ÉQUILIBRES SOCIAUX
De tous les problèmes à résoudre snr l'art d'at- .Meiefr )0 plus importent était celai de U répartitiop proportionnelle aui trois faciiltéf iadastrielles , qui sont CmpUal, TrAfoil et TaUnt'f l'art de wtisf«lre chieoii, boqniWt femme ou eniiiit, sur ces trois genres de préteotions...
Le lien sociéteire seraitrompu éèê le prenlir inveuteirt , si chacun Re «ç trouvait paa éqaltablement rétribi/é ; le mécontentement de la clane. lésée faasseraft fautes les rdatioai.
PooAiia , JQiinitl h Btf. imd.
faction dé cbàieuii profile à tons, et rtetioa df tons profite à e^MNiii.
§xii.
Coniiiiom fréalahle$ de l'accord en répartition.
Mous avons traiîé les diipositions primordiale» du régime fiociélaire : transforniatroiis du ménane conjugal ep grands ménages combinés de 1,800 personnes environ; exercices des travaux en séances courtes et variées par des réunions nombreuses, organisées en Groupes et Séries* de manière à développer cbex les travailleurs Témulalion et Tenthousiasme. U reste à nous occuper des moyens qui devront assurer Taccord au sein de ces masses assoeiéei, 1 accord, par exemple, sur la question capitale de la répartition des bénéfices.
THRQftIK SOCIKTAIR»:
La première oeodîtion de oet aeeord, c*ett rabondaoce, l 'ett une quantité de produite telle que ehaoun ail tim d'être satliûfalt de la part qui lui reviendra. Cetix qui ont prétendu établir le règne de la- fraternité parmi ifi homnei là oÀ régnait en même temps la misère, misère toujours imminente sinon toujours présente pour le grand nombre^ ceux-là méconnaissaient le premier prinetpe de la eon* corde sociale. 11 y a, dans les besoins qui manquent de moyens de satisfaction, un germe de discorde plus puissant que toutes les morales, plus fort que toutes les bonnes ré'* solutions des individus. Pour «^éprouver ni envie ni inimitié à regard d'autrui, il fiCut (ce nVst pas la clause unique, mais c*Qn est une essentielle), il faut qiie obacun ftoH largement pourvu , il faut le hlen-^tre général.
L'augmentation de richesse susceptible de procurer les moyens de ce bien -être général résulte du fait seul de rAssociation. Les économies que celle-ci réalise et les changements avantageux . qu'elle apporte dans les conditions d'exploitation du sol, suffisent, sans' même qu'il toit besoin de spéculer sur les prodiges du travail devenu ^TTBAY/iKT, pour garantir cet accroissement de ricbesio. Il est admis pai^ des agronomes d'une grande autorité (PKcossaif Patullo et François de Neufehàteau entre botrea) , qu'un meilleur arrangement des propriétés, qui remédierail- aux inconvénients de leur morcellement el de leur enclavement réciproque ,v qui réunirait autant que possible, en un seul tenant, les portions de terre possédées par un même homme ou cultivées par un même chef d'exploitation agricole, doublerait, et même quadrupleroii dans bien des contrées, le produit qu'on retire du sol. Tout ce que nous avons d'hommes compétents en oel|e matière ne profesBent-ile pas, d'un autre côté, que la culture alterne généralisée aurait une influence non moins heureuse sur la production ? Eh bien ! la combinaison phalanstérlenne procure îoimédiateroent fes deux avantages.
296 SBCO!VDE PARTIE.
Les terres de la Phalange, avons-nous dit précédemment^ seront exploitées comme domaine d'un seul homme. Mais à quelles conditions ? Sera-ce que la propriété individuelle aura dû venir s'abîmer et se perdre dans une communauté inique autant qulmposstble ? Non assurémei|t..-Nous apportons au contraire à cette propriété des garanties nouvelles, en même temps que nous faisons dispan^tre tous les obstacles que sa forme actuelle oppose au progrès, obstacles plus grands pour Tagriculture que pour les autres industries. Aussi, de toutes, ragriculture est-elle relativement la plus arriérée. Dans une entreprise sociétaire, rapport de chacun en capital quelconque, terre ou argent, est représenté par des actions qui lui donnent uu droit proportionnel sur F avoir total de la société. Un champ n*est plus dès lors celui de Pierre ou de Paul qui en tire parti comme il peut et comme il sait, mais une partie du grand domaine, à la gestion duquel la société applique les mo'yens de tous^ .sauf à répartir ensuite le. produit à chacun suivant son droit dé propriétaire et de travailleur.
Mais pourra-t-!on décider le capital et le travail, dont ' rhostilité et les défiances réciproques sont si vives aujourd'hui, à former le pacte d'alUance qui est la condition situ çtia non de l'Association ? Oui, du moment que le^ droits du capital comme ceux du travail auront leur garantie, r union s'opérera. Elle ne sera peut-être dan s le principe qu'une aUIance de raison, de nécessité, plutôt que d'inclination. Mais il arrivera ensuite ce qui arrive dans certains ndariiiges déraison où, par une exception heureuse, outre les avantages positifs iqu'on avait en vue, on rencontre tous les charmes inespérés d'une sympathie de cœur et de caractère. Quoi qu*il en soit , la substitution de l'exploitation sociétaire à Texploitatibn morcelée aurait sur les pn»grès de l'agriculture une influence tout à fait décisive. I«a routine, si bien cantonnée aujourd'hui chez le petit propriétaire et le petit fermier aussi pauvres qu'ignorants, ne
THEORIE SOClETilIRE. 207
survivrait pas un jour à cette transformatioo de la propriété terrienne en propriété actionnaire. Pour la direction de ses travaux de culture, chaque Phalange appellerait des Agronomes expérimentés. Supposes la France couverte d'Associations agricoles du genre de celle que nous proposons, quel avenir pour les élèves de nos écoles de Grignon et de RoviUe, qui, avec le morcellement, trouvent à grand* peine Toccasion d'appliquer d'une manière tant soit peu large les théories qu'on leur a enseignées !
Voilà donc l'accroissement du produit assuré par des causes dont l'influence a pu, mâme dans l'ordre actuel, être appréciée expérimentalement en plus d'une circonstance. Mais où «e trouve le véritable trésor de l'ordre futur, où il y a. pour lui une mine d'or inépuisable, c'est dans l'attraction industrielle , qui fera de chaque individu , du riche comme du .pauvre, un coopérateur passionné à l'œuvre de la production. Aussi , faire naître cette attraction qui lève d'un seul et même coup toutes les difGcultés sociales, voilà, non sans raison, l'objet dont Fourier se préoccupe le plus. N'a-t-il poursuivi qu'un but chimérique ? Le travail attrayant ne serait-il qu'un beau rêve?... Mais songez que ce qui donne en général au travail ce caractère pénible et répugnant qu'il présente, ne consiste essentiellement ni dans l'acticm physique ni dans l'action intellectuelle que le travail exige. N'y art-il pas des plaisirê, — la chasse, la danse, l'escrime?, — qui donnent lieu à autant d'effort musculaire que la plupart des œuvres de métiers? des jeux, tels quç celui d'échecs et quelques autres, qui exigent non moins de contention d'esprit que la plupart des occupations de cabinet? Pourtant ni les uns ni les autres de ces exercices ne cessent pour cela d'être des amusements, des plaisirs. Quelle différence présententils donc avec ces autres choses qui , sans demander plus d'effort de la part de celui qui les exécute, ont cependant ce cartnclère pénible, attribut du travail dans nos Sociétés
»n «SGONDE PARHK.
ridHiéet, et inspirent de la répugnance, à tel point qu'on est eonvaineo généralement qu*il ne »e trouverait personne pour les exécuter, si des nécessités Impérieuses, les pre-*. miers besoins de Texistence, la faim en un mot, n^ eon* Iraignaient le grand nombre? Pourquoi 'là plaisir, et ici peine? Ce nW point apparemment parce que de ces oc» cupations Iïm «nés procurent uà résultat utile , et que les antres sont purement futiles. La raison de eette différence de manière dont elles nous affectent, la voici :
Dans les jeux ou plaisirs , il y a liberté : liberté de s*y livrer ou de s*en abstenir, liberté d'option sur le genre d'amusement , sur les personnes en compagnie desquelles on le prendra, sur la durée de chaque séance qu'on se cfardera bien de prolonger depuis le matin jusqu'au soir, comme une séance d*atelier ou de labour ; il y a enfin âêi rivalités actives qui vous tiennent constamment en éveil. — ilnns le travail, toutes ces causes d'attrait sont remplacées par autant de causes de répugnance : la contrainte h tous égards au lieii de la liberté ; une monotonie mortelle au lieu de cette variété qui renouvelle les forces de Thomme; Tisoleraent , au lieu de ces rapports soit d'affection , soit d'émulation , dont il a besoin. Mair transportei dans les travaux productifs, au moyen de l'organisation sériaire, tout ce qui peut y être transporté des dispositions auxquelles les jeux et les parties de plaisir doivent leur charme, et vous aurex rendu les premiers alhayaniê comme les seconds, vous leur aurex donné la même puissance de séduction et d'entratnement ; vous aurex assuré l' application de tontes les forces humaines & l'œuvre créatrice de la richesse sociale, et déterminé un prodigieux accroissement de celle-ci.
Nous appuyons sur les garanties diverses de cet accroisiiement de la richi^sse , car il est un préliminaire indispensnble A l'aorord sur la répartition.
THKORIK SOGIETAIMK. fm
Clamment kiérarcMque,
' Avant d'ÎDdîqQer comment ë'efi«ctu«rA entre Uê membres d'une Phalange le partage deê bénéâcee^ Il convîeul de donner une idée du mode euivant lequel te formera le hiérarchie dans les différents ordres de travaux; car la hiérarchie est un des termes de Téqualion qu'il s'agit d'établir. Nulle part 'les soldats ne sauraient être rétribués à régal des. chefs. Tout est qu'une juste proportion soit observée entre les récompenses des uns et des autres et leur concours respectif au succès de l'œuvre commune.
Dans l'Ordre sociétaire i c'est l'élection qui conAre les grades et l'autorité) mais l'élection exercée {)ar des individus compétents et intéressés à faire de bons choix* — CùmpéUnUp ç&r ce sont des collaïiorateurs qui prononcent sur des candidats qu'ils voient journellement à l'œuvre : tin Groupe étant affecté à chaque variété d'un travail, de même qu'une Série de Groupes l'est à une branche entière d'industrie, chacun est électeur dans les Groupes et Séries qu'il fréquente.; .mais il n'a. droit de suffrage que là» et par conséquent ne vote que sur les choses de sa sphère ^
* Le droit de rarTrage n'en esl pês moins par cet* même attUenei H on!verMllemonl appUqaë, ea i|tt'et{|aat l'ëne eommo l'autn réi|«ilé et rniiilr d'action. « Cette nnjlé a'esisie qo'autant qu'une diipotUjon ntilfaH eu plein If* personnages de fout sexe et de tout Ige qu'elle entremet, qu'elle touche dtrec- .lamcnl o« kid3r«claHi««t Ladif* eoMiitiou est vioMo dans tontes lê« llfca Hi's civilisées, notamment dans le système éieetoral qui e&cliit les 99/100" de U population. " [Xomt', AloN</r, page -983.)
Vn des pins andetm partisan* de Foorior, M. Cth^i (d« UIJun) , s'ekprimc ainii awr le méine lujot, daua un important «u%rage qu'if a publia tn I84i e( qnt se termine par une exposition étendue de la Théorie sociétaire :
t< Chaque humain étant considéré comme une unité dans la somme des lO-
lontés qui forment le concert de l'association , il faut que sa volonté te produisf
.on le manifeste : l'eipression de la volonté , c'est le vote. Celui qui n'est pas
intéressé dans l'intégralité des faits aociana n*est pas sociétaire ; relui qai daoK
cfiaqne acte d^ l'associatioa, ne peut pas dire oi»t ou mm, u'wl p«« M»ciétairc IMice.
^— {fUéressés à faire ^e bons choix^ car la part iodividueUe de chaque membre dans le bénéfice est partout en raison de la part collective du Groupe, de la Série, et celle-ci dépend sensiblement de la valeur des chefs et sous-chefs et de leur plus ou moins habile direction. Quelqu^un voudrat-il, pour un motif p.arliculier , faire prévaloir la médio* crité si]^r le mérite ? non-seulement il lui serait difiicile de faire épouser ses préventions par les autres membres de son Groupe et de sa Série , mais il agirait en cela contre son propre intérêt.
D'autres considérations militent encore en faveur de Télection des plus capables. Par amour-propre et esprit de corps, on veut que la corporation dont on fait partie tienne un rang distingué parmi les corporations rivales. Celles-ci en outre sont là , prêtes à critiquer les mauvais dboix et à en profiter pour attirer à elles le talent méconnu ou mal apprécié.
u Les droits du mérite, dit & ce propos M. Victor Considérant ^ , sont bien garantis là i|à Ton se dispute les hommes d'un mérite naissant, où Ton s'arrache ceux d'un mérite reconnu.
» Si bien qu'en Harmonie, l'enfant de l'homme le moins fortuné , le moins influent , le plus obscur , peut entrer partout, porter la tête haute, et, s'il a plus de mérite réel, monter plus haut que le fUs du plus puissant. Il y a poor lui justice, aide, protection, secours. Tout cela est assuré. Il ira jusqu'au bout par la force même des institutions : il en est des individus mis dans le mécanisme sériaire, comme des lettres mises à la poste; tout arrive à destination, indépendamment de l'origine. Nul ne peut être intercep Lé. La justice distributive est à l'abri de l'influence des personnes ; elle résulte du mécanisme social, de l'arrangement des choses, de l'institution. )>
C'est donc le TOte qui doit régler tOM les actes de la vie sociéttirr. ^ TrttUé d* ta admet d* Vkomme, tome III, page 367. Paris, chei Baillière, nie de l'^le de Médecine ; 17 , et à la librairie Phalanstérieune , qaai Voltaire , 25. * Destinée ioeiaU , tome II , page 289.
THÉORIE SOCIÉTAIRE. dOl
Mais les îilnnons de Fanioui^propre permettront-elles que chacun se trouve bien jugé? — Dans un milieo oà chaque jour on fait ses preuves les uns à cdté des antres , on sait bientôt à quoi s* en tenir sur son. propre compte. L'opinion de la masse corrige la trop bonne opinion que Tindividu aurait de luinnéme. C'est dans ce concoure de tous les instants avec ses pairs , et dans le jugement quMls portent sur vous, que se trouve le remède à la présomption, et aussi à cette timidité qui retient souvent Tessor de facultés éminentes.
. Qu'il soit fait justice des prétentions mal fondées; rien de mieux. Il ne faut cependant pas que ce soit au 'prix du hodbeur des individus, aux dépensée la bonne harmonie qui doit régner entre eux. C'est ce qui arriverait infailliblement si le concours n'avait lieu que sur une seule branche de travaux et.de connaissances; en un mot, si la pluralité des fonctions ne ménageait deux ou trois succès pour un échec. 11 est d'observation^ d'ailleurs, que chacun est en général porté à priser plus le triomphe dans la. partie où il excelle. Un maître d'armes , un maître d'écriture ou de danse sont .souvent plus fiers de leur supériorité dans leur art, que ne le seront de leurs succès les plus importants un grand capitaine, un savant, un poète.
£l puis, dans la Phalange, où tout le monde prend part à des travaux variés et nombreux, chacun se trouve, selon la fonction du moment, tantôt capitaine, tantôt soldat, ici sergent, là caporal, pour me servir des dénominations hiérarchiques de l'état 'militaire. Il s'ensuit que le snpériéàr n'a jamais de dédain pour l'inférieur ; celui-ci jamais de haine , jamais de jalousie pour le supérieur , auquel il conunandera à son tour dans les choses où il prise le plus les premiers rôles. Voilà la véritable égalité. C'est un système de compensation» qui satisfait tous les amours -propres et qui n'a rien de chimérique.
Bichat l'a dit avec raison : « Notre supériorité dans tel art
302 mCOAUS l'ARTIK.
» 00 dauf toU» science se OMstirè presque . t<Hijoiii-8 par » notre inCèrîorité dans les autres. » (ile^rviîfi sur fa vie et la mutri,)
Se n'ai envisagé la question de hiéraithie que dans ie Groupe et la Siârie, corporations dont chacune élit seule ses divers officiers. CeuxHDi varient dans la même Groupe et dans la mtoe SériOi suivant les parties différentes de la fonction dUr Groupe ou de la Série qu'il s'agit d'accomplir. Il y a communément le chef de théorie et le chef de pra*> tique. Toute cette hiérarchie est en outre essentiellement md)ile^ au gré des réunions qui la votent,' et dont les intérêts et les convenances se trouvent, par l'effet même de la combinaison sociétaire « à peu prèi constamment d*ac^ cord. avec l'intérêt collectif de la PhakOjge.
Chaque Groupe», chaque. Série a son comité chargé de veiller aux intérêts particalierà de la corporation, de tenir la comptabilité et la correspondanc& .
La Phalange' entière a une RégeMt chargée de dirigor les affaires courantes et de pourvoir an service généruL Cette régence n'est que le délégué de ïAréifMijfê, qui est lui-même une autorité d'opinion \ et qui se> compote des chefs de Série, de membres des trois tribus les plus avaa* cées en êge , des actionnaires principaux et de certains dK gnitaires en titre de caractère passionnel»
L'Aréopage n'a point de statuts à faire ou à maintenir, tout étant réglé par l'attraction, fl prononce sur les affaires importantes : moisson, vendanges^ constructions, etc. 8m avis sont accueillis comme hous^le d^industrie , malt Us ne sont pas obligatoires. Les «lécisiont de la régence ne deviennent non plus définitives que par l'atsentimeut des Séries, sauf lorsqu'il s'agit de la constatation do certains faits, tels que rétablissement des tableaux de population, par epKcmple. La régence préside ks assemblées généralet, celtes de Bourse où se règlent les séances de travail, celles de finance où l'on arrête les compées de la Phalange ^ etc.
THfiOMK SOCIllTAillK. M9
Je m'abitiénf d^étiumérer ici ee que Fonrier nomme la hiérarchie de souveraineté en litre passionnel , blérarebie qui comprend , à tous ses degrés, dans la Phalange d*a* bord, et snecesslvêment dans chacun des termes «upérfeurs de r Association bomaine et de la division géographique, seize^ couples souverains, savoir:
Quatre cnuples en. litre d*Unlléisme, couples toekmx par excellence, et un couple en titre de chacune des 12 passions radicales.
Pourler dit couple afin d*exprimer qu'il y a pour toute souveraineté deux individus, un de chaque sexe : mais cela n'implique nullement qu'ils soient époux Tun de* Tautre. H y a même tel sceptre qui appartient toujours à Tâge impubère, le sceptre d^amitié, par exemple. L'enfance est le temps de la vie où cette affection domine. Rien encore ne fait diversion au sentiment d'amitié; Tâme lui appartient tout entière; il inspire les plus beaux dévouements. . Les titres île souveraineté s*élèvent successivement depuis celui de VUnàrque ou Baron, qui correspond A une seule Phalange, jusqu'à ÏOmniarqne ou empereur d'Unité, qui préside au gouvernement du Globe entier. — Mais ce sont là des dispositions d'avenir sur lesquelles il serait oi* seux et Lnopjjorlun d'insister aujourd'hui ^
En principe , aucune' des autorités de l'Harmonie ne conservera le droit de recourir à la contrainte pour faire exécuter ses vues. L'emploi de la contrainte devient inutile du moment que l'Association embrasse complètement et unit harmonieusement dans un même faisceau toutes les variétés de forces et de tendances que présente l'Huma*
* J'expoM ici le lystâme de Koarier , soni la réserve de ma propre opinion . •■ fait de coaitHolioa kiérfkr«Ùqne de la Moiéte. Q«'on pronne gMlo oepfa* daot que , malgré leurs dénominations féodales , lefl-institulhws barmoniennes , dont il est ici question . sont essentiellement républicaines , pniaqoe les souverataeléa à fou les degrés sont cmiféréfls par l'électioB , la souveraioeté à titft Csmilier étant seule exceptée. Or, celle-ci ne donne aux penonnagM qui tn sont revétua aucune autorité sur les choses politiques et industrielles. C'est simplement une affaire de parade el de elassemoni au point de me généalogique.
nité. 11 doit êlre entendu toatefois que les pouvoirs sociaux ne désarmeront qu'au fur et à mesure qu*on acquerra par le fait la certitude que les infractions aux lots de la sociabilité sont rendues impossibles^ ou réduites à des exceptions SI rares qu'elles sont rangées parmi \es cas de folie et traitées en conséquence.
. La perspective de cette absence de tout agent coercitif , est un des aspects de la Société barmonienne auxquels les esprits civilisés se font le plus difScilement , et cela se conçoit sans peine , d'après F exemple de ce qui se passe sous nos yeux. Pourt^t certains graitds génies avant Fou* rier semblent n'avoir pas reculé absolument devant une pareille perspective. Témoin celte pensée ^si remarquable de Bacon :
u Tous les pouvoirs, toutes les formes de gouvernement » établi ne sont que des suppléments à la justice; et si la n justice pouvait s'exercer autrement, on n'aurait plus be- » soin de tout cela, y^ De la dignité et de tnccroiuement de$ sciences, 1. VI, cb. 3.
En dépit des préventions dominantes , nous pensons qu'on pourra un jour faire régner la justice sans Tinter • ventioii du gendarme et du bourreau.