‹ Fourier, sa vie et sa théorie (volume 2)Chapitre 19 sur 39 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

Mécanisme de la répartition.

Comme on la pu voir par tout ce que j'ai exposé jusqu'ici, en régime sociétaire personne n'a son cbamp, son atelier à part, qu'il exploite pour son compte : c'est toujours dans les champs; dans les ateliers de la Pbalange et pour le compte Je celle-ci, qu'on travaille. Ainsi toute industrie devient une fonction publique; il y a revenu social avant qu'il y ait revenu individuel. Formant d'abord une masse commune, la richesse produite par le concours.

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par les efforts combinés des membres de FAssociation , doit être répartie entre eux suivant la part que chacun a prise à sa production.

Jl y à trois modes de concours à cette production : 1° le Capital; 2° le Travail; 3'' le Talent. Il s'agit d'évaluer d'abord les droits respectifs de ces trois facultés , autrement de fixer les dividendes qui leur seront alloués *. Fourier démontre que chacun devra vouloir, même par impulsion et calcul de cupidité, que la justice préside à cette première répartition. En effets la part de chaque associé, travailleur ou capitaliste , est toujours en raison du bénéfice général , qu'on serait 8Ûr de faire diminuer pour l'avenir en mécontentaût une* classe quelconque» Si Ton refose aux capitalistes un intérêt suffisant de leurs fonds, ils les retirent, et Taffaire périclite; qu'eux-mêmes veuillent par tjrop réduire la part des travailleurs , et ceux-ci s'éloigneront d'une entreprise dont les avantages ne seraient pas pour eux, ou du moins ils n'apporteront que peu de zèle à la seconder.

Par J*effet des. combinaisons sociétaires, il n'y aurait d'ailleurs bientôt plus personne qui n'eût, au triple titre du Ca{Mtal, du Travail et du Talent, quelques. lots à prétendre.

* Qafillo sera la proportion relative de ces dividendes? Sera-t-il attribue au capital 4/12 . au teavail 5/12-, au talent 3{I2 . o« bien , le premier terme restant le méme> 6/12 au travail et senlement 2/12 an talent? C'est ce que la pratique seule pourra* déterminer d'nne manière exacte. €es chîlTres n'ont été enptoyéa par Fl»itrier que pour mieux fixer les iàéêt. La règle adoptée ponira es outre varier quelque peu suivant certaines' circonstances particulières , de même que varient anjoard'boi l'intérêt de l'argent , le prix dn travail. Mais l'esientid est que chaque sociétaire soit inléreaié. k ce que cette règle se trouve toujours conforme k la justice.

On voit combien noaft sommes éloignés, non -seulement de sacrifier le droit dé pr<^^té , mais encore de lui porter aucune atteinte. 11 ne s'agit point pour no}U de prendre aux uns pour donner aux autres». de réduire' la portion du riche dans le but , ou plutÂt sous le prétexte d'augmenter celle du pauvre , suivant la méthode révolutionaaire de tout les temps. 11 s'agit d'obtenir, an mofcn de la combinaison des forces productives » un accroissement de richesse auquel toutes les classes participeront, qui procurera aux unes le bien-être qu'elles n'ont jamais connu » et aux autres de noaveaux moyens de jooiùKnoe.

:)06 SBGCHIDR PAmiL

Quant aux tout-répartitions déê trois dividondot, e*tst pour cehil qui ett aUoné an Capital l^affaire d'oiio tlmpk règle de trois. 11 ne faut cependant pat oublior de dirr ^u*afin d*ehGonrager l'épargne et do faciliter l^vénement de tous les sociétaires à la propriété, Fourier entendait qo*on intérêt plus fort serait attribué aux petits capitaux. Dans ce but , il divisa les actions .de la Phalange en trois catégories : les actions itanfuièrêi, les actions ^bitciéruf et les actions ouvrières. Aux premières il serait alloué un di» vidende moindre qu'aux deuxièmes, et surtout qu'aux troî» sièmes. Ainsi s'effaceraient peu à peu dans le pkalanstère les trop grande» inégalités de fortune. .

La sous-répartition au Travail et au Talent est plus compliquée que celle qui s'effectue entre les po s iesat n rs d'actions. Voici comment on y procède :

On commence par jranger les Séries en trois grandes classes : l"" de nécessité; 2» d'utilité; 3« d'agrément. Tout le monde est de nouveau appelé à voter sur le partage, entre ces trois catégories , de la somme totale affectée au Travail et au Talent. Personne ne voudra faire valoir Tune d'elles au détriment des autres, car, grâce aux courtes séances et à la variété des fonctions , chacun est membre (le quelques Séries appartenant à ces trois grandes ditlsioos. Ce qu'il gagnerait d'un côté en se montrant injuste, il le perdrait de l'autre. On descend ainsi des classes aux Séries, des Séries aux Groupes. Joe rang qu occupe une Série industrielle est : 1° en raison directe de son con» cours aux liens d*unité; 2° en raison mixte des obstacles répugnants; 3** en raison inverse de la dose d'attraction. 3iosi, plus un travail est attrayant par lui-même, moins forte est la rétribution qu'on lui alloue. ^- Ce qui revient & un Groupe se partage en dernier lieu entre ses divers membres proportionnellement au nombre et à la durée (les séances fournies par chacun d'eux, et proportionnelleineiil au grade qu'il a ocriipé dans la petite corporation;

TUtolUE SOaitTAIRE. %»i

aair^nent , en raison d« son travail #t de son talent. (Geei est Indépendant des récompenses unitaires destinées à ré-

tribner les inventions d'une utilité générale, ainsi que les productions de science, de littérature et d*art; récom-> penses . auxquelles doivent, comme de juste, concourir toutes les Phalanges appelées à profiter des œuvres dont il s^agit. Source et garantie de fortunes magnifiques pour les auteurs.) • .

Si quelque partie des travaux, moins attrayante que les autres, menaçait d^ètre négligée, ce serait une indication pour la Phalange tout entière de voter une plus forte rétribution de ces. travaux. Si, au contraire, la foule se portait vera telle ou telle industrie., c'est en diminumnt la récompense qut s'y trouve . attachée qu on rétablirait r équilibre.

Est-il besoin d'avertir que ces partages successifs ne s!effectuent point sur les objets en nature et n'exigent le déplacement d'aacune. deùrée ? Tous les produits restent dans les magasins de la Phalange. £n raison de la part qui a été allouée aux divers .membres de l'Association , hommes, feqimës, enfants, par une opération purement mathématique, qui exclut toute espèce d'arbitraire, chacun d*eux a un crédit sur la Phalange et peut se faire délivrer, au fur et à mesure de ses besoins , sOit des produits , soit d^autres valeurs, s*abonner à telle ou telle table, en un mot user de son avoir comme bon lui semble. Pour le genre de vie^ liberté entière à tout le monde sans exception; et si Ton peut dire que vivre à. sa guise, suivant ses goûts, suivant ménie ses fantaisies, c'est être vraiment ches soi, où jamais feërait>*on plus ehéi soi qu'au Phalanstère ? .

Pour résumer dans une formule les effets dit mécanisme de répartition de l'ordre sociétaire, Fourier dit •— « qu'il a la propriété

» D'àbi&tber la cupidité individueUe ian»^ ki inUréU coUecti/s d$ èhaquê Série ei de la Phalange eMière, et

d'absorber les prétentions collectives de chaque Série par les intérêts indiviiudf de chaque sectaire daris une foule

de Séries. ^ •

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