ion et de km* dé!^eU>ppen!teAt noniiri, pour Fataiitage eeœiiMm de la sôciéfé enménie temps que pour k lÂen partieo^r,^ pouf k satifir^scfton- propre du jeune élève qu'elk doit former et ikâtruii^. Ainsi elle feât de^ Fenfànt tout à< là fe«3 véq èfrè heurevit et un ineni)»fe ulâk- <iedIAiMoei«ti<^i». Lmt^ménaie, t^èfjà^i k éissnyeip aneirtie de cesr coittmrièliés ^f aîgvissent et fandsebt k cara^re , n'épnHHre que des sentiovents de b^nvetlkncë' jJour tant ce ^i Pentenfre. ^Euaisy daai^r le. neifvel ordre-, il iVe se' tt<iMivei^,.poli]t k satkfaetiotl^ d» ses ^âls oif ifé' ses inféïidtsv en oppoeiâe» âfeè k' l»en de k^ masse;
L^OMlre-séria^e, ëpii pmehdé ii^XMir» p«r ekssement régnlkt^,' eeâiriieift^ë; par disfrîènet< Tcnfa^ce en ênx itibos àef^és, étâ^^î W dirérs" ê^é^-, à" pttiftir' d^ 3 ans*. Ab<^des^ue de éefte' Utnite, se ti^)«Are^ la péltode qâe Fonrier iiomtae de dêg¥^95di€sètateii1, pendant kqiielk-.les-seiYis^nia^ téi4ék sont i^u^ ^péeiaktiKattt néeëssid^si '
ffasse enfance.
Nous avèns déjà dit comment, dans la Phalange, les tout jaunes enfants sont réunis, sous fa surveillance de la corporation des bonnes, dans quelques salles bien aMes,
pèce humaine : les naiur'es molles se 'soumettent facilement k la forc« , mai* on n'en peut obtenir de grands efforts i les natures énergiques et généreuaes sa révoltent contre l'injustice , et la violence les rend indomptables : elles entrent en gverre ouverte contre lo pouvoir inintelligent qui n'a pas su en tirer parti. ( Note de la 3» édit.)
diauilëes conrefiablemeàt pour qit^on paisse les y tenir en vêtement léger, indépendamment des deux catégories de nourrissons et de«evr^5^ ils sont encore distingués suivant leurs dispositions pacifiques et tranquilles, ou malignes et criardes y non - seulement pour que les uns ne nuisent pas au repos des autres, mais encore pour que les personnes chargées de (es soigner se partagent éfles-'mêmes la tftche suivant leurs propres aptitudes et inclinations. Les bonnes les plus patientes et les plus douces sT attacheront au service des enfanta les plus difficiles , sûres d'en être récompensées soit par rhonneur qui leur eh reviendra, soit par une rétribution plus forte de la part de la Phalange , soit par une reconnaissance plus vive de la part des parents. Dans les salles, sont suspendues des nattes élastiques, présentant des cavités où peut se caser chaque enfant sans gêner ses voisins, dont il est séparé par des filets placés de distance en distance, qui ne Tempéchent ni de voir autour de lui, ni de se mouvoir en liberté. Pour promener tout ce peuple enfantin, Ton se gardera bien de détourner de leurs travaux le tiers des femmes de la Phalange ; on aura des voitures transportant l'appareil de nattes que nous venons de décrire ou tout autre appareil remplissant le même usage. Ce sera, si Fon veut, une sorte de nid mobile où, sous la maternelle sollicitude de deux on trois surveillantes, la jeune couvée s*ébattra joveuse à la douce influence d^un rayon de soleil prijitanier.
Les enfants sont visités chaque jour par le médecin et le dentiste, qiii donnent les mêmes soins au pauvre et au riche, rétribués quîls sont par la Phalange et non point par les particuliers. Au lieu d*être proportionnée au nombre des malades et à la durée des traitements , ce qui place le médecin dans la singulière position d^avoir intérêt à ce qu^il y ait bel et bien des maladies , cette rétribution est en raison inverse du nombre de celles-ci, en raison directe par conséquent de la bonne santé que les médecins savent
maintenir dans la population confiée à leurs soins. Ainsi la médecine sera surtout préventive ; elle disposera dans ce but de tous le$ moyens hygiéniques sur lesquels son action est à peu près nulle aujourd'hui, Fhoulme de Tart n'étant appelé que lorsque le mal existe, on plutôt lorsqu'il a fait déjà de notables progrès.
Cette première phase de Tenfance, qui nous a'jusqu'id occupés, est aussi celle de la première éducation des sens; toutes les impressions qui pourraient en léser ott en fausser les fonctions doivent être soigneusement évitées. Une personne qui viendrait chanter faux au milieu de nos marmots serait repoussée comme, si elle apportait une maladie contagieuse. « Dès le berceau, dit Fourier, on habituera Tenfant à la justesse d*oreille en faisant chanter des trios et quatuors dans les salles des nourrissons, en promenant les poupons d'un an au bruit d'une petitie fanfare à toutes parties. On aura de même des méthodes pour joindre le raHinement auditif au raffinement musical , pour donner aux enfants la finesse d'ouïe qui distingue le Sauvage, et pour exercer de même les autres sens. On prendra des précautions pour former l'enfant de bonne heure à la dextérité, pour prévenir l'emploi exclusif d'une main et d^nn bras, qui condamne l'autre bras à une maladresse perpétuelle. »
Il s* agit ici, comme on voit, de l'emploi de la gymtias» tique ou somascéiique intégrale, qui sera d'ailleurs secondée ou même suppléée de plus en plus, à mesure que l'enfant avancera en flge , par la grande variété àes fonctions industrielles, exerçant alternativement toutes les puissances musculaires, toutes les parties du .corps de chaque jeune Harmonien.
THEORIE SOCIETAIRE. 969
§ viii.
Ecloskn des vocations.
• Poor devenir on homme excellent en quelque profenion qoe ce loit , il faut s'exercer dès l'enfanoB dans t<vit ce qû peut y at oir «pport ; il faut que celui qui veut ^tre un jour l>on labourear du* bon architecte , s'amuse dès ses premiers ans , oetni<i à bâtir de petila ehiteanz » . celui-là à remuer U terre; qqe le maître qui ' les élève , fournisse à l'un et à l'autre de petits outils.
Platom. Lesiois/liv. 1".
' Les vocations faosséos sont non-aeulement un malheur individuel , mais encore une perte dont la généralité souffre. — Les forces latentes que D^en a déposées dans la société, et que l'on paralyse en paralysant -{es vocations, sont immenses; et le progrès se produirait sans effort, si ces forves elles-mâmet pouvaient se produire.
Hipr. ni LA MoBTouiiÀis.
Vo΀i le moment où Tenfant qui marche, déjà seul , éprouve le besoin «T exercer ses forces et ses facultés naissantes. Ce besoin de mouvement et d^activité , qui fait aujourd'hui le tourment des parents, va être pour nous le signal de Tinitiation de Tenfant à de petits emplois qui, en même temps qu^ils feront son bonheur^ vont préparer un fonctionnaire utile , un travailleiir adrpit pour la Phalange. '
On le promène donc dans les ateliers où il verra d*autrès enfants, se^ aînés, occupés déjà de petits détails d'industrie; il voudra se mêler à eux, manier les- petits outils dont ils se servent, et qui fei:ont sur lui, s'ils correspondent à quelqu'une de ses vocations, le même efïet que produisit sur Achille l'aspect des armes étalées par Ulysse. Pourquoi nos savants admirateurs de l'antiquité ne se sontils pas encore avisés de mettre en œuvre le procédé du
des choses qui nWt aucun rapport avec leur sitaatioo présente, avec les faits de leur vie réelle, de leur vie de passion, c'est-à-dire avec leurs jeux ou avec la part qulls peuvent prendre chez leurs parents- à quelques travaux productifs, — comment les enfants ne concevraient-ils pas pour rétude et pour ceux qui la leur imposent la répugnance et l'aversion qu^ils montrent généralement ?
Voilà le fruit que l'éducation civilisée retire de ses prétentions à contrarier la nature. Car c'est la nature qui pousse l'enfant à exercer ses facultés corporelles avant ses facultés intellectuelles ; c'est elle qui veut que l'enfant soit attiré par la pratique à la théorie, qu'il remonte des faits aux notions abstraites qui les résument et les coordonnent En suivant la marche inverse, outre que vous faites de l'enfant un membre pour bien des années inutile à la Société et restant tout ce temps à la charge de celle-ci, vous n'arrivez qu'à bourrer sa jeune tête de mots, vous l'hébétez en quelque sorte par un exercice routinier et quasi mécanique de la mémoire. C'est pitié qu'on ne songe à développer nos facultés intellectuelles qu'à l'aide des livres, suivant le procédé scolastique. Aussi consultez les hommes qui se sont trouvés en contact avec des populations barbares, telles que les Arabes ou les Kabyles de la régence d'Alger ; ils vous diront que là , sans avoir jamais fréquenté d'écoles d'aucune espèce, les garçons de dix à quinze ans se montrent en général bien supérieurs aux nôtres par la finesse et le jugement. Pour le développement sensitif , il n'est pas besoin de faire remarquer à quel point notre éducation nous laisse en arrière des Barbares et des Sauvages : même infériorité de notre part sous le rapport du développement physique, sous le rapport de la vigueur et de la santé, malgré l'avantage que devrait nous donner sur eux une nourriture plus abondante et plus variée.
Faut-il conclure de ce qui précède que l'enseignement
THÉORIE SOGIÉTAmE. 2Si
scientifique et littéraire doive perdre de son importance en régime phalanstérien ? Loin de là : il est rendu accessible à tous sans frais, sans déplacement coûteux; il continue pour chacun durant tout le cours de la vie , associé qa*U est sans cesse aux diverses occupations et aux réunions même purement de plaisir. Ne croyez pas toutefois que cet enseignement n*anra pas son organisation régulière. Il sera, comme toute autre fonction, l'œuvre d^une ou de plusieurs Séries dans lesquelles chacun, suivant ses goûts, pourra s'enrôler et prendre la part qui lui convient de la noble tâche de développer et d'agrandir l'intelligence de ses semblables,, pourvu qu'il fasse ses preuves de capacité, pourvu qu'il sache se faire agréer et de ses c<41aborateurs du corps enseignant et des élèves appelés à suivre ses leçons*. Les motifs qui pourraient porter aujourd'hui à écarter un candidat de mérite dont on craindrait, la rivalité militeront au contraire en sa faveur, puisque la Série tout entière chargée de l'enseignement sera rétribuée en raison de ses succès d'ensemble; eUe aura intérêt par conséquent à s'adjoindre tout individu capable d'y contribuer, enfant, vieillard, homme ou fenune.La leçon d'un enfant à d'autres enfants moins avancés profitera souvent beaucoup plus que si elle avait été donnée par une grande personne. C'est un germe qu'ont entra vu les fondateurs de l'enseignement mutuel, mais qu'ils n'ont su employer qu en mode simple, et qu'il fallait allier à tous les autres moyens susceptibles de rendre l'instruction attrayante.
Au lieu d'une méthode unique d'enseignement appliquée indistinctement à tous les élèves , l'Harmonie en emploie toujours plusieurs qui s'adaptent k la diversité des caractèras. La concurrence qui s'établit entre ces méthodes vivifie les études et devient un nouveau gage de leurs progrès.
X Ko harmonie , l'iiiftniction doit élre iMieUit; il faut qv'il y ait attraction raipocttvo do la part dé Yfièw «t da maitro. accord afloctooai entre l'on et l'antre .
282 SECONDS PARTrE.
Autant la société atotuelle fait uti sott mesquîa aux îit*» fltîtuteurs de Tenfance) autant rHarmoniê relève cette fonc>* tion par les avantages et les honneara qn*eUe y attachât C^est une des voies qui conduisent aux plus hautes distînetions dans cet ordre, où la justice distribu tive n'est pas nn vain mot, où les fonctions s'apprécient suivant leur im* .portance réelle et suivant leur concours au bien générât £t quelle mission plus importante et plus noble que celle de préparer, d'initier la jeune génération à l*œuvre sociale ?
Les principes élémentaires de toutes les sciences s^nt enseignés daiis chaque Phalanstère ^ ainsi que toutee ht industries usuelles. Mais chaque Phalanstère, «s le aent bien, ne saurait posséder la réunion d^hommes éminentt et les collections diverses qu\exige le haut enseignemeiil scientifique^ ItttérainB et artistiqna II y aara donc tonjovie des points qui seront plus particulièrement le siège 4e tfè haut enseignement et dans lesquels il concentrera ses M^ sources ; dés foyéi^s où se rèuniirpnt, 'pour se fêcondéP par une action réciproqiic, tons les éléments de la vie lu* teliectuelle.
D*ttn aut^ côté, il arrivera que telle Phalange, par suite de sa position , du goût de ses habitants, ou bien par Peffet de quelqae autre circonstance, aura perfectionné une branche spédale d* industrie ou d'étude : c*est là qu^on viendra tiès autres Phalanges compléter son instruction dans cette pattiè. Mais, en quelque lieu que se rende la jeunesse harmonîenne dans un pareil but , trouvant partout tes industries de base organisées comme dans sa Pha* lange natale, elle peut s*y employer activement et se défrayer par son travail, tout en acquérant les connaissances qu'elle était venue chercher. Une autre excellente école de perfectionnement se rencontrera dans les années indus^ trielleSy appliquées à T exécution de tous les grands travaux d'un intérêt général. -- 'Mms- j'anticipe ici sur des
TldQMS BOimtTAIRË. m
dispôiitionl de rOrdr« soeiétaiM i(ui n« loat piu «odoro éeûBées ëotinnet dti leistear.
On ii*aiim ^ab manqué de fbire cette reiiiaii{ue, qti'à propos d*édueation et d'enseignement nons retombnBS toujours sur le terrein de lltodnstrie. C'est, en effet, uû des earactëi-es distinetlfl» de la eonception de Fonrier en cette matière, d'avoif rattaché à l'industrie productive tous les moyens de développement que l'éducation peut enl* ployer à T égard de l'homme. Facultés de l'esprit, de Tàme et du corps, trouvent dans l'industrie purifiée, ennoblie^ agrandie par l'Association, le ehamp dans leipiel elles doivent être cultivées parallèlement, conjointement; où elles vont croître, fleurir et fructifier ensemble. Et quoi d'4lon<« .nant à cela si, comme Fouriel* Tadmet, comme les saintes Ecritures elles*-mémes nous renseignent, la destinée de l'homme icî^^bas est YeîéplQiiéU&ti et la gesH&n du Globe qui lui a été donné pour domaine? Tont, dès lors, ne doit-il pas se rapporter plus on m^lns dilrectement à cette fonction plvotalé et à l'industrie qui en est l'agent? Le rôle ainsi assigné à l'homme est, au reste, loin de le rabaisser. Il fait de lui, suivant la belle expression d'Amédée Pagét, t un fonctionnaire intelligent de l'univers; il le fait participer, en quelque sorte, à la direction suprême dn mouvement dont bien tient les ressorts entre ses mains ^. »
Dans cette analyse, je suis loin d'avoir indiqué toutes les vues de Fouricr sur l'éducation. Je n'ai rien dit, par exem^ pie, d^un puissant ressort qu'emploiera, suivant lui, l'Ordre sociétaire pour former Tenfiint à l'unité mesurée , source de nombreux avantages. L'opéra, cette école de toutes les harmonies matérielles , est le moyen dont il s'agit et que possédera presque sans frais tout Phalanstère , inon au début de TAssociation , du moins au bout d'un
' IntroJnction à l'étude ât W $cimfe sociale.
certain temps après qu^elle aura été établie. Mais je me suis abstenu de parler de Topera, parce qu*il aurait fallu entrer dans les détails nécessaires pour montrer que cette institution n*aura plus aucun des inconvénients qu'on peut à bon droit lui reprocher aujourd'hui. « L'opéra n'étant parmi nous, pour me servir des termes de Fourier, qu'une arène de galanterie, un appât à la dépense, il n'est pas étonnant qu'il soit réprouvé par la classe morale et religieuse. » En régime sociétaire, c'est tout autre chose : l'opéra, dans lequel figurent activement,- soit à l'orchestre, soit sur la scène, tous les habitants de la Phalange, l'opéra et les autres divertissemjBnts , sans perdre aucun de leurs charmes artistiques , sont en liabon intime avec le travail productif et coopèrent à ses progrès. Ai-je besoin d'ajouter qu'en tant que moyen d'éducation pour Fenfance, l'opéra ne lui offrirait pas le spectacle des mêmes passions qu'il étale parmi nous devant tous les âges indistinctement? La remarque s'applique pareillement à tous les autres genres dramatiques, qui pourront être employé» dans l'éducation phalanstérienne. .
Redoutant les fausses interprétations en sens divers auxquelles pourraient donner lieu ces quelques lignes sur le théâtre, je renvoie, pour des notions plus complètes à ce sujet, aux ouvrages de Fourier {Traité de F Association^ t. II, p. 190 et suiv.; npuv. éd., t. IV, p. 75; Nouveau Monde ind., p. 260). Je rappellerai toutefois ici que les Jésuites, qui. ont été, à certains égards, les meilleurs instituteurs qu'ait produits la Civilisation, ne négligeaient pas l'action théâtrale comme moyen de former la jeunesse, et que Bacon, qui les en loue, attribue aussi une grande utilité à ce moyen.
s XI.
CompUment mr FEdueatUm. — Adoleuenee.
n n'y a pM d ratr« morale poar Mva ^m oelk du cœur de l'hemoM.
AiuTirpg.
L*aspect utilitaire de la question d^édncation est celni ' dont certaines gens nous reprocheront peut-être de nous laisser trop exclusivement préoccuper. Cest par là surtout que nous avons opposé l'éducation phalanstérienne à Féducation civilisée : Tune, on ne saurait trop le redire, obtenant dès le bas âge le concours spontané de Findividu à F œuvre de la production , et cela sans négliger le développement d'aucune de ses facultés, sans que jamais le présent dérobe rien à Favenir; Fautre, au mépris de ce vieil axiome du bon sens qui dit que c*eit en forgeant qu'an devient forgeron^ conduisant toute cette partie de la jeunesse, objet de ses soins privilégiés^ la jeunesse des collèges et des hautes écoles, jusque par delà les deux tiers de la durée moyenne de Fexbtence, sans lui faire prendre une part quelconque aux travaux par lesquels la Société subsiste. Écoutez Wctor Considérant exr primer cette vue d'une manière saisissante , avec sa verve caractéristique : « Médecins, légistes, élèves des écoles ci- » viles et militaires, nous en6n qui sommes les gens éle- » vés, bien élevés ^ comme on dit, n'aurions-nous pas eu, a en mourant à vingt-deux, vingt-quatre, vingt-cinq ans, » à nous rendre ce témoignage : que nous avions hemeoup » mangé, absorbé, eonsomniéf coûté, sans avoir produit la » valeur tune obok *? »
Mais si le côté de la question qui répond à Futilité matérielle est celui sur lequel nous avons plus particùlière-
' Bitimit de 3« volome de OfifMt Mciel*.
ment insisté, nous pourrions montrer également qae, sous tous les autres rapports , pour tout ce qui tient aux sentiments religieux et moraux , Téducation sociétaire ne remporte pas moins sur l'éducation actuelle. Sans élever de controverses au sujet des choses saintes et des croyances, sans s^imnnseer dans les affaires du culte qull laisse à qoi de droit le soin Renseigner et de régler, Fourîer cependant n'a laissé , on peut le dire , en dehors du cadre qu*il trdce à Téducation aucaife de ces grandes idées relatives à la destinée nltérieure de Thomme : Dieu, la religion. Seulement , en sa qualfté de réformateur industrie , et procédant du point de vue purement humain, il a de s'attacher à signaler l'influence heureuse du milieu dans lequel il plaçait Fhomme, quant à la religiosité et à la moralité, quant aux sefitiments de celui-ci , en un mot , soif envers la Divinité,' soit envers ses semblables.
L'influence do mîKeu civilisé, ait eontrâtre, obseurcit on efface tontes les notions du juste qu'on s'efforce d'Inealqùer à la jeunesse. En présence des faits que lèor met continuellement sous les yeux la Société aetnefle, cdmment pourràit-on faire entrer dans la tête des enfants et y en-* tretenir, vive et pure, Fidée de la justice? Ils voient d'une part Foisif dans l'opulence, d'antre partie travaillenr utile dans la détresse. Là, oh regorge dé tDi^t sans mériter; ici, Ton tie jouit de rien^ quoique produisant tont. La richesse est dévolue aux frelons de la ruche sociale. Pour donner aux enfants des leçons fructueuses de morale , il ftiat d'àbord leur offrir le spectacle et Fetemple d'une société oà règne la jtistiee distributive (qui est lu Jttstkê ' mère) , et où les bonnes mœurs soient observées. C'est ropposé de la pratique d'aujourd'hui; c'est une ooudition que pottrra seul réaliser l'Ordre sociétaire.
Nous avons vu les principales causes, tirées de la méthode d'initiation aux fonctions industrielles et dn mode d'oxercice du travail, qui enflammeront de lèle et d'ar-
TIiéOR]£ SOCIÉTAIRE. 287
deur les enfants lie la Phalange. D'autres causes influeront non moins heureusement pour développer chez eux Tamour et lliahitude de toutes les vertus. Et dans ce but, ce n^est pas aux leçons d^une iHorale verbeuse qu'on aura recours. On pourra dire des mœurs phalanstérlennes ce que dit, dans un drame de Cresner, une jeune princesse élevée au village où eHe se trouve libre et heureuse : t Nos mceurs nsont simples, naturelles et s'apprennent toutes seules. 9 Parmi nous on ne voit personne en donner des leçons; » on s'en moquerait comme de quelqn^un qui voudrait ap* » prendre A un oiseau un autre chant que le sien. »
Ce qui nous rappelle encore ces vers de M. de Lamar-* tine dans Jocelyn :
« J'étais libre avec lai comoio l'oiseau des champs , » Bt toutes mes vertus n'étaient que mes penchants. ■
AuJPhalanstère> on se garde bien de Catiguer l'enfant de sermons , de lui bourrer la tête de préceptes^ qui n^ servent la plupart du temps qu'à l'bébéter sans profit pour la morale ^ C'e^t par l'exemple surtout qu'on y parle aux enfants.
Ne rencontrant autour d'eux que bienveillance et affection , ils sont eux-*mémes animés de ces sentiments , soit
^ L^nstitnteur d'Âloiandrc-l«-Grand , Aristote, avait bien remarqué ■ que ■ les jtsunes gens n'ont point d'aptitude pour la morale et wmt de mauvais dis- > ciples en ce genre. > [Mor. Nicom,, liv. I, chap. 1.)
Dans le même écrit, ce plûlosopfae disait ^liv. Il , chap. 1.) , pAur montrer Que l'habitade ne peut rien cQntre les penchants naturels : « On a beau jeter » une pierre en haut mille fois de suite , elle n'en acquiert pas pins de ten- » dance A monter d'^e-méme. •
Âristote toucbaU ici du doigt à la découverte de Fourier ( analogie de l'Attraction matérielle et de l'Attraction passionnelle). Pourquoi ces grands esprits, qui ont brillé dam tons les âges, se sont «ils montrés si timides ou bien ont-ils apporté tant d'insouciance et d'inatteniion .A dédoire lea ecouMquencas do leurs observations les plus justes, qui auraient pu devenir si fécondes pour le progrès *ocial , pour le bonheur des hommes ? II serait aisé d'en donner la raison principale, raison qui n'est guère à l'honneur des morales et des religions civilisée», toute» «afpi LaléxaM^ea h peu pré» les unes que les «utres. DiiOtts'toutefoid, à leur décharge , que cette intolérance est pour elles une nécessité de position , une condition d'existence.
les uns à Tégard des autres, soit pour tout ce qui les entoure. Sî déjà il suffit d'être compagnons d'étude , pendant une ou deux années, dans un étabÛssement tel que l'École polytechnique, pour coutracter des liens qui résistent ensuite dans le inonde aux divergences d'intérêt, aux rivalités d'ambition, combien ne ddit-on pas attendre des liens beaucoup plus forts et plus intimes qui uniront les jeunes Harmoniens , coopérateurs depuis Fenfance dans les mêmes Groupes et dans les mêmes Séries ! San» cesse encouragés et stimulés à bien faire, n'ayant devant les yeux que des exemples de loyauté, de concorde et de dévouement,- sentant l'harmonie en eux-mêmes et hors d'eux par l'accord de leurs impubions entre eUes et avec tout ce qu'on exige d'eux, n'ayant jamais aucun intérêt à dissimuler, à feindre ni à mentir, ils seront droits, francs, ouverts, ils parieront toujours selon leur pensée et leur cœur.
C'en est fait de toutes ces qualités morales ; elles feront place à autant de vices , si les impulsions que l'enfant reçoit de ce qui l'environne sont en désaccord les unes avec les autres, conune il arrive dans l'état présent Sur ce point, laissons parler Fourier lui-même, lorsqu'il analyse avec tant de sagacité et qu'il met en saillie d'une manière sî piquante les enseignements contradictoires dont Tédo^ cation civilisée se compose. « Le tableau en serait plaisant, dit-il, si les résultats n'en étaient déplorables. »
I QUADRIIXX DB CONFLITS XN imJCmO» CIVILISÉB.
• Nos politiques, si exigeants sur Funité d'action, n'ont pas observé que l'éducation civilisée, quel que soit le système adopté & regard d'an élève , entremet pour Fendoctriner quatre agences hétérogènes en principes et en intérêts ; qu elles sont tontes qoatre en conflit pour loi d<mner, durant son enfance, antrat d*iBipnkions contradictoires, lesquelles, à Fâge de puberté, sont absorbées par une impulsion pivotale, qui est V esprit du mumde , YinmaraHié fardée et souvent affilée. Analysons ce bisane mécanisme.
tuëori£ sociktairk. su»
V D'ordinaîi^, an enfant de'lâ oUtte usée reçoit, dans son bat âge, quatre sortes d* éducation :
1® La Dogmatique; S-» L'Insttrgente ;
â« La Cupide; 4» VEvasive.