‹ Fourier, sa vie et sa théorie (volume 2)Chapitre 32 sur 39 · Universalité do providence · texte numérisé non relu

Universalité do providence

. >i<UNÏTé D8 STSTàllE.

A partir de cette base, tous les doutes sur l'iminortalité composée vont être levés : démontrons la thèse par application à Fnne dés trois lois, à Véconomie de resÈorti,

Si Dieu distribue rAttraction avec économie , il n'en doit donner à chaque être que le nécessaire , en justes proportions avec les destinées : la justesse exige que la dose d'Attraction soit inférieure aux biens qui nous sont réservés, qu'elle soit en degré d'inpaA-DBSTiN, afin de nous ménager le charme d'une surabondance de biens. L'Attraction en -dose de superflu ou svpRA-DtvrtN , en ekcédant de rapport avec les biens à obtenir, serait un tourment pour l'espèce entière ; jugeons-en par comparaison aux antmann. Le renne est destiné à vivre dans les glaces ; IMeu ne lui donne pas attraction pour les prés fleuris et les végétaux de nos climals.. .

Remarquons quo Diau distribue les lumières en même rapport. Un bœuf est condamné à péril* dans nos boucheries ; Dieu ne lui donne pas , eomme à nous , la facnlté de réfléchir snr la mort et les genres de mort Cet animal serait inquiet toute sa vie, en prévoyant sa triste fin. La nature en agit de même à l'égard d'un sauvage destiné à eneourir les risques de bmine; elle lui Inaplre Une apathie qui lui cache la péril.

Il est donc évident que le Gréatenr a réparti las attraetiona at os lumières avec économie at discemanant; qu'il n'en dnana à

DE LA SECONDE PARTIE. 39t

chaque espèce aucune branche , aucune dose qui puisse eicéder le nécessaire, ni s'écarter de canvenance avec la destinée essentielle du grand nombre ; j'entends par destinée enêntieUe , te sort qui est réservé à la multitude pondant 1er } de sa carrière. (Les \ sont comptés pour le tout en mouvement; le 8* d'eiception confirme la règle.) Ainsi notre destinée essentielle est oelle des deux phases d'Harmonie ascendante et descendante, qui com* prennent avec l'apogée , an delà des \ de la carrière sociale du genre humain. Les deux phases de subversion ne sont que des* tinée accessoire et transition.

Selon ce principe, toutes nos impulsions collectives sont oraeles de destinée , interprètes du sort que Dieu nous prépare en l'une et rentre vie ; et selon la règle étinfra-desHn^ nécessaire à l'équilibre général, nous devons espérer plus que les biens dont le dé» sir est universel.

Gela posé, analysons l'impulsion générale sur l'immortalité, et constatons d'abord que cette impulsion est composée on doalisée, exigeant la garantie de métempsycose avec la garantie de bonheur dans l'autre vie.

Bien qu'on soit parvenu à ridiculiser la métempsycose , elle n'est pas moins désir général dont l'expression mal déguisée échappe à chaque instant à tous ceux qui sont au déclin de l'âge. Il n'est pasun vieillard qui, jetant un coup d'oeil sur les disgrâces de la vie, ne vote à mot couvert pour la métempsycose, en disant : « Il faudrait pouvoir renaître avec l'expérience qu'on a acquise , avec notre connaissance des écueib du monde et de la fausseté des hommes. Si l'on revivait avec ces lumières, combien l'on saurait utiliser la vie , mettre à profit les chances de fortune et de plaisir. >

Ce langage est celui de tons les vieillards ; ils désirent donc la métempsycose , et plus encore , car ils voudraient renaître avec rexpérience du monde. Ils ne souhaitent pas la méfenpsycose pure et simple , mais composée ; le retour à l'existence , avec la sagesse qui manque aux jeunes civilisés. C'est désirer deux existences , que de souhaiter, outre le retour à la vie , l'expérience , fruit d'une vie entière déjà écoulée.

Or, s'il est certain, selon la première propriété de Dieu, qu'il y a économie dans la distribution de rAttraclion, qu'elle est proportionnelle aux destins de chaque espèce d'êtres ; que loin d'étro

en dose de superflu ou supra-destin, elle est toujours en dose d*in/ra-'desHn, il faut en conclure que nous sommes résenrés à la métempsycose composée et non -pas -simple , c est-à-dire à la renaissance en corps et en lumières. Si Ton se refusait à celle conclusion, ce serait inférer que Dieu distribue les Attractions en dose superflue et non en dose proportionnelle aux destinées. Dans ce cas, Dieu serait un chef inepte et incapable de diriger le mouvement.

On objecte : nos âmes, en reprenant un corps, y transféreraient • donc les lumières qu elles auraient acquises antérieurement ; de sorte qu Hippocrate renaissant serait un habile médecin dès V&^e de quatre ans ! ! !

Ce n'est pas ainsi que doit s'entendre la transmigration composée : le vieillard ne prétend pas à des concessions déraisonnables , il souhaiterait seulement qu'en renaissant on eut Taptitude à goûter les leçons de cette sagesse à laquelle sont rétifs tant de jeunes gens qui pourraient s'y rallier, puisqu'on la voit régner plus pu moins chez un petit nombre d'adultes bien dirigés.

Tel est l'efTet de l'ordre sociétaire sur tous les enfants et jeunes gens : on verra que , dans cet ordre , l'enfant abandonné à luimême dès Tâge de deux ans et demi , fréquentant et parcourant les groupes de ses semblables dans les ateliers et jardins, s'y conduit avec autant de sagesse que s'il était dirigé par la main de Dieu, et pourtant sans suivre d'autres conseils que ceux de l'Attraction. L'on verra que ce même égide le soutient dans l'adolescence, 011, tout en se livrant aveuglément à ses passions, il ne peut commettre aucune faute notable contre sa santé ni ses intérêts

Dès lors une âme qui renaîtra dans un corps harmonien y revivra avec l'adjonction de la sagesse désirée aujourd'hui par les vieillards : elle aura subi la métempsycose en composé et non en simple ; d'où il suit que ce souhait de nos doyens sociaux est rigoureusement conforme à la destinée ; que cette impulsion est , comme toutes les autres, distribuée judicieusement par le suprême économe , qui ne donne à chaque être qu'une dose d'Attraction proportionnelle aux destinées essentielles.

Précisons, par une comparaison,, la différence du destin essentiel à l'accessoire.

Si l'on transporte des abeilles à cent lieues en mer, dans une île déserte, meublée de rochers nus4)U de sables arides, elles n'y

trouveront pas one fiear ; elles n aaront pas moins Attraelkm pour les flears, parce qne lear destinée easentieUe est de vitre du pollen des fleurs. Ainsi Thomme a des attractions adaptées à Tétat sociétaire qui est sa destinée essentielle, et non à Tétat de lymbe sociale, qat n'est qne transition et voie d'acheminement dans le cadre de la destinée humaine.

Nous obtiendrons, dès l'établissement de Tordre sociétaire, uu bonheur bien supérieur à celui des Grésus anciens et modernes, qui, malgré leurs trésors, doivent être encore tourmentés de désirs, parce qu'ils sont loin des biens que nous garantira l'état de destinée essentielle.

Lorsque nous jouirons de tant de bien-être dès ce monde, k quelles conditions la perspective d*nne autre vie pourra-t-elle nous présenter des charmes dès celle-ci? Elle ne pourra nous amorcer que par l'assurance d'y développer nos douze passions rn essor supérieur à celui qu'elles trouveront en ce monde élevé à l'Harmonie.

Loin de se rallier à ce principe, les doctrines civilisées privent les ultra-mondains de l'usage des deux sens recteurs et actifs , GOUT et TACT. Elles ne leur accordent que l'emploi des trois sens passifs en jouissance :

Vue pour admirer la Divinité, les murs et escaKers de dia* maot des dénie ures célestes ;

Ouïe, pour entendre les chœurs des hiérarchies célestes ;

Odorai, pour humer les parfums des cassolettes célestes. .

Le goût et le tact ne sont pas de la partie,* et peut-être a-t-on bien fait de les .en exclure, d'après les considérations alléguées sur la misère de la populace.

Mais lorsque- le genre humain sera parvenu an plein essor des douze passions , l'autre vie ne pourra le tenter que sous la garantie de leur essor plus étendu. Par exemple, quant au sens de la vue : s'il est prouvé que, dans l'autre vie, nous verrons trèsdistinctement ce qui se passe dans les diverses planètes, dans le soleil intérieur et sur toute la surface de notre glèbe, mieux que nous ne voyons aujourd'hui, du haut d'un clocher, ce qui se passe aux quatre points cardinaux , ce sera assurément une extension

n»h IV0TE8

â'^icraîM 4m h vm ; «• tan viiioii élevée en degré Mpérieiir, et aUrmi vkuH pour aeiw amoveer an aeri de rantare vie.

L'appât devra être le méoM tor chaenne dei doue paMiena ra d icala a . La diéorie des dealiaéea tram-miNidaiiiea devra noiu iéanyr pleine garantie d*eatenBion de ees donae joniitancea.

Eft-ii d'ineooséqoence plus choquante qoe de vonloir, dana Taiilre vie, qu'on dépeint aapéfieare en plaisirs à celiez;!, rédoire les chances de plaisir qui nous sont déjà connues, et diminuer le nomhre de nos passions ! Comment les auteurs de ce dogme se concilieront-ils avec leurs propres doctrines? On nous Ûit qoe nous sommes créés à Timage de Dieu : rien n'est plus vrai quant à notre âme; elle est, comme celle de Dieu, formée des douie passious radicales ou octaviennes , qui sont aussi celles des planètes, des univers, binivers, trinivers et des créatures d*échelle harmonique dont THomme est la plus basse et Dieu le pivot général. Si nous perdions quelqu'une de ces passions en passant à une autre vie, nous serions donc moins rapprochés de Tesseace de la Divinité ; nous ne serions plus en accord intégral, en pleine unité avec elle , et nous rentrerions dans la classe des animaux. Ils sont hors de la chatne d*ltarmoole, à titre de moules incomplets, inhabiles à comporter le clavier intégral des donse passions, leur essor harmonique dont l'exercice exige des octaves complu tes, en majeur et mineur, en direct et inverse.

Or , si noua devons , selon la loi des aUraetiimê profOHUm^ nettes aux destinées, cooserver dans Tantra vie l'usage intégral de nos passions, l'on ne peut pas admettre en principe l'exclusion de métempsycose ou retour en cette vie : cette exclusion supposerait l'anéantissement de la oniième passion, dite Papillonne ou Altemanta , qui exige les variantes périodiques en tons degrés. Pour satisfaire celte onsième, ainsi que la dontième, dite GonH posite, il n'est d'autre moyen que de renaître périodiquement an cette vie, y Cpumir pendant la carrière de la planète un grand nombre d'existences qui, en estimation générale et balancée , an» mnt donné environ i7/18M de bonheur, selon le tableau suivant

éCHBLLB GÉNiRALS DK8 MKTBMPBVCOël» , S9TIIfilW A ilNB PAR SlàçLK.

i^ phase. 5000 ans. 50 cis fit tro Hê mg PmUmu.

2* phase, 56000 — 360 \ ^^^

H- Apogée. 9000-90 ^^.

3e phase, 27000 — 2T0 { JT^k

¥ phase, 4000 ^ 40 )

Selon ce tableau , dos Ames , à la fia de là carrière pUnéUire, Miroot alterné environ 810 foii de Tan à l'antre monde, e» aller et retour, en émigration et immigration ; total, l,6S0eiiateacetv dont 810 intra^mondaines et 810 extra^mondames i existences dont il faut réduire le nombre k moitié, parce que dnraat les 72,000 ans d'Harmonie le terme de la vie etft plps que devUe dans Tun et l'autre monde. Mais peu imperte le nembre des «igratians , puisqu'il «agit, en dernière. analf se , de 81 mille ans , dont environ

2/3 54f000 à passer dans Tautre monde ; 1/5 27,000 à passer dàps celui-rci.

Continuons donc sur l'hypothèse de 810 alternats , inexacte quant au nombre , mais commode pour les détails.

Il faut en compter d'abord 720 communément très-heureux, dans les deux phases d'Harmonie et l'apogée.

Les deux phases de subversion comportent environ 90 alternats selon cette échelle approximative :

béTAIL DES MBTBMPSVCOSES , EN l'^ ET ¥ PHASE.

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