XXVIII PRÉFACE
» laisseront pas éblouir par cet éclat. Je pourrai • démontrer dans d'autres articles que, si le » triumvirat se formait dans la conjoncture ac- » tuelle, la France serait perdue. »
Le gouvernement consulaire arrêta par ordre
les révélations indiscrètes de Fourier-
Aujourd'hui, comme à l'époque qui suivit la campagne de 1806-1807, le triumvirat existe; mais les rôles sont intervertis entre la France et la Prusse. Il se compose maintenant delà Prusse agrandie et transformée en Empire allemand, de l'Autriche plus faible encore relativement qu'elle ne l'était en .1808, enfm de la Russie, qui n'aura peut-être pas aussi bon marché du flegmatique et rusé Bismark que du violent Napoléon P^
Chez celui-ci, au surplus, ce n'est point la grandeur de son insatiable ambition que Fourier trouvait à blâmer : il le loue, au contraire, d'avoir aspiré à l'unité universelle. Ce que le novateur social reprochait au poursuivant de l'unité par la conquête, c'est de ne savoir pas employer les moyens propres à le conduire à ses fins; c'est de ne mettre' en œuvre que la forcei toujours la force, et d'y avoir recours là même où elle était inutile et contraire au but supérieur qu'il devait viser. Ainsi, lorsque
PRÉFACE
l'Espagne mettait à la disposition du chef de la France sa flotte et son armée. Napoléon, pour la vaine gloire de placer sur le trône ibérique un membre de sa famille, se fait de cette fîère nation, blessée dans sa dignité, une ennemie implacable. Au lieu de s'attacher par les bienfaits d'un régime libéral les populations annexées ou soumises, il les tenait courbées sous le joug du plus dur et du plus intolérable despotisme ; il les accablait d'exactions, et les exaspérait par ses levées d'hommes incessantes. Aussi ne faut-il pas s'étonner du toile général qui finit par s'élever en Europe contre Napoléon et contre la France, son instrument trop docile. Cette haine profonde, semée par le premier Empire, s'est réveillée naguère non moins ardente qu'en d813, et elle nous a porté des coups dont nous aurons plus de peine à nous relever.
Les choses étant au point où elles sont, nous n'avons présentement, nous peuple français, qu'une chose à faire : voir ve}\iry en travaillant sans bruit à panser nos blessures. Appliquonsnous au travail intérieur, au développement de toutes les forces productives de notre pays. Cultivons les sciences, condition et principe de toute supériorité; ne négligeons pas entre toutes cellelà qui a pour objet Tamélioralion des rapports