‹ Fourier, sa vie et sa théorie (volume 3)Chapitre 30 sur 36 · Economie de ressorts · texte numérisé non relu

Economie de ressorts

% Justice distributive.

S. Universalité de providence.

X Unité de svstèxik.

A partir de cette base , tous les doutes sur l'immortalité composée vont être levés : démontrons la thèse par application à Fane des trois lois, à Yéconotnie de ressorts.

Si Dieu distribue l'Attraction avec économie , il n'eu doit donner à chaque être que le n(^ccssaire , en justes proportions avec les destinées : la justesse exige que la dose d'Attraction soît inférieure aux biens qui nous sont réservés, qu'elle soit en degré dYv- PRA-DESTiN, afin de nous ménager le charme d'une surabondance de biens. L'Atti'action en dose de superflu ou supra-destlv , en excédant de rapport avec les biens à obtenir, serait un tourment pour l'espèce entière; jugeons-en par comparaison aux animanz. Le renne est destiné à vivre dans les glaces ; Dieu ne lui donne pas attraction pour les prés fleuris et les végétaux de nos climata. . .

Remarquons que Dieu distribue les lumières en môme rapport. Un bœuf est condamné h périr dans nos boucheries ; Dieu ne Ini donne pas , comme à nous , la faculté de réfléchir sur la mort et les genres de mort. Cet animal serait inquiet toute sa vie, en prévoyant ta triste fin. La nature en agit de même k l'égard d'un sauvage dettiné k encourir les risques de famine ; elle lui inspire one apathie qui lui cache le péril.

Il eat donc évident que le Créateur a réparti les attractions et p% lomières avec économie et discernement ; qu'il n*en donne à

DE LA SBGOMDE PARTIE. m\

chaque espèce aucune branche, aucune dose qui puisse excéder le nécessaire, ni s'écarter de convenance ave« la desHnée eMeii« lielle du grand nombre ; yentends par destinée essentiel , le sort qui est réservé à la multitude pendant les ~ de sa carrière. (Les ^ sont comptés pour le tout en mouvement; le 8* d^exeeption confirme la règle.) Ainsi notre destinée essentielle est e^le des deux phases d'Harmonie ascendante et descendante, qui comprennent avec Tapogce , au delà des l de la carrière sociale du genre humain. Les deux phases de subversion ne sont que destinée accessoire et transition.

Selon ce principe, toutes nos impulsions collectives sont oracles de destinée, interprètes du sort que Dieu nous prépare 6b fvnae et l'autre vie ; et selon la règle d*in/f%hdesHny nécessaire à l'équilibre général, nous devons espérer plus que les biens dont le dér sir est universel.

Gela posé, analysons Tirapnlsio» générale sur l'immortalité, et constatons d'abord que cette impulsion est composée ou dualisée^ exigeant la garantie de métempsycose aveo la garantie de bon* heur dans l'autre vie.

Bien qu'on soit parvenu à ridiculiser la métempsycose, el|e n'est pas moins désir général dont l'expression mal déguisée échappe à chaque instant à tous ceux qui sont au déclin de l'âge. H n'est pas un vieillard qui, jetant un coup d'œil sur les disgrâces de la vie, ne vote à mot couvert pour la métempsycose, en disaut : s II faudrait pouvoir renaître avec l'expérience qu'on a acquise , avec notre connaissance des écuciis du monde et de la fausseté des hommes. Si l'on revivait avec ces lumières, combien l'on saurait utiliser la vie, mettre à profit les chances de fortune et de plaisir. »

Ce langage est celui de tous les vieillards ; ils désirent donc la métempsycose , et plus encore , car ils voudraient renaître avec l'expérience du monde. Ils ne souhaitent pas la métempsycose pure et simple , mais composée -, le retour à l'existence , avee la sagesse qui manque aux jeunes civilisés. C'est désirer deux existences , que de souhaiter, outre le retour à la vie , l'expérience , fruit d'une vie entière déjà écoulée.

Or, s'il est certain, selon la première propriété de Dieu, qu^ll y a économie dans la distribution de l'AttracHon, qu'elle est proportionnelle aux destins de chaque espèce d'étret; ij^'^VKÀ'tkiS^^^et^

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en dose de superflu ou supra-destin ^ elle est toujours en dose ^infra-'desHn , il faut en conclure que nous sommes réservés à U métempsycose composée et non pas simple , c*est-^-dire à la renaissance en corps et en lumières. Si l'on se refusait à cette conclusion, ce serait inférer que Dieu distribue les Attractions en dote superflue et non en dose proportionnelle aux destinées. Dans ce cas, Dieu serait un chef inepte et incapable de diriger le mouvement.

On objecte : nos âmes, en reprenant un corps, y transféreraient donc les lumières qu elles auraient acquises antérieurement ; de sorte qn Hippocrate renaissant serait un habile médecin dès V^^c de quatre ans!! !

Ce n'est pas ainsi que doit s*entendre la transmigration com« posée : le vieillard ne prétend pas à des concessions déraisonnables , il souhaiterait seulement qu'en renaissant on eût l'aptitude à goûter les leçons de cette sagesse à laquelle sont rétifs tant de jeunes gens qui pourraient s'y rallier, puisqu'on la voit régner plus ou moins chez nn petit nombre d'adultes bien dirigés.

Tel est l'efTet de l'ordre sociétaire sur tous les enfants et jeunes gens : on verra que, dans cet ordre, l'enfant abandonné à luimême dès l'âge de deux ans et demi , fréquentant et parcouranl les groupes de ses semblables dans les ateliers et jardins, s'y conduit avec autant de sagesse que s'il était dirigé par la main de Dieu, et pourtant sans suivre d'autres conseils que ceux de l'Attraction. L'on verra que ce même égide le soutient dans l'adolescence, où, tout en se livrant aveuglément à ses passions, il ne peut commettre aucune faute notable contre sa santé ni ses intérêts

Dès lors une âme qui renaîtra dans nn corps harmonien y revivra avec l'adjonction de la sagesse désirée aujourd'hui par ios vieillards : elle aura subi la métempsycose en composé et non rn simple; d'où il suit que ce souhait de nos doyens sociaux est rigoureusement conforme k la destinée ; que cette impulsion csf , comme toutes les autres, distribuée judicieusement par le suprême économe, qui ne donne à chaque être qu'une dose d'Attraction proportionnelle aux destinées essentielles.

Précisons, par une comparaison, la difTérence du destin essentiel à l'accessoire.

Si l'on transporte des abeilles k cent lieues en mer, dans une île déserte, meublée de rochers nos ou de sables arides, elles n'y

trouveront pas une fleur ; elles n'auront pas moins Attraction pour les fleurs, parce que leur destinée essentielle est de vivre du pollen des fleurs. Ainsi Thomme a des attractions adaptées à Tétat sociétaire qui est sa destinée essentielle^ et non à l'état de lymbe sociale, qui n'est que transition et voie d'acheminement dans le cadre de la destinée humaine.

Nous obtiendrons, dès l'établissement de l'ordre sociétaire, uu bonheur bien supérieur à celui des Grésus anciens et modernes, qui, malgré leurs trésors, doivent être encore tourmentés de désirs, parce qu'ils sont loin des biens que nous garantira l'état de destinée essentielle.

Lorsque nous jouirons de tant de bien-être dès ce monde, à quelles conditions la perspective d'une autre vie pourra-t-elle nous présenter des charmes dès celle-ci? Elle ne pourra nous amorcer que par l'assurance d'y développer nos douze passions en essor supérieur à celui qu'elles trouveront en ce monde élevé à l'Harmonie.

Loin de se rallier à ce principe, les doctrines civilisées privent les ultra-mondains de l'usage des deux sens recteurs et actifs, GOUT et TACT. Elles ne leur accordent que l'emploi des trois sens passifs en jouissance :

Vue pour admirer la Divinité, les murs et escaliers do diamant des demeures célestes ;

Ouïe, pour entendre les chœurs des hiérarchies célestes ;

Odorat, pour humer les parfums des cassolettes célestes.

Le goût et le tact ne sont pas de la partie, et peut-être a-(-on bien fait de les en exclure , d'après les considérations alléguées sur la misère de la populace.

Mais lorsque le genre humain sera parvenu au plein essor des douze passions , l'autre vie ne pourra le tenter que sous la garantie de leur essor plus étendu. Par exemple, quant an sens de la vue : s'il est prouvé que, dans l'autre vie , nous verrons trèsdistinctement ce qui se passe dans les diverses planètes , dans le soleil intérieur et sur toute la surface de notre globe, mieux que nous ne voyons aujourd'hui, du haut d'un clocher, ce qui se passe aux quatre points cardinaux , ce sera assurément une extension

d'^xpfrcip^ 4^ la vu.c ; ce sera vision élevée en degré supérieur, pi attrait visuel pour noiu amorcer an sort de l'antre vie.

J/appât d^vra être le même snr chacune des dpuze payions radicales. I^a thporie des destinées trims-ipoi^daines devra ifou^ fournir pleine garaptie d'extension de ces douze jouissances.

Est-il d'inconséquence plus choquante que de vouloir , d9^$ l'autre vie, qu'on dépeint supérieure en plaisirs à celle-cif réduire les chances de plaisir qui nous sont déjà connues, et diminuer le nombre de nos passions t Gomment les auteurs de ce dogme se concilieront-ils avec leurs propres doctrines ? On nous dit que nous sommes créés k l'image de Dieu : rien n'est plus vrai quant k notre âme; elle est, comme celle de Dieu, formée des douse passions radicales ou octaviennes , qui sont aussi celles des planètes, des univers, binivers, trinivers et des créatures d'échelle harmonique dont l'Homme est la ping basse et Dieu le pivot <fénéral. Si nous perdions quelqu'une de ces passions en passant à une autre vie , nous serions donc moins rapprochés de l'essence de la Divinité ; nous ne serions plus en accord intégral, en pleine unité avec elle , et nous rentrerions dans la classe des animaux. Ils sont hors de la chaîne d'harmonie, à titre de moules incomplets, inhabiles à comporter le clavier intégral des douze passions, leur essor harmonique dont l'exercice exige des octaves complètes, en majeur et mineur, en direct et inverse.

Qc ^ si i^qus flevpqs , selon la |pi des ntfracfions proportionnelles aux destinées, conserver dans l'antre vie l'miftge intégral de np^ passions f l'on i^e pput pas admettra eif principe l'exclusion de métempsycose ou retour en cette vie : cefte exclusion supposerait l'anéantissement de la onzième passion, dite Papillonne ou i^lt^rpiiqfe , q^i exige )^| v^riftoles p^riodiqnes en tons degrés. Pq^r ^i^tjsfi^ire pelte onzièi^e , j^ipsi qup 1% dopzième , dite Cpmposite, il n'est d'autre moyen que de repaître périodiquement en pptte i^je , y fom:nir ppi^df^nt la carrière de la plante un grand nombre d'exiitencef qui, en e«tim(^tion générale et balancée , auront dpqp^ e^^ciron Xili^P f)e bpnheur, ^elpn le tableau suivant.

I)K LA SKCOXbE PARTIE.

KCHRLLR GÉNÉRALE DKS .UKTB)<PSVCOSES , ESTIXf^S A OXE PAR SlÈCI.R.

l'*" pha^H, 50QO ans. 50 cis et trans-^migroHùfis,

2« phase. 56000 — 360 \ g^^

.H Apogée. 9000- 90 ^ ^^^^^

a*- phase. 27000 — 270 | ^ ^^^

¥ phase. 4000 — 40 /

Selon ce tableau , nos âmes , à la fin de la carrière planétaire , auront alterné environ 810 fois de l'un à Tantre nronde, en aller et retour, en émigration et immigration ; total, 1,620 etistences, dont 810 intra-mondainei et 810 extra-mondaines; existeifces dont il faut réduire le nombre à moitié, parce que dorant les 72,000 ans d'Harmonie le terme de la vie est pl6s qtfe double dans Tim et l'autre monde. Mais peu importe le nombre Aèf fnigratiotf^ , puisqu'il s'agit , en dernière analyse , de Èi nfîAe tfns , dont environ

2/3 54,000 à passer dans l'autre monde ; 1/5 27,000 à passer dans celui-ci.

(^o^^îiiùons donc sur rhypdtbésé dé âltf aHemâts , inexacte quant au nombre , mais commode pour les détails.

Il faut en compter d'abord 7^0 communément très-béôreux, dans les deux phases d Harmonie él l'apèg^e.

Les deux phases de subversion comportent environ 90 alternats selon cette échelle approximative :

blitAIL DK8 MÉTEMPSVC08E8 , EN 1'*^ ET 4« PHASE.

g 1. 10 heureuses*. 1

1 2. 10 tntélaires. f 45 favorables,

> 3. 10 farorables. 1 demi-bonfië(rr<

S 4. 10 Taciles. 1

en

e 5. 10 supportables.

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